L’Accostée, construite l’an dernier, épouse la pente de ce terrain boisé d’Adstock, près de Thetford Mines, dans Chaudière-Appalaches. Une grande terrasse avec spa prend la forme d’une agora.

Entrez! Une plongée dans L’Accostée

Une famille de cinq. Des gens beaux, heureux et amoureux, dans un décor de rêve, au bord du Grand lac Saint-François, à Adstock. La porte s’ouvre. Selma, cinq ans, et Mael, deux ans et demi, s’étirent le cou pour voir qui vient chez eux. Dans sa petite chaise, Mika, né deux semaines plus tôt, roupille d’aise.

«Un café?» offre Nathalie, leur maman zen et enjouée derrière son îlot de cuisine en forme de U. Elle a déjà travaillé dans un bar disposé comme ça autrefois. Elle a voulu le reproduire chez elle. «On fait juste pivoter.» Au jour de l’an, le party de cuisine comptait... 70 invités.

Le plan de travail à la cuisine est orienté pour profiter de la vue sur le lac.

Le couple né dans la région est parti en ville, avant de revenir, attiré comme un aimant par le lac. Ces adeptes de sports nautiques ont vécu dans une petite maison, ou plutôt un chalet, sur ce même terrain. Les fondations existent toujours, surmontées d’une terrasse avec spa, qui suit le dénivelé du site. En dessous, du rangement pour les toiles de kitesurf, les planches de wakeboard, la trampoline.

«Pendant que je cuisine, je vois les enfants jouer dans le spa et courir dans la neige l’hiver. C’est magnifique!», raconte Nathalie en riant.

La façade vitrée, au sud, fait face au lac. La toiture s’avance pour limiter la surchauffe l’été, souligne la firme d'architectes Bourgeois/Lechasseur.

Au départ, elle et son conjoint avaient en tête une maison plus rustique. «On a évolué», dit Nicolas. La firme d’architectes de Québec Bourgeois/Lechasseur a réussi à trouver l’équilibre entre des lignes contemporaines et un cachet chaleureux. Les immenses poutres de bois apparentes y font pour beaucoup. 

La résidence se découvre en déambulant d’un palier à l’autre. Les chambres des enfants, à  l’étage supérieur, sont accessibles par une passerelle. La mezzanine, où se côtoient bois, verre et acier, sert de bureau.

Partout, les percées offrent une vue sur les cèdres, qu’il fallait impérativement conserver, les étoiles, la nuit venue, et le lac, leur grand terrain de jeu. Cette demeure «magique» a d’ailleurs été baptisée L’Accostée.

Quand l’eau est gelée en hiver, toute la famille se replie sur le punch de la maison. Une piscine intérieure de 15 mètres, dans laquelle Selma apprend même la plongée.

Piscine en plein cœur

La piscine intérieure s'étire sur 15 mètres.

Des fenêtres intérieures permettent de l’entrevoir. La piscine insérée au cœur de la maison fait le bonheur de toute la maisonnée, qui se baigne chaque jour durant la saison froide. Un système de ventilation et un déshumidificateur maintiennent le taux d’humidité étonnamment bas. «C’est la pièce la plus sèche», mentionne Nathalie, en vantant aussi la toile, importée des États-Unis, qui retient l’eau. 

Elle se ferme mécaniquement et scelle le corridor de 50 pieds, réalisé par Trévi. Le bébé dans les bras, elle montre qu’on peut marcher dessus sans danger. Après chaque trempette, les enfants ont droit à leur minute de glisse sur la toile souple. «Ils courent et font la banane.» 

Les enfants se baignent tous les jours.

Ensuite, tout le monde passe à la douche. Les petits flotteurs de Mael traînent d’ailleurs dans un coin. Les murs sont ornés d’une grande mosaïque de squelettes, leur «grotte aborigène». Elle est composée de 45 000 morceaux de pâte de verre, dénichés sur Internet et importés d’Italie par Céramique Décor. «C’est notre œuvre d’art», lance Nathalie. 

