Les poivrons viennent dans une vaste gamme de couleurs. Ici, la lignée «Rainbow».

2015, l'année du poivron

La semaine dernière, mon article portait sur l'année du coléus, ainsi nommée par le National Garden Bureau. Mais cette association fait aussi la promotion annuelle d'un légume aussi et ainsi 2015 est officiellement l'année du poivron. Allons voir ce qu'on peut découvrir sur ce légume* populaire.
<p>Le poivron long «Thunderbolt».</p>
Le poivron doux (Capsicum annuum) n'existe pas à l'état sauvage. C'est une sélection du piment fort (C. annuum aussi) qui, à cause d'un gène récessif, ne produit pas de capsaïcine, l'élément qui rend le piment fort si brûlant. Comme le poivron est sans capsaïcine, son goût est doux et ne provoque pas la moindre irritation.
On sait que le piment fort, originaire de l'Amérique du Sud et de l'Amérique centrale, est cultivé depuis au moins 5000 ans et qu'il fut probablement domestiqué dans l'État d'Oaxaca au Mexique. On en sait moins sur les origines de son cousin doux, le poivron, mais il était déjà cultivé au Mexique avant l'arrivée des premiers Européens. Il ne fut adopté en Europe que vers le XVIIIe siècle, presque 200 ans plus tard que le piment fort. On ne commence toutefois à le cultiver couramment au Québec qu'au XXe siècle.
*Botaniquement, le poivron est un fruit, mais on l'utilise comme un légume.
Tout un choix
Si les jardiniers québécois sont plus familiers avec le poivron carré, à quatre lobes, le poivron est en fait offert sous plusieurs formes, la plupart à trois lobes : le poivron long ou poivron banane, le poivron corne de taureau, le poivron mi-long, le mini poivron carré, le poivron cerise, etc. Et il vient dans plusieurs couleurs : rouge, orange, jaune, chocolat, pourpre ou ivoire. En général, plus la couleur est pâle, moins le goût est intense. On peut manger tous les poivrons au stade vert ou à maturité, quand ils prennent leur coloration finale, et on voit les deux dans les supermarchés. Ils sont toutefois plus sucrés et plus digestes quand ils sont à maturité.
Culture
Le poivron est un légume de climat chaud et n'aurait pas le temps de mûrir si on le semait en pleine terre. Ainsi, le semis se fait à l'intérieur, vers le 15 mars, de préférence dans des pots de tourbe (ainsi les racines ne seront pas dérangées lors du repiquage). Semez les graines à cinq millimètres de profondeur dans un terreau riche et humide et placez le contenant dans un endroit chaud
(24 °C, si possible). Elles germeront dans seulement six à huit jours. Après, placez le contenant devant une fenêtre ensoleillée ou sous des lampes fluorescentes.
On peut repiquer les plants au jardin en juin, quand la température nocturne dépasse 15°C. Il lui faut le plein soleil et un sol riche et bien drainé. Évitez les emplacements où des poivrons ou d'autres solanacées (tomates, aubergines, etc.) ont poussé au cours des quatre années précédentes pour minimiser la transmission de maladies. Espacez les plants de 30 à 45 cm.
Dans certaines régions, et notamment en altitude ou dans le Nord, il faut couvrir les plants d'un tunnel transparent, ou encore les cultiver en serre, et ce, pour rehausser la température nocturne, sinon les fruits ne mûrissent pas. Les piments se cultivent facilement aussi en pot sur la terrasse ou le balcon et y donnent d'ailleurs souvent un meilleur rendement, car il peut y faire plus chaud que dans un potager en pleine terre.
Les graines des poivrons verts ne sont pas viables (elles sont trop immatures), mais vous pouvez récolter celles des poivrons mûrs et les conserver dans une enveloppe de papier en vue du semis de l'année suivante. Attention, toutefois : si vous cultivez des poivrons et des piments forts dans le même potager, les graines qui en résultent peuvent donner des hybrides au goût altéré - notamment de beaux poivrons carrés qui brûlent la langue! - si des abeilles ou d'autres pollinisateurs ont effectué un transfert de pollen.
<p>Écorce boursoufflée à la base d'un tulipier </p>
<p>On voit rarement des rosiers en fleurs dans la maison</p>
Réponses à vos questions
Dommages causés par la tondeuse
Q Nous avons un tulipier âgé de plus de 15 ans qui nous a toujours inquiétés, car il n'est pas dans la bonne zone. Il a pourtant grandi avec de bonnes et moins bonnes saisons, mais n'a jamais donné de fleurs. Mais voilà que son tronc paraît endommagé. Devons-nous craindre le pire?
