Richard Therrien

Le pire de la télé en 2018

C’est devenu un rendez-vous annuel: pour une huitième année, je décerne mes prix Roger – en l’honneur de Roger Giguère des Tannants – à ce qui s’est fait de pire à la télévision en 2018. Une liste un brin méchante, mais livrée sur le ton de l’humour, et inspirée des Gérard de la télévision sur Paris Première en France. Et les Roger sont décernés à…
  • L’émission de 2018 dont on souhaite le moins le retour

XOXO. La nouvelle ère de la téléréalité est déjà passée date. Et ne me demandez pas qui a gagné.

  • Le prix «C’est l’invité qui mène l’entrevue»

Le show de Rousseau. Stéphane s’ouvre bientôt une école d’animateurs de talk-shows. (C’est de l’ironie.)

  • Le prix Stiletto des jeux vidéo les moins crédibles en 2018 

La série Le jeu. Il restait un vieux Commodore 64 dans le sous-sol de Télé-Métropole.

  • Le prix bébé gâté «Pleurs dans la pluie»

Mario Pelchat, qui chiale parce que Guylaine Tanguay n’a pas eu de Félix à l’ADISQ. Tu diras trois chapelets l’année prochaine.

  • Le prix «Ouin, ben va falloir faire quelques ajustements»

La transformation de V. Pour le diffuseur «vendeur de rêves», ce ne fut pas un «moment décisif». Ne jamais faire ni à la maison ni à la télé…

  • L’intrigue la plus invraisemblable/ridicule

La disparition de Charles dans O’. Sa mère l’a appris dans le journal du lendemain après tout le monde. Elle devait tenir son téléphone à l’envers…

  • Le prix de la fin la plus prévisible

Hubert et Fanny. Qui n’avait pas deviné qu’ils finiraient ensemble? «Oui, mais y’é tellement beau!»

  • Le prix du titre le moins bien choisi

Tout le monde aime. À TQS en 1987, on aurait compris. En direct de l’univers n’a pas besoin d’avoir peur.

  • Le prix «Je passe!» du dragon déchu

Martin-Luc Archambault. C’est pas beau bafouer la vie privée.

  • Le prix «Vache enragée»

Jean-François Lisée au Face-à-face de TVA. Y’a pas juste Manon qui était en «torieux», Pierre Bruneau aussi, c’est tout dire.

  • Le prix du nom qu’on n’est plus capable d’entendre dans notre série préférée

Léopold Jean, Léopold Jean, Léopold Jean, Léopold Jean, Léopold Jean, Léopold Jean, Léopold Jean, Léopold Jean, Léopold Jean, Léopold Jean, Léopold Jean, Léopold Jean… (dans District 31).

  • Le prix «On se calme le pompon»

Clément qui lance ses raviolis aux Chefs!. Vous disiez que Hakim avait un gros ego?

  • Le prix K.-O. des débats politiques

Mordus de politique à ICI RDI qui mord la poussière contre La joute à LCN, trois fois plus regardée. Quand même Sébastien Bovet ne fait pas le poids.

  • Le prix de l’arroseur arrosé

Face au mur, le jeu qui devait battre Véro dans les sondages. Le décor a beau être gros…

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Chronique

Que nous nous indulgencions

CHRONIQUE / Le terme est vieilli, ce n’est pas anodin, le verbe «indulgencier» n’est plus d’usage dans le langage.

Il a rapport aux fautes.

Dans mon bon vieux Petit Larousse de 1986, on n’en donne que le sens catholique, vieilli lui aussi, qui remonte à une époque pas si lointaine où on rachetait ses péchés à coups d’indulgences et où on pouvait les attribuer à des objets. On pouvait ainsi indulgencier un chapelet, une médaille.

Il fut un temps où l’indulgence était tellement hot qu’il y avait un commerce des indulgences, les riches pouvant s’en acheter tant qu’ils en voulaient et ainsi se réserver un penthouse au paradis.

On ne gagnait pas son ciel, on l’achetait.

L’indulgence est devenue une vache à lait pour enrichir l’Église et ses influents prélats, qui avaient la mainmise totale sur ce florissant marché. Si vous visitez la cathédrale Notre-Dame-de-Rouen, vous verrez la «tour du beurre», financée par la vente de dérogations pour manger des matières grasses pendant le carême.

Chaque péché avait son prix.

Cette commercialisation à outrance a même mené à ce qu’on a appelé la querelle des indulgences, une des causes du schisme entre catholiques et protestants, opposés à l’idée de monnