Le chêne rouge (Quercus rubra) pousse rapidement pendant quelques années, puis sa croissance ralentit.

Des arbres pour remplacer le frêne

Les nouvelles sont mauvaises, voire catastrophiques : l’agrile du frêne (Agrilus planipennis) est en train de s’étendre à la grandeur de la ville de Québec. Plus de 200 000 frênes (Fraxinus spp.) mourront d’ici cinq à sept ans. Le fléau est encore plus avancé à Montréal et à Gatineau. Sans aucun doute, il engouffrera le Québec au complet d’ici peu. Autrement dit, des millions de frênes vont mourir.

Vous me direz sans doute qu’il y a un traitement possible : le Treeazin, une injection à base de l’insecticide biologique neem. Mais le coût (de 100 $ à 200 $ par arbre chaque année ou aux deux ans an durant toute la vie de l’arbre) fera vite déchanter la plupart des propriétaires. Il vaut mieux accepter le fait que votre frêne sera probablement mort ou mourant d’ici seulement quelques années.

Investir dans l’avenir

Il est déjà temps de penser à planter les remplaçants des frênes qui mourront. Si vous les plantez maintenant, ils auront le temps de grandir et d’atteindre une taille respectable (et une bonne prestance) quand leurs prédécesseurs disparaîtront. Ainsi, le choc sera moindre.

À LIRE : Progression «fulgurante» de l’agrile du frêne à Québec

L’état de votre frêne d’ici quelques années.

Mais quels arbres planter?

Je vais présumer que vous voulez un «arbre d’ombrage» pour remplacer le frêne, lui-même de cette catégorie, soit un arbre de moyenne à grande taille. Il est aussi possible que vous préfériez planter de petits arbres ornementaux, comme des pommetiers ou des sorbiers, mais ils sont d’une autre catégorie complètement. Libre à vous de les choisir, mais je n’ai inclus dans la liste suivante que des arbres d’ombrage.

J’ai également exclu de la liste les arbres qui ont leurs propres problèmes de maladie ou d’insecte. Comme l’orme d’Amérique (Ulmus americana, exception faite des variétés résistantes à la maladie hollandaise de l’orme) et les bouleaux blancs (Betula papyrifera et autres). Même chose pour les espèces jugées nuisibles à l’environnement à cause de leur nature invasive, comme l’érable de Norvège (Acer platanoides) et le robinier (Robinia pseudoacacia). Idem pour les arbres qui, à cause de leur système racinaire trop entreprenant, ne sont pas recommandés sur les terrains de ville et de banlieue, comme l’érable argenté (Acer saccharinum) et la plupart des peupliers (Populus spp.) et saules (Salix spp.).

Il reste quand même un assez vaste choix. À vous de choisir!

L’érable de Freeman (Acer x freemanii) donne un bel arbre et produit peu ou pas de semences.

La liste

›  Bouleau jaune (Betula alleghaniensis), zone 3
›  Bouleau noir (Betula nigra), zone 3
›  Chêne à gros glands (Quercus macrocarpa), zone 3
›  Chêne anglais ou chêne pédonculé (Quercus robur), zone 4
›  Chêne bicolor (Quercus bicolor), zone 4
›  Chêne blanc (Quercus alba), zone 4
›  Chêne des marais (Quercus palustris), zone 4
›  Chêne écarlate (Quercus coccinea), zone 4
›  Chêne rouge (Quercus rubra), zone 4
›  Épinette ou épicéa (Picea spp.), zones 1 à 3, selon l’espèce
›  Érable à sucre (Acer saccharum), zone 4
›  Érable de Freeman (Acer x freemanii), zone 3
›  Érable rouge (Acer rubrum), zone 3
›  Févier (Gleditsia triacanthos), zone 4b
›  Ginkgo ou arbre aux quarante écus (Ginkgo biloba), zone 4
›  Mélèze (Larix spp.), zone 2
›  Micocoulier occidental (Celtis occidentalis.), zone 3b
›  Noyer noir (Juglans nigra.), zone 4
›  Orme américain (Ulmus americana), zone 3 (variétés résistantes à la maladie hollandaise de l’orme, comme ‘Valley Forge’)
›  Orme hybride (Ulmus x), zone 4 (variétés résistantes à la maladie hollandaise de l’orme, comme Accolade ‘Morton’)
›  Orme japonais (Ulmus davidiana japonica), zone 3
›  Ostryer de Virginie (Ostrya virginiana), zone 3
›  Phellodendron de l’Amour (Phellodendron amurense), zone 3
›  Pin (Pinus spp.), zones 2 à 4, selon l’espèce
›  Poirier de Sibérie (Pyrus ussuriensis), zone 3
›  Sapin (Abies spp.), zones 2 à 4, selon l’espèce

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RÉPONSES À VOS QUESTIONS

Cotonéaster stressé

Q Je vous envoie des photos de notre haie de six pieds de cotonéaster de Pékin (Cotoneaster acutifolia) qui semble être infestée. On nous a vendu du Malathion que nous avons pulvérisé autour du 15 juillet. Est-ce le bon traitement? Nous aimerions rabattre la haie de trois pieds au printemps. Mais on nous a dit que notre haie est condamnée. Que pouvons-nous faire?
— Lise Ross

