Claude Guy, Antoine Guy et Vincent Beaudoin. Claude a participé à l'élaboration du Jardin Saint-Roch; Antoine a déjà gagné quatre prix d'excellence; Vincent suit une formation en vue d'obtenir une certification LEED et a remporté deux prix au concours L'Objet.

Atelier Guy: «twister les mentalités»

À 69 ans, l'architecte Claude Guy estime qu'il est temps «de passer le témoin» à son fils Antoine, «un pur-sang», et à son associé, Vincent Beaudoin, un infatigable travailleur. Ces jeunes rêvent de donner un sens à leurs projets et de «twister les mentalités». «C'est un cadeau pour moi», s'émeut Claude.
<p>Le promoteur GM Développement avait donné le mandat à l'Atelier Guy Architecte d'imaginer un projet à l'intention de la Ville de Québec afin de développer le quartier Saint-Roch. Conçu par Antoine Guy et Vincent Beaudoin, le District de l'Escalier consiste en une densification de la «friche urbaine» sous les bretelles de l'autoroute Dufferin-Montmorency. L'implantation des bâtiments s'articule autour d'une place publique qui lie le boulevard Charest à la Haute- Ville de Québec avec un escalier à l'architecture unique, véritable point focal du centre-ville. Le projet comprend de l'habitation, des hôtels, un cinéma, des boutiques, des restaurants, des abribus, un stationnement pour les vélos et les autos... </p>
<p>Perchée entre lac et montagne, cette maison a été construite sur les ruines d'un ancien chalet, au bord du lac Sept-Îles. Réalisée en 2011 par Claude Guy, elle a remporté un premier prix du concours Nobilis, en 2012, dans la catégorie des maisons de 600 000 $. Elle intègre plusieurs principes du développement durable, dont celui de réduire les coûts énergétiques en chauffage et en climatisation, notamment grâce à sa fenestration stratégique, à la géothermie, à l'intégration d'une toiture végétale et à une isolation thermique accrue. Deux arbres seulement ont été coupés lors de sa construction. Et les grosses roches découvertes pendant l'excavation ont servi aux travaux d'enrochement et de paysagement.</p>
Oui, «les générations se confrontent» dans ce bureau du quartier Montcalm, à Québec, où Antoine a rejoint son père en 2011, suivi par Vincent, il y a deux mois. On sent une admiration mutuelle très forte dans ce trio allumé, ainsi qu'une confiance inébranlable les uns envers les autres.
Le bureau a porté le nom de Claude Guy architecte jusqu'à l'arrivée d'Antoine. Il a alors été rebaptisé Atelier Guy, pour évoquer l'idée d'un laboratoire et pour perpétuer la renommée du patronyme.
C'est à peine si Claude se prend un salaire. Il croit en eux, il veut qu'ils aient leur propre signature, mais il sait aussi qu'il peut leur ouvrir des portes. «La force de Claude, c'est son sens du développement des affaires», résume Antoine.
Dans une conversation à bâtons rompus, chacun énumère les forces et les faits d'armes des autres : Claude qui a participé à l'élaboration du Jardin Saint-Roch; Antoine qui a déjà gagné quatre prix d'excellence; Vincent qui suit une formation en vue d'obtenir une certification LEED et qui a remporté deux prix au concours L'Objet, en 2011, grâce à une lampe fabriquée avec des tie wraps.
Antoine est attiré par le développement des friches urbaines, ces espaces laids, inhospitaliers ou laissés à l'abandon qui défigurent les villes. «On peut twister le terrain et le rendre intéressant», assure le jeune homme de 31 ans. Ça, c'est nouveau pour Claude, qui écoute son fils avec un intérêt sincère et une sorte d'émerveillement dans les yeux.
Vincent, 28 ans, aimerait enrichir sa pratique d'architecte avec le design d'objets et de mobilier. Il aspire à «magnifier les choses simples».
Claude Guy a travaillé à son compte pendant 41 ans. «J'ai toujours préféré l'habitation, confie-t-il. De l'igloo à la hutte, c'est universel.»
<p>Un gymnase tout en bois a été ajouté à cette école primaire de Sillery, en 2010. Son revêtement intérieur est en cèdre blanc naturel, alors que l'extérieur est en déclin de pin blanc teint en usine. Conçu par Claude Guy, ce projet «qui offre le maximum d'avantages pour un minimum de moyens» a reçu un premier prix d'excellence décerné par Cécobois en 2010. De grandes fenêtres baignent de lumière naturelle l'espace de jeu d'où les réverbérations et l'écho ont été bannis grâce au savoir-faire de l'architecte. Les textures et les couleurs vives de l'intérieur stimulent l'attention des enfants et apportent au lieu un côté ludique.</p>
<p>La firme a participé, l'année dernière, à un concours d'architecture lancé par la Ville de Québec. Antoine Guy et Vincent Beaudoin ont imaginé une série d'interventions urbaines pour permettre aux citoyens de s'approprier l'espace public et de l'animer. Elles s'inscrivent dans un projet intitulé La route inversée. Baptisée la Canopée Cartier, l'une de ces interventions a été située à l'angle de l'avenue Cartier et du boulevard René-Lévesque, là où se trouve actuellement une station-service. Il s'agit d'une place publique dominée par une canopée de métal qui protège tout en laissant filtrer quelques rayons de lumière. Elle peut servir de scène, de lieu de rassemblement ou devenir une piste de danse.</p>
Philosophie
Ses héritiers suivent ses traces. Ils n'aspirent pas à décrocher des contrats faramineux. Mais ils souhaitent faire les choses différemment, «pousser la réflexion», donner du sens à leurs interventions, faire en sorte qu'elles soient cohérentes avec le site. C'est là que Claude se sent «confronté», devant cette philosophie qui n'était pas aussi clairement formulée à son époque.
«On a nos modèles», explique Antoine. Parmi eux : La Shed, un trio d'architectes qui s'emploie à renouveler la conception traditionnelle de la résidence; et Sid Lee, une firme qui mise sur la diversité pour «éliminer les frontières entre les disciplines, les cultures, les affaires et les arts».
Les deux jeunes associés se sont connus à l'université. Ils ont étudié un an en France. La réflexion, l'importance du site, les projets qui ont un sens, tout cela leur vient de ce séjour outre-mer.
Quand la passion anime une telle pensée, quand un mentor apporte son expérience, il reste l'espoir que le public adhérera aux propositions de ce bureau et que ses architectes parviendront à «twister les mentalités» de leurs clients. www.atelierguy.com