Rentrer des «annuelles» (ici un pélargonium) sous forme de bouture de tige est un jeu d'enfant.

Annuelles à rentrer pour l'hiver

Par définition, une plante annuelle ne vit qu'une seule année. Elle germe, pousse, fleurit, produit des graines et meurt à la fin de la saison. De nombreuses plantes de nos jardins sont annuelles. Parmi les fleurs, il y a les cosmos, les tagètes et les zinnias. Parmi les fruits et les légumes, il y a les melons, les laitues, les haricots. Et la plupart des céréales sont de véritables annuelles.
Mais, de nos jours, la plupart des plantes que nous cultivons comme fleurs annuelles sont plutôt des plantes vivaces non rustiques, appelées couramment «vivaces tendres». C'est le cas des pélargoniums, des fuchsias, des bégonias, des pétunias et des impatientes... et même de plusieurs légumes : les tomates et les poivrons, par exemple. Ces plantes sont vivaces sous d'autres climats, mais gèlent l'hiver au Québec. Donc, chez nous, leur croissance est généralement annuelle.
Qu'est-ce que ça change? À la différence des véritables annuelles qui meurent à la fin de la saison, qu'il y ait gel ou non, on peut rentrer les vivaces tendres pour l'hiver et ainsi les conserver jusqu'au printemps prochain. Il en résulte une très bonne économie quand vient le temps d'acheter de nouvelles annuelles au printemps. Et c'est en plein la saison.
Une entrée hâtive assure une meilleure transition
Je suggère de commencer à rentrer ces plantes dès la fin d'août ou début de septembre. Pourquoi si tôt? Parce que les conditions extérieures et intérieures sont comparables à cette saison : même température, même niveau d'humidité, etc. Ainsi, les plantes vivent la transition entre le plein air et le bord de fenêtre sans trop de difficulté. Par contre, si vous attendez au mois d'octobre, et ce, même s'il n'y a pas de gel, les plantes se seront habituées à des nuits froides et très humides et toléreront moins bien leur entrée dans une demeure désormais chauffée et à l'air plus sec.
Comment rentrer une plante avec succès?
Si la plante que vous lorgnez est cultivée en pot, c'est facile : il suffit de rincer la plante avec un boyau d'arrosage, en faisant attention d'atteindre surtout l'envers des feuilles pour faire tomber tout insecte qui peut s'y cacher. Par la suite, une vaporisation avec du savon insecticide pourrait être utile juste pour vous assurer d'atteindre tout insecte que vous aurez manqué avec votre jet d'eau. Taillez au besoin pour réduire les branches trop longues. Certaines plantes - le bégonia des plates-bandes (Begonia x semperflorens-cultorum) notamment - réagissent mieux quand on les taille sévèrement, à 10 cm du sol. 
Si la plante est cultivée en pleine terre, vous pourriez aussi penser la déterrer, bien laver ses racines et l'empoter, mais il est souvent plus facile de rentrer des boutures. Prenez deux boutures par plante, au cas où. Une bouture de 10 cm de longueur convient pour les plantes basses, 15 cm pour les plantes plus grandes. Supprimez toute fleur ou capsule de graines trouvée sur la bouture pour lui forcer à diriger son énergie à l'enracinement. Enlevez aussi toute feuille qui se trouvera enterrée lors de la mise en pot : généralement quelques feuilles à la base de chaque bouture. Enfin, «pincez» (coupez) l'autre extrémité de la tige pour stimuler une meilleure ramification.
Pour stimuler l'enracinement des plantes ligneuses ou semi-ligneuses (aux tiges de bois, comme l'hibiscus, le pélargonium ou le fuchsia), il est sage de badigeonner la partie inférieure de la tige avec une hormone d'enracinement (offerte en jardinerie). Pour les plantes à tige molle (bégonias, impatientes, pétunias, etc.), aucune hormone n'est nécessaire.
Remplissez quelques petits pots (de 5 à 8 cm) de terreau pour semis ou pour plantes d'intérieur. Préférez un terreau qui contient déjà des mycorhizes (champignons bénéfiques). Humidifiez bien le terreau, puis laissez tout surplus d'eau s'en drainer. Enfoncez la partie inférieure de la bouture dans le terreau sur environ de 3 à 5 cm et tassez un peu le terreau pour qu'elle tienne debout. Recouvrez la bouture d'un sac de plastique ou d'un dôme transparent pour créer un «effet de serre», bénéfique à l'enracinement. Maintenant, placez la bouture devant une fenêtre à l'est, en retrait d'une fenêtre au sud ou à l'ouest ou sous une lampe fluorescente, dans une pièce plutôt chaude.
