Monde

Sûre «à 100%» d’avoir été agressée par le juge Kavanaugh.

WASHINGTON — Christine Blasey Ford est sûre «à 100%» d’avoir été agressée dans sa jeunesse par le juge Brett Kavanaugh. Lui se pose en homme blessé et hurle son innocence. Leurs vérités irréconciliables se sont heurtées jeudi au Sénat des États-Unis.

Le candidat de Donald Trump à la Cour suprême et son accusatrice ont été auditionnés sous serment pendant de longues heures par la commission judiciaire du Sénat, lors d’une audience retransmise sur des millions d’écrans.

Elle tout en retenue, lui tout en indignation, ont laissé percer leurs coeurs à vif lors de cette audition historique et d’une intensité rare.

S’il ne risque pas de condamnation, le juge Kavanaugh joue gros à une époque marquée par une prise de conscience des dommages infligées aux femmes par les violences sexuelles, symbolisée par le mouvement  #MeToo.

Le président Trump avait fait savoir qu’il pourrait renoncer à son candidat si son accusatrice parvenait à le convaincre. Mais jeudi soir, il lui a réaffirmé son soutien. «Son témoignage était puissant, honnête et captivant», a-t-il tweeté, en appelant le Sénat à passer rapidement au vote.

L’issue de ce parole contre parole devrait être connue prochainement. La commission judiciaire du Sénat a prévu de voter dès vendredi sur la candidature du juge Kavanaugh, avant un vote en séance plénière dans les jours suivants.

La chambre haute du Congrès est, selon la constitution, chargée de donner son feu vert pour les postes à vie au sein de la plus haute juridiction des États-Unis, arbitre des questions de société les plus épineuses comme le droit à l’avortement, le mariage homosexuel ou la régulation des armes à feu.

«Rire bruyant»

Christine Blasey Ford, une universitaire de 51 ans, fut la première à remonter le temps pour décrire une soirée de l’été 1982 qui, a-t-elle dit, a «radicalement» changé sa vie.

Elle n’avait que 15 ans, quand elle s’est retrouvée à une soirée improvisée entre lycéens, dans la banlieue de Washington. Alors qu’elle allait aux toilettes, Brett Kavanaugh et son ami Mark Judge, «totalement ivres» l’ont isolée dans une chambre, a-t-elle raconté aux sénateurs avec une émotion difficilement contenue.

Après l’avoir poussée sur un lit, le futur juge se serait jeté sur elle, tentant de la déshabiller tout en la touchant partout sur le corps. «Je croyais qu’il allait me violer», a-t-elle assuré.

Questionnée sur la possibilité qu’elle puisse se tromper d’agresseur, l’universitaire s’est dite «absolument» sûre qu’il s’agissait bien de Brett Kavanaugh. «À 100%.»

Un autre souvenir restera «indélébile», a-t-elle ajouté: «c’est le rire, le rire bruyant des deux» garçons.

Pleins feux

Le retour vers le futur de Patrick Roy

Mai 2013. Onde de choc dans le monde du hockey. Patrick Roy quitte les Remparts de Québec et fait le saut dans la LNH comme entraîneur-chef de l’Avalanche du Colorado. Une décision réfléchie, mais aucunement planifiée. Tout au long de la saison précédente, le Diable rouge en chef pensait plus à bâtir une équipe en prévision de la Coupe Memorial qu’à remporter la Coupe Stanley. À l’occasion de son retour derrière le banc, Le Soleil revient sur ses derniers mois à la barre des Remparts, le club qu’il n’a quasiment jamais quitté.

Ironiquement, c’est la construction de l’amphithéâtre où Patrick Roy dirigera son premier match, samedi après-midi, qui l’influencera, en partie, à mettre les voiles vers Denver à un moment charnière de l’histoire du club junior.

«Ce n’était pas dans mes intentions de quitter les Remparts. Ce que je voulais, c’était d’être derrière le banc lors de la Coupe Memorial de 2015, parce qu’on avait déjà commencé à réfléchir à l’idée de l’accueillir pour la dernière année au Colisée Pepsi», rappelle celui qui rentre à la maison après une absence de cinq ans.

Symbole de son retour vers le futur, l’entrevue se déroule sur la Place Jean-Béliveau avec vue sur les deux arénas l’identifiant aux Remparts. Celui d’hier, celui d’aujourd’hui.

Quelques années avant de partir pour le Colorado, Roy avait refusé une offre pour diriger les Capitals de Washington. D’autres clubs ont aussi tâté le terrain, sans le sortir de sa ville.

