La chambre des maîtres, lumineuse grâce aux fenêtres donnant notamment sur la cour, avec vue sur le fleuve.

Entrez! La belle Écossaise

En se dirigeant vers le chemin du Fleuve, on passe d’abord devant des maisons cossues et contemporaines. Puis, un peu plus loin, on entre dans un secteur où les demeures sont visiblement plus vieilles : nous voici dans le New Liverpool, où résident Anne Rouleau et son conjoint Jérôme Paquet.

L’histoire de ce quartier de Saint-Romuald (Lévis), qui s’est développé dès le début du XIXe siècle, est étroitement liée au commerce du bois. De nombreux immigrants d’origine britannique, écossaise et irlandaise s’y sont installés pour y travailler.

«Il y avait un embargo en Europe sur le commerce avec le Royaume-Uni [le blocus continental], ce qui fait que les Anglais venaient chercher leur bois ici. Les bateaux amenaient de la brique et repartaient avec le bois», explique Anne Rouleau, qui s’intéresse grandement à l’histoire du quartier et de la demeure où elle vit depuis bientôt cinq ans.

La demeure était un jumelé avant d’être convertie en résidence unifamiliale il y a une cinquantaine d’années.

Cette maison presque bicentenaire — «le premier cadastre date de 1835» — est d’ailleurs fabriquée avec de la brique d’Écosse et son premier propriétaire serait Joseph McKenzie, un Écossais. «On croit que la maison a d’abord été un hôtel, mais on n’en a pas la certitude pour l’instant», indique Mme Rouleau, qui aimerait bien que la Société d’histoire de Lévis se penche sur le passé de sa résidence, comme elle l’a fait pour plusieurs demeures du quartier.

La maison de trois étages a également été un jumelé avant d’être convertie en résidence unifamiliale il y a une cinquantaine d’années, d’où la présence de deux portes d’entrée en façade.

La salle à manger, avec table et luminaire provenant de chez Artemano, fait la part belle au bois tout en intégrant des éléments colorés, dont certains souvenirs de voyages.
On ignore si les boiseries étaient déjà présentes au moment de la construction de la résidence, mais elles s’y trouvaient assurément dans les années 1940, comme en témoignent des photos d’archives obtenues par les propriétaires.

Bois omniprésent

À l’intérieur, le bois est omniprésent : planchers, murs, portes, escaliers avec de magnifiques détails… «On ne sait pas si les boiseries étaient toutes là à l’origine, mais elles y étaient assurément dans les années 1940», signale la jeune femme, montrant des photos d’archives qu’elle a obtenues. 

Au rez-de-chaussée, une vaste cuisine rénovée par les propriétaires, où Anne Rouleau fait régulièrement des ateliers culinaires en groupe — elle a fondé l’entreprise Madame Germaine en 2015, qui propose d’apprendre à cuisiner des mets de divers pays où elle a voyagé. Le grand îlot avec comptoir en quartz favorise les échanges et la convivialité.

Ce qui était autrefois le grenier de la résidence de Joseph McKenzie a été réaménagé pour accueillir la chambre des maîtres, notamment.
Le toit en tôle de couleur verte rappelle le cuivre oxydé.
L’une des chambres d’invités, au premier étage

Les propriétaires ont enlevé le mur qui séparait la cuisine de la salle à manger, où se trouve une grande table en bois surmontée d’un luminaire métallique. Une autre table trône côté salon, où peuvent prendre place les convives participant aux ateliers. «Cette table a été fabriquée à partir de l’ancien mur du salon, fait de planches de bois très épaisses qu’on a récupérées», mentionne Mme Rouleau.

Au premier étage, auquel on peut accéder par deux escaliers — vestiges du jumelé —, on trouve trois chambres, une salle de séjour et une belle salle de bain aux accents turquoise foncé. 

Tout en haut, dans ce qui était le grenier, se trouve la chambre des maîtres et un vaste bureau. L’espace est lumineux, notamment grâce aux ouvertures percées dans les anciennes lucarnes qui offrent une vue magnifique sur le fleuve. Les poutres de bois apparentes et la brique créent un harmonieux contraste avec le blanc immaculé des murs. 

Une trappe avec échelle permet d’accéder à une petite terrasse sur le toit, d’où on aperçoit les ponts de Québec et Pierre-Laporte à proximité. On y jette un coup d’œil en plongée sur la cour, où l’ancien propriétaire a aménagé une piscine creusée en bordure du fleuve. Une petite terrasse, un coin foyer et un potager complètent cet espace où «on se sent toujours en vacances!» affirme Anne Rouleau.

Dans la cour, une piscine creusée a été aménagée par l’ancien propriétaire directement sur le bord du fleuve. On aperçoit les ponts à proximité.
La cuisine avec grand îlot central permet à Anne Rouleau de faire des ateliers culinaires en groupe.
Anne Rouleau, propriétaire de la résidence avec son conjoint Jérôme Paquet

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Témoins de l'histoire

Les propriétaires ont mis la main au fil des dernières années sur plusieurs photos d'archives de leur résidence, fournies entre autres par des gens y ayant déjà vécu. En voici quelques-unes, prises dans les années 40.

Dans les années 40, noces de Bernadette et Raymond Cadoret. On remarque l'escalier qui est toujours identique aujourd'hui.
En 1943
Gisèle Cadoret (à droite). À l'époque, le pont Pierre-Laporte n'existait pas encore.