Moulin en ronce Arbol, offert avec divers mécanismes : pour poivre, pour sel et poivre, pour sel, poivre et épices. À partir de 160 $

Arbol: Ébénisterie du terroir

L’expo-vente Plein Art lui a décerné des prix d’excellence. Le chasseur d’épices Philippe de Vienne vante ses moulins et ses planches à découper. L’entreprise Simons l’a intégré aux créateurs de sa Fabrique 1840, en début d’année. L’ébéniste Stéphane Dumont, derrière Arbol, accueille cette visibilité sans perdre une once d’authenticité. Il continue de s’émerveiller à regarder «un boutte de bois» et à le transformer en quelque chose d’utile et de beau.

«Du bois, c’est vivant, unique. Ça a une typicité, un terroir, comme le vin», s’enflamme l’artisan épicurien. Il façonne surtout l’érable, le cerisier et le noyer noir, qui ont une densité et une couleur différente selon l’endroit où ils ont poussé. Il privilégie les arbres canadiens et américains, pour laisser ceux des forêts tropicales faire leur boulot de poumons de la planète.

Planche du chef, à partir de 300 $ et rouleau à pâte, 60 $

«Mon fun, c’est d’être dans shop», lance celui qui a son atelier à Rivière-Ouelle, dans Kamouraska. Natif de Trois-Pistoles, Stéphane Dumont a retrouvé son coin de pays en 2007. «J’ai voyagé beaucoup et je considère que le Bas-Saint-Laurent, c’est le top!» Il y est installé avec sa blonde et leurs enfants de 8 et 11 ans.

«J’ai bummé pas mal», raconte l’ancien bourlingueur avec son franc-parler. C’est en Indonésie qu’un «monsieur» l’a mis sur la piste d’un cours d’ébénisterie artisanale au Selkirk College, en Colombie-Britannique.

Stéphane Dumont, ébéniste et «designer maker»

Stéphane Dumont avait commencé une formation en pilotage d’avion quand une place s’est libérée au fameux collège. Il a changé de voie. Et reçu un enseignement avec les méthodes traditionnelles de tenon et mortaise, dans une optique de design contemporain. «Sur une classe de 20 personnes, je pense être le seul qui en vit aujourd’hui.»

Planche à poignée pour servir fromages, tapas, hors d’oeuvre ou desserts, à partir de 65 $. Derrière, moulin à muscade, 70 $

Souci d’ergonomie

Pour suivre sa blonde qui partait faire une maîtrise en arts visuels en Nouvelle-Écosse, il a renoncé à pousser ses études en design industriel à l’Université de Montréal. Mais son penchant pour le design et l’ergonomie ne l’a jamais quitté. Il se donne d’ailleurs le titre de «designer maker».

«Quand j’achète une tasse, j’examine l’anse, je porte attention au confort des lèvres. C’est la même affaire avec les moulins à poivre.»

Sa fierté? Le moulin entonnoir, son préféré parmi la douzaine de modèles qu’il propose. «Ce qui est chiant d’un moulin, c’est le remplir. Le trou est trop petit, on en met partout!» Il a conçu une ouverture plus large, une fois la tête enlevée, en entonnoir et à la finition impeccable. «C’est ça, le design, on résout un problème. Ce sont des détails simples qui améliorent la qualité de vie.»

Moulin entonnoir, 160 $

Stéphane Dumont a mis un an à concevoir son support à tablette, un simple triangle équilatéral, qui accueille aussi bien les téléphones intelligents et les appareils avec leur étui.

Très populaire, sa cale huître en bois porte aussi sa marque, sans stoppeur à placer au bout du comptoir. La sienne adhère par succion sur une planche de bois mouillée, glissée en dessous. Résultat: «On peut ouvrir les huîtres, assis tranquillo, avec à côté sa bouteille de vino», illustre le créateur.

Cale huître en érable, 45 $

Ses articles de cuisine découlent souvent de ses propres besoins. Pour faire un saumon en croûte d’épices, l’artisan utilisait un moulin à poivre pour moudre ses graines de coriandre, de lin et de moutarde. «Ça marchait bien, mais je voulais un petit objet facile à remplir et à vider.» 

De là est né son moulin à épices qui remplace le mortier, fabriqué avec des petits bouts de bois. Le dessus s’ajuste avec les contenants des Épices de cru, l’entreprise de Philippe et Ethné de Vienne, dont Stéphane Dumont raffole.

Moulin à épices, 70 $

À surveiller, celui qui sort une à deux nouveautés par année annonce travailler sur des spatules ergonomiques.

Mobilier en série et sur mesure

L’ébéniste est venu aux articles de cuisine un peu plus tard, pour compléter sa production de meubles. Durant son séjour dans les Maritimes, il a conçu une banquette qu’il vend encore aujourd’hui. Il s’agit de son premier meuble en série, fabriqué de façon ancestrale, avec des lignes modernes. Une «petite curve au centre pour les foufounes» la rend plus confortable. Chaque année, il offre trois à cinq chaises berçantes haut de gamme, vendues entre 5000 $ et 7000 $. Arbol prend aussi les commandes sur mesure, comme cette récente bibliothèque de 18 pieds de long en bois massif, au design très épuré.

Chaise de table en bois Moon, à partir de 600 $
Chaise berçante en bois Crac, à partir de 4900 $

Pour arriver à répondre à la demande, Stéphane Dumont compte sur une équipe d’employés «vraiment sur la coche».

Au fait, Arbol signifie arbre en espagnol. «Choisir un nom, c’est plate en maudit», lance Stéphane Dumont en repensant à sa démarche pour trouver ce qui lui collerait à la peau pour longtemps. Sa référence? Apple, qui compte autant de lettres qu’Arbol. Un nom court, insolite, qui se prononce bien. Il a accolé le mot cuisine à son nom, pour lui donner une touche francophone.

Les produits Arbol sont vendus en ligne sur le site Web de la compagnie et sur celui de Simons, dans la section Fabrique 1840 (liens plus bas). On les retrouve en boutique au Fil bleu, à Kamouraska, et au Moule à sucre, à Saint-Jean-Port-Joli. 

Stéphane Dumont participera à une boutique éphémère du collectif Fabrique 1840, au magasin Simons de Place Sainte-Foy, du 10 au 20 mai. Des produits seront en magasin durant les 10 jours, alors que le créateur sera sur place le 10 mai.

Il fera aussi partie des Artisans de la Cathédrale, au 31, rue des Jardins, dans le Vieux-Québec, du 14 juin au 6 août et reviendra au salon Plein Art, à l’Espace 400e, dans le Vieux-Port de Québec, du 31 juillet au 11 août.

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