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Pas de veilleuse pour les plantes de Noël

Vous trouvez qu’il est tôt pour parler des plantes de Noël? Mais pas du tout. Même que si vous voulez avoir des fleurs sur plusieurs des plantes qui fleurissent à Noël, c’est en plein le bon moment pour les préparer!

En ce jour d’équinoxe d’automne, soit le 22 septembre, il y aura 12 heures d’ensoleillement et 12 de noirceur. Demain, les journées baisseront à moins de 12 heures… et c’est cela qui provoque la floraison chez plusieurs plantes d’intérieur. Appelées plantes de jour court, ces plantes aperçoivent la baisse de la durée d’éclairage comme un signal qu’il est temps de se préparer à fleurir. Donc, dès demain, il faut penser de leur donner les conditions qu’elles préfèrent, sinon la floraison sera retardée ou même avortée.

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2018 : l’année de la tulipe

Oui, c’est l’année de la tulipe, ainsi nommée par la National Gardening Association. Et comme les bulbes de tulipe qui arrivent massivement sur le marché ces semaines-ci, c’est le moment idéal pour vanter ses mérites!

Qu’est-ce qu’une tulipe?

La tulipe est une plante vivace à bulbe originaire surtout de l’Asie centrale, où elle vit en montagne dans un climat aux étés torrides et secs et aux hivers froids et neigeux. Elle est de la famille des Liliacées et appartient au genre Tulipa, qui contient environ 75 espèces différentes, mesurant de 7 à 70 cm de hauteur. Le nom vient du turc tülbend (turban), vraisemblablement parce que les fleurs ressemblent à des turbans colorés. 

C’est une plante très simple. Normalement, il y a une seule tige portant une fleur unique composée de trois pétales et de trois sépales. Les feuilles entières, habituellement épaisses et vert glauque, sont peu nombreuses et forment une rosette. Sous le sol, il y a un bulbe semblable à un oignon. Au moment de l’achat du bulbe, il contient déjà l’embryon de la fleur qui s’épanouira au printemps.

Popularisées depuis 1000 ans, les tulipes furent d’abord cultivées par les Perses, puis les Turcs Ottoman, puis les Néerlandais. D’ailleurs, en Hollande, l’engouement pour la tulipe fut tel qu’il provoqua un marché spéculatif monstre durant une période appelée la tulipomanie, au milieu du XVIIe siècle, qui entraîna le pays au complet presque à la ruine quand le marché s’écrasa subitement en 1637. 

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Québec, toujours un désert botanique?

En février 1985, l’éditorialiste du défunt journal Canadian Garden News, Art Drysdale, avait écrit un billet traitant la ville de Québec de désert botanique («botanical desert»). À la suite d’une visite de deux jours à Québec en 1984, où les attraits horticoles ne l’ont manifestement pas impressionné, il a noté que notre ville «semble pratiquement dépourvue de bons jardins publics» et, de plus, il s’est dit consterné «par le manque de soins horticoles donnés aux plantations, même à l’intérieur des grands murs de la ville.» Assez cinglant, n’est-ce pas? Mais qu’en est-il 33 ans plus tard?

Une nette amélioration
Très honnêtement, la ville est beaucoup plus fleurie qu’à l’époque et ses aménagements sont maintenant bien entretenus. Les autorités ont beaucoup investi dans l’aménagement paysager, non seulement autour de la vieille ville, mais partout sur son territoire. Des îlots de plantes et de fleurs décorent maintenant les grandes artères et de superbes petits aménagements plus intimes, fleuris à souhait, apparaissent çà et là dans la ville. 

Les grands édifices ont maintenant presque tous des aménagements remarquables, selon l’espace disponible — l’Assemblée nationale, la gare du Palais, l’hôtel de ville, etc. — et les grands parcs ont tous des attraits horticoles améliorés ou supplémentaires. 

Il est difficile de croire que M. Drysdale n’avait pas pris en considération les superbes plaines d’Abraham (parc des Champs-de-Bataille), avec ses pelouses, bosquets et jardins, et notamment le superbe Jardin Jeanne-d’Arc. Les Plaines dans leur ensemble donnent à Québec un charme que peu de villes peuvent égaler. Mais peut-être qu’il considérait que les Plaines, étant de compétence fédérale, ne faisaient pas partie de la ville? 

