La modeste maison shoebox a été transformée en maison unifamiliale confortable.

Fugère Architecture: réinventer la «boîte à chaussures»

Connaissez-vous les petites maisons d’ouvriers de style «shoebox», qu’on traduit par boîte à chaussures? Il s’agit de constructions modestes et fonctionnelles aux lignes droites et à la façade symétrique. La firme Fugère Architecture (FA) a réinventé l’une d’elles, en respectant ses origines.

Ce projet, terminé cet été, était la maison d’Ashraf M.Ahmed, architecte associé chez FA. Après avoir travaillé plus d’une douzaine d’années à Québec, où l’entreprise a été fondée, il s’occupe depuis 2016 de l’antenne montréalaise.

La maison n’était pas très entretenue avant les travaux, tout a été restauré, la maçonnerie, la corniche, le fronton ont été refaits à neuf.  Le mur au second niveau a été réalisé en retrait pour ne pas voler la vedette au rez-de-chaussée.

Il explique qu’un mouvement de conservation des maisons shoebox a été amorcé dans la métropole il y a deux ans. «Dans les quartiers centraux, il y en avait beaucoup. Mais avec la frénésie immobilière et la densification urbaine, elles étaient souvent remplacées par des duplex ou des triplex.»

Bien qu’aucune réglementation n’existe pour le moment, M. M.Ahmed et FA ont fait le pari de préserver la façade d’origine de cette petite maison d’un étage, construite dans les années 20, et de développer autour une résidence unifamiliale avec toutes les commodités modernes.

L’intérieur de cette maison hybride est résolument moderne.

À l’avant, la maçonnerie a été refaite en gardant l’esprit de la shoebox. La corniche, le fronton ont été restaurés. «On a gardé quelques détails, comme le losange», souligne M. M.Ahmed, qui a vendu la propriété il y a un mois à une famille de quatre personnes.

Le mur de l’agrandissement, au second niveau, a été volontairement érigé en retrait, et recouvert d’une maçonnerie de couleur différente, pour ne pas interférer avec l’architecture d’origine.

À l’arrière, les façades ont été habillées de bois brûlé, un matériau choisi pour son esthétisme et sa durabilité.

Les façades arrière sont recouvertes de bois brûlé de la compagnie Arbre et bois, un revêtement choisi pour son esthétisme et sa durabilité.

La grande transformation s’est opérée à l’intérieur, où les espaces clos ont laissé place à de grandes pièces sur trois niveaux. Le sous-sol comprend une chambre, une salle de jeux et les locaux techniques, le rez-de-chaussée accueille les pièces de vie et un bureau, alors que trois chambres et deux salles de bain occupent l’étage.

L’étage comprend trois chambres et deux salles de bain.

Le défi de cette construction mitoyenne de 40 pieds de profondeur: faire entrer la lumière naturelle jusqu’au cœur de la maison. Aidé dans la conception par son associé Claude Fugère, M. M.Ahmed a misé sur l’installation d’un puits de lumière, au-dessus de l’escalier central. Cette ouverture baigne les lieux de clarté, jusqu’au sous-sol.

Le puits de lumière qui scinde la maison au-dessus de l’escalier amène de la clarté jusqu’au sous-sol.
Détail du grand puits de lumière de l’entreprise Verplex

Ce projet d’habitation hybride, alliant passé et modernité, est le deuxième du genre signé par FA en sol montréalais.

Source: v2com