Le fondateur des Restos Plaisirs, Jacques Gauthier, s’est fait confiance pour le design de son restaurant de Place Ste-Foy, le premier à être construit à même un centre commercial. Les toiles sont signées Claude Martin.

Dingue du vélo et de la France

Le fondateur des Restos Plaisirs, Jacques Gauthier, signe le design du plus récent de ses restaurants, le Cochon Dingue de Place Ste-Foy. Il y a transposé ses deux passions, le vélo et la France.

Sa femme, France, s’était toujours chargée «gratuitement» de l’aménagement des 12 restaurants du groupe. Pour ce cinquième Cochon Dingue — le premier à être construit dans un centre commercial —, elle a refilé le mandat à son mari. 

C’est donc en sortant une petite liste de sa poche que Jacques Gauthier a expliqué son concept et sa démarche. «Chaque objet est un coup de cœur qu’on a choisi un par un», lit-il sans expression, comme s’il énumérait les articles d’une liste d’épicerie. 

Il s’anime aussitôt et confie que le thème du Tour de France sélectionné pour ce resto «est un prétexte pour parler de la France». Le couple a eu la «piqûre» pour ce pays en 1968 et y est retourné chaque année depuis, souvent plusieurs fois par an. «En France, je ne vais pas chez Ducasse, mentionne-t-il. Je fréquente les bistrots et les brasseries, là où il y a de l’action, où ça n’est pas guindé.»

En 1987, quand il a acquis son premier Cochon Dingue, sur le boulevard Champlain, à Québec, c’est cette ambiance qu’il a cherché à recréer. Et il n’a de cesse de la reproduire dans chacun de ses restaurants. 

Fidèles aux gens

Jacques Gauthier se fait un devoir de travailler avec des gens de Québec. Il est fidèle à ses peintres, à ses ouvriers, à son entrepreneur, Construction Marc Drolet, et à sa firme d’architectes, Lemay Michaud, qui collabore avec lui «depuis le jour 1». «La confiance est réciproque», résume-t-il.

L’artiste de Québec Claude Martin a peint la quasi-totalité des toiles du resto, inspiré par des affiches que le couple Gauthier a achetées chez les Bouquinistes, à Paris. La fresque aux tournesols, au-dessus du passe-plat, est aussi de lui.

La fresque aux tournesols, au-dessus du passe-plat, a été peinte par Claude Martin, un artiste de Québec.

Originaire de France, mais établie à Rimouski, la photographe Gisèle Tessier a composé quelques cadres avec ses œuvres agencées en mosaïques. L’artiste de Québec Michel Bell a peint une grande toile qui représente des cyclistes du Tour de France. Les filles de l’entreprise Profil Vert prennent soin des plantes.

Cette section est ornée d’une toile de Michel Bell, de Québec. Les chaises Gatti sont l’une des signatures du restaurant.

Jacques Gauthier a beaucoup pédalé dans sa vie. À 72 ans, il roule encore 2000 kilomètres par année. Sa passion pour la petite reine, il la transpose aussi dans ce resto, où il a suspendu quatre vélos vintage des années 50 sur les murs, installé un écran où défilent des films de cyclistes, disséminé des maximes humoristiques un peu partout.

Les fameuses chaises de la maison française Gatti, que l’on retrouve dans tous les Cochon Dingue, ont fait leurs preuves en terme de durée. Et Jacques Gauthier leur reste fidèle.

Le Cochon Dingue de Place Ste-Foy est situé dans l’ancien restaurant Casey’s, dans la portion ouest du centre commercial. Il totalise 7500 pieds carrés. Il est divisé en trois sections, dont un bar surélevé, à l’avant, séparé de la salle à manger par d’immenses panneaux vitrés. 

Les concepteurs ont élevé la bâtisse et percé un puits de lumière afin d’éclaircir ce local qui était très sombre, rappelle Jacques Gauthier. Ils ont aussi aménagé de la façon «la plus esthétique possible», le corridor qui mène au mail. Jacques Gauthier a fait installer des «affiches qui reprennent l’idée du métro de Paris», ainsi qu’une colonie de neuf petits cochons volants déguisés.

Ce nouvel aménagement a coûté 3,5 millions $.

Un des neuf cochons volants suspendus dans le corridor qui mène au mail
Cette toile humoristique illustre un test d’urine. Elle est dans le corridor qui mène aux toilettes.