«Quand j’ai rencontré Joe [Sakic] et Josh Kroenke, j’avoue avoir eu le goût de voir ce que je pouvais faire à un autre niveau. Je savais aussi que les gens voudraient que les Remparts évoluent au Centre Vidéotron, qu’on ne pourrait pas garder l’équipe. Sans dire que j’avais moins de sentiment d’appartenance, ça m’ouvrait un peu plus la porte pour aller vivre une autre expérience. Le meilleur scénario pour assurer la survie des Remparts était ensuite passer le flambeau et de vendre le club à Québecor», rappelle-t-il à propos de la transaction ayant été conclue pendant l’année de cette fameuse Coupe Memorial.

Roy tournait ainsi la page sur huit ans de coaching et de 10 comme directeur général des Remparts. Il est toujours animé par la même flamme, mais s’amène sans vouloir revivre certains épisodes, appelons-les folkloriques.

Plus sage

«J’ai lu quelque chose sur Bill Belichick [entraîneur des Patriots de la Nouvelle-Angleterre dans la NFL], qui se considérait meilleur après son passage à Cleveland. Je pense aussi être rendu à une autre place. J’ai plus d’expérience, mes trois saisons dans la LNH m’ont été très profitables, comme mes deux hivers à ne rien faire. Je déteste perdre, et ça ne changera jamais. Je vais toujours être intense et allumé. Sauf que mon approche sera différente. Je pense être plus sage, aujourd’hui, je recherche moins ça. J’ai pris le temps de faire une introspection, un examen de conscience. Il y a peut-être des limites que je ne franchirai plus», admet celui qui fêtera bientôt son 53e anniversaire.

LNH

La Liste des listes 2018

La saison de la LNH cogne à nos portes. Les poolers doivent donc se mettre à l’œuvre. Afin de vous aider, Le Soleil, fidèle à son habitude, vous présente La Liste des listes.

Alors que Connor McDavid semble faire l’unanimité pour remporter un troisième trophée Art-Ross consécutif, qui terminera derrière lui dans la colonne des pointeurs? Les quatre revues utilisées pour notre liste prévoient une lutte serrée entre Nikita Kucherov, Nathan MacKinnon et Sidney Crosby. À vous de faire votre choix... 

Pour La liste des listes en format .pdf, cliquer ici.

Actualités

Pénurie de main-d’oeuvre: au-delà de l’immigration

En prêtant l’oreille aux propos tenus dans l’actualité et aux escarmouches électorales, il faut croire que seule l’immigration sauvera le Québec des malheurs provoqués par la rareté de main-d’œuvre. Il s’agirait de la pièce maîtresse du casse-tête des employeurs. Non, le Québec ne peut se passer de l’apport, chaque année, d’environ 52 000 nouveaux arrivants, dont 60 % sont des immigrants économiques, mais ce n’est pas la panacée.

Le manque de bras et de cerveaux se manifeste déjà depuis plusieurs années. Une conséquence directe du vieillissement de la population de la Belle Province et d’une bonne performance de l’économie.

Le phénomène a toutefois pris de l’ampleur au cours des trois ou des quatre dernières années. Il suffit de circuler dans les parcs industriels pour se rendre compte que les panneaux sur lesquels il est écrit On embauche ont poussé comme des champignons.

«Depuis un peu plus de deux ans et demi, il y a plus de gens qui quittent le marché du travail que des personnes qui y mettent les pieds» illustre le pdg du Conseil du patronat du Québec, Yves-Thomas Dorval.

Dans sa Stratégie sur la main-d’œuvre 2018-2023 publiée le printemps dernier, le gouvernement du Québec révélait que le taux de chômage avait chuté de 8,6 % à 6,1 % entre 2009 et 2017. La glissade s’est notamment accélérée à compter de 2014.

À la fin du deuxième trimestre de l’année en cours, le taux de chômage au Québec affichait 5,4 %. Il s’établissait à 3,8 % dans la région métropolitaine de recensement de Québec qui couvre le territoire des villes de Québec et de Lévis.

En août dernier, la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) estimait à 109 600 le nombre de postes à pourvoir au Québec. Du jamais vu depuis que l’association patronale publie son rapport sur les postes à pourvoir au Canada, soit depuis 2004.

Au dernier décompte, il y avait 10 534 offres d’emploi publiées sur le site Internet Placement en ligne d’Emploi Québec pour les régions de la Capitale-Nationale et de la Chaudière-Appalaches. À peine la pointe de l’iceberg, estimons-nous, puisque ce ne sont pas tous les employeurs qui utilisent ce service public pour afficher les postes disponibles au sein de leur organisation.

Le gouvernement estime qu’en 2017, le nombre de postes vacants de longue durée, soit plus de 90 jours, avait entraîné une perte économique de plus de 400 millions $ en revenus d’emploi. L’équivalent de 0,1 % du produit intérieur brut (PIB) québécois.