Avec son magnifique pelage de chartreux, Blue se fond au décor. La chatte partage son condo locatif avec deux messieurs férus de design.

Entrez! Un appartement masculin, à leur image

Près des Halles Sainte-Foy, à Québec, on accède au Quartier QB par le chemin des Quatre-Bourgeois. Au 12e étage de la tour William, un grand corridor au plafond haut et au tapis moderne nous mène à l’appartement d’un couple fou du design.

Eric-Tony Bouffard, Mario Labrecque et leur chatte Blue se sont approprié les lieux il y a un an. Ils déménageaient alors d’une tour voisine, dans le même complexe immobilier. Aujourd’hui, ils ont un plus grand balcon, deux portes-fenêtres, la vue directe sur les Laurentides et le coucher de soleil.

Le Quartier QB, près des Halles Sainte-Foy. Eric-Tony Bouffard et Mario Labrecque habitent l’une des quatre tours du complexe, la William.

Pour eux, pas question de vivre entre parenthèses parce qu’ils sont en location. Les deux hommes ont voyagé en Europe, où les gens n’ont pas peur d’investir dans un appartement. C’est ce qu’ils mettent en pratique chez eux.

Pour cette grande aire de vie, Mario Labrecque a installé des panneaux aux fenêtres, contrôlés par domotique. Le couple a commandé une oeuvre à un couple d’amis artistes, Anne et Patrick, pour habiller le grand mur de la salle à manger.

D’une coquille blanche, ils ont créé un espace masculin, à leur image. Tout a été repeint dans une harmonie de grège, de gris et de noir. Dans l’entrée, le couple a osé un papier peint sombre aux rayures mates et lustrées. Un immense tableau sur un petit mur prouve que le contraste est astucieux.

Pour délimiter les zones, le plafond de 10 pieds qui court dans l’entrée, la cuisine et le couloir a été peint en noir. Le plafond de 12 pieds au salon et dans la salle à manger est quant à lui resté blanc.

Le canapé d’angle Scénario et les fauteuils Virgule de Roche Bobois meublent le salon.

L’ameublement est tout neuf, car les locataires de leur précédent appartement ont acheté la quasi-totalité de leur ancien mobilier. M. Bouffard est directeur de La galerie du meuble sur le boulevard Charest et M. Labrecque, directeur et designer chez Labrecque Design, habillage de fenêtres, rue de Courcelette, à Québec. Ce ne sont donc pas les idées qui manquent au couple.

Canapés, fauteuils, lit, tableaux, dont certains fusains et photographies de Ralph Lauren, proviennent de La galerie du meuble et de Roche Bobois.

Le couple a ajouté des toiles de peintres québécois, comme Éric Cassivi, qui ont des touches de rouge, seule couleur accent.

«On voulait un punch au salon», souligne M. Bouffard en désignant le foyer électrique Napoléon. Son conjoint a fabriqué une structure pas trop lourde pour l’encadrer, avec des tablettes IKEA et du MDF. À la base, il a recouvert les tablettes Lack de verre de Vitrerie Lepage pour un fini plus chic.

Blue prend ses aises devant le foyer électrique Napoléon. Mario Labrecque a fabriqué une structure pas trop lourde pour l’encadrer, avec des tablettes IKEA et du MDF.

Un immense lustre offre aussi un effet wow au salon. Mais il n’a pas été facile à hisser et à installer, se rappelle M. Bouffard.

Dans la partie plus privée, une des chambres a été transformée en boudoir avec téléviseur. «Je n’aime pas la télévision dans un salon», précise M. Bouffard. Pratique en cas de visite, le canapé modulable peut devenir un lit.

Du plafond au plancher

Au fond, la chambre principale, plus spacieuse que celle de leur ancien appartement, permet d’avoir des commodes. «On a placé les rideaux du plafond au plancher, comme partout. On peut les fermer pour avoir une obscurité comme à l’hôtel.»

La chambre principale compte un lit d’inspiration Mies van der Rohe. La literie est signée Labrecque Design. M. Bouffard, qui a déjà été conseiller à la vente de meubles, aime les commodes aux lignes nettes, sans poignées, qui ont tendance à moins bien vieillir.

M. Bouffard suggère aussi de monter les stores jusqu’au plafond, une astuce «pas beaucoup plus chère» qui met en valeur la hauteur d’une pièce. Même stratégie dans la salle de bain, avec le rideau de douche qui donne de l’amplitude.

Dans la salle de bain rectiligne, la vanité suspendue ne surcharge pas la pièce. Le rideau de douche pleine hauteur lui donne de l’amplitude.

Tous ces habillages peuvent être récupérés dans un futur appartement, souligne M. Bouffard. «À moins que les nouveaux locataires ne veuillent les acheter.»

Le condo locatif de «tout juste» 1000 pieds carrés compte aussi une salle de lavage qui peut accueillir un rangement, un congélateur et un petit réfrigérateur supplémentaire, car «Mario cuisine beaucoup».

Belle finition

«On vient dîner tous les midis», lance M. Bouffard. Lui et son conjoint apprécient les lignes simples de la cuisine, la qualité des matériaux de base, les comptoirs en granit, les armoires en mélamine laquée, dans lesquelles Mario a installé des tiroirs sur roulettes, un autre investissement qui facilite la vie.

Les locataires apprécient la qualité des matériaux de base, les comptoirs en granit, les armoires en mélamine laquée, le revêtement de plancher, uniforme, un vinyle imitation bois avec une couche de liège en dessous.

Le revêtement de plancher, uniforme, est un vinyle imitation bois avec une couche de liège en dessous. «On adore ça. Ça s’entretient bien.»

À combien s’élève leur loyer? Ils payent 1795 $ par mois, électroménagers compris, mais sans le stationnement intérieur. Le couple profite aussi des espaces communs, comme le chalet urbain et la salle d’entraînement physique.

«On regardait beaucoup les condos, mais on ne trouvait rien à notre goût avec une valeur de revente. Les copropriétés vieillissent parfois mal», explique M. Bouffard. Il estime que, divisé en deux, leur loyer est raisonnable pour chacun. D’autant plus qu’il n’y a pas de frais communs.

«On est bien ici. C’est énergisant un logement à notre image.»