Arts

Le nec plus ultra de la rentrée

L’équipe des arts a épluché l’abondante offre culturelle automnale pour en retenir le nec plus ultra. Voici ce qui nous met en appétit. Les choix de Geneviève Bouchard, Josianne Desloges, Éric Moreault et Normand Provencher.

• Festival de cinéma de la ville de Québec (13 au 22 septembre)

Télé et radio

Un héritage bien vivant

Avec les décès de Lise Payette et de Gilles Pelletier, la télé perd deux monuments qui ont fait longtemps partie du quotidien des Québécois. La première, toujours avec l’intention d’être une voix forte pour les femmes; le second, avec l’image d’un grand sage, capable de s’imprégner totalement de ses personnages. Tous deux, ils ont rêvé de l’indépendance du Québec.

Lise Payette avait l’étoffe d’une grande intervieweuse. Diffusé de 1972 à 1975, Appelez-moi Lise reste parmi les talk-shows les plus populaires de l’histoire de la télé, faisant école. Pensez-y : l’émission était diffusée de 23h à minuit à Radio-Canada et restait incontournable, même à cette heure tardive. Personne ne réussirait un tel exploit de nos jours. TVA avait eu l’idée saugrenue de lui opposer un talk-show avec Réal Giguère et Dominique Michel, Altitude 755, mais ce fut un échec.

Monde

Bob Woodward publie le portrait accablant d’un Trump inculte et colérique

WASHINGTON — Plus de 400 pages, des anecdotes et des confidences : le livre du journaliste d’investigation Bob Woodward sur Donald Trump dresse le portrait d’un président inculte, colérique et paranoïaque que ses collaborateurs s’efforcent de contrôler pour éviter les pires dérapages.

Si plusieurs ouvrages peu flatteurs pour le 45e président des États-Unis ont déjà été publiés, la réputation de Woodward, célèbre à travers le monde pour avoir révélé, avec Carl Bernstein, le scandale du Watergate qui a contraint Richard Nixon à la démission, donne à celui-ci un relief particulier.

Le Washington Post, qui a obtenu une copie du livre dont la sortie est prévue le 11 septembre, à quelques semaines des élections législatives de mi-mandat, a publié mardi de nombreux extraits.

À l’issue d’une rencontre entre M. Trump et son équipe de sécurité nationale sur la présence militaire sur la péninsule coréenne, le ministre de la Défense, Jim Mattis, particulièrement exaspéré, aurait dit à des proches que le président se comportait comme un «élève de CM2 ou de 6e» (10 à 11 ans, NDLR).

Toujours selon les éléments rassemblés par Bob Woodward, après l’attaque chimique d’avril 2017 attribuée au régime du président syrien Bachar al-Assad, M. Trump aurait appelé le général Mattis et lui aurait dit qu’il souhaitait l’assassiner.

«Tuons-le bordel! Allons-y! On leur rentre dedans et on les bute», aurait-il déclaré. Après avoir raccroché, M. Mattis se serait tourné vers un conseiller et aurait dit : «Nous n’allons rien faire de tout cela. Nous allons être beaucoup plus mesurés».

Dans un communiqué, Sarah Sanders, porte-parole de la présidence, a estimé que le livre se résumait «à des histoires inventées, souvent par d’anciens employés mécontents». Fait notable, elle ne met cependant pas directement en cause son célèbre auteur.

Reconnaissant que les méthodes du magnat de l’immobilier ne sont pas «conventionnelles», elle assure qu’il obtient «toujours» des résultats et que «personne ne pourra le battre en 2020».

Chronique

La psychologie des listes d’épicerie

CHRONIQUE / Le gouvernement Couillard a beaucoup donné aux Villes ces dernières années et particulièrement à Québec.

Anneau de glace, promenade De Champlain, élargissement d’autoroutes, Diamant, amphithéâtre, musées, tramway, etc. 

Sans parler des nouveaux pouvoirs, du statut de capitale et des changements législatifs, dont celui sur les régimes de retraite.

La Ville de Québec a obtenu tout ce qu’elle demandait ou presque, à en rendre les autres jalouses. 

Cela en dit long sur son poids politique et sur les affinités que l’administration Labeaume a su développer avec le gouvernement en place.

On n’y retrouve peut-être pas la complicité festive de l’époque de l’Élisette sous Jean-Paul L’Allier et Jacques Parizeau. 

