De shack à chouette chalet

L'artiste de Québec Jean Gaudreau a transformé un shack de Beauport en un chouette petit chalet. La rivière Montmorency coule à ses pieds et l'autoroute est à 15 minutes. La campagne comme il l'aime : en ville.
Il faut quand même rouler sur des chemins cahoteux avant d'aboutir sur la rue des Trois-Saults, qui longe un des méandres de la rivière Montmorency, à l'est du boulevard Raymond. Cette rue «quasi privée» se termine en cul-de-sac. 
À son arrivée, Jean Gaudreau a été perçu «comme un étranger».
Le terrain étant situé en zone inondable, le nouveau propriétaire n'a pas pu démolir le petit chalet, car il lui aurait été interdit de reconstruire. La cuisine actuelle se trouve donc dans ce qu'il a conservé du vétuste bâtiment. Elle est le coeur de la maison.
Enchâssé dans le bois, le rez-de-chaussée est tout petit. «Les gens me disaient : c'est un chalet, mets-en pas trop», relate Jean Gaudreau. 
«J'ai mis le paquet», lance-t-il. 
Armoires de thermoplastique, comptoirs de quartz, deux éviers, un petit cellier, beaucoup de rangement, une salle de bain moderne, de nombreuses fenêtres : le confort et la beauté sont servis. Il règne dans cette maison une douce atmosphère de villégiature.
Jean Gaudreau a acheté la maison et le terrain en 2008. Il a rénové pendant trois ans, évoluant pas à pas dans ce chantier où il était roi et maître. «Je voulais garder le contrôle de mes choix», dit-il. Ses plans, il les a dessinés lui-même, en les faisant valider par une amie technicienne en architecture. 
«J'ai pris des décisions de coeur, pas d'affaires», confie-t-il.
Gagner de l'espace
Fenestrée de tous les côtés et donnant sur un balconnet, la chambre principale est située dans un volume rectangulaire que l'artiste a superposé sur la cuisine. 
Pour gagner de l'espace, il a «levé» la maison et fait construire un sous-sol dans l'ancien vide sanitaire. On y trouve maintenant un boudoir et une salle de bain, tous les deux parés de bois, en harmonie avec le rez-de-chaussée.
Attenant au boudoir, l'ancien garage recèle une surprise : une salle de télé bien décorée, notamment avec un mur de fausse brique. 
Partout dans la maison, des oeuvres de l'artiste égaient les murs et animent des pièces qui ne manquent pas de piment. Le contemporain se marie au rustique. Les antiquités cohabitent avec des meubles bricolés par l'artiste, dont un pupitre constitué d'une épaisse plaque de verre déposée sur des blocs de béton «à 1,50 $ chacun».
Le terrain de forme triangulaire s'avance vers la rivière. Jean Gaudreau est fou des grands arbres et de la nature désordonnée qui enserrent sa maison. Il s'y sent «comme dans une oeuvre d'art».
En rafale
Le budget: plus de 125 000 $
Le défi: partir d'un shack qui appartenait à une «madame» de 80 ans et créer un espace de vie beau et fonctionne 
L'inspiration: l'architecture moderne telle que la montrent les magazines branchés