En 2013, Vert Tuyau avait «fait un deuxième test», cette fois dans la rue du Petit-Champlain. Ils y avaient emménagé en mai, avant de fermer boutique le 15 janvier.

Fermeture de la coop Vert Tuyau: les artisans perdent un autre point de vente

La Coop Vert Tuyau a fermé boutique le 15 janvier, après six années consacrées à la diffusion des métiers d'art dans le quartier Petit-Champlain.
Huit artisans en étaient membres, alors qu'une vingtaine d'autres y laissaient leurs produits en consigne. Ils devront désormais se débrouiller afin de dénicher des points de vente pour leurs créations en bois, en verre, en émail sur cuivre, en céramique, en textile.
C'est une triste nouvelle pour le milieu des métiers d'art qui a vécu des heures difficiles au cours des cinq dernières années. «La clientèle touristique continue de se promener, mais elle achète moins», a commenté l'artisane émailleuse Diane Charuest, à titre de présidente de la coop.
Et la clientèle locale, c'est à peine si elle connaissait Vert Tuyau, note-t-elle. Pas facile de l'amener dans le coin. «Le bus numéro un, c'est une farce», lance-t-elle. Quant aux parcomètres et aux stationnements publics, ils sont carrément rédhibitoires.
Vert Tuyau a passé cinq ans dans un local de la rue du Cul-de-Sac. En décembre 2012, ses membres ont sonné l'alarme après avoir réalisé que cette rue peu fréquentée n'était pas bonne pour le commerce. Ils ont consulté leur centre local de développement, revu leur plan d'affaires, suivi une formation marketing et «fait un deuxième test», cette fois dans une boutique de la rue du Petit-Champlain. Ils y ont emménagé en mai 2013.
Cette artère pourtant plus achalandée ne leur a pas apporté le salut espéré. «On payait un loyer plus élevé pour un local deux fois plus petit», résume Diane Charuest, qui déplore «l'effarante surévaluation du pied carré» des locaux commerciaux. Devant l'absence de profits, les membres de la coop ont décidé de fermer boutique. «Le bail arrivait à échéance, explique-t-elle. Les ventes avaient baissé. Il aurait fallu qu'on s'endette.»
Les membres de la coop étaient bénévoles. Ils se partageaient les tâches administratives et les heures dans la boutique. La coop prélevait un pourcentage sur la vente de leurs produits, ce qui servait à payer les frais fixes. Chaque artisan tirait son revenu de la vente de ses propres objets.
Les artisans font eux aussi les frais de la compétition de la Chine et de l'Indonésie. «Nous, on a fait un DEC de trois ans en métiers d'art, mentionne Mme Charuest. Nos matériaux nous coûtent cher.» Le Conseil des métiers d'art du Québec a d'ailleurs fermé sa boutique de l'escalier Casse-Cou, récemment, se contentant d'administrer celle de place Royale.
Mais les artisans ont la couenne dure. Ils ont l'habitude de se «r'virer de bord». Ils ont tissé des liens entre eux, appris les rouages administratifs, établi des contacts avec les gens. Bref, ils tirent du positif de cette aventure. Diane Charuest continuera à être une «courroie de transmission» dans ce milieu créatif et vivant qui sait se servir des réseaux sociaux.