Alors que les propriétaires de condo sont souvent des gens qui ont vendu leur maison pour trouver la tranquillité, apprécieront-ils d'être entourés de voisins locataires qui déménagent chaque année?

Copropriété: vivre avec des voisins locataires peut être problématique

Alors que les ventes de condos ont diminué de 2,8 % à Québec au cours des 12 derniers mois, un observateur du marché se préoccupe de la cohabitation copropriétaires et locataires, qui prend de l'ampleur.
«On le voit dans les petites annonces, il y a beaucoup de location dans les projets de condos qui ne réussissent pas à vendre», constate Paul Everell, dirigeant-propriétaire de Royal LePage Inter-Québec. Une situation qui, selon lui, risque de causer des problèmes, les objectifs des uns et des autres étant différents.
Alors que les propriétaires de condo sont souvent des gens qui ont vendu leur maison pour trouver la tranquillité, apprécieront-ils d'être entourés de voisins locataires qui déménagent chaque année? demande M. Everell. Va-t-on choisir des locataires dont le mode de vie correspond à celui des propriétaires occupants? soulève-t-il encore. 
«Si un copropriétaire n'aime pas son voisinage, il va mettre son condo en vente, et pas au même prix qu'il l'a payé. Donc, le prix va être affecté», calcule-t-il. 
Pour protéger les propriétaires de condo, M. Everell croit qu'il faudra peut-être modifier la réglementation en cours. 
Par ailleurs, il estime que cette situation «demandera plus de précautions de la part des acheteurs». Quant aux courtiers immobiliers, il s'agit d'un phénomène «tout à fait nouveau» pour eux, dit-il. «Ils devront aussi être bien attentifs. Quand on vend un condo, dans la tête de l'acheteur, tous les voisins sont copropriétaires.»
Hausse modérée des prix
Royal LePage divulguait cette semaine les résultats d'une étude sur le prix des maisons. À Québec, le prix médian pour l'ensemble des propriétés est de 267 081 $, soit une hausse de 3,2 % sur 12 mois. Un avantage pour Québec si l'on compare avec l'Ontario dont le prix médian est de 450 000 $ et avec la Colombie-Britannique où il frôle le million de dollars, souligne M. Everell.
Autrement, il mentionne que la demande est demeurée forte à Québec, particulièrement pour les maisons en rangée et les jumelés. Du côté de la copropriété, l'offre est très élevée, mais les délais de vente et les prix semblent se stabiliser, ce qui laisse peut-être présager que les propriétaires acceptent peu à peu de baisser leur prix pour vendre, ajoute M. Everell. L'expert estime que l'activité accrue dans les secteurs manufacturier, touristique et tertiaire, ainsi que le faible taux de chômage à Québec contribueront à soutenir le marché immobilier dans la capitale.