Le coin piscine représentait un beau défi de coordination, souligne l’architecte Régis Lechasseur, en saluant l’implication des propriétaires.

Les propriétaires ont décidé d'investir dans cette mosaïque, qui est devenue l'œuvre d’art de la maison.

Centrale et conviviale

Nathalie et Nicolas aiment recevoir. Leur maison est un point de chute. «Quand il fait chaud, les amis débarquent avec les enfants.» 

La cuisine a tout ce qu’il faut pour rassembler. Un grand îlot en U qui économise les pas et facilite le service à la salle à manger ou au salon, pour le digestif. Avec deux lave-vaisselle, amenez-en de la visite! 

Une jolie céramique à motifs délimite au sol le carré de préparation, entouré d’un plancher de chêne blanc, sans nœuds. Nathalie souligne le travail de l'îlot fait par le fabricant Quartz S.M.T. «On ne voit aucun joint. C’est comme un gros bloc de pierre.» 

L'îlot, réalisé par Quartz S.M.T, semble être monolithique.

La dépense est cachée derrière une porte massive indienne achetée chez Natasia, avant la fermeture de la boutique. Nicolas l’a entreposée jusqu’à ce qu’elle trouve sa place dans la nouvelle maison. 

Dans cette aire de vie ouverte, rien ne traîne. Les architectes ont aménagé un petit coin pour les enfants en retrait du salon, baigné de lumière.

Ode au bois

La structure apparente en bois a été conçue par le frère de Nicolas, qui est ingénieur, et réalisée par Art Massif.

«Dans 20 ans, ça va être encore sublime.» Nathalie parle du cèdre rouge qui réchauffe sa maison. La structure apparente en bois a été conçue par le frère de Nicolas, qui est ingénieur, et réalisée par Art Massif. 

Une poutre de 70 pieds traverse la demeure et sort même à l’extérieur. D’autres poutres plus petites forment une série rythmée qui rappelle une pergola. Les cadres de fenêtres brun fauve ont été choisis pour se fondre au matériau. 

Travail d’artiste

Le long de la paroi de cèdre s’étire un escalier magistral sur trois niveaux. Léger et aérien, il a même un palier suspendu. Il est l’œuvre d’un artiste. Les propriétaires ont eu un «gros coup de cœur» pour Thierry Valentini d’Épi-Noir, une compagnie d’escaliers de Chaudière-Appalaches. Nathalie adore la vue d’en bas et des marches «qui montent au ciel». 

L'escalier, une création de l'entreprise Épi-Noir. La partie inférieure a été comblée en dessous par du rangement.

Sobre et punchée

La chambre principale est toute simple, sans meuble. Le mur de cèdre qui sert de tête de lit fait écho aux cèdres extérieurs, de l’autre côté de la fenêtre. Nathalie aperçoit parfois des chevreuils au clair de lune. Toute décoration est futile devant pareil tableau. 

Les propriétaires tenaient à conserver les cèdres à l'extérieur, même s'ils bloquent la vue sur le lac, dans leur chambre. Ils peuvent l'admirer ailleurs.

Si certaines pièces sont plus sobres, l’ensemble de la maison n’a rien de froid. Pour les propriétaires, grands voyageurs, il était important de la personnaliser. Comme la salle d’eau avec sa toilette mexicaine, son lavabo et son miroir colorés, qui tranchent sur les murs noirs. Une longue histoire, mais surtout, le souvenir sentimental d’un échange scolaire.

Intégrer ces souvenirs à l'architecture «a amené une saveur unique au projet, qui ressemble aux clients», mentionne Régis Lechasseur.

Touche mexicaine dans la salle d'eau, souvenir d'un échange scolaire.

«On voulait une maison originale», dit Nathalie, heureuse du résultat. Pour Nicolas, il s’agit d’un projet de vie. «On veut prendre notre retraite ici.»