Marie-Eve Sirois, entrepreneure générale, s'est souvent fait demander si elle travaillait pour son conjoint.

Bâtir au féminin

Dessiner, concevoir, organiser l'espace, construire, rénover, elles connaissent. Elles n'ont pas froid aux yeux et n'ont pas peur de se salir les mains. En cette Journée internationale des femmes, Le Soleil vous présente le portrait de filles de métier, d'une pionnière en architecture, de passionnées du bâti et du design.
Marie-Eve Sirois: technicienne en architecture, designer et entrepreneure générale
- Entreprise :  Rénovation Marie-Eve Sirois inc.
- Formation : «Attirée par l'architecture et le dessin, j'ai fait une technique en architecture. J'ai ensuite pris un cours en design d'intérieur. Deux formations qui se complètent parfaitement. Puis en 2007, j'ai passé les examens de la Régie du bâtiment du Québec pour obtenir la licence d'entrepreneur général.»
- Une réalisation dont vous êtes fière : «Le projet dont je suis le plus fière est la rénovation complète d'une résidence après un gros incendie. Il n'y a pas que le résultat final qui compte dans une aventure de cette envergure. Le contact et la complicité avec les clients sont aussi importants pour le bon déroulement du projet.»
- Un conseil pour celles qui aimeraient se lancer dans votre métier : «Il faut savoir se démarquer et persévérer. La femme a sa place dans les métiers de la construction.»
- Une anecdote comme femme entrepreneure : «À quelques reprises, on m'a demandé si je travaillais pour mon conjoint entrepreneur!»
<p>Christine Vallée a notamment siégé à la Commission d'urbanisme et de conservation de Québec et au Comité consultatif d'urbanisme du village de Sainte-Pétronille. Elle a travaillé plus d'une quinzaine d'années au sein de la société des Économusées du Québec. </p>
Christine Vallée: consultante architecture design
- Formation : Première femme à avoir commencé et terminé son cours à l'École d'architecture de l'Université Laval. «C'est grâce à l'ouverture d'esprit du premier directeur de l'École d'architecture de Québec, Noël Mainguy, que les femmes ont eu le chemin ouvert dans ce métier.» Elle a obtenu son diplôme en 1970 et est membre de l'Ordre des architectes du Québec depuis 1974. Elle a reçu le Prix hommage aux Mérites d'architecture 2013.
- Une réalisation dont vous êtes fière : «En tant qu'associés dans le bureau Vallée-Trembley-Vallée, nous avions développé une expertise dans ce que l'on pourrait appeler des "avant-projets". L'élaboration des esquisses pour le centre de recherche en oncologie de L'Hôtel-Dieu de Québec sur le site de l'ancienne église Saint-Patrick sur la rue McMahon fut un projet dans lequel j'ai pu y intégrer mes préoccupations. Ce projet est situé au coeur du Vieux-Québec dans un lieu qui côtoie des résidences privées et dans un arrondissement historique protégé : un défi quant au gabarit et un défi de conservation du passé dans un contexte contemporain.»
- Si vous aviez à décrire l'architecture en une phrase : «L'architecture, c'est là où on peut être.»
- Le principal défi pour l'avenir de l'architecture : «Conserver l'échelle humaine à l'échelle de la planète.»
- Une anecdote en tant que femme architecte : «C'est probablement à cause de la sensibilité à laquelle on s'attend de la femme que l'on me proposait comme projets des garderies et des cuisines au début de ma carrière.»
<p>La tireuse de joints venue de l'Ouest, Chantal Germain </p>
Chantal Germain: plâtrière
- Formation : «J'ai acquis mon expérience en travaillant avec mon frère en Alberta. Quand je suis revenue de là-bas, on m'appelait la tireuse de joints de l'Ouest! Mes heures ont été reconnues au Québec. En réussissant l'examen, j'ai reçu un certificat de compétence compagnon dont je suis très fière.»
- Possibilités avec ce métier : «Mon travail est très varié. Je peux travailler dans plusieurs domaines : résidentiel, commercial (restaurants, arénas, écoles...) et même dans le Grand Nord!»
- Un conseil pour celles qui aimeraient devenir plâtrière : «Être très patiente, en bonne forme physique, autonome et ne pas être gênée de travailler avec des hommes.»
- Une anecdote : «Chaque fois que je vais chez des particuliers, ils s'attendent à voir arriver une femme bien bâtie. Ils sont surpris de tomber sur une petite femme d'un certain âge!»