Les galeries qui ceinturent le hall, la brique des parois intérieures et la rotonde ornée d'un vitrail insufflent de la noblesse à l'édifice.

Gare du Palais: une «survivante» de 100 ans

La gare du Palais est «une survivante». «Elle a été conservée par miracle», affirme l'historien Réjean Lemoine.
Le centenaire de cet «édifice prestigieux» érigé dans le quartier Saint-Roch, à Québec, est un beau prétexte pour revisiter l'histoire.
À la fin du XIXe siècle, rappelle M. Lemoine, Québec était exclue du réseau ferroviaire au profit de Lévis. À la faveur de la construction du pont de Québec, est née l'idée d'unifier les réseaux de chemin de fer et d'amener les trains dans des lieux stratégiques. La gare du Palais deviendrait, à partir de 1916, leur principal point de convergence dans la région.
«Avec le pont, la gare du Palais a été le dernier grand projet à Québec pendant la Première Guerre mondiale», mentionne-t-il. C'était l'époque où «tu pouvais t'acheter un billet pour Hong Kong à partir de Québec», poursuit-il.
Construite par le Canadien Pacifique, elle est l'oeuvre de l'architecte américain Harry Edward Prindle. Elle s'est d'abord appelée gare Union, avant d'être baptisée gare du Palais, en référence au palais de l'Intendant, à l'époque de la Nouvelle-France, qui était situé tout près.
Entre 1976 et 1985, elle a été abandonnée et «quasi démolie», sous prétexte que les trains «bloquaient le trafic dans le quartier Saint-Roch», relate l'historien. Des voies ferrées ont même été enlevées. On doit au maire Jean Pelletier le retour des trains à Québec en 1985 et la survie de la gare.
Bijou d'architecture
Son architecture est «un bijou», fait observer Réjean Lemoine. Elle rappelle celle des châteaux de la Loire. Elle s'inscrit dans la lignée du Château Frontenac, de l'ancien Manège militaire et du parlement.
Large de 25 pieds, l'entrée principale est surmontée d'une fenêtre de 40 pieds de hauteur divisée en sept sections.
Le bâtiment principal est composé de granit d'Argenteuil, de calcaire de Deschambault et de briques Citadelle. Son toit en pente est recouvert de cuivre. Large de 25 pieds, l'entrée principale est surmontée d'une fenêtre de 40 pieds de hauteur divisée en sept sections. Les armoiries de sept grands noms de l'histoire du Québec ont été reproduites au sommet de ses arcades : Montmagny, Tracy, Beauharnois, Montcalm, Wolfe, Frontenac et Talon.
À l'intérieur, la rotonde est ornée d'un vitrail représentant la carte de l'Amérique du Nord de l'époque. Les galeries qui ceinturent le hall insufflent de la noblesse à l'édifice. Une horloge de faïence est fixée sur la balustrade. Elle est entourée d'un lion et d'une licorne qui tiennent le cadran sur lequel repose la Couronne d'Angleterre.
Une horloge de faïence est fixée sur la balustrade. Un lion et une licorne tiennent le cadran sur lequel repose la Couronne d'Angleterre.
Le corps central de la façade est flanqué de tourelles décorées, à leur base, de cartouches représentant la fleur de lys de France, la rose des Tudor, le chardon d'Écosse et le trèfle d'Irlande.
C'est «l'un des édifices préférés» du consultant en architecture Martin Dubois. Avec ses tourelles, ses «toits compliqués» et ses «détails très ornementés», elle offre «une architecture pittoresque», analyse-t-il. La gare du Palais compose en outre un «bel ensemble» avec l'édifice fédéral (1939) bâti juste à côté et que l'on croit souvent, à tort, rattaché à elle.
La brique sur les parois intérieures et la structure apparente d'acier boulonné constituent des éléments distinctifs pleins de caractère.
Le bâtiment a été désigné gare ferroviaire patrimoniale en 1992.
VIA Rail investira 2 millions $ dans les prochaines années pour la moderniser et la rénover.