Après de deux à huit semaines, quand vous voyez de jeunes feuilles apparaître, enlevez le dôme ou le sac : l'apparition de nouvelles feuilles indique que la bouture est enracinée et est désormais devenue une nouvelle plante. À ce moment, vous pouvez placer la plante devant une fenêtre plus ensoleillée si nécessaire.
Entretien de base de vos plants
Pendant l'automne et l'hiver, arrosez vos plantes quand leur terreau est sec au toucher. Pincez l'extrémité de leurs tiges occasionnellement pour stimuler une croissance plus dense. Surtout, donnez-leur un bon éclairage.
Il est fort probable que vous aurez à rempoter la bouture dans un pot plus grand, mais allez-y graduellement : d'un petit pot vers un pot de 3 à 5 cm plus grand, puis, quand ce pot aussi se remplit de racines, vers un pot encore plus grand. Ne passez jamais d'un petit pot à un grand : cela cause souvent la pourriture. Quant à l'engrais, n'y pensez pas pour l'instant. Le terreau que vous utilisez en contient déjà un peu et les plantes auront peu besoin d'engrais pendant les jours courts de l'hiver. Vers le mois de mars, par contre, vous pouvez commencer un régime de fertilisation selon le mode d'emploi de l'engrais à employer. Un engrais tout usage convient parfaitement.
Pour remplir vos plates-bandes
À la mi-mars, il est temps de passer à la production à grande échelle. Bouturez toutes les branches de vos annuelles (la plante repoussera rapidement de la base) et vous voilà avec assez de jolies annuelles pour remplir vos plates-bandes et pots!
Quelles plantes rentrer?
Si vous avez vraiment beaucoup de lumière, vous pouvez rentrer des boutures de tomates ou de piments pour une production hivernale, mais pour la plupart des jardiniers amateurs, les annuelles ornementales sont le meilleur choix, notamment les espèces reconnues pour tolérer l'ombre ou la mi-ombre. Bégonias, coléus, fuchsias, impatientes et pélargoniums sont des classiques, mais pensez aussi aux abutilons, pétunias, lantanas, capucines, verveines et calibrachoas. Les nouvelles alysses odorantes, celles qui fleurissent tout l'été, comme 'Snow Princess' et 'Blushing Princess', fleuriront aussi tout l'hiver dans la maison... et quel parfum! Enfin, certaines plantes tropicales sont déjà reconnues comme étant autant des plantes d'intérieur que d'extérieur - palmiers, mandevillas, bananiers, cordylines, etc.
Notez que peu de fines herbes (le laurier-sauce étant l'exception majeure) s'adaptent bien aux conditions d'intérieur. À cet effet, consultez en ligne l'article suivant : http://goo.gl/wRB5lX.
Bon succès avec vos nouveaux bébés!
<p>Il n'y a aucune raison logique pour laquelle deux potagers équivalents en qualité ne produisent pas d'aussi beaux légumes. Pourtant...</p>
<p>Les fruits du sureau du Canada sont à la fois comestibles et légèrement toxiques. Mieux vaut les faire cuire avant de les consommer.</p>
Réponses à vos questions
Mauvaise herbe grimpante
Q Pourriez-vous me donner le nom des herbes grimpantes qui étouffent mes phlox et même mes bleuetiers? Je joins un échantillon à ma lettre. À l'automne, j'en arrache beaucoup, mais le printemps suivant, tout recommence. 
Céline Bergeron,
Saint-Antoine-de-Tilly
R Il s'agit de l'amphicarpe bractéole (Amphicarpaea bracteata), une légumineuse grimpante qui a la curieuse capacité de produire des capsules de graines souterraines, comme le fait l'arachide. D'ailleurs, les graines ainsi produites sont comestibles, et cette plante est considérée comme ayant un bon potentiel pour devenir un légume cultivé. Dans votre cas, cependant, elle n'est pas à sa place et vous cause des ennuis. L'arracher à l'automne ne donnera strictement rien : les racines sont alors bien chargées en hydrates de carbone, prêtes à produire de nouvelles tiges l'année suivante. Vous ne faites alors que débarrasser la plante de son feuillage qui meurt l'hiver de toute façon. Pour vous en débarrasser, agissez au printemps, coupant au sol les nouvelles pousses. Si elles repoussent, rabattez-les encore. À force de couper la partie verte de la plante, qui est son unique source d'énergie, vous allez en venir à bout. Ne sarclez surtout pas : cela ne fait qu'augmenter le nombre de plantes, puisque cela laisse des rhizomes sectionnés dans le sol et chaque petite section ainsi produite donnera une nouvelle plante.
Sureau noir ou sureau du Canada?