Monique Gauthier, Sainte-Foy
R D'abord, effectivement, le tulipier (Liriodendron tulipifera) n'est pas très rustique (zone 6) et réussit rarement très bien dans notre région. Souvent, il survit, mais sans beaucoup de vigueur, et souffre souvent de dommages hivernaux. La floraison n'est pas impossible, mais prend bien des années : à 15 ans, le vôtre arrive justement «dans l'âge». Le dommage à la base de votre tulipier est courant chez tous les arbres cultivés dans une pelouse. En frappant sur le tronc avec une tondeuse à gazon ou à fil de nylon, cela provoque une blessure souvent invisible au début, mais, avec le temps, l'écorce se détache et meurt, laissant un trou. Cette sorte de blessure n'est pas immédiatement fatale, mais il faut arrêter de tondre près de la base de l'arbre au risque de l'empirer. Idéalement, vous enlèverez le gazon à la base de tout arbre pour le remplacer par un cercle de paillis (ainsi, rien n'y poussera, ce qui éliminera le besoin de couper le gazon dans le secteur). Sinon, taillez à la main près du tronc; il existe à cette fin des ciseaux à gazon à long manche. Quant à la blessure actuelle, enlevez délicatement la partie boursouflée de l'écorce avec un couteau stérile (trempez-le dans de l'alcool à friction entre chaque coupe), n'enlevant que dans la partie morte de l'écorce, et ce, afin d'exposer la blessure à l'air. N'appliquez surtout pas de pâte ou de peinture d'émondage : elles tendent à stimuler le développement de champignons. Avec le temps, si l'arbre est en santé, l'écorce se reformera sur la blessure.
Une rose dans la maison
Q Début novembre dernier, j'ai pris un de mes rosiers hybrides de thé, que j'ai installé dans un pot pour le mettre dans mon salon. Voici le résultat! Feuillage impeccable, et que dire de la rose rouge! Il n'y a qu'une rose, mais je pense en voir une seconde qui commence à sortir.
Vincent Légaré, Charlesbourg
R Félicitations pour votre exploit! Il est rare qu'on voie des rosiers en fleurs dans la maison. Je crains toutefois que votre rosier commence bientôt à dépérir. En effet, les rosiers emmagasinent des hydrates de carbone à l'automne pour assurer une bonne reprise au printemps. En le faisant pousser pendant l'hiver, moment où il n'y a pas assez de lumière pour contenter un rosier (et on se rappelle que l'énergie d'une plante vient du soleil), il doit vivre sur ses réserves et elles seront bientôt épuisées. De plus, les tétranyques (araignées rouges) sont à craindre : ils s'attaquent souvent aux plantes en détresse. Pour tirer le mieux de la situation, offrez à votre rosier un emplacement frais et très ensoleillé pour le reste de l'hiver. Aussi, donnez à la plante une douche toutes les semaines pour contrôler les tétranyques. Au printemps, vous la replanterez en pleine terre.
Calendrier horticole
Introduction à la permaculture
Le mercredi 14 janvier à 19h30 à La Maison de la culture, 67, rue du Rocher, Rivière-du-Loup, la Société d'horticulture de Rivière-du-Loup vous invite à une conférence avec Mélissa Lizotte, qui a pour titre Une introduction à la permaculture. Coût : 7 $ non-membre
Huiles essentielles et eaux florales
La Société d'horticulture et d'écologie de Portneuf invite la population à sa prochaine conférence, qui aura lieu le dimanche 11 janvier à 9h au Centre municipal, 110, rue Principale, Saint-Gilbert. Johanne Barrette, herboriste, parlera de la production des huiles essentielles et des eaux florales biologiques. Entrée :
5 $. Gratuit pour les membres et les résidents de Saint-
Gilbert. Info :  418 285-2981
Conifères nains
La Société d'horticulture Chaudière-Etchemin vous invite à une conférence sur les conifères nains avec Larry Hodgson. Elle aura lieu le mardi 13 janvier à 19h30 au Centre civique, 959, rue de l'Hôtel-de-Ville, Saint-Jean-Chrysostome. Coût : 6 $ non-membres. Info : 418 839-4680
Jardiner pour les oiseaux
La Société d'horticulture et d'écologie de Charlesbourg vous invite à une conférence qui se tiendra le mardi 13 janvier à 19h30 au Centre culturel et communautaire de Charlesbourg situé au 7575, boul. Henri-Bourassa, salle 20. Bruno Carpentier vous parlera de l'aménagement paysager et de l'alimentation saine et variée pour les oiseaux. Coût : 6 $ non-membre.
Info : s.h.e.charlesbourg@hotmail.com
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