L'ouverture coulissante de 19 pieds et demi brouille la frontière entre l'intérieur et l'extérieur.

Entrez! Percée sur Saint-Roch

En se promenant dans le quartier Saint-Roch, Christine et Henri ont été «frappés» par une maison de brique à large façade. À la recherche d’un espace en ville pour loger leur famille recomposée et grandissante, ils ont vu le potentiel.

Il fallait avoir la foi, apparemment, pour reconvertir cette bâtisse de 1915 en bien piteux état. «On ne regardait que l’espace, les mesures», convient Christine. Les critères étaient préétablis.

À quoi ressemblait la bâtisse avant les travaux? Henri suggère de regarder à côté.

Le couple quittait une maison de ville dans le quartier St-Jean-Baptiste, où il se sentait à l’étroit. Henri a déjà deux filles, de 8 et 12 ans aujourd’hui, et les amoureux souhaitent agrandir la famille. En visitant d’autres maisons, ils ont réalisé qu’il était hors de question que les enfants dorment à un étage et les parents, à un autre. «Ça brisait l’unité», indique Christine.

Elle et son conjoint voulaient donc cinq chambres au même étage, une cour arrière et un stationnement. Pour arriver à leurs fins, ils ont tout jeté par terre pour ne garder que la coquille.

Prêts pour l’aventure, ils étaient déjà en contact avec un entrepreneur pour les rénovations et avaient fait des démarches avec la Ville avant que l’offre ne soit acceptée. Ils ont pris possession des lieux en mai 2017 et ont emménagé en septembre.

Une perspective de la façade arrière du projet qui montre bien l’agrandissement.

En cours de route, il a fallu trouver un architecte. Henri aimait bien la Boutik Suisse sur l’avenue Maguire, revue par Hatem+D/Étienne Bernier architecte.

«C’est assez sympathique comment tout ça est arrivé. Ils se promenaient et sont rentrés comme ça, dans nos bureaux, pour demander si on pouvait leur faire des plans. Ç’a bien connecté», résume l’architecte et chargée de projet sur ce dossier, Marianne Charbonneau.

Elle se rappelle l’état de la maison de chambres, à l’étage, qu’elle qualifie de «plutôt spécial». Difficile à croire aujourd’hui en arpentant les belles pièces immaculées.

La chambre principale occupe une partie de l’agrandissement. Toutes les chambres sont aménagées côté cour, pour plus de tranquillité.

Mais les propriétaires savaient déjà ce qu’ils voulaient et leur vision était compatible avec celle de l’architecte.

«L’idée leur revient d’avoir un rez-de-chaussée le plus dégagé possible, avec la cuisine en longueur, le tout ouvert sur le jardin», indique Marianne Charbonneau.

Dès le départ, le couple rêvait d’une grande aire ouverte au rez-de-chaussée.
L’agrandissement à l’arrière de la maison a permis de faire respirer le rez-de-chaussée, qui comprend un garage double.

Christine et Henri tenaient mordicus à la grande baie vitrée qui fait entrer la lumière naturelle à l’arrière. Les parents et le frère d’Henri ont ce type d’aménagement en France. Le couple a visité tous les marchands de portes et fenêtres de Québec avant de trouver son bonheur chez Alumilex, à Montréal, qui offrait le meilleur rapport qualité-prix.

Pour cette ouverture coulissante de 19 pieds et demi, ils ont dû débourser 13 000 $, sans compter l’installation. Un investissement qui en valait la peine et donne tout le punch au rez-de-chaussée, juge Christine.

Le couple salue à son tour les idées judicieuses de l’architecte. Le positionnement de l’escalier, la salle d’eau intégrée en dessous, avec du rangement de part et d’autre. La percée entre l’entrée et le salon. La pièce ouverte en haut de l’escalier pour «briser l’effet couloir». Le revêtement extérieur en bois brûlé pour l’agrandissement au nord.

Judicieuse, cette salle d’eau sous l’escalier. De part et d’autre, il y a aussi du rangement.
Les propriétaires ont souffert d’une petite entrée dans leur logement précédent. Un problème auquel ils ont remédié. Marianne Charbonneau signe le mobilier intégré.

«L’équipe d’Hatem rejoignait mes goûts personnels dans la sobriété. Il n’y a pas de clinquant», souligne Henri.

Une longue salle de bain fonctionnelle et évolutive. Un placard pourra éventuellement être aménagé tout au fond.

Au-delà de l’architecture, la déco est aussi très zen et épurée. La cuisine est à l’avenant. Elle a été dessinée par l’architecte et peaufinée par la designer Gabrielle Lavoie d’AD+. L’îlot peut accueillir huit personnes assises. Il suffit d’étirer le bras pour atteindre les nombreux tiroirs. «Elle a été pensée pour faciliter le quotidien», se réjouit Christine. Comme tout le reste de la demeure, elle est très ergonomique.

La designer cuisiniste Gabrielle Lavoie d’AD+ a complété les plans de l’architecte.

La maison compte aujourd’hui 2300 pieds carrés sur deux niveaux, sans compter le garage double. À l’étage, les filles ont leur quartier avec chacune leur chambre, une salle de bain et un bureau. Une pièce familiale ouverte sert de trait d’union avec la chambre du futur bébé, face à celle des parents. La chambre principale et la salle de bain attenante occupent une partie de l’agrandissement.

Cette expansion a été un défi pour l’architecte Marianne Charbonneau. «Avec un budget limité, il fallait réussir à faire un agrandissement qui reste dans la valeur marchande du quartier.» Elle y est parvenue avec des matériaux simples, mais de belle qualité.

Le couple n’a que de bons mots sur son travail. Dernière étape, elle signera l’aménagement extérieur, prévu pour l’automne.

Si c’était à refaire, Henri choisirait d’abord l’architecte, qui ferait soumissionner des entrepreneurs avec lesquels il ou elle a l’habitude de travailler. Et il lui laisserait la supervision du chantier.