Entre Paris et la Nouvelle-Angleterre

En achetant le second niveau d'une maison, avenue Sainte-Geneviève, Claude Malenfant se retrouvait avec un condo et un logement. Aujourd'hui, ils ne font qu'un. Et l'annexe arrière prend des airs de vacances.
Pour relier les deux appartements, le propriétaire a bâti un palier et un balcon qui ceinture le bâtiment. Une ancienne chambre a été convertie en terrasse urbaine et le plancher a été renforcé pour recevoir un spa. «Avec les toiles qu'on peut fermer et le système de chauffage, on y mange tard à l'automne», indique M. Malenfant.
L'atmosphère, les plantes en pots, la vue sur les vieux édifices voisins et sur les Plaines donnent à l'endroit un petit air parisien.
La terrasse jouxte une pièce intérieure, un grand espace décloisonné et lumineux. Les généreuses portes et fenêtres blanches rappellent les décors de la Nouvelle-Angleterre. Elles sont l'oeuvre de l'ébéniste Éloi Gagnon de Menuiserie Authentique à Saint-Jean-Port-Joli.
M. Malenfant les a installées avec son fils, qui est charpentier-menuisier. Pour le projet dans son ensemble, il a aussi pu compter sur l'aide de son frère entrepreneur général.
Douche italienne
Toujours dans la partie arrière, l'entrée de l'ancien logement a été transformée en salle d'eau. Pour pouvoir aménager une douche à l'italienne, c'est-à-dire au ras du sol, il a fallu mettre à niveau tout le reste du plancher, souligne M. Malenfant. Quant au mur de pierres d'origine découvert en cours de travaux, il a lui-même évidé les joints, remis du ciment neuf et recouvert le tout de cinq couches de vernis.
On retrouve les mêmes teintes de blanc, de gris et de noir dans toute l'annexe. M. Malenfant a eu l'idée de mettre au mur un revêtement de plancher de Preverco sur lequel se profile un foyer à l'éthanol. Quelques touches de couleurs sont ici permises, dictées par une toile de coquelicots, signée Marc DeBlois de Saint-Irénée. Le souci du détail se remarque jusque dans la vis rouge vif d'une rampe non loin, qui fait subtilement écho au tableau.
En rafale
L'inspiration: Claude Malenfant lit beaucoup de revues, Décor Mag, Architec-tural Digest... Aujourd'hui, il s'inspire aussi de Pinterest.
Le défi: «La rénovation de mon condo, qui s'est étalée sur près de quatre ans, m'a demandé beaucoup de flexibilité, de patience, d'imagination et "d'huile de bras" afin d'atteindre mon but, rendre hommage
au site et à l'extraordinaire beauté de cet immeuble.»
L'anecdote: Découvrir la quantité de matériaux qui sont sortis pendant les travaux. Le propriétaire a installé dans la cour un conteneur de 40 verges cubes... qu'il a finalement rempli cinq fois!
Le conseil: Ça prend de bons coussins pour se lancer dans la rénovation d'une maison de cet âge. Il y a toujours des surprises. «À l'âge que j'ai, j'ai économisé toute ma vie. À force d'avoir acheté, vendu, acheté, vendu... Ça m'impressionne d'être arrivé à ça», dit M. Malenfant qui a mené trois emplois de front à une époque.
Le budget: 250 000 $, en ayant fait énormément de travaux par lui-même.