Des ornements de bois et de textile apportent une touche chaleureuse au sapin.

Complicité et art de la table

Christine Beaulieu et sa sœur Isabelle dressent la table comme elles s’habillent : avec raffinement et un brin d’audace.

Au fil des années, il en est passé des décors de Noël devant l’objectif des photographes du Soleil : des classiques, des clinquants, des scintillants, des opulents, des kétaines, des ludiques, des contemporains... Celui que Christine a créé, avec Isabelle, dans sa maison de Saint--Augustin-de-Desmaures, est l’un des plus harmonieux que nous ayons eu le bonheur de visiter.

Quand elles mettent la table, tassez-vous de là! Elles ont leur concept et l’heure n’est pas aux compromis. «Osez!», lancent les deux complices. 

L’ancien et le nouveau se côtoient ainsi sur la table de bois dressée sans nappe. Quelques branches de cèdre coupées à même une haie servent de sous-plats. Mais il n’y en a pas sous chaque assiette : puisque c’est Noël, la symétrie n’est pas obligatoire. 

Des éléments du sapin ont migré vers le coin des enfants.

La vaisselle dépareillée, les «pièces uniques», les chandelles, le sapinage et les vieux ustensiles composent un décor hétéroclite, mais chaleureux. Il y a beaucoup de choses, mais les tonalités de blanc et de gris assurent l’uniformité de cette table sans pareille. Le vert est la couleur d’accent.

Une page découpée dans un livre ancien fait office de petit napperon. Charmante idée. Le centre de table a été bricolé à partir d’une boîte à compartiments qui surmontait un ancien coffre à outils. Un pichet en argenterie, des chandelles et des branches de conifères y ont été déposés.

«On peut mélanger le sapinage artificiel au naturel», assure Isabelle, qui achète ses branches de pin naturel au Provigo.

Napperons à barbouiller

Le comptoir-lunch est destiné aux enfants. Ils pourront barbouiller les napperons de papier avec les crayons mis à leur disposition dans un verre. Des petits toutous et des bas miniatures ont été retirés du sapin afin de décorer leurs places. L’unité de la pièce est préservée. 

Ce gros «pot de pharmacie» contient habituellement des bûches. Pour les Fêtes, il sert de support à un petit sapin.

Dans le salon, plusieurs objets sans lien naturel avec Noël distillent, par leur assemblage, une ambiance d’une autre époque. Les livres anciens empilés, les chandeliers de bois, les grosses bobines de tissu, la porcelaine, tout cela est disséminé près du sapin. Il s’en dégage une impression de réconfort et de bien-être.

Christine et Isabelle Beaulieu se téléphonent 100 fois par jour et possèdent une chouette boutique de décoration saisonnière, Les 3 poules à l’île, dans le village de Saint-Laurent, à l’île d’Orléans. Elles ouvrent ses portes les fins de semaine de décembre. 

Isabelle et Christine Beaulieu n’hésitent pas à dresser leur table avec de la vaisselle dépareillée.

Elles sont folles des antiquités. «On est très magasineuses», conviennent-elles. Elles fréquentent les antiquaires et les brocantes du Maine et du New Hampshire, aux États-Unis, où elles dénichent des trésors de bois, de métal et de verre, à des prix plus abordables qu’au Québec. 

Chez elles, le plastique et les objets faits en Chine sont proscrits. Elles privilégient l’esprit anglais, tout de dorures et de porcelaine, piqué d’une touche autrichienne. 

Elles s’inspirent beaucoup des boutiques qu’elles visitent. Mais elles aiment redécouvrir le contenu de leurs armoires et de leurs placards. Comment ont-elles réussi à intégrer une paire de skis de bois dans ce décor actuel et délicieusement suranné? Ça relève de l’expérience, du bon goût et d’une grande sensibilité.