Les pas en avant depuis 1985
Regardons quelques-uns des améliorations notables depuis 1985 :

› Le parc du Bois-de-Coulonge, qui a réussi le défi de se maintenir comme parc historique tout en améliorant la donne, surtout grâce aux incroyables jardins à l’entrée du parc, autour de la maison du gardien;

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La division des vivaces

Les vivaces n’ont jamais été aussi populaires et elles remplissent maintenant plus de jardins québécois. Un des attraits des vivaces est que l’on peut facilement les diviser afin d’en obtenir d’autres. Oui, mais quand et comment?

Printemps, été ou automne?

Théoriquement, on peut diviser une vivace en presque toute saison, mais une division en plein été est plus stressante pour la plante... et aussi, à cause de la chaleur, pour le jardinier. De plus, pour réduire le stress de la plante nouvellement repiquée, il faut arroser davantage. Ce n’est donc pas la meilleure période pour pratiquer une division. Mais si vous devez le faire pour une raison quelconque — un déménagement, par exemple — au moins vous saurez que c’est possible.

Habituellement, on pratique plutôt la division quand la plante est plus ou moins au repos: soit tôt au printemps, quand ses premières feuilles se pointent, ou à l’automne. Et cela permet de classer les vivaces en trois catégories. 

Les vivaces à floraison printanière

Elles sortent en toute vitesse au printemps et leur floraison a lieu avant la mi-juin. Et il n’y a pas que la floraison qui a lieu tôt dans la saison. Leur feuillage et leurs racines se développent tôt aussi. Les diviser au printemps risquerait de miner leur croissance. On va donc diviser ces vivaces à l’automne: fin août, septembre ou jusqu’à la mi-octobre. Dans cette catégorie, il y a des plantes comme l’iris de jardin, la pivoine, le pavot d’Orient et le cœur saignant.

Les vivaces à floraison estivale

Elles fleurissent entre la mi-juin et la mi-août. Elles sont solidement endormies en mai et ne commencent à «se grouiller» qu’en juin. En septembre, elles se reposent déjà. On peut donc diviser ces vivaces soit au printemps ou à l’automne. Dans cette catégorie, il y a l’hémérocalle, l’hosta et l’asclépiade.

Les vivaces à floraison automnale

Ces vivaces fleurissent après le 15 août. Plusieurs continuent de pousser et de fleurir même après les premiers gels. Comme elles sont encore en croissance à l’automne, les diviser à cette période pourrait nuire à leur survie. On va donc plutôt les diviser au printemps, quand leur croissance pour la saison est à peine entamée. Dans cette catégorie, vous trouverez l’aster, le chrysanthème, le sédum d’automne et la rudbeckie.

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Des plantes qui résistent à la sécheresse

Rarement la région de Québec n’a subi un été aussi torride que celui de 2018. Avec des canicules jour après jour et une pluie venant surtout d’orages isolés, plusieurs secteurs ont subi une sécheresse profonde, empirée, bien sûr, par la chaleur qui a provoqué une évaporation accrue. Et ce n’est pas seulement chez nous : tout l’hémisphère nord a vécu des records de chaleur et de sécheresse. Je ne dis pas que tous les étés futurs seront ainsi, mais ce serait une bonne idée de s’y préparer, au cas où.

Planxérophytes
Une façon de réagir à un climat plus sec est de choisir des végétaux plus tolérants à la sécheresse. Après tout, il y a même des plantes qui peuvent pousser dans le désert et nous sommes loin d’être dans une situation d’aridité aussi extrême. On appelle ces végétaux des plantes xérophytes, du grec xéro (sec) et phyte (plante).

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Fleurs d’automne pour nourrir les monarques

Depuis déjà cinq ou six ans, il y a un énorme battage médiatique chaque fin de printemps au sujet de la diminution de la population du papillon monarque (Danaus plexippus), ce joli papillon orange et noir qui migre tous les débuts d’été des montagnes du Mexique jusqu’au Québec, à l’extrémité nord de son aire.

On accuse la coupe des forêts au Mexique, le mauvais temps, les insecticides néonicotinoïdes et, surtout, l’utilisation massive d’herbicides dans l’agriculture moderne qui, nous dit-on, tuent les asclépiades (Asclepias spp.) nécessaires à sa survie.

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Le fantastique Jardin Scullion

CHRONIQUE / Je n’ai pas souvent l’occasion d’aller dans la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean pendant les mois d’été. D’ailleurs, la dernière fois, c’était il y a 12 ans! Mais quand j’y vais, c’est certain que je passe une bonne demi-journée dans l’extraordinaire Jardin Scullion à l’Ascension-de-Notre-Seigneur, près d’Alma. J’y suis retourné le mois dernier avec un groupe d’amateurs de jardinage lors d’un voyage organisé par Groupe Voyages Québec et la décision des passagers était unanime : c’est l’un des plus beaux jardins au Québec, sinon le plus beau.

