Les créations florales de l’illustratrice de Québec Marie-Lise Leclerc sont en vente en ligne sur marieliseleclerc.ca (ouverture en mai) et sur society6.com/marielise.
Les créations florales de l’illustratrice de Québec Marie-Lise Leclerc sont en vente en ligne sur marieliseleclerc.ca (ouverture en mai) et sur society6.com/marielise.

Fleurir son chez-soi

Les fleurs font du bien à un décor, mais aussi au moral. Leur parfum est agréable et leurs couleurs rendent n’importe quel endroit plus vivant, plus joli. Ça tombe bien, il y a de belles façons d’inviter les fleurs dans son chez-soi en ce mois de mai.

Imaginez-vous en pleine séance de télétravail, un lundi comme les autres. Les journées sont plus solitaires qu’avant le confinement, pour certains. Le temps est parfois encore un peu gris, les arbres n’ont pas encore dévoilé leur feuillage. Et voilà que vous décidez de vous offrir un bouquet de fleurs, que vous faites livrer à votre porte. Une douce folie qui ne vous rendrait probablement pas aussi euphorique en temps normal. Vous remerciez le livreur et installez vos nouvelles colocataires tout près de votre table de travail. 

Les minutes, les heures et les jours passent, pendant que vous jetez un œil de temps à autre à chaque fleur qui s’ouvre progressivement. Vous leur apportez des soins quotidiens jusqu’au moment où elles faneront et où vous déciderez de les faire sécher et de les conserver pour une autre utilisation. Vous avez pris le temps d’apprécier vos fleurs et de les voir évoluer.

Autour de la fin mai, différentes variétés de lilas du Québec seront entre autres disponibles chez Jardins Vitrum Hortis.

S’offrir des fleurs est-il une pratique courante? Andréanne Girard, copropriétaire de la boutique Jardins Vitrum Hortis, dans le quartier Saint-Sauveur, estime que 95 % de leurs clients qui se font livrer des fleurs depuis les dernières semaines se font un cadeau à eux-mêmes et 5 % en offrent à d’autres. Avant la proportion était inversée. Comme les gens sont souvent à la maison, «ils ont le temps de profiter des fleurs», et ont ce besoin de «se reconnecter à la nature», constate la fleuriste. 

Cette tradition d’offrir des fleurs, variable selon les cultures, est ancrée depuis des milliers d’années : on pose ce geste pour féliciter, remercier, offrir nos sympathies, charmer ou tout simplement pour faire plaisir ou se faire plaisir. Et si l’on aime tant le faire, c’est inconsciemment parce que les fleurs activent des émotions positives. C’est du moins l’avis de la psychologue américaine Jeanette Haviland-Jones de l’Université Rutgers au New Jersey dans une étude publiée en 2005. Cette dernière affirme que les fleurs ont des effets positifs immédiats et à long terme sur les réactions émotionnelles, l’humeur, les comportements sociaux et même la mémoire chez l’homme et la femme. Alors, pourquoi, se passer des fleurs? 

Ralentir le rythme

À défaut d’opter pour des fleurs fraîches coupées, il existe la possibilité, qui peut paraître évidente, de cueillir des fleurs sauvages, tout en prenant soin de ne pas rafler la tale au complet d’une variété pour en assurer sa pérennité. Une belle activité à faire en famille au parc, en forêt ou sur le bord du fleuve!

Cependant, comme la plupart des fleurs n’ont pas encore montré le bout de leur pétale, Ange Hébert-Corriveau, propriétaire de Samedi fleuri, un service de stylisme floral écoresponsable, propose une option intéressante. Il suffit de couper une branche d’un arbre à fleurs, comme un pommier par exemple, à l’aide d’un sécateur ou d’un bon ciseau, de la déposer dans un vase avec un peu d’eau en arrivant à la maison, et d’observer sa floraison. Une déco minimaliste, gratuite et plutôt originale. «L’idée, c’est de ralentir son rythme pour être observateur et de trouver autour de nous ce qui peut nous parler», explique-t-elle.

Pour une déco minimaliste, Ange Hébert-Corriveau de Samedi fleuri propose de couper une branche d’arbre fruitier pour observer sa floraison.

Un autre moyen de fleurir l’intérieur de sa maison est d’opter pour des fleurs séchées. Soit en conservant les pétales de vos fleurs fraîches, de les faire sécher et de les exposer dans un pot en verre, de les utiliser pour fabriquer bougies et sels de bain, ou de suspendre des tiges pour ensuite les déposer dans un vase. La fleur de coton, l’herbe de la Pampa, et l’eucalyptus sont des choix très populaires en décoration, mais encore une fois, ces plantes viennent de loin. Il est toutefois possible d’attendre l’eucalyptus du Québec, vers la fin septembre. 

Il est possible de faire sécher les pétales de ses fleurs pour les transformer en sel de bain. Ici, des pétales de statices.

«Avoir de l’eucalyptus local et d’avoir à peu près deux semaines pour le récolter, et que c’est là que ça se passe, on dirait que ça le rend encore plus spécial que de prendre n’importe quel eucalyptus», dit Ange Hébert-Corriveau de Samedi fleuri. Même chose pour les bleuets, les fraises et les framboises du Québec. Quand cette cueillette éphémère est ouverte, on se rue à l’île d’Orléans, à Saint-Nicolas et à Neuville pour remplir nos casseaux. Pour ce qui est de l’herbe de la Pampa aux magnifiques plumeaux dorés, une plante originaire d’Amérique du Sud, on peut la remplacer en récoltant de belles graminées qui poussent ici et les faire sécher.

