La maison d'Anik Bois, une des Habitations Montferrand, un projet architectural collectif du début des années 70.
La maison d'Anik Bois, une des Habitations Montferrand, un projet architectural collectif du début des années 70.

Curiosité entre falaise et fleuve [15 PHOTOS]

Marie-Anne Dayé
Marie-Anne Dayé
Collaboration spéciale
Les Habitations Montferrand, un projet architectural collectif du début des années 70, sont maintenant des unités individuelles qui attirent encore les acheteurs d’aujourd’hui, autant par leur emplacement que leur design. Situées dans Sillery, en contrebas du domaine Cataraqui, elles intriguent par leur forme asymétrique ressemblant à une superposition de cubes de béton. Anik Bois a mis la main sur l’une d’entre elles.

L’an passé, l’orthopédagogue et entrepreneure est complètement tombée sous le charme de l’une de ces habitations du chemin du Foulon, construite en 1970 d’après les plans de l’architecte Gilles Chabot. À l’époque, le juge André Marceau, sa femme et leurs cinq filles habitaient deux unités en une afin d’avoir suffisamment d’espace pour toute la famille. La demeure a ensuite été achetée il y a quatre ans et le nouveau propriétaire a tout rénové. Lorsqu’elle a été mise en vente, Anik avait l’œil dessus, mais elle était beaucoup trop grande pour une seule personne.

C’est lors d’une conversation autour d’une bouteille de vin avec Valérie, son amie de longue date qui venait juste de se séparer, que la décision fut prise : elles allaient habiter ensemble avec les deux enfants de Valérie dans ce trésor patrimonial. Une colocation à La Galère, pourquoi pas? «On voulait essayer quelque chose de différent», explique Anik.

En mai 2019, elles ont emménagé dans cette maison au revêtement de béton cellulaire située sur un terrain de 40 000 pieds carrés sous les érables et les frênes.

Le bureau, avec sa grande fenêtre donnant sur le boisé, est le cadre idéal pour le télétravail.

360 degrés de nature

En entrant, un grand hall épuré avec, tout au fond, une œuvre de l’artiste Tania Girard Savoie. «J’aime vraiment les environnements minimalistes, mais pas trop froids. J’aime quand il y a un peu de couleur», souligne Anik. Le plancher en noyer réchauffe l’ambiance et la myriade de fenêtres de différentes dimensions agit comme des tableaux naturels se transformant au gré des saisons.

C’est le sentiment que souhaitait avoir Anik en faisant le compromis de vendre son chalet : vivre dans une maison qui donne l’impression d’être dehors. «C’est comme si on était dans la forêt», dit-elle.

La myriade de fenêtres de différentes dimensions agit comme des tableaux naturels selon les saisons.

En effet, sur le palier suivant, on pénètre dans le bureau doté d’une large fenêtre donnant sur le boisé. Quel cadre inspirant pour faire du télétravail! À gauche, le salon, contemporain et calme, dont l’un des murs est habillé de céramique noire et accueille un foyer encastré. Des tons de gris et de bleu, tirés des toiles de Tania Girard Savoie, ont inspiré le choix des couleurs du mobilier, qui reste somme toute sobre. Le seul store de la maison est celui de la fenêtre qui donne sur la cour du voisin.

La maison compte cinq paliers. Des insertions de noyer servent de fil conducteur dans toutes les pièces.
Le grand hall d'entrée épuré

Sur un autre palier — il y en a cinq en tout — se trouve l’étage de Valérie et de sa fille Rosalie âgée de 24 ans : leurs chambres, une mini salle de gym ainsi qu’une salle de bain tapissée de céramique noire et blanche dotée d’un miroir rond surdimensionné.

Au sommet de ce jeu de paliers, on pénètre dans la chambre d’Anik, vaste et lumineuse. Et si l’on cherche la définition d’une salle de bain spa, on n’a qu’à faire quelques pas de plus et à entrer dans la sienne. Céramique blanche, insertions de noyer (que l’on retrouve d’ailleurs partout dans la maison) aux murs et douche à l’italienne. Les fenêtres longilignes au-dessus du meuble-lavabo laissent entrer à plein la lumière naturelle.

La chambre d'Anik, vaste et lumineuse
La salle de bain spa de la propriétaire est située près de sa chambre à coucher.
Le garde-robe <em>walk-in</em> de la chambre d’Anik.

Et on redescend vers la cuisine en empruntant un deuxième escalier, qui relie aussi les étages entre eux. C’est une «cuisine IKEA» toute de blanc vêtue, avec des armoires en thermoplastique et un comptoir en quartz. Le dosseret d’imitation marbre ajoute un côté chic à l’ensemble. Pour accompagner cette pièce, un garde-manger walk-in somme toute très épuré a été aménagé, qu’Anik et Valérie nomment le «magasin Creuset» en raison des nombreux accessoires de cette marque qu’on y retrouve.

Au demi-sous-sol gît le «bunker» de Charles-Antoine, âgé de 17 ans. Une chambre spacieuse qui ne donnera pas trop envie à l’ado de partir en appartement, dit Anik à la blague. «Il est trop bien pour penser à bouger d’ici!»

La «cuisine IKEA» toute de blanc vêtue, avec des armoires en thermoplastique et un comptoir en quartz.
Les toiles de Tania Girard Savoie ont inspiré le choix des couleurs dans la salle à manger.
Au sous-sol, le «<em>bunker</em>» de Charles-Antoine, 17 ans

Environnement naturel

Derrière la maison, la cour dans le plus simple appareil. Anik ne prévoit pas investir sur l’aménagement extérieur, car «c’est trop d’entretien» en raison de la grande quantité d’arbres et le peu de luminosité. Elle laisse plutôt la nature reprendre ses droits. Une ruelle relie les maisons voisines entre elles. «On ne se croirait pas à Sillery ici!» lance-t-elle en la parcourant. Parfois, Anik s’y promène et revient avec des œufs frais offerts par un voisin un peu plus loin.

Le terrain arrière est bordé par une grande quantité d’arbres.

Devant la maison, un terrain gazonné permet maintenant aux résidents de cultiver leur parcelle de potager. Le sol semble fertile, car ça pousse bien! L’an prochain, Anik mettra aussi les mains dans la terre pour aménager ses bacs de plantation. Pour profiter du grand air fluvial, elle sillonne la promenade Samuel-De Champlain avec son chien, parfois jusqu’au quai des Cageux. Et elle rêve à son prochain chalet, car elle adore aménager de nouveaux espaces de vie et mettre sa passion pour la déco à l’œuvre.

La façade de la résidence
Devant la maison, un terrain gazonné permet maintenant aux résidents de cultiver leur parcelle de potager.

Cohabitation nouveau genre

Cette colocation entre amies, grand ado et jeune adulte fonctionne bien selon Anik : «Le secret, c’est vraiment la communication», insiste-t-elle. 

Et il y a des règles : «On n’impose pas notre réseau social qui n’est pas commun à l’autre», dit-elle. Chacune peut inviter des amis quand les autres ne sont pas là, à quelques exceptions près, bien entendu. Il faut se parler, se ramasser et s’adapter.

Après plus d’une année ensemble et quelques ajustements, Anik peut dire que l’expérience est positive. Finalement, l’esprit de collectivité règne encore, mais différemment, sur le chemin du Foulon.

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En plus du salon principal, un petit salon se trouve près de l’entrée de la demeure.