Ce jardin est l’œuvre de Brian Scullion, un génie de l’aménagement paysager natif d’Alma. En 1985, il a acheté une terre abandonnée, plane, sans attraits et a commencé la laborieuse tâche de la faire renaître, d’abord en plantant des arbres — plus de 30 000! — pour couper le vent. Il y installe d’abord une pépinière de production et une entreprise d’aménagement paysager, mais, peu à peu aussi, un jardin. D’abord autour de la maison, puis sur une bonne partie des 40 hectares du terrain. Depuis 1999, le jardin est ouvert au public.

Impeccable!

La première chose que vous remarquerez en visitant le jardin est qu’il est impeccable : il n’y a pas une seule feuille de travers. Les jardins sont composés de nombreux végétaux, plus de 2000 variétés au total, plantés en massif. Brian conçoit ses jardins d’abord avec le feuillage en tête : après tout, les fleurs viennent et vont, mais les feuilles restent. Oui, il y a eu des ratés, des végétaux qui n’ont pas rempli leurs promesses, mais après plus de 30 ans d’essais, l’effet est désormais à son comble.

D’ailleurs, le jardin a remporté le Lauréat régional des Grands prix du tourisme québécois à trois reprises, signe de son succès auprès des visiteurs. 

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Récoltez vos propres semences

Le mois d’août est le grand mois de la récolte dans le potager. Tomates, haricots, courgettes : il ne se passe pas une journée sans qu’un légume délicieux ne soit prêt à être dégusté. Mais avez-vous déjà pensé à récolter des semences de vos légumes pour semer l’an prochain?

D’abord, c’est très rentable : il y aura moins de semences à payer la prochaine saison. D’ailleurs, habituellement les graines sont bonnes pour au moins 3 ans! Mais c’est aussi très facile. Une fois que vous aurez tenté l’expérience de récolter des semences une première fois, vous vous demanderez pourquoi vous ne l’avez pas toujours fait! 

Quand récolter?

Les graines sont mûres quand la capsule ou le fruit est mûr. Pour les annuelles et les vivaces, c’est facile. Après la floraison, vous ne supprimez pas la fleur et habituellement une capsule se forme à sa place, donc à l’extrémité de la tige florale, où la fleur était. 

Pour les légumes, ce n’est pas aussi évident, car habituellement, on cueille les légumes pour la table avant leur pleine maturité. Par exemple, on récolte les pois et les haricots mange-tout quand leur cosse est mince et encore humide, mais à ce moment les graines ne seront pas encore mûres. Pour cela, il faut choisir une plante et laisser ses graines grossir, s’épaissir et s’assécher. 

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Les succulentes : aussi faciles qu’on le prétend?

Les plantes succulentes, ces plantes d’intérieur qui conservent de l’eau dans leurs tissus et ont donc des tiges ou des feuilles enflées, sont très tendance par les temps qui courent. On les vend partout, même dans les supermarchés. Toute cette popularité vient d’une croyance tenace : qu’elles sont faciles à cultiver!

Pourtant, je gage qu’il n’y a pas une succulente sur dix qui sera encore en vie un an plus tard… ou si elle est en vie, elle sera mourante. Que se passe-t-il?

Le problème de base des succulentes est que leur capacité de «bien tenir» dans les situations difficiles fait croire à leur propriétaire qu’elles vont bien. On ne voit pas qu’elles souffrent. Souvent, elles ne croissent même pas… ou encore, les nouvelles pousses ou feuilles sont vert pâle et étiolées, une croissance anormale qui n’annonce rien de bon. 

Pourtant, les succulentes peuvent être faciles à cultiver si vous choisissez les bonnes variétés et les entretenez correctement.

Beaucoup de fausses informations circulent au sujet des succulentes. En voici trois :

1 Les succulentes n’ont pas besoin de soleil 

Quel non-sens! S’il existe quelques succulentes qui peuvent tolérer un éclairage moyen, la plupart ont besoin de plein soleil. Placez-les le plus près possible devant la fenêtre la plus ensoleillée de votre demeure. 

2 Les succulentes n’ont pas besoin d’arrosage

Voilà une bonne façon de tuer une plante vivante! Bien sûr qu’elles ont besoin d’arrosages, mais assez espacés. Une succulente cultivée au soleil nécessitera des arrosages assez fréquents l’été, mais plus espacés l’hiver. Une succulente qui manque de soleil utilisera toutefois beaucoup moins d’eau qu’une succulente cultivée convenablement. Avant d’arroser toute succulente, enfoncez un doigt dans le terreau. S’il est sec au toucher, arrosez abondamment. S’il est encore humide, retarder l’arrosage.

