Des archives pour le savoir et pour les yeux

Il y a de ces lieux méconnus, qui ont pourtant beaucoup à offrir. Comme cet espace occupé par la Société historique de Québec (SHQ) au Collège François-de-Laval, anciennement le Petit Séminaire. Un condensé de patrimoine, de savoir, de passion et de fierté, ouvert à tous.
Au 6, rue de la Vieille-Université, on converge à droite pour découvrir une grande pièce qui a été le tout premier amphithéâtre de la Faculté de médecine de l'Université Laval en 1854. Jean Dorval et Jacques Boutet, respectivement président et administrateur de la SHQ, prennent plaisir à faire visiter leur local empreint d'histoire.
Ils viennent de signer un nouveau bail qui leur assure d'occuper les lieux jusqu'en 2020. C'est que depuis la fondation de la SHQ en février 1937, les déménagements se sont multipliés: Séminaire de Québec, sous-sol de l'hôtel de ville de Québec dans l'ancienne caserne no 1 de pompiers, 72, côte de la Montagne, sous-sol de la chapelle du Bon-Pasteur, puis l'emplacement actuel depuis 2010. 
«Chaque fois, il faut vider toutes les bibliothèques», souffle M. Boutet, qui nous laisse imaginer le travail. Outre cette salle d'accueil et de consultation où l'on trouve tous les bulletins et les calendriers de la SHQ, véritables livrets d'histoire, une autre pièce renferme les archives. Pour conserver les documents en bon état, le Collège François-de-Laval s'avère un bon rempart contre l'humidité. Ce qui n'a pas toujours été le cas. Les gestionnaires se rappellent certaines fuites d'eau dans les locations passées, mettant en péril le travail des bénévoles.
La mission de la SHQ, organisme sans but lucratif, est toujours de sauvegarder, de protéger et de mettre en valeur l'histoire et le patrimoine culturel de la capitale, berceau de la civilisation française en Amérique du Nord. 
Outre les ouvrages et les livres bien classés, M. Boutet désigne du mobilier ayant appartenu à l'abbé Honorius Provost, archiviste du Séminaire de Québec, un pilier de la SHQ qui s'est impliqué de 1938 à 1988. Il y a notamment deux fauteuils en bois et cuir capitonné usés par les années et le vécu et un secrétaire Roll Top à tiroirs. 
Legs de la Société Saint-Jean-Baptiste
Du très beau mobilier d'époque a aussi été légué à la SHQ par la Société Saint-Jean-Baptiste de Québec. Toujours superbe, un ensemble de salon en noyer noir, sculpté à la rose, sans doute fabriqué par un ébéniste québécois, Philippe Vallières ou Drum, vers 1870-1880. 
Confortable, le sofa médaillon? Non, reconnaît en riant Jean Dorval. Il montre aussi un ensemble de salon en noyer sculpté style Eastlake de fabrication artisanale vers 1890, une causeuse, deux fauteuils et deux chaises droites. «Ils sont bien que trop bas! Il faut croire que les gens étaient plus petits.»
Les visiteurs de la SHQ, «dont plusieurs étudiants à la maîtrise ou au doctorat qui cherchent des informations précises sur Québec», peuvent encore s'installer à une grande table en pin et noyer de style Néo-Renaissance fabriquée vers 1870 par un artisan québécois.
Pour ajouter au faste, une horloge de parquet ou «grand-père» Waterbury Clock Cie de la fin du XIXe siècle en impose, faite de bois de chêne avec son mécanisme et mouvement en laiton toujours fonctionnel. 
Au mur, nos guides présentent encore une tapisserie de scène romantique avec cadre à la feuille d'or de fabrication européenne, ainsi qu'un tapis crocheté encadré fabriqué par Georges-Édouard Tremblay de Charlevoix vers 1920.
Sur le bord des fenêtres donnant sur l'étroite rue Hébert derrière et la maison de Pierre Émond construite en 1764, deux maquettes sont déposées. Elles reproduisent l'habitation de Port-Royal en Nouvelle-Écosse, là où Samuel de Champlain et Pierre Dugua de Mons ont implanté une première colonie en 1605, et la première habitation de Champlain à Québec.
Le Collège a laissé à ses locataires les épais rideaux qui conviennent au décor et à la nouvelle vocation des lieux. Les gestionnaires bénévoles de la SHQ invitent la population à s'approprier l'endroit au coeur de la vielle cité. 
Pour accéder au local de la SHQ, on peut stationner sa voiture dans la rue de la Vieille-Université et aller chercher une vignette visiteur pour 3 $. Information: societehistoriqueequebec.qc.ca
Conférences mensuelles
Chaque mois, la Société historique de Québec (SHQ) organise une conférence au monastère des Soeurs de Saint-Joseph de Saint-Vallier (en face de l'école Anne-Hébert). La prochaine en liste le 9 février portera sur l'histoire de la présence des Noirs et de l'esclavage en Nouvelle-France et sous le Régime anglais, par Aly Ndiaye, alias Webster, artiste hip-hop originaire de Limoilou. L'entrée est gratuite pour les membres et coûte 5 $ pour les non-membres. Sous peu, pour ceux qui ont manqué ces conférences et entretiens de 45 minutes à une heure, il sera possible de les visionner sur un téléviseur à écran plat dans le local de la SHQ.