Déjouer l'éphémérité avec l'art floral

Le moyen le plus durable de faire entrer les fleurs dans la maison est de se procurer des illustrations, du papier peint ou des accessoires mettant en valeur les fleurs. L’odeur et l’agréable éphémérité en moins, mais l’effet est différemment enivrant.

Papier peint à motif floral réalisé au Québec par les Créations Léolia sur du tissu 100 % polyester avec pellicule autocollante, amovible. Pour plus d’info: creationsleolia.com

Pour l’illustratrice de Québec Marie-Lise Leclerc, peindre des fleurs est une passion. «Il faut prendre le temps de comprendre la structure de la fleur avant d’en faire son interprétation. C’est aussi un sujet fort en symbolique, et ce, depuis des siècles. Pour moi, personnellement, c’est un moyen de communiquer l’amour, la délicatesse, le bonheur. Une fleur c’est un cadeau, et sa présence dans mon environnement ou dans mon décor a un effet tellement apaisant!», témoigne l’artiste, qui ouvre à nouveau sa boutique en ligne ce mois-ci après un congé de maternité. 

On a vu aussi ces dernières années un retour du papier peint floral, soit avec des fleurs surdimensionnées, soit avec des spécimens délicats. Créations Léolia, une entreprise montréalaise, produit des papiers peints à partir d’aquarelles peintes par sa fondatrice Marie-Ève Lefrançois-Tanguay. «Quand je peins des fleurs, je ne réfléchis pas. J’embrouille mes yeux, car je ne veux pas faire quelque chose de précis et de dirigé. Je veux faire des fleurs libres dans leur mouvement et sensibles dans leur forme.»

Fraîches et coupées, fraîches et sauvages, séchées, illustrées ou peintes, les fleurs font toujours un grand effet dans nos intérieurs. Comme le dit Andréanne Girard, copropriétaire des Jardins Vitrum Hortis, «les fleurs c’est la nature, c’est la beauté». 

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SE TOURNER VERS LES VARIÉTÉS LOCALES

En raison de la pandémie de la COVID-19, certains fleuristes ont dû fermer temporairement leur commerce ou ont revu leur offre. Au Jardin Hamel, par exemple, on a encore accès à un grand choix de fleurs coupées, qui proviennent de la Hollande et de l’Équateur, entre autres, mais dont l’approvisionnement est plus limité actuellement. Si l’on veut des fleurs du Québec dans cette jardinerie, il faudra attendre les pivoines et les glaïeuls en juillet. 

Andréanne Girard des Jardins Vitrum Hortis dit vouloir encourager le plus possible les producteurs locaux. Pour cela, il faut suivre les périodes de floraison. Depuis quelques semaines et jusqu’à la fête des Mères, elle et son associée Thalie Charron Charbonneau proposent la tulipe de l’Île-du-Prince-Édouard, qui est «magnifique» et «à son meilleur». Autour de la fin mai, différentes variétés de lilas du Québec seront disponibles et en juin et en juillet, ce sera aux pivoines de jouer les vedettes dans leur boutique.

Thalie Charron Charbonneau, de Jardin Vitrum Hortis, et des tulipes de l’Île-du-Prince-Édouard.

Mais l’Île-du-Prince Édouard, est-ce vraiment local? Dans le milieu de la fleuristerie, selon Ange Hébert-Corriveau, le concept s’élargit un peu plus loin que le Québec. «L’Ontario pour moi, c’est local, considérant que ça arrive de tellement loin sinon», explique-t-elle. Souvent, les fleurs sont importées de la Hollande, de l’Amérique centrale et du Sud et de l’Afrique. «On veut offrir un beau bouquet de fleurs, c’est un beau geste, mais en même temps il y a un envers à la médaille qui est vraiment lourd, sur les conditions de travail qui ne sont pas du tout réglementées et l’utilisation de pesticides. […] Ce que je souhaite c’est de faire un peu mieux que ce qui était proposé. Si les fleurs viennent de l’Ontario au mois de février, c’est franchement mieux que si ça arrive du Congo.» 

Pour les trois entrepreneures, l’essentiel est principalement d’être conscient de la provenance de ce que l’on achète. N’hésitez pas à demander à votre fleuriste de quartier ou au commis de votre jardinerie préféré les variétés de fleurs locales disponibles. 

Il est possible de commander via la page Facebook ou Instagram des Jardins Vitrum Hortis.
Info: 581 748-8887, jardins@vitrumhortis.com.

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BIEN CONSERVER SES TULIPES

Andréanne Girard conseille de couper les tulipes lorsque vous arrivez à la maison et de les déposer dans un vase avec 2 à 3 pouces d’eau froide.

Vous êtes tombé sous le charme des tulipes? Pour les conserver plus longtemps et qu’elles se tiennent bien droites, Andréanne Girard conseille de les couper lorsque vous arrivez à la maison (même si 30 secondes plus tôt elles étaient chez le fleuriste) et de les déposer dans un vase avec 2 à 3 pouces d’eau froide. Recoupez et changez l’eau chaque jour.