Château Frontenac: un lifting de 75 millions $

Tel un enfant qui revient de ses vacances d'été, le Château Frontenac rayonne. Au terme d'une année intensive de rénovations, il a conservé son cachet et sa classe, mais il semble «moins fatigué, moins formel». Le coût de ce lifting réussi : 75 millions $.
<p>Le restaurant Le Champlain dans toute sa splendeur. La «table du roi», est installée sous le chandelier de cristal. Le chef des restaurants, Stéphane Modat, concoctera un menu spécifiquement pour les invités qui y prendront place.</p>
Dans le hall, rien ne saute aux yeux. Les portes tournantes rutilent. Les tapis sont d'un moelleux... Ah, tiens, ils sont bleus maintenant. Oui, comme les caissons du plafond, précise le directeur général, Robert Mercure, qui nous a gratifiés d'un tour du propriétaire, la semaine dernière.
«Avant, le plafond était orangé, poursuit-il. Il entrait en compétition avec les boiseries d'origine.» Il avoue qu'il a sursauté quand les designers lui sont arrivés avec cette proposition de bleu. Mais il admet qu'ils ont eu raison : cette couleur magnifie la chaleur du bois.
Construit en 1893
Construit en 1893, le Château Frontenac vient de subir «le plus gros projet de rénovations de son histoire». La tour principale et sa toiture de cuivre avaient été retapées en 2011. Et au cours de la dernière année, le hall, les chambres, les 16 kilomètres de corridors, les restaurants, tout a été restauré, redécoré, rajeuni.
Les boutiques du sous-sol ont été converties en salles de réunion. Et les corridors servent maintenant de vitrines pour les artefacts qui avaient été découverts pendant les fouilles du fort Saint-Louis, en 2008.
Avec les yeux de Robert Mercure, l'ampleur de ces rénovations se révèle autant dans les détails que dans les métamorphoses. Le restaurant Le Champlain, le bistro Le Sam et le bar Le 1608 sont passés sous le bistouri des designers. Ils ont, de toute évidence, déniché les tissus et les matériaux les plus haut de gamme. Et ils ont réussi à créer des ambiances raffinées, mais moins formelles qu'avant, «plus accessibles», analyse Robert Mercure.
<p>Le hall, vu de l'entrée du restaurant Le Champlain</p>
Dans les verrières du Champlain et du Sam, on se dit que le paradis doit ressembler à ça : du soleil plein le visage, des moquettes aussi duveteuses que des nuages et, partout, de la beauté et des gens aimables.
Robert Mercure a répété plusieurs fois que le Château Frontenac avait conservé son héritage et son patrimoine. Les rénovations l'ont remis au goût du jour. «C'est moins vieillot», résume-t-il. Le resto et le bistro ont pris un bain de jouvence. Mais ailleurs, les changements sont plus subtils : éclairage au DEL (même dans la salle de bal), mobilier plus contemporain, marbre et bois polis, portes tournantes astiquées, technologie de haut niveau, etc. Bref, le charme est intact.
Le directeur général assure que les rénovations seront complétées à la fin de juin, avec la section Fairmont Or qui passera de 46 à 60 chambres. Les 75 millions $ ont été injectés par le propriétaire, Ivanhoé Cambridge, le bras immobilier de la Caisse de dépôt et placement du Québec. Jean Dallaire est l'architecte responsable de ce projet. Le hall et les restaurants ont été confiés au Rockwell Group, de New York; les chambres et les salons, à Wilson & Associates, de New York.
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