Q Une petite note concernant le sureau du Canada (votre chronique sur les plantes toxiques du 9 août) : je crois que ce sureau est le même que le sureau noir d'Europe. En tout cas, le goût des fruits me plaît; et j'ai la chance d'avoir des arbustes dans un boisé près de chez nous (boisé du Parc-Falaise). Alors, lors d'une balade, j'en cueille un bouquet que je savoure en chemin, à la barbe des oiseaux! Savez-vous que les fleurs de ces mêmes sureaux ont un effet très adoucissant, mélangées à d'autres plantes pour des tisanes contre maux de gorge et toux? Et se sèchent très bien. Mais il faut y aller prudemment quand les fleurs sont fraîches : on peut vite «planer» en en faisant une inhalation! Expérience faite!
Béatrice Chevallier,
Sainte-Foy
R Le sureau noir (Sambucus nigra) d'Europe et le sureau du Canada (S. canadensis) sont très semblables et certaines taxonomistes les considèrent comme étant la même espèce, appelant notre sous-espèce S. nigra canadensis. Pour le jardinier, cependant, il importe de noter que le sureau noir est beaucoup moins rustique que le sureau du Canada et gèle, parfois sévèrement, la plupart des hivers dans nos régions. Les deux ont des fleurs et des fruits comestibles, mais si j'ai insisté sur la cuisson des fruits dans une chronique récente, c'est qu'ils demeurent très légèrement toxiques (le reste de la plante, tiges, feuilles, écorce et racines, est très toxique). Oui, on peut consommer les fleurs et les fruits crus, mais pas en quantité importante. Les enfants, surtout, ne devraient jamais les manger crus, car ils sont plus sensibles aux toxines que les adultes. La cuisson détruit toutefois les éléments toxiques, et il existe de nombreuses recettes où cette plante est en vedette : confitures, sirops, vins, etc.
Potagers aux résultats inégaux
Q Nous faisons face à un étrange phénomène dans nos potagers cette année. Celui de gauche ne fournit pas du tout alors que celui de droite est en très bonne forme. Nous nous questionnons à savoir ce qui peut expliquer une telle différence, sachant que nous avons la même terre (à jardin) et le même compost (de crevettes) dans les deux jardins. L'année dernière, celui de gauche a été très productif. Cette année, rien ne semble lever. Sauriez-vous expliquer ce mystère?
Émilie Lessard, Québec 
R La triste réalité est que, non, je ne peux pas expliquer ce qui se passe. Les deux potagers, ayant reçu les mêmes traitements, devraient produire de façon similaire. Je ne vois, dans votre photo, aucun signe non plus que l'environnement soit différent : les deux semblent au plein soleil et je ne vois pas d'arbres dans le voisinage qui pourraient, par leurs racines, assécher et appauvrir un potager plus que l'autre. Des fois, il y a dans le jardinage des mystères impossibles à résoudre! Je ne peux vous suggérer que de faire faire une analyse de sol pour voir s'il y a quelque chose qui cloche dans le potager de gauche!
Calendrier horticole
Azalées et rhododendrons
Mercredi à 19h30 au 51A, rue Déziel, la Société d'horticulture de Lévis vous invite à une conférence avec Albert Mondor, qui parlera de la culture des azalées et des rhododendrons. Coût : 6 $/non--membres. Info : 418 838-9578 ou info@shlevis.org
Expo de bonsaï à Montréal
La Société de bonsaï et de penjing de Montréal tiendra son exposition annuelle de 9h jusqu'à 18h du 5 au 7 septembre au Grand Chapiteau du Jardin botanique de Montréal. Ateliers, conférences, démonstrations et encan de végétaux. Tournée commentée de l'exposition offerte  durant la journée de dimanche. Info : info@bonsaimontreal.com
Concours Mon potager en façade
Le Réseau d'agriculture urbaine de Québec invite la population à voter pour son potager en façade préféré de Québec et de Lévis en visitant le site du réseau (www.agricultureurbaine.net). Un jury, composé de deux spécialistes des aménagements comestibles, Lili Michaud et Larry Hodgson, choisira deux potagers gagnants. Le vote du public permettra de déterminer un troisième potager. Le dévoilement des gagnants se tiendra au cours de l'événement Des fruitiers dans ma rue le 24 septembre à l'Université Laval. 
Cours sur les fines herbes
Lili Michaud présentera un cours intitulé Les fines herbes de la terre à la table au Collège Saint--Charles-Garnier, situé au 1150, boulevard René-Lévesque Ouest, Québec le mardi 23 septembre de 19h à 21h30. Coût : 35 $. Info et inscription : lili.michaud@sympatico.ca ou 418  522-5654.