Le bois brûlé sert d’enveloppe à ce chalet au bord du lac Sept-Îles.

Bois brûlé: un revêtement qui attise l’intérêt

Depuis qu’Espace-Bois a lancé sa division Bois brûlé en 2016, la compagnie de Saint-Pascal de Kamouraska a réalisé une vingtaine de projets avec ce matériau aux teintes profondes.

À Lac-Beauport, l’entreprise a fourni l’ensemble du revêtement pour une maison tout en contraste. «C’est nous qui avons suggéré deux degrés différents de bois brûlé, un clair et un foncé», indique le copropriétaire, Guillaume G-Ouellet.

Le bois brûlé foncé Zébré noir et plus clair Savane habillent cette maison de Lac-Beauport.

Espace-Bois, qui est aussi entrepreneur spécialisé, a construit une annexe sur une maison à Neuville. L’ajout en bois brûlé très foncé, «Zébré noir», se marie avec modernité à la partie rouge déjà existante.

L’annexe de la maison de Neuville.
Le bois brûlé foncé Zébré noir a aussi été utilisé dans ce projet.

Une douzaine de colorations existent, plus ou moins noircies selon l’intensité de carbonisation, qui fait aussi ressortir nœuds et nervures, et miroiter des textures.

Shou sugi ban

L’entreprise a travaillé plusieurs années au développement du bois brûlé, selon la technique japonaise de carbonisation appelée shou sugi ban (prononcez «su sougui bane»). Un procédé qui protège le bois et lui donnerait une espérance de vie estimée à plus de 80 ans.

Le procédé du bois brulé protège le bois et lui donnerait une espérance de vie estimée à plus de 80 ans.

Pour l’entretenir, il faut «simplement mettre de l’huile aux cinq à huit ans», prescrit Guillaume G-Ouellet, qui parle d’un matériau écologique et plus résistant au feu qu’un bois nu.

Alors que les revêtements coûtent en moyenne de 4 à 5 $ le pied carré, le bois brûlé se détaille plutôt 7 $, en raison du procédé et des manipulations requises. Un investissement à long terme, selon Guillaume G-Ouellet, quand on pense à la durabilité et à l’entretien minime.

Le choix du cèdre blanc de l’Est

Espace-Bois, qui offre des revêtements intérieurs autant qu’extérieurs, priorise le cèdre blanc de l’Est pour sa division Bois brûlé. Cette essence locale, qui pousse sur la côte Atlantique, est naturellement résistante aux insectes et aux intempéries, souligne Guillaume G-Ouellet.

Il cite un document du Quebec Wood Export Bureau : «Dans les tests européens, le cèdre blanc obtient la cote 1 de durabilité naturelle selon la norme EN 350-2, soit “très durable”, relativement aux champignons qui attaquent le bois. Aucune autre essence résineuse n’avait encore obtenu ce résultat.»

Contrairement à d’autres bois mous de conifères, le cèdre blanc est aussi plus stable. «Il a moins tendance à se tordre, à craquer ou à se déformer.»

Une fois séché et carbonisé, le cèdre blanc a une porosité qui permet d’encapsuler des microbulles d’air, poursuit Guillaume G-Ouellet. Cet emprisonnement d’air dans les parois s’additionne à l’isolation générale d’une construction et accroît le facteur R, dit-il.

À Québec, les produits de la division Bois brûlé d’Espace-Bois sont distribués chez Façade et chez Pelletier Déco Surfaces. Il est aussi possible de joindre directement la compagnie.

Info : boisbrule.ca