Vos photos (qui n’étaient malheureusement pas de qualité suffisante pour publication) ne montrent aucun insecte nuisible, alors que le Malathion est un insecticide et acaricide conçu pour traiter les insectes et mites. Il est étonnant qu’on vous ait vendu ce produit. Non seulement était-il inutile dans ce cas, mais il n’est plus censé être offert aux consommateurs! De plus, le brunissement des marges des feuilles de vos cotonéasters indique simplement que les plantes ont manqué d’eau, un problème courant cet été. Donc, non, l’application de Malathion n’était pas le bon traitement. Je ne vois pas pourquoi votre haie serait condamnée: il vous aurait suffi de l’arroser profondément avec de l’eau une ou deux fois pendant les quelques semaines de sécheresse pour éviter le pire de ce brunissement. Au pire, elle serait restée avec des feuilles aux marges sèches, mais seulement pendant la saison en cours. Si vous voulez rabattre votre haie à 90cm au printemps prochain, allez-y. Le cotonéaster n’est pas dérangé par une taille sévère et reprendra rapidement sa forme.

Arbre spontané

Q Cette grande plante a poussé toute seule en bas de mon tilleul. Qu’est-ce que c’est? Dois-je la conserver?
— Dénis Jacques

C’est un sorbier (Sorbus spp.), aussi appelé cormier dans certaines régions. Il s’agit d’un petit arbre produisant des feuilles pennées et des fleurs blanc crème au printemps, suivies de fruits orange à l’automne. Ces fruits persisteront une partie de l’hiver et attireront des oiseaux frugivores. C’est un petit arbre très ornemental, alors pourquoi ne pas le conserver?

Ce sorbier a poussé spontanément au pied d’un tilleul.

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Des questions svp!

Vous pouvez nous joindre par courriel à courrierjardinierparesseux@yahoo.com
Par courrier à Le jardinier paresseux, Le Soleil, C.P. 1547, succ. Terminus, Québec (Québec), G1K 7J6

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CALENDRIER HORTICOLE

> Botanique automnale
Si la botanique vous intéresse, passez au Domaine Joly-de Lotbinière le samedi 21 septembre, à 10h30. Suzanne Hardy montrera comment reconnaître les plantes par les rameaux, les cicatrices foliaires et autres caractéristiques visibles à l’automne. Adresse : 7015, route de Pointe Platon, Sainte-Croix.
Info : 418 926-2462 ou domainejoly.com 

> De la vigne au vin
Le Jardin floral de La Pocatière tiendra un atelier intitulé De la vigne au vin avec Roland Boisvert et Jeannine Lachance, le samedi 21 septembre, à 15h, au 230, route 230, à La Pocatière. Coût: 12$. Il y aura aussi une dégustation de raisins frais et de vins maison. Il sera possible de se procurer des plants de vigne sur place.
Info: jardinfloraldelapocatiere.com ou 418 856-1110, poste 1147

>Jardinier sous couvert forestier
La Société d’horticulture de Sainte-Foy vous invite à une conférence de Jean Arsenault au sujet de son projet agroforestier sur la plantation d’arbres et la culture de plantes indigènes, dont le ginseng à cinq feuilles et l’ail des bois. Elle aura lieu le mardi 24 septembre, à 19h30, à la Sacristie de la Visitation, 801, route de l’Église, Québec. Entrez par la rue du Chanoine Martin. Coût : 8 $ pour les non-membres.
Info : 418 653-4785 ou 418 651-3837

> Jardins d’oiseaux
La Société d’horticulture de Saint-Apollinaire vous invite à sa prochaine conférence le jeudi 26 septembre, à 19h, au Centre multifonctionnel, 20 rue Terry-Fox, Saint-Apollinaire. Gilles Paradis parlera des jardins d’oiseaux. Coût: 8$ pour les non-membres.
Info: amelanchier.com

> Randonnée poétique avec Pamphile Le May et ses œuvres
Voici une activité gratuite dans le cadre des Journées da la culture. Cette randonnée poétique avec Pamphile Le May et ses œuvres aura lieu le vendredi 27 septembre, de 13h30 à 16h, au Domaine Joly-de Lotbinière. Remise au lendemain en cas de pluie. Adresse : 7015, route de Pointe Platon, Sainte-Croix.
Info : 418 926-2462 ou domainejoly.com

> Campagne de plantation de tulipes
Le Festival des tulipes du Canada, l’ambassade du Royaume des Pays-Bas et la Commission de la capitale nationale célèbrent le 75e anniversaire de la libération des Pays-Bas avec la tulipe ‘Libération75’. L’objectif est de recouvrir le pays de 1,1 million de tulipes orange en mémoire des 1,1 million de Canadiens qui ont servi pendant la Seconde Guerre mondiale. Pour chaque sac de 15 bulbes de tulipes vendu pour 15$, 1$ ira à la Légion royale canadienne.
Pour commander : liberation75.ca

Pour toute activité horticole, écrivez-nous à courrierjardinierparesseux@yahoo.com.

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ENTRETIEN HORTICOLE

À faire cette semaine

› Soyez prêt à recouvrir les plantes fragiles si l’on annonce un gel hâtif.
› Pour protéger des écureuils les bulbes de tulipe fraîchement plantés, couvrez le sol de grillage à poules.
› Rien ne presse pour récolter choux, choux de Bruxelles, poireaux et topinambours. Le gel ne fait qu’améliorer leur goût.
› Laissez les bulbes tendres (glaïeuls, cannas, dahlias, bégonia tubéreux, etc.) en terre le plus longtemps possible, car c’est à l’automne qu’ils font leurs réserves. Rentrez-les quand le gel a détruit leur feuillage.