Le nouveau chalet de la famille Savoie est d’inspiration suisse, comme tous ceux de la rue en serpentin.

Refuge à Saint-Ferréol

Tout juste au tournant de la rue Franc-Clos, à Saint-Ferréol-les-Neiges, ce chalet est le refuge de la famille Savoie. Avec sa belle structure de bois et sa déco épurée et moderne, il sent le neuf, mais ses racines sont profondes.

«Le Mont-Sainte-Anne, c’est la place où je me retrouve, même si je ne suis pas né là», raconte le propriétaire, qui vient de la campagne et fréquente le coin depuis qu’il a cinq ans. À côté, il avait sa tante, ses cousins. «C’est un coin familial, j’ai vécu plein de choses», dit l’amateur de vélo, de ski et de rando, qui a transmis l’amour de la montagne à ses enfants.  

Sa mère habite toujours le chalet voisin, qui date de 1972. Le sien, tout juste rénové, prend place sur un ancien garage, transformé par son père pour accueillir ses enfants et ses petits-enfants. De cette époque, une pièce a été conservée telle quelle. Un salon figé dans le temps.

Ce salon figé dans le temps est un vestige de l’ancien chalet, une pièce très sentimentale pour le propriétaire.

«Je l’aime encore», lance le propriétaire, qui a perdu son père en 1995, à seulement 55 ans. Il apprécie le chêne, le bois solide et de qualité qui s’y trouve, lui qui travaillait auparavant dans le transport, dans l’industrie forestière. 

La chaleur du bois se répand aussi partout dans le nouvel espace aéré, notamment quand on lève les yeux aux pieds de l’escalier. La structure intégrale en pruche et en épinette est à couper le souffle. L’entrepreneur, Habitations Jaro, a confié le mandat à la Scierie Blouin de l’île d’Orléans, souligne le propriétaire. Quant au cèdre utilisé pour les galeries et les chambranles de portes et de fenêtres à l’extérieur, il vient de Spécibois, une entreprise de Château-Richer.

Au rez-de-chaussée, le plancher est chauffant et la céramique, facile d’entretien.

Chalet suisse

Le nouveau chalet de la famille Savoie est d’inspiration suisse, comme tous ceux de la rue en serpentin. Un critère établi il y a longtemps et qui donne un certain charme, trouve le propriétaire.

Tout en respectant la tradition, une base minérale en crépi, surmontée d’un étage en bois et d’une grande toiture de protection, la firme AUpoint études + architecture + territoire lui a insufflé une touche moderne, pour le mettre au goût du jour. L’architecte Sonia Batres parle d’un geste très simple, propre à sa philosophie. 

Étienne Bernier-Côté, stagiaire en architecture, et Sonia Batres, architecte propriétaire de la firme AUpoint, ont travaillé sur ce projet.

Le propriétaire lui a confié ce projet, après qu’elle eut rénové la façade de sa maison, à Sillery. Il apprécie ses esquisses, qui permettent de bien visualiser ce qui s’en vient. «Ç’a été quand même long, je suis perfectionniste. Mais on s’entendait sur plein de choses.» Il ajoute que son oncle architecte, Georges Amyot, a aussi mis son grain de sel. «En semi-retraite, il avait moins de temps pour un projet comme ça.»

Le propriétaire a visité le chantier tous les jours pendant un mois et demi, a fait changer certaines choses. Une implication qui a valu la peine. «Je suis vraiment emballé!»

Outre sa beauté, le chalet est très pratique. Rénové et agrandi à la suite d’un dégât d’eau en juin 2016, il devait répondre aux nouveaux besoins de la famille Savoie. «Mes enfants ont beaucoup d’amis, qui sont souvent chez nous. On était un peu à l’étroit, on n’avait pas d’espace de rangement.»

La firme AuPoint a bien saisi l’enjeu. Étienne Bernier-Côté, stagiaire en architecture impliqué dans le projet, a lui-même connu les joies d’un chalet familial après des journées en planche à neige et a mis son expérience à profit.

Les pièces de vie à l’étage, largement aéré
La salle de bain principale, à côté de la chambre des propriétaires

Résultat, l’entrée est immense avec un banc, des crochets. Le plancher est chauffant et la céramique, facile d’entretien. Les placards très hauts et très larges peuvent accueillir aussi bien les skis que les vélos. Les ados, qui ont leurs chambres au rez-de-chaussée avec un salon et une salle de bain, ont accès à un frigo, qui leur évite de monter à la cuisine.

Déco scandinave

À l’étage, une superbe lampe Artemide de chez Transit surplombe l’escalier. Dans cet écrin blanc et bois, le mot d’ordre est sobriété. Le designer Philippe Harvey signe ce décor à la scandinave. «On est allé à l’école ensemble, il était pensionnaire comme moi», mentionne le propriétaire, qui lui a confié toute la décoration de sa maison. Il apprécie ses intérieurs intemporels. «Il a déménagé à Montréal, mais on s’est adapté. On travaille avec lui à distance. Des fois, le matin, on faisait un appel Facetime pour lui montrer où on était rendu et pour avoir ses impressions.»

Le designer a aussi choisi les comptoirs de la cuisine laboratoire, signée AUpoint et réalisée par Rochon. 

Depuis l’îlot, le salon ou la salle à manger, la vue se déploie à travers les fenêtres, du fleuve et de l’île d’Orléans jusqu’au mont Sainte-Anne. On imagine le paysage aussi beau chaque saison. Les garde-corps en verre de la terrasse ne coupent en rien le paysage.

Même si la famille Savoie vient au chalet depuis des mois, elle pendait officiellement la crémaillère la fin de semaine dernière. «C’est un legs pour mes enfants, en plus d’avoir une valeur sentimentale», indique le propriétaire, qui possède également le terrain d’en face.