Un bol en porcelaine aux lignes colorées que l’artiste a fabriqué avec la technique nommée nériage.

Carac’Terre: le retour d’un passionné [VIDÉO]

Parmi les 36 exposants rassemblés sous le blanc chapiteau érigé dans le quartier Saint-Roch, une silhouette se démarque : un homme, fin soixantaine, chapeau noir sur la tête, regard vif. Avec 42 ans de métier dans le corps, Daniel Martineau n’est pas exactement un nouveau venu, et pourtant, il effectue un retour à l’expo-vente Carac’Terre.

«J’ai pris part au premier événement, à l’île d’Orléans. Ça s’appelait alors Super bol», raconte M. Martineau au Soleil. Il s’est impliqué durant plusieurs années dans le comité d’organisation de Carac’Terre et a reçu mercredi dernier le Prix Julien 2019 remis par l’Association des céramistes du Québec.

Un prix qui a une valeur symbolique très forte pour Daniel Martineau. «Julien, c’est mon mentor. J’avais 13 ans lorsqu’il m’a initié au modelage de l’argile au pensionnat, pendant que les autres garçons faisaient du sport», se remémore le céramiste. Le frère Julien Cloutier était enseignant au Juvénat des frères des Écoles chrétiennes à Sainte-Foy, que fréquentait le jeune Daniel.

Daniel Martineau a reçu mercredi dernier le Prix Julien 2019 remis par l’Association des céramistes du Québec.

Maintenant établi à Saint-Norbert-d’Arthabaska, M. Martineau continue d’essayer «beaucoup de choses» dans son atelier aux larges fenêtres, dont il apprécie la luminosité et la vue. Il crée notamment de magnifiques bols en porcelaine avec des lignes colorées grâce à une technique nommée nériage. «Je suis le seul ici à faire ça», affirme l’artiste, «c’est très long» comme procédé.

M. Martineau est aussi fidèle à ses manchots, qu’il perfectionne depuis une vingtaine d’années et qu’il a fabriqués par milliers. Ces oiseaux effilés, au ventre blanc, obtiennent leur couleur charbon par carbonisation. 

S’il aime «créer de la beauté», Daniel Martineau apprécie encore davantage «créer du bonheur» en sachant que ses céramiques ajouteront de la couleur et de la fantaisie chez les gens. Le céramiste prend d’ailleurs un plaisir évident à échanger avec les visiteurs.

Pour info : danielmartineau.com

Le céramiste perfectionne ses manchots depuis une vingtaine d’années.

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EN NOUVEAUTÉ

En plus de la présence de Daniel Martineau, Carac’Terre accueille trois autres nouveautés, qu’il s’agisse de la présence de nouveaux céramistes ou d’une nouvelle production de pièces. Les voici.

1. Marie-Michèle B. Lemaire

La céramiste de Saint-Roch-des-Aulnaies entremêle le textile à la céramique dans ses créations. Elle propose notamment des tasses et des bols avec du grès, des fleurs bleues ou des dorures. «Les motifs sont récurrents dans mon travail : leur répétition me rassure et me rappelle celle des mouvements et des étapes de nos métiers», décrit Mme Lemaire. «Je joue avec le rythme, les nuances, les détails et la simplicité.» Info : facebook.com/MMicheleBCeramiste

Céramiques de Marie-Michèle B. Lemaire

2. Bouchard-Marquis

Sophie Bouchard et Nicolas Marquis proposent de jolis bols faits avec environ 80 % de matières locales. Dans la démarche du duo de Québec, un but : réduire au maximum l’intégration de matières (argile, glaçures) qui ne proviennent pas de la province. «Le fait de se réapproprier notre terre, de s’en rapprocher, de limiter les possibilités et d’embrasser la simplicité nous a permis de jouir d’une liberté nouvelle et de se réinventer, en accord avec les artisans d’autrefois», indiquent les céramistes dans leur description.

Céramiques de Bouchard-Marquis

3. Aimée Wan

Simplicité. C’est sans doute le mot qui décrit le mieux les créations de Mme Wan, dont les bols, tasses et assiettes monochromes se distinguent par leurs formes imparfaites. «Mon intention est de créer un corpus qui se veut un dialogue entre l’objet utilitaire et les formes provenant du monde organique», signale la céramiste de Lambton, finissante de la Maison des métiers d’art de Québec l’an dernier. «Je préconise la sobriété de la terre nue, le lâcher-prise des cuissons primitives et les émaux sans pigment colorant pour mettre en valeur les surfaces.»

Céramiques de Aimée Wan

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VOUS VOULEZ Y ALLER?

Quoi : 21e édition de Carac’Terre, la vitrine céramique de Québec

Où : place de l’Université-du-Québec, à l’intersection du boulevard Charest Est et de la rue de la Couronne

Quand : tous les jours, jusqu’au 7 juillet, de 9h à 21h

Programmation : rencontre avec les artistes, démonstrations, atelier de façonnage, atelier de découverte pour enfants, cours de tournage (payant), thé Camellia Sinensis

Entrée : gratuite

Info : caracterre.ca