La résidence officielle du premier ministre, aujourd’hui discrètement logé au sommet de l’édifice Price, n’a pas le même impact dans la vie (mondaine) de la ville que la résidence de la rue des Braves. 

Mais on peut constater le succès d’une relation d’affaires harmonieuse et féconde, à laquelle les ministres Sam Hamad et Sébastien Proulx ont beaucoup contribué.

Cette bienveillance à l’endroit de Québec aide à comprendre pourquoi l’administration Labeaume a été si modeste cette semaine dans sa «liste d’épicerie» à l’intention des candidats en campagne. 

Québec sait avoir eu sa large part et qu’il serait gênant et ingrat de monter aux barricades pour avoir plus. 

Depuis la toute première liste échappée de façon impromptue un soir de conseil municipal en 2008, le maire Labeaume avait toujours privilégié les infrastructures.

Culture, économie, sport, transport et routes. La Ville demandait de l’argent pour du béton et de l’asphalte.

La liste 2018 vient de briser la tradition. Le tramway semblant «acquis», l’accélération de l’immigration devient la prochaine grande priorité de Québec. La demande impliquera moins d’argent et d’arbitrages délicats pour le prochain gouvernement que les projets d’infrastructures.

M. Labeaume maintient officiellement une position de «neutralité» dans la présente campagne. Le contraire serait inconvenant et risqué. 

On peut cependant lire entre les lignes : le maire de Québec est très satisfait du gouvernement sortant. Comment ne pas l’être?

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Le maire de Lévis, dont la liste d’épicerie est passée sous des radars étourdis par les allégations de harcèlement psychologique, n’est pas dans le même état d’esprit.

M. Lehouillier perçoit que Lévis n’obtient pas toujours sa juste part du gouvernement du Québec. 

Cela se traduit par son ton impatient à l’endroit de ses anciens collègues libéraux de l’Assemblée nationale. 

• Peut-être est-ce déjà venu à vos oreilles, M.Lehouillier voudrait «accélérer» les travaux d’un troisième lien à l’est. 

• Il croit «impératif» de réaliser «trois priorités incontournables à très court terme»: route 116, viaduc Saint-Omer au-dessus de l’autoroute 20 et élargissement de la 20 entre l’avenue Taniata et Saint-Omer.

• Il voudrait que le gouvernement corrige «l’inéquité» du Fonds d’immatriculation qui, dans sa forme actuelle, prive Lévis de 1,2 M$ par an.

• Il voudrait une «meilleure collaboration de la Commission de la capitale nationale» qui n’en a que pour Québec, perçoit-il, et n’a donné à Lévis que deux statues : Guillaume Couture et Chevalier-de-Lévis.

Le maire de Lévis n’a pas pris parti lui non plus dans cette campagne, mais on peut aussi lire entre les lignes. C’est à la CAQ que ses aspirations pour un troisième lien (à l’est) trouvent le meilleur écho.

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La région de Québec a longtemps traîné la réputation d’avoir du mal à retenir ses immigrants. 

À la fin des années 90, les statistiques suggéraient que quatre sur 10 repartaient pour ailleurs. Cela coïncidait avec une période de morosité économique. Certains y voyaient aussi le résultat de la xénophobie des gens de Québec. 

Une thèse sensible qui revient parfois encore hanter les débats publics à Québec. L’idée de l’immigrant «voleur de job» a longtemps fait des ravages.

Les choses se sont mises à changer à partir du début des années 2000 avec la relance de l’économie. On s’est mis à prendre conscience que la démographie n’allait bientôt plus suffire à combler les besoins de main-d’œuvre et qu’il faudrait compter davantage sur l’immigration. 

Le nombre d’immigrants à Québec s’est depuis mis à grimper et le taux de rétention de façon plus spectaculaire encore pour atteindre 94 %. 

Non seulement les immigrants restent-ils à Québec, mais leur taux d’emploi (68 %) pour les 15 ans et plus est supérieur à celui de la population «locale» (65 %). 

L’immigrant n’est plus un «voleur de job», mais une planche de salut.

Signe des temps, l’administration Labeaume fait de l’immigration la grande priorité de sa liste d’épicerie 2018. Elle veut attirer plus d’immigrants et alléger les délais. 

Lévis est du même avis et a aussi inscrit la demande à sa liste. 

M. Lehouillier imagine peut-être déjà ces immigrants travailleurs arriver à Lévis en nombre et sans congestion par un troisième lien (à l’est).