Dans ta Baraque: du vieux rafraîchi pour puncher le salon

Nora Chhun rapaille des vieux meubles ici et là. Elle les nettoie en profondeur, les recouvre de peinture, de cire, de vernis, pose de la jolie quincaillerie et hop! Le produit fini donne tout un punch au salon.
Depuis janvier 2015, elle s'occupe de sa petite entreprise de «récupération créative», qu'elle a appelée Dans ta Baraque (DTB pour les intimes). Pour l'instant, elle n'a pas encore pignon sur rue et expose ses produits sur Facebook et Instagram. Elle a un atelier chez elle dans Saint-Sauveur et un entrepôt dans Limoilou, où ses clients peuvent venir cueillir leurs achats. C'est là qu'elle a donné rendez-vous au Soleil cette semaine.
L'inventaire du moment comprend une vingtaine de pièces plus charmantes les unes que les autres. Des commodes d'une autre époque qu'elle a rénovées sans les dénaturer. Des morceaux plus contemporains, comme un cellier de chez Costco plaqué brun foncé qu'elle a transformé en meuble jaune vif avec des poignées vintage.
Dans un coin est appuyée une règle de plus de six pieds. Une idée d'une cliente pour mesurer ses enfants. Dans le même genre, la créatrice a imaginé une planche de surf de cinq pieds, elle aussi graduée et décorée de chevrons blancs.
Nora Chhun n'a aucune formation en ébénisterie. «Mais j'ai toujours bricolé pour moi. Mes amis me poussent, me passent des commandes», dit celle qui a étudié en commercialisation de la mode et travaille à temps plein en marketing, dans le milieu du plein air. «Ça m'a aidée à solidifier mon entreprise.»
DTB propose un service personnalisé. «Je peux me déplacer chez les gens, par exemple pour travailler une armoire héritée d'une grand-mère et difficile à déplacer», suggère Nora Chhun. Elle reçoit beaucoup de commandes, notamment de bibliothèques «de telle dimension, de tel fini, pour tel budget».
Elle prévient que «ça peut prendre deux jours ou deux mois» pour dénicher le bon meuble à recycler, la perle rare. Il ne faut pas être pressé, mais les clients comprennent sa démarche, dit-elle. Ultimement, ils auront chez eux une pièce tout à fait unique.
L'entrepreneure de 30 ans ne veut pas se cantonner dans un style. «Je m'influence de mes voyages. Je donne souvent à mes meubles des noms de villes que j'ai visitées.» Lorsqu'elle avait 24 ans, elle est partie se «ressourcer» de par le monde. Elle est revenue avec cette envie de créer quelque chose. Et avec cette conscience que nous consommons trop, que les sites d'enfouissement débordent et qu'il est nécessaire de réutiliser ce qui est vieux et désuet.
Ses meubles auxquels elle refait une beauté sont vendus entre 100 $ et 600 $ pour les plus gros morceaux. Quant aux accessoires, décorations murales, porte-clés, crochets et compagnie, ils se détaillent généralement sous les 100 $.