Le cabinet Deloitte a amorcé il y a trois ans un réaménagement de tous ses bureaux canadiens.

Deloitte réaménage ses bureaux pour plaire aux milléniaux

Aux prises avec une pénurie de personnel, les entreprises rivalisent d’originalité pour attirer les nouveaux talents. Lors de son déménagement dans de nouveaux bureaux sur la Grande Allée il y a quelques semaines, le cabinet de services professionnels Deloitte a repensé son milieu de travail de A à Z. Le but premier avoué? Plaire aux jeunes.

Les 150 employés, dont la moyenne d’âge est d’un peu plus de 36 ans, ont donc le choix entre 18 espaces de travail différents. Ceux-ci occupent une superficie de 20 000 pieds carrés répartis sur un étage et demi. On retrouve des bureaux privés, semi-privés, des fauteuils à oreilles avec vue sur l’extérieur, des cabines téléphoniques, des espaces bistro, des banquettes et même un poste de travail équipé d’un tapis roulant pour marcher tout en travaillant. Plusieurs postes s’ajustent en hauteur, ce qui permet à l’employé de travailler debout s’il le souhaite.

Un poste de travail avec tapis roulant qui permet de marcher tout en travaillant.
Ces fauteuils à oreilles ont une vue vers l’extérieur.

Cette transformation est amorcée depuis trois ans dans tous les bureaux canadiens de Deloitte, qui compte au total 9400 employés. Associé directeur pour le Québec, Marc Perron détaille cette décision en quatre objectifs : accroître l’agilité et la flexibilité des bureaux, favoriser le travail d’équipe, pousser la technologie et augmenter la productivité. «C’est vraiment un changement de culture», explique-t-il.

Associé directeur pour le Québec, Marc Perron parle d’un changement de culture.

De plus, le processus n’est pas hiérarchique. Tous les matins, les employés décident du lieu de travail qui leur convient davantage. Le patron peut donc se retrouver dans un espace commun, alors que le dernier embauché profite d’un bureau fermé en toute quiétude et sans froisser l’ego de personne… Il y a des endroits pour tous les goûts. «Les extravertis préfèrent les espaces bruyants comme le bistro, alors que les introvertis aimeront davantage les bureaux fermés», illustre Sylvie Flanagan, leader en gestion des opérations pour le Québec.

L’espace bistro est entièrement adapté pour travailller tout en prenant un café.
Des banquettes ont été installées dans les espaces de travail.

Simplicité volontaire
Évidemment, ce nouvel aménagement met de l’avant la technologie. Les employés sont tous dotés d’un téléphone intelligent et d’un ordinateur portable et les bureaux sont munis d’un réseau sans fil sécurisé. Les réservations de salles de réunion peuvent se faire à partir d’un cellulaire. Il en résulte une économie de papier. Chaque travailleur reçoit d’ailleurs un compte-rendu mensuel de son utilisation. Ce qui, nous a-t-on dit, crée une saine compétition entre les personnes et les départements. Seuls deux postes d’impression sont disponibles pour les 150 employés.

L’une des salles de réunion

Deloitte a travaillé avec la firme d’architectes Lemay Michaud, ainsi qu’avec AFK Studios du Royaume-Uni pour concevoir et mettre en place sa nouvelle idéologie, dont le budget total reste secret. Le blanc est omniprésent sur les murs et le mobilier. L’uniformité est cassée par quelques touches de vert vif (couleur de Deloitte), visibles notamment dans l’escalier et sur les fauteuils. Les bureaux fermés étant situés au centre, les fenêtres ont été laissées libres pour permettre au maximum un éclairage naturel. Le tout est épuré. Deloitte a aussi éliminé les téléphones sur les bureaux, rendus inutiles. Et la «simplicité volontaire» est encouragée puisque chaque employé n’a qu’un seul tiroir de classeur pour ranger l’ensemble de ses effets personnels (sac de sport, sac à lunch et souliers inclus!). Si l’employé quitte son poste de travail pour moins de deux heures, il peut y laisser ses choses, sinon, il doit tout ramasser. Et chaque soir, plus rien ne traîne chez Deloitte Québec!

Le concept novateur pique déjà la curiosité d’autres entreprises et des clients de Deloitte. «On a beaucoup de demandes de visites pour venir comprendre le concept», conclut Marc Perron.