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Il est possible de créer de magnifiques jardins au pied des arbres si l’on choisit les bons végétaux et les plante convenablement.
Il est possible de créer de magnifiques jardins au pied des arbres si l’on choisit les bons végétaux et les plante convenablement.

Comment jardiner à l’ombre sèche

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L’ombre sèche : le terme gerce le sang des jardiniers. Le milieu où rien ne pousse… mais est-ce si vrai que cela?

Un des environnements les plus difficiles à gérer pour le jardinier qui veut améliorer l’effet de son aménagement paysager est au pied des grands arbres aux racines peu profondes : un milieu que les jardiniers appellent couramment «ombre sèche». Là, les plantes ont deux contraintes majeures : elles doivent s’adapter à un éclairage faible — et pourtant, toute leur énergie vient du soleil! — et aussi à un sol où l’eau et les minéraux, nécessaires à la croissance de toute plante, sont volés par les arbres au-dessus si dominants. Même dans la forêt naturelle, peu de plantes poussent dans un milieu semblable… mais malgré tout, il y a moyen de réaliser de très beaux aménagements à l’ombre sèche si vous savez comment faire.

Comment planter à l’ombre sèche

Déjà, planter à l’ombre sèche est plus compliqué que planter au soleil. Voici comme réussir.

Il faudrait accepter de trancher quelques racines. Sinon, comment voulez-vous creuser un trou de plantation? Il vous faudra donc non pas seulement une pelle, mais sans doute un sécateur ou même une hache. Évidemment, si vous rencontrez une très grosse racine en creusant, il vaut mieux modifier un peu votre plan de plantation et planter un peu plus loin, mais pour les racines de taille modérée ou petite, allez-y, coupez! Dites-vous bien que l’arbre réagira à cette taille en produisant plus de racines que jamais, donc, non, vous ne l’endommagez pas.

Préparez un trou plus large que la normale. Il doit être aussi profond que la motte de racines de la plante est haute, mais trois fois plus large. L’idée est d’éloigner les racines des arbres de la nouvelle plante le plus longtemps possible tout en en offrant à la nouvelle plante les meilleures conditions possibles pour le déploiement de nouvelles racines.

Tapissez le trou de papier journal, de tapis de coco ou de carton. L’idée est de créer une barrière temporaire qui ralentira le retour des racines des arbres. Cela donnera à votre plante le temps de s’établir sans concurrence racinaire. Vous ne voulez pas d’une barrière permanente (géotextile, etc.), car elle empêchera les racines de votre plante de prendre de l’expansion à l’avenir. Et vous ne pourrez pas empêcher les racines d’arbre de revenir un jour. Essayez et vous verrez : même le géotextile le plus robuste finit par céder à leur pression.

Plantez uniquement des végétaux relativement matures. Ce point est plus important que vous ne pourriez penser! Les jeunes plantes, même celles «qui tolèrent l’ombre sèche», auront beaucoup de difficulté à s’établir dans un secteur qui sera rapidement envahi de racines d’arbre. Mais une plante adulte, profitant déjà d’une grosse masse de racines, sera mieux capable de résister à l’envahissement à venir.

Entretenez bien la nouvelle plantation la première année, arrosant au besoin, appliquant un bon paillis, etc. Cela donnera à la plante le temps de s’adapter à ses nouvelles conditions avant que les racines d’arbres reviennent.

Plantes pour l’ombre sèche

Il va sans dire qu’il faut choisir pour ces emplacements des plantes qui peuvent tolérer l’ombre sèche! Voici quelques suggestions.

  • Actée (Actaeaspp.) zone  2
  • Asaret du Canada (Asarum canadensis) zone 2
  • Aspérule odorante (Galium odoratum) zone 3
  • Barbe de bouc (Aruncusspp.) zone 3
  • Bugle rampante (Ajuga reptans) zone 3
  • Buis (Buxusspp.) zone 4 à 8, selon l’espèce
  • Cierge d’argent (Cimicifugaspp.) zone 3 à 5, selon l’espèce
  • Épimède (Epimediumspp.) zone 4 à 6, selon l’espèce
  • Fougères (Filicophytes) zone 1 à 9, selon l’espèce
  • Géranium à gros rhizome (Geranium macrorrhizum) zone 3
  • Hellébore (Helleborusspp.) zone 3 à 6, selon l’espèce
  • Herbe aux écus (Lysimachia nummularia) zone 3
  • Hosta (Hostaspp.) zone 3
  • If (Taxusspp.) zone 4 à 6, selon l’espèce
  • Lamier maculé (Lamium maculatum) zone 2
  • Pachysandre du Japon (Pachysandraterminalis) zone 4
  • Petite pervenche (Vinca minor) zone 4 
  • Pulmonaire (Pulmonariaspp.) zone 3
  • Sceau-de-Salomon (Polygonatumspp.) zone 2 à 4
  • Smilacine (Maianthemumspp., anc.Smilacinaspp.) zone 3
  • Thé des bois (Gaultheria procumbens) zone 2
  • Tiarelle (Tiarellaspp.) zone 3
  • Trille (Trilliumspp.) zone 2 à 5, selon l’espèce
  • Vigne vierge (Parthenocissus quinquefolia) zone 3
  • Violette (Violaspp.) zone 2 à 5, selon l’espèce

