Tous les projets étudiants sont à la fois présentés sur affiche et sur vidéo. Ici, le Diamant paraMétrique de Valérie Bouchard n'a pas peur de se démarquer.

Exposition étudiante: des projets surprenants pour le stationnement Dalhousie

Besoin d'inspiration pour le futur stationnement de la place Dalhousie, situé en face du Musée de la civilisation? Les étudiants du professeur d'architecture Jacques Plante exposent 14 projets pour le moins étonnants jusqu'au 17 mai au Musée de la civilisation.
<p>Le projet <i>Miura</i> de Roxane Routhier-Audet. Le bâtiment reprend le profil des toits de Québec, en s'inspirant d'un pliage dénommé miura-ori.</p>
<p>Une perspective du parcours en 8 du projet de Yousra Alimat, intitulé <i>La vague</i>.</p>
Un parcours spirituel en forme de 8, un diamant structural et contemporain, un embâcle verdoyant, une lanterne aux formes triangulaires... Les propositions sont variées par les formes, les textures, les couleurs. On sent une analyse des éléments environnants. Ainsi qu'une volonté de contraste, de modernité. Un désir de «s'affranchir», dira le professeur.
Jacques Plante parle avec fierté des idées de ses étudiants. «On a 14 projets différents, certains plus souterrains, d'autres plus sortis de terre. On voit des volumétries, des proportions, des matériaux très différents. Il y en a qui se sont inspirés du vent, de l'eau, de la réflexion, du patrimoine, de la topographie et des jardins. Ils présentent aussi différentes possibilités d'implantation sur le site, parce qu'il n'y a pas qu'un seul endroit qui soit intéressant.»
Le professeur voit dans tout ce matériel des pistes de réflexion pour les professionnels qui ont jusqu'à la mi-mai pour poser leur candidature et ensuite développer un concept de place publique et de stationnement étagé. Au lancement de l'exposition, mardi soir, il dit d'ailleurs avoir vu des architectes qui vont participer à l'appel d'offres.
Théâtralité
Outre le stationnement automobile à proprement parler, les étudiants devaient intégrer un centre d'information touristique, la billetterie et la boutique du Musée, un café, des lieux d'exposition, un tunnel de jonction avec le Musée, une toiture végétale... 
Aussi devaient-ils développer la «théâtralité» d'un nouveau lieu public érigé sur un site historique, inséré dans un quartier patrimonial et touristique, construit à proximité d'édifices contemporains. «Toute une commande!» s'exclame Jacques Plante dans son plan de cours.
Ont-ils réussi à rendre le côté théâtral si cher à leur professeur, architecte impliqué dans le projet Diamant, la Caserne Dalhousie d'Ex Machina, le Théâtre de la Bordée?
«Clairement! Il n'y a aucun bâtiment anonyme là-dedans. Même ceux qui ont joué avec la topographie l'ont fait d'une manière si intéressante, presque suggestive, tout en surprise et en douceur. La théâtralité veut dire beaucoup de choses. Elle peut vouloir dire ne pas être là aussi.»
Il salue au passage les éclairages réussis, en référence à plusieurs projets montrés de nuit.
Ne pas copier Safdie
Par ailleurs, cet exercice ne visait pas à copier ou à célébrer l'architecture du Musée de la civilisation signée Moshe Safdie, indique Jacques Plante. Certes, difficile de passer à côté, comme le stationnement et la place publique seront situés juste en face, comme une sorte d'extension du musée.
«Mais Safdie, quand il a gagné le concours de la conception, il a fait son projet à lui. Je ne pense pas qu'il aimerait qu'on fasse des petits bébés du musée en forme de stationnement de l'autre côté. Il dirait aux jeunes : Prenez votre place, soyez de votre époque. J'ai été de la mienne, soyez de la vôtre. Il ne faut pas faire un stationnement en forme de Vieux-Québec, ni en forme de Safdie.»
<p>Les formes triangulaires de <i>Shelter</i>, signé Josiane Martin, offre des percées intéressantes sur le fleuve. Ici, l'ambiance intérieure du café.</p>
<p>Place verte, faible impact visuel, protection contre le vent, le projet d'Isabelle Chartier Prévost intitulé Luxare</p>
Inspirant tour du monde
L'exposition Parking-sculpture ou sculpture-parking? des étudiants en architecture porte aussi l'attention sur des «précédents». Des bâtiments hybrides intéressants qu'ils ont trouvés en Corée, en Chine, en Allemagne, au Pays-Bas... Un tour du monde présenté au public et aux bâtisseurs pour montrer ce qui se fait ailleurs. Leur professeur Jacques Plante donne lui-même deux exemples. «Le parking des Célestins à Lyon est absolument génial! En bas, il y a un miroir circulaire incliné, qui répète à l'infini les arcades, une oeuvre de Buren, maître de l'art contemporain. Les gens y vont pour voir le stationnement et voir l'oeuvre.» Il parle aussi avec enthousiasme du parking 1111, Lincoln Road à Miami, dont les étages sont des doubles étages. «Les gens vont là pour louer l'espace pour des réceptions, des lancements, des cocktails, des parades de mode, des shootings télé. Et on y montre des bagnoles de collection.» Inspirant.
Vous voulez y aller?
Quoi : Parking-sculpture ou sculpture-parking? Une exposition de 14 projets étudiants imaginant un stationnement étagé et une extension du Musée de la civilisation
Qui : des étudiants de deuxième année au baccalauréat en architecture à l'Université Laval
Quand : jusqu'au 17 mai
Où : sur la passerelle du Musée de la civilisation, 85, rue Dalhousie
Entrée : gratuite