Christine Michaud a été chroniqueuse littéraire pendant 15 ans, à l’émission Salut Bonjour week-end entre autres.

Sanctuaire vibrant

Auteure et lectrice, Christine Michaud vit entourée de livres et de mots. Sa maison, simple et authentique, tient de la chapelle et de la bibliothèque. Elle reflète l’univers d’une femme de paroles.

Chroniqueuse littéraire pendant 15 ans, Christine Michaud a trouvé un écrin pour ses livres dans la maison de Sainte-Pétronille, à l’île d’Orléans, qu’elle a achetée l’année dernière. «Tout était brun», raconte sa décoratrice, Christiane Vaugeois. «Et les balustrades étaient en verre fumé et en laiton.»

Quatre mois de travaux ont suffi pour convertir cet ancien chalet en une résidence au cachet de bord de mer. Sur les murs et sur le mobilier, le blanc crème unifie les pièces. Les livres prennent tout leur relief sur ce canevas apaisant. Ils participent à l’harmonie de la maison et transcendent même la majesté du paysage. Qu’on lève les yeux ou qu’on embrasse le rez-de-chaussée, ils sont partout, invitants et vibrants.

Les livres et les mots prennent tout leur relief sur les murs et le mobilier blanc crème.
La maison est située un peu en retrait du chemin Royal, à Sainte-Pétronille, à l’île d’Orléans.

«Cette maison s’est faite dans la joie», confie Christine Michaud. Le mandat de sa décoratrice se résume à deux mots : simplicité et authenticité. On parle quand même d’une métamorphose complète, d’«un make-over total», confirme la propriétaire. Mais l’harmonie du concept, l’absence d’objets superflus, le choix du blanc et la réutilisation de plusieurs meubles confèrent à la maison une sobriété qui procure du bien-être.

Les armoires de cuisine et les deux fauteuils du coin-lecture ont été achetés chez IKEA. Le luminaire de la salle à manger, chez Boiteau. Les chaises, chez Jardin de ville. «Elles sont conçues pour l’extérieur», mentionne la décoratrice Christiane Vaugeois, qui n’a pas hésité à les insérer dans cette aile fenestrée où les frontières avec la nature ont été abolies. La vue sur le fleuve Saint-Laurent est un élément clé de l’aménagement. Du côté nord, point de rideaux.

Les armoires de cuisine viennent de chez IKEA. Les comptoirs sont recouverts de quartz.
Acheté chez Boiteau, ce luminaire en forme de nid a été peint de couleur blanche.

Armature

Alignés dans des bibliothèques de MDF encastrées, les livres constituent l’armature de la maison. Ils animent les pièces et les élèvent de manière quasi spirituelle. Il y en a partout, même là où on ne les voit pas du premier coup d’œil : dans la chambre rose, tout en féminité; dans le bureau lumineux; et sur l’une des mezzanines qui héberge en catimini une délicieuse chambre d’amis. Christine Michaud a glissé sur ces rayons du haut ses vieux livres jeunesse qui font naître de la nostalgie et du réconfort. 

Christine Michaud s’est aménagé une chambre tout en féminité. Une grande bibliothèque (qu’on ne voit pas ici) occupe un mur entier au pied du lit.
La salle de bain principale est située sur l’une des deux mezzanines.
Le bureau témoigne de l’amour de la propriétaire pour la nature, la lumière et les livres.

La seconde mezzanine est occupée par une pièce-penderie et par la salle de bain principale, immaculée, mais réchauffée par le plancher de bois franc. Dans la douche, la céramique métro apporte de la texture et de la brillance. Repeint en blanc, le meuble-lavabo s’enchâsse naturellement dans cette pièce sobre et raffinée.

«Voir le beau. Apprécier le bon. Faire le bien.» Elle a fait sienne cette maxime de sa mamie Yvette. Et sa décoratrice l’a fait imprimer sur un coussin.

Outre les mots, la propriétaire a plusieurs dadas, les animaux et leur symbolisme, notamment, le piano, le dessin et le cristal qu’elle distille à doses subtiles (poignées d’armoire, détails de certains luminaires). 

Sa spiritualité s’exprime avec finesse... et humour. Une statue de Saint-Antoine de Padoue, le patron des causes désespérées, orne le manteau de la cheminée de manière inusitée. Elle l’a achetée à Sainte-Anne-de-Beaupré dans un geste de reconnaissance, car elle suppose que c’est lui qui a mis cette maison sur son chemin.

Sur ses murs garnis de livres, elle a suspendu deux toiles de son amoureux, le peintre et scientifique Éric Dupont. Dans le vestibule, l’une d’elles est «le bonjour de la maison».

Fidèle à elle-même, Christiane Michaud y est allée avec mesure dans la décoration de sa maison. Elle s’est reposée sur la nature, la lumière et les livres.

La cheminée de brique et le plafond de planches ont été dénudés pendant les rénovations.