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Entretien de la semaine

  • Pour prévenir les maladies foliaires, essayez d’arroser sans mouiller le feuillage de vos plantes. 
  • Si votre sol est sablonneux, arrosez plus souvent, mais moins longtemps afin de maintenir une certaine humidité dans les 20 premiers centimètres du sol.
  • Quand vos laitues et radis commencent à monter en graine et devenir amers, semez-en de nouveau.
  • Si vous voyez des coléoptères (chrysomèles) striés ou tachetés sur vos concombres ou courges, faites-les tomber dans de l’eau savonneuse ou récoltez-les avec un aspirateur manuel.

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Deux fleurs de concombre femelles : notez l’ovaire en forme de concombre à leur base.

De réponses à vos questions

Q Cette année, nous ne voyons aucune abeille butiner dans les fleurs dans notre jardin de Saint-Urbain (Charlevoix) ni même simplement voleter dans les champs. Pourtant les fleurs ne manquent pas. Comment se fera la pollinisation des potagers? Devrons-nous la faire nous-mêmes manuellement?

– Maria

R Puisque les abeilles sont les principaux pollinisateurs de plusieurs légumes, il faudrait effectivement faire la pollinisation vous-même. Évidemment, les légumes-feuilles (laitue, chou, bette à carde, etc.) et les légumes-racines (carotte, radis, pomme de terre) n’ont pas besoin de pollinisation, mais certains légumes-fruits, oui. Pas de problème pour les pois et les haricots, qui s’autopollinisent. Dans le cas des tomates, des aubergines et des poivrons, la fleur a seulement besoin d’autre secouée pour déplacer le pollen des anthères de la fleur au stigmate : on peut le faire en faisant vibrer une brosse à dents électrique contre la fleur. Par contre, pour les cucurbitacées (concombres, courges, melons, etc.), il vous vaudrait transférer physiquement du pollen du centre d’une fleur mâle au centre d’une fleur femelle (on distingue les femelles des mâles par le petit ovaire en forme du fruit à venir à sa base). On peut le faire avec un petit pinceau ou un coton-tige. Il faut passer tous les jours, car les fleurs de ces légumes ne durent qu’une journée.

Q Est-il vrai qu’il soit déconseillé de déplacer les pivoines ? J’ai trois plants de pivoines côte à côte, mais seulement une fleurit bien, alors qu’une ne fleurit qu’un peu et la dernière, pas du tout. Le feuillage est très beau. Les plants sont placés à la mi-ombre. Que puis-je faire?

– Carole Brière

R En fait, on peut transplanter les pivoines, mais souvent elles réagissent mal aux changements. Mais je soupçonne que votre emplacement soit trop ombragé pour ces plantes qui préfèrent huit heures et plus de soleil par jour. Donc, si vous voulez une belle floraison, il faudrait y voir. La meilleure période pour le faire est à la fin d’août, en septembre ou octobre, quand la plante se prépare à la dormance : le choc sera alors moindre. Idéalement, vous diviserez vos plantes, car diviser une plante la rajeunit et les jeunes spécimens réagissent mieux à la transplantation que les plantes matures. Déterrez alors les plantes et faites tomber la terre pour voir comment les diviser. Il vous faudrait des divisions avec 3 à 5 «yeux» (ainsi appelle-t-on les gros bourgeons enfouis dans le sol). Replantez-les au soleil dans un sol riche et bien drainé, les replaçant de façon à ce que les yeux soient à 2 à 5 cm de la surface. Si vous la plantez trop profondément, la pivoine peut ne jamais fleurir et ne produira alors que du feuillage. Comblez le trou de la terre prélevée, arrosez… et patientez. Dès le printemps suivant, il devrait y avoir une ou deux fleurs par plante et le nombre ira en augmentant avec le temps.

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