3 Les succulentes poussent bien en terrarium

En fait, elles détestent la forte humidité atmosphérique qui y règne. D’accord, il existe quelques rares succulentes qui s’y adaptent, mais normalement, un terrarium est le pire milieu pour les succulentes. 

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Des fleurs dans l'assiette

L’être humain consomme des fleurs depuis des temps immémoriaux. Après tout, que sont le brocoli et le chou-fleur sinon des boutons floraux? Mais depuis les années 80, l’intérêt pour cette consommation colorée ne cesse d’augmenter.

D’ailleurs, si vous allez dans un restaurant un tantinet chic, vous voilà confrontés aux fleurs dans l’assiette, fleurs qu’on y a placées pour que vous y goûtiez. Il existe même des producteurs spécialisés en fleurs comestibles… mais débutons ici avec des fleurs de nos jardins personnels. Lesquelles sont comestibles?

Premièrement, ne consommez aucune fleur sans être certain qu’elle est comestible. D’accord, la plupart le sont, mais certaines sont toxiques et d’autres n’ont aucun attrait gustatif. Mais d’autres fleurs très courantes sont parfaitement comestibles et délicieuses. 

Dans la plate-bande

Voici quelques fleurs populaires qui sont aussi comestibles. Assurez-vous toutefois de ne consommer que les fleurs que vous avez produites vous-mêmes, car il est fort possible que des plantes achetées aient été traitées aux insecticides. 

›  Bégonia tubéreux (Begonia x tuberhybrida)

Le goût acidulé des pétales est délicieux! À éviter toutefois si vous souffrez de la goutte.

›  Capucine (Tropaeolum majus)

Ses fleurs très voyantes sont à la fois piquantes et sucrées, tout comme les feuilles, les boutons floraux et même les capsules de graines. On peut même mariner ces dernières pour faire un excellent substitut pour les câpres. 

›  Hémérocalle (Hemerocallis spp.)

Les boutons et les fleurs goûtent un peu le concombre. Ne mangez que les pétales, car la base de la fleur est amère. Excellents en salade!

›  Œillet d’Inde (Tagetes spp.)

Leur odeur intense peut vous décourager, mais les pétales sont délicieux si vous enlevez la base blanche. Les fleurs orange peuvent remplacer le safran dans les recettes. 

›  Pensée (Viola x wittrockiana)

Les fleurs si colorées en font une garniture populaire. Les pétales mêmes ont peu de goût; il faut consommer la fleur entière, avec un peu de tige, pour profiter du goût menthé. 

›  Phlox des jardins (Phlox paniculata)

Ces magnifiques fleurs en trompette, très parfumées, sont délicieuses, avec un goût poivré. Excellent choix pour les salades de fruits!

›  Rosier (Rosa spp.)

Les fleurs de tous les rosiers sont comestibles. Le goût des pétales est habituellement doux et fruité. Enlevez toutefois la base blanche du pétale, plus amère. 

›  Souci (Calendula officinalis)

Tout comme l’œillet d’Inde, on utilise ses fleurs pour teinter les mets en remplaçant le safran, qui est plus coûteux. Un ajout classique aux soupes écossaises.

›  Tournesol (Helianthus annuus)

Les boutons floraux sautés avec du beurre goûtent l’artichaut. Ou arrachez les rayons (pétales) pour utilisation dans les soupes et salades.

Dans le potager

Plusieurs fleurs de légumes et de fines herbes aussi sont comestibles.

›  Bourrache (Borago officinalis)

Les fleurs bleues de la bourrache ont un goût rafraîchissant rappelant le concombre. On les utilise souvent dans les boissons d’été. Faites-en congeler dans des cubes de glace pour surprendre vos convives!

›  Ciboulette (Allium schoenoprasum)

Égrenez les boules de petites fleurs roses pour un doux goût d’oignon.

›  Coriandre (Coriandrum sativum)

Les fleurs ont un goût intense approprié aux mets mexicains.

›  Courge (Cucurbita spp.)

Les fleurs de toutes les courges (citrouilles, courgettes, spaghetti, etc.) sont comestibles. On peut les manger en bouton ou après leur épanouissement, frites dans une pâte ou farcies. Bien que les fleurs des deux sexes se mangent, habituellement on laisse les fleurs femelles devenir des fruits et consomme plutôt les fleurs mâles.

Et il y a des dizaines d’autres possibilités! Visitez les sites Web spécialisés dans les fleurs comestibles pour en découvrir d’autres!