Quand dame Nature ne fournit pas assez d’eau, c’est au jardinier de la remplacer!

Comment arroser efficacement

Les plantes sont composées de jusqu’à 95 % d’eau… et pourtant, très peu de cette eau reste dans la plante.

Presque tout est perdu en transpiration. Ainsi, les plantes cherchent constamment à se réapprovisionner en eau. À cette fin, les racines, aidées par les mycorhizes (champignons bénéfiques), courent loin dans le sol, à la recherche du précieux liquide. Et quand l’eau manque, la plante commence à fermer : plus de photosynthèse, plus de croissance, etc. Si la disette dure trop longtemps — et certaines plantes sont nettement moins résistantes à la sécheresse que d’autres —, la plante meurt.

Heureusement, dans notre région, dame Nature est souvent assez généreuse. Une pluie modeste par semaine (environ 2,5 cm) suffit pour la plupart des végétaux. Et on peut vérifier combien d’eau est tombée au cours d’une semaine au moyen d’un pluviomètre (petite tasse graduée qui attrape l’eau de pluie). Mais mesurer l’eau qui tombe du ciel ne révèle pas tout. S’il fait très chaud et sec, ou si le sol est sablonneux et retient peu d’eau, les plantes peuvent trouver 2,5 cm d’eau insuffisants.

Votre doigt est encore plus efficace que le pluviomètre. Enfoncez-le dans le sol jusqu’au deuxième joint : si le sol est sec au toucher, arrosez. S’il est encore humide, attendez un peu.

Comment arroser
Pour les plantes en pot, un arrosoir est utile. Laissez couler l’eau assez longtemps qu’un surplus commence à sortir par les trous de drainage. Cela indique généralement que le sol est saturé, la situation idéale à la fin d’un arrosage. Notez que les plantes en pot sèchent beaucoup plus vite que les plantes cultivées en pleine terre, car leurs racines sont confinées. Vérifiez leur état au moins deux fois par semaine, quotidiennement si le pot est petit, car un petit pot retient peu d’eau.

Arroser une plate-bande ou un potager à la main avec une lance d’arrosage peut paraître intéressant, mais rares sont les gens qui arrosent assez longtemps pour être efficaces. Il faut mieux installer un arroseur qui, lui, n’abandonnera pas son poste pour répondre au téléphone. Calculez qu’une séance d’arrosage de 60 minutes suffira pour la plupart des sols. Dans un sol sablonneux, cependant, qui retient peu l’eau, un arrosage plus court, mais plus fréquent — trois sessions de 20 minutes — sera plus efficace.

Un boyau suintant placé sur le sol est encore plus efficace qu’un arroseur, car il ne perd presque aucune eau à l’évaporation. Couvrez-le de paillis pour ne pas le voir, tout simplement.

Quand arroser
Le moment le plus efficace pour arroser est tôt le matin, quand le sol est plus frais. Ainsi, peu d’eau s’évapore et aussi, le feuillage mouillé le matin sèche avant la fin de la journée, réduisant les risques de maladie. Le deuxième meilleur moment est en fin de journée, quand la température commence à rafraîchir. Par contre, si le feuillage est humidifié, il risque de passer la nuit mouillé, ce qui augmente de beaucoup le risque de maladies.

Le pire moment pour arroser est au milieu de la journée, surtout par une journée chaude et ensoleillée. Souvent, 75 % de l’eau appliquée s’évapore tout simplement, sans profiter aux plantes!

Quelle eau utilisée?
L’eau de robinet est parfaitement acceptable pour l’arrosage, mais l’eau de pluie est encore meilleure, car elle est douce et contient souvent un supplément d’azote (surtout si elle est tombée pendant un orage avec des éclairs). Donc, il est bien utile d’installer un baril de récupération sur la descente de gouttière, puis d’utiliser cette eau pour arroser vos jardins.

Un réservoir d’eau permet de récupérer l’eau de pluie.

Du paillis pour réduire les besoins
Une façon facile pour réduire les besoins en arrosage d’un jardin est de couvrir le sol avec du paillis. Cela garde le sol plus frais et réduit énormément la perte d’eau due à l’évaporation. Un bon paillis peut facilement réduire les besoins en arrosage de moitié!

Bien arroser : l’un des grands secrets du jardinage!

*

ENTRETIEN HORTICOLE : À FAIRE CETTE SEMAINE

› Quand les températures demeurent au-dessus de 12 °C la nuit, on peut planter les légumes et annuelles tendres (tomates, poivrons, courges, bégonias, impatientes, etc.) en pleine terre.

› Arrosez régulièrement les végétaux fraîchement plantés pendant les trois semaines qui suivent leur mise en terre.

› Paillez les légumes pour contrôler les mauvaises herbes.

› Quand le feuillage des bulbes sèche, vous pouvez le couper.

› Retournez régulièrement le compost pour une production plus rapide.

*

CALENDRIER HORTICOLE

Ouverture officielle du Domaine Joly-De Lotbinière

Le samedi 9 juin est la journée d’ouverture officielle du Domaine Joly-De Lotbinière pour la saison 2018. À partir de cette date, et pendant tout l’été jusqu’à la fête du Travail, le jardin sera ouvert de 10h à 17h. Prix d’entrée. Adresse : 7015, route de Pointe Platon, Sainte-Croix (Québec). Info: 418 926-2462 ou www.domainejoly.com.

Balade au Domaine Maizerets

Le Club Kinnikinnick, le club des jeunes naturalistes retraités, invite la population à une balade au Domaine Maizerets le samedi 9 juin à 10h à la découverte de la floraison des conifères et des pivoines en arbre, activité animée par Suzanne Hardy. Rendez-vous stationnement du Domaine situé au 2000, boulevard Montmorency, Québec. En cas de pluie, activité remise au lendemain. Info : kinnikinnick69@gmail.com.

Annuelles et bisannuelles

Le samedi 9 juin à 10h, la Société des Amis du Jardin Van den Hende organise un atelier gratuit intitulé Réussir ses plantes annuelles et bisannuelles avec Larry Hodgson. L’activité aura lieu chez Floralies Jouvence, 2020, avenue Jules-Verne, Québec. Info : horti-centre@floraliesjouvence.ca.

Aménager avec les plantes à floraison printanière

La Société des Amis du Jardin Van den Hende offre une conférence sur l’aménagement avec les plantes à floraison printanière avec Larry Hodgson. Elle aura lieu le dimanche 10 juin à 10h dans la salle de conférence de la jardinerie Floralies Jouvence, 2020 avenue Jules-Verne, Québec. Coût : 5 $ pour les non-membres. Espace limité : veuillez réserver votre siège à horti-centre@floraliesjouvence.ca.

Rendez-vous de l’histoire

Le dimanche 10 juin, le Domaine Joly-De Lotbinière vous invite à la 3e édition du Rendez-vous de l’histoire, une journée d’activité mélangeant jardinage et histoire, avec quatre conférenciers : Alain Asselin, Jacques Cayouette, Daniel Fortin et Jacques Mathieu. Heures : 10h30 à 15h30. Adresse : 7015, route de Pointe Platon, Sainte-Croix (Québec). Info : 418 926-2462 ou www.domainejoly.com.

Échange de plantes

La Société d’horticulture de Beauport vous invite à son échange annuel de vivaces. Apportez au maximum trois plantes vivaces, empotées, bien enracinées, sans insectes ou maladies et, si possible, identifiées. Cette activité se tiendra le mercredi 13 juin à 19h30 au Centre municipal Mgr Laval sis au 35, rue du Couvent, Québec. Info : 418 663-1207.

Pour toute activité horticole, écrivez-nous à courrierjardinierparesseux@yahoo.com.

*

RÉPONSES À VOS QUESTIONS

Petite inflorescence qui cache une plante monstre

Q Je voudrais savoir le nom de la plante dont je joins la photo. Elle poussait sur le bord de la route.

Francois Lafantaisie

L’inflorescence du pétasite du Japon.

R Il s’agit du pétasite du Japon (Petasites japonicus), une plante introduite au Québec comme plante ornementale, mais qui est maintenant considérée comme une mauvaise herbe redoutable. Il est difficile d’imaginer que ce qui semble être une petite plante autonome n’est en fait que la tige florale d’une plante géante. Toutefois, les tiges florales sortent tôt au printemps, quand les vraies feuilles sont absentes, et, avec leurs bractées vertes qu’on prend pour des feuilles et leurs fleurs jaunes, semblent bien être une plante indépendante. Après la floraison, c’est au tour des feuilles de sortir de la terre. Gigantesques et réniformes — on les appelle parfois «sièges de tracteur» en langage courant —, elles peuvent mesurer jusqu’à 80 cm de diamètre, et sont portées sur de solides pétioles. Le nom Petasites vient justement de ses grandes feuilles. Le nom veut dire «comme un chapeau» et justement, quand il pleut, on peut arracher une feuille et la porter comme chapeau de pluie. La plante court sur de longs rhizomes souterrains et envahit rapidement son environnement, étouffant les plantes plus petites du secteur en passant. Elle est surtout à craindre dans les milieux humides qu’elle affectionne particulièrement, mais elle peut aussi causer des dommages dans les zones au sol plus sec. Sa culture peut difficilement être recommandée. 

Weigelas qui ne fleurissent pas

Q J’adore les weigelas, mais malheureusement, après de nombreux essais dans différentes conditions, mes weigelas ne fleurissent pas. Ils fleurissent la première fois et restent rabougris jusqu’à ce que je me décide à les jeter à la poubelle après 2 ou 3 ans. Je les ai plantés dans des espaces bien ensoleillés, avec les meilleurs traitements possible. Rien n’y fait. Ils sont pourtant réputés être simples et très florifères! Et d’ailleurs, comment prononce-t-on le mot «weigela»?

Stephan Jobson

Le weigela ‘Red Prince’, zone 4 b, est assez rustique pour notre région, mais beaucoup d’autres ne le sont pas.

R Le weigela hybride (Weigela x hybrida) est effectivement très joli, mais sa rusticité est très variable. Certains cultivars sont de zone 3 ou 4, donc adaptable à notre climat local (la région de Québec est dans la zone de rusticité 4 b), mais d’autres sont de zone 5 ou 6. Ces derniers ne meurent pas nécessairement, mais les boutons floraux gèlent l’hiver et souvent l’extrémité des branches aussi. Ainsi, il faut chercher les variétés rustiques et mettre aux oubliettes les gélives. Ce qui n’aide pas est que certaines pépinières grossistes utilisent la zone américaine pour l’étiquetage des plantes. Or, le système américain est décalé d’un chiffre par rapport au Canadien. Ainsi, une weigela de zone 4 américaine est de zone 5 au Canada! Voici quelques variétés extrarustiques à utiliser dans nos régions : ‘Centennial’, ‘Java Red’, ‘Red Prince’, ‘Victoria’ et ‘White Knight’, plus toute la série Danse (‘Minuet’, ‘Polka’, ‘Samba’, ‘Tango’, etc.). Évitez les suivantes : ‘Bristol Ruby’, ‘Bristol Snowflake’, ‘Eva Rathke’, ‘Pink Princess’ and ‘Wine and Roses’. Et il faut aussi se méfier des nouvelles introductions, comme les séries ‘Sonic Bloom’ et ‘Czechmark’, qui n’ont pas encore été mises à l’essai dans nos régions. Quant à la prononciation, je suggère de prononcer «OUÉ-gue-la».

Des questions svp!

Vous pouvez nous joindre par courriel à courrierjardinierparesseux@yahoo.com

Par courrier à 

Le jardinier paresseux
Le Soleil
C.P. 1547, succ. Terminus
Québec (Québec)  G1K 7J6