La cuisine au nord, avant les travaux, a fait place à un vestibule et à une salle d’eau/buanderie. La cuisine occupe aujourd’hui le cœur de la maison.

250 ans de bagage et de beauté à Beauport

Les murs de cette maison de Beauport auraient bien des choses à raconter. De 1770 à 2019, ils ont vu des familles défiler. La dernière en date est celle de Sarah Bédard, son conjoint, leurs trois enfants et leur chienne Tara. Des amoureux d’histoire et de meubles anciens. Mais aussi des gens bien de leur temps.

Le couple est propriétaire de la maison depuis trois ans. L’an dernier, il a confié à l’entreprise Erige de Québec le mandat de revoir le rez-de-chaussée. «On est reparti à zéro», résume Sarah, qui ne supportait pas d’avoir une cuisine au nord, avec la galerie extérieure couverte qui assombrissait les lieux.

Cet espace est devenu un vestibule où tout le monde peut circuler librement et se (dé)vêtir à son aise. Puis au bout, une salle d’eau/buanderie a été agrandie et reconfigurée pour répondre aux besoins de la famille, qui compte trois petits de 1 an à 4 ans. 

Ce projet de rénovation intérieure a reçu un prix Nobilis 2018. Ici, une vue de l’entrée ouverte, créée par Erige.

L’absence d’entrée et de rangement est typique des vieilles maisons, soulève Julien Levesque, président d’Erige, spécialisée dans la rénovation de ce type d’habitations. Pour plus de luminosité, l’escalier principal a été agrandi et ouvert jusqu’au plafond mansardé de l’étage. «On s’est donné de l’ouverture, de l’air», se réjouit la propriétaire.

L’entrée et l’escalier ont été dégagés pour ouvrir et donner de l’air.

Au cœur de la maison, la cuisine vole la vedette. Sa blancheur illumine tout. Un immense îlot de 4 pieds par 9 en marbre invite à cuisiner et à se rassembler. La famille est nombreuse avec les cousins et les cousines, il fallait plus d’espace pour recevoir, indique Sarah.

La cuisine ouverte est faite de merisier et de MDF laqué. Le grand îlot de 4 pieds par 9 pieds est recouvert de marbre Bianco Carrara de chez Ciot.

Les propriétaires ont plusieurs meubles d’inspiration scandinave et la cuisine a été conçue dans cet esprit, sans dénaturer le cachet de la maison. Les armoires en merisier, comme le plancher, réchauffent la pièce immaculée. L’entreprise SolidBéton a réalisé l’ébénisterie.

Un élément «ben pratique», selon Sarah, est le garde-manger walk-in avec sa porte western.

Bijoux architecturaux

En cours de travaux, Erige a découvert des petits bijoux architecturaux. Sous des tuiles acoustiques et du gypse se cachait un plafond mouluré. L’équipe a aussi dévoilé des poutres en bois et un âtre en pierre et en brique. Tout a été récupéré, restauré et mis en valeur.

Du côté salon, où Tara se repose au coin du feu, seule la maçonnerie a été dégagée et mise en valeur.

Sous les fenêtres et dans la cuisine, du bois de la maison a été réutilisé en tablettes.

Erige a aussi privilégié des matériaux locaux utilisés à l’époque pour plus de continuité, souligne Julien Levesque. Les planchers neufs en merisier ont été faits sur mesure, pour conserver la même largeur de lattes qu’autrefois.

Au sud s’étire une grande salle à manger. Un nouveau produit a été installé au sol, du Microtopping, qui offre un effet de béton ciré. Ce revêtement permet une accumulation de chaleur au plancher en hiver, indique le président d’Erige.

Dans la salle à manger, vaste et lumineuse, les plantes poussent à leur aise.

Les convives s’assoient autour d’une grande table à dessin ayant appartenu à l’architecture Henri Talbot, qui a été propriétaire de la maison durant 50 ans. 

«J’ai à cœur l’environnement», dit Sarah qui aime les antiquités et l’idée de réutiliser. Elle a la conviction que ce qui était fabriqué autrefois était mieux fait. «J’aime toute la chaleur et l’âme qui se dégagent de cette maison et de ces objets.»

Son conjoint, qui a grandi dans le secteur, aimerait mettre la main sur des pièces du vieux moulin, qui gisent dans le ruisseau à côté. «Ce sont tous des morceaux d’histoire qu’on essaie de récupérer, tout en ajoutant la nôtre», conclut Sarah.

Construite en 1770, cette demeure de Beauport a toujours fière allure.

EN RAFALE 

L’inspiration : Le style scandinave

L’anecdote : Le chantier s’est étiré de janvier à mars. «Faire des rénovations avec trois enfants en bas âge, dont un naissant, on ne ferait pas ça chaque année!» laisse tomber Sarah.

Le budget : 90 000 $ plus les taxes

Info : erigeconstruction.com