Les nouvelles installations en bois clair contrastent avec la structure d’origine, en bois peint.

Grand Marché de Québec : déambuler entre bois et lumière

L’architecte Pierre Thibault se souvient d’une visite au marché de Copenhague, un samedi. Des petits groupes de musique jouaient entre les tomates et les fraises, des gens étaient assis par terre, les enfants dansaient. «Dans les climats nordiques, ce type d’espace est encore plus attractif.» Et manquait dans une ville comme Québec, selon lui.

L'atelier Pierre Thibault et la firme Bisson associés planchent depuis 2017 pour créer le Grand Marché, qui ouvrira ses portes le 14 juin sur le site d’ExpoCité. Neuf mille mètres carrés ont été repensés au coût de 24,8 millions $. Un marché «à l’image d’un village, avec sa place publique et ses ruelles», où il sera bon passer une demi-journée à déambuler entre les étals des producteurs.

Les ouvertures de la façade sud baignent la grande halle de lumière naturelle.

Les photos du chantier laissent entrevoir une halle baignée de lumière naturelle, grâce à de grandes fenêtres sur la façade sud et à des percées dans le toit. Les modifications sur le bâtiment existant, l’ancien Pavillon du commerce presque centenaire, ont été mineures, précise Jonathan Bisson, architecte chargé de projet. Dans ce souci de préserver le patrimoine, les nouvelles installations s’insèrent délicatement, sans surcharger. «On a construit quelque chose d’autoportant», poursuit Pierre Thibault, chargé de conception.

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Le bois clair est omniprésent, même en finition, pour contraster avec la structure d’origine. L’essence utilisée est de l’épicéa et le bois a été importé d’Europe. Les concepteurs auraient préféré un achat local, mais dans le jeu des soumissions, le produit le moins cher l’a emporté, explique l’architecte.

Les gradins sont couverts d’une finition de panneaux de bois lamellé-croisé d’épicéa.

Les panneaux de bois lamellé-croisé ont toutefois été transformés en formes fluides et organiques dans une usine de Saint-Augustin-de-Desmaures, grâce à une technologie de fabrication numérique. En résultent des gradins dansants. Jonathan Bisson souligne le travail des artisans-menuisiers qui ont fait l’assemblage.

On annonce une végétation abondante, par l’ajout de jardins intérieurs et extérieurs. Le cœur du marché abritera même de grands arbres.

Les jardins intérieurs étaient en préparation sur cette photo, obtenue début juin.

Le projet inclut aussi un système de gestion des matières résiduelles, avec cinq robots broyeurs. La technologie Solucycle permettra d’acheminer les débris organiques vers un futur centre de biométhanisation. En attendant, ils prendront le chemin d’une autre filière, qui transformera le tout en compost, précise M. Bisson.

Un casse-tête assez complexe

Quel a été le plus grand défi? Répondre aux demandes particulières des producteurs, dont certains ont un emplacement permanent, d’autres un étal saisonnier. Donner une belle vitrine à tous, puisqu’il y a une alternance de bâtiments sur un et deux niveaux à l’intérieur. Imbriquer tout un chacun, sans nuire au plaisir de la déambulation. «Ç’a été un casse-tête assez complexe. On a fait beaucoup de versions pour que tout le monde soit content», admet Pierre Thibault.

Pour l’architecte, le Grand Marché est un lieu plein de sens, à une époque où le Québec a redécouvert le plaisir de cuisiner.