L'univers épuré, lumineux et apaisant de la Résidence Oak, conçue par Hatem+D/Étienne Bernier architecte

ENTREZ! Horizon moderne

Dans cette maison qui se découvre en profondeur, le noyer réchauffe le béton, le noir balance le blanc, l’extérieur se fond avec l’intérieur. Un univers moderne, pour une jeune famille moderne.

Catherine était enceinte de 38 semaines lorsqu’elle a emménagé avec son conjoint Pierre dans leur nouvelle maison, en avril dernier. Ils ont passé l’année précédente à concocter un univers épuré, lumineux et apaisant. Résultat, leur petit Arnaud a roupillé tout le temps de notre visite.

En entrant dans la maison de l’avenue Oak, à Sillery, on ne devine pas qu’elle s’étire autant vers l’arrière. De la rue, la façade est assez sobre. «C’est ce qu’on voulait», indique Pierre.

La maison en façade se veut minimaliste et à l’échelle des maisons avoisinantes.

Le couple a fait démolir la résidence existante, qui demandait beaucoup de rénovation, afin de «recommencer à zéro». Dans cette aventure, il a été accompagné par l’équipe d’Hatem+D/Étienne Bernier architecte.

«C’est toujours un peu délicat de démolir une maison dans un quartier et d’en construire une autre. On voulait jouer de prudence», commente Étienne Bernier. D’où la façade minimaliste et une hauteur à l’échelle des maisons voisines, même si le style moderne est différent.

La seule contrainte a été d’aménager le garage sur le côté. «Il y a une servitude de la Ville, qui peut à tout moment venir creuser le terrain pour accéder aux tuyaux souterrains», explique l’architecte. Un mal pour un bien, la porte de garage ne vient pas défigurer la devanture.

L’ensemble harmonieux a d’ailleurs reçu un Mérite d’architecture l’an dernier.

Le garage a été aménagé sur le côté et non en façade.

Résidence en L

Au départ, les propriétaires sont tombés amoureux de la localisation, à deux pas de l’avenue Maguire, et du terrain de 10 000 pieds carrés orienté sud-ouest. Ils rêvaient d’une résidence en L, que Pierre avait même esquissée sur papier.

Cette configuration leur offre un équilibre parfait entre intimité et ouverture. L’été prochain, ils attaqueront l’aménagement paysager et la piscine. «Avec les grandes fenêtres du plancher au plafond, l’été, on a l’impression de vivre dehors», souligne Catherine.

La maison en L crée une cour intérieure intime.
Cèdre blanc teint Select, aluminium noir et brique grise composent le revêtement extérieur.

80 pages d’inspiration

Elle et son conjoint, début trentaine, ne font pas les choses à moitié. Ils ont fourni un cahier d’inspiration de 80 pages à l’équipe d’Hatem+D pour concevoir leur maison. Chaque détail a été pensé, jusqu’au plan électrique qu’ils ont tracé eux-mêmes pour éviter qu’un interrupteur ne vole la vedette à une toile au mur.

Le souci du détail a été poussé jusque dans le choix des thermostats et des interrupteurs.

Avant de se lancer, ils ne connaissaient pourtant rien au gypse et aux 2x4. «Comme dit Catherine, ça déniaise en maudit de construire une maison», rigole Pierre.

Le défi était de taille pour le couple qui quittait un condo. Comment prévoir un espace qui allait correspondre à leur nouveau mode de vie? «Ç’a été tough

Un foyer Stûv trône au salon, surmonté d’une horloge Nomon.

Mais le projet et le chantier n’auraient pu mieux se dérouler et les propriétaires n’ont que de bons mots pour le concepteur Étienne Bernier et l’architecte Chloé Barabé, qui a fait la majorité du suivi.

«Chaque jour, on recevait aussi des photos du constructeur, UrbaNext», indique Catherine en vantant le travail complémentaire des deux frères Pomerleau. «Ils ne font pas 40 maisons par année, mais ils les font bien», renchérit Pierre.

La cuisine, comme tout le mobilier intégré de la maison, est une réalisation de Cabico. Au centre, un garde-manger walk-in.

Les propriétaires prennent la peine de nommer ceux qui ont fait de leur maison un endroit si agréable à vivre. Mélanie Ducharme de Cabico, derrière la cuisine en laque italienne et tout le mobilier intégré, cellier, salles de bain. Laurence Turcotte, de chez Transit Luminaires à Québec. Gilles Grenier, en Beauce, pour l’escalier en verre et en merisier.

L’escalier en merisier et en verre est signé Gilles Grenier, en Beauce. La toile est une œuvre de l’artiste montréalais Stikki Peaches.

Au mur, le couple a accroché une toile de l’artiste de rue montréalais Stikki Peaches «qui a fait des graffiti dans toutes les grandes villes du monde». Les deux personnages, un mélange de Star Wars et de Daft Punk, semblent dialoguer au pied de l’escalier. Ailleurs, une œuvre de Niko, puis d’autres de l’arrière-grand-père et de la mère de Pierre.

Le bois, le béton, le blanc et le noir sont les fils conducteurs de ce décor très réfléchi.

En arrivant à l’étage, un mur de rangement permet de garder l’espace rangé et épuré.
Grands carreaux de céramique, verre et noyer se côtoient dans la salle de bain principale. Dans le miroir, la douche double se reflète.
La chambre principale est le point culminant d’une vaste suite avec salle de bain et walk-in.

Une salle de jeux évolutive jouxte la cuisine. «On l’a placée à côté de l’aire de vie où on est tout le temps», signale Pierre. En se réveillant de sa longue sieste, Arnaud s’y retrouve pour gazouiller.

«En 2016 et en 2017, on a mis beaucoup d’énergie sur le matériel. Là, on en met sur la famille», conclut le papa comblé.

La chambre d’Arnaud, meublée avec les produits québécois Dutailier
La salle de bain d’Arnaud, jaune tonique