Le magasin du côté de la rue Saint-Joseph est de style Second Empire. La tourelle sera illuminée cet été.

150 ans de Laliberté: histoire de résilience, de passion et de fidélité

Le magasin de Québec J.-B. Laliberté célèbre ses 150 ans cette année. L'historien Jean-Marie Lebel a élaboré une exposition qui raconte la «résilience, la passion et la fidélité» de ce survivant de la rue Saint-Joseph.
Âgé de 24 ans, Jean-Baptiste Laliberté fondait, en 1867, ce magasin qui se spécialisait dans la confection et la vente de manteaux et de chapeaux de fourrure. Dix-sept ans plus tard, il inaugurait l'édifice actuel de style Second Empire, au coin des rues Saint-Joseph et de la Chapelle. Il en avait confié l'architecture à Joseph-Ferdinand Peachy, aussi concepteur de l'église Saint-Jean-Baptiste, rue Saint-Jean.
«Il n'y avait pas d'électricité à l'époque», a relaté Jean-Marie Lebel, au cours d'une visite de l'exposition constituée de 29 panneaux disséminés sur les colonnes du magasin. Les grandes fenêtres qui donnent sur la rue Saint-Joseph fournissaient l'éclairage naturel aux 250 travailleurs (tous des hommes) des ateliers, à l'étage.
«La tourelle sera illuminée cet été», mentionne l'historien, qui lancera un livre, en septembre, sur l'histoire du magasin.
Comme ses concurrents de la rue Saint-Joseph, Laliberté a reçu beaucoup de propositions pour s'installer ailleurs. Les grands magasins Paquet et Le Syndicat ont fini par ouvrir à Place Laurier. Ils ont fait faillite en 1981. «Ils ont divisé leurs forces en quittant la rue Saint-Joseph», analyse M. Lebel. 
Laliberté a toujours misé sur l'enracinement. Mais il vit «tourné vers l'avenir», nuance-t-il.
Jean-Baptiste Laliberté habitait derrière son magasin, rue des Fossés, qui deviendrait plus tard le boulevard Charest. Il est mort dans cette maison en 1926.
Trois générations de Laliberté se sont succédé à la tête de l'entreprise. Elle est vendue à des hommes d'affaires de Québec, en 1943. Ils en font un grand magasin de plusieurs étages et se mettent à vendre des meubles.
L'historien Jean-Marie Lebel tient une image montrant la façade moderne du côté du boulevard Charest.
En 1950, François Morisset et son fils Jacques l'achètent «à rabais» alors qu'elle est «au bord de la faillite». Ils inaugurent la nouvelle portion du magasin du côté du boulevard Charest. «Ils ont fait démolir la maison de Jean-Baptiste», souligne Jean-Marie Lebel. 
Laliberté sera doté d'une nouvelle façade moderne sur Charest en 1973, un an avant que le mail Saint-Roch ne camoufle ses ornements Second Empire, rue Saint-Joseph. Ils réapparaîtront à la faveur de la démolition du mail, en 2000.
S'accrocher et s'adapter
En 1995, le magasin passe de 150 à 35 employés, et de quatre à un niveau. Des lofts sont inaugurés aux étages supérieurs en 1999, une source de revenus appréciable pour les propriétaires. 
Laliberté s'accroche, s'adapte et survit aux changements depuis 150 ans. Sa résilience et la passion de ses gens sont manifestes. Quant à sa fidélité, elle circule dans les deux sens entre ses employés et sa clientèle.
Aujourd'hui, c'est Lucie Morisset, fille de Jacques, qui en est la directrice générale. Âgé de 93 ans, son père vient au bureau tous les matins depuis 66 ans, confie Jean-Marie Lebel. Laliberté est une institution à plusieurs égards. N'est-il pas le seul magasin de vêtements de Québec à publier un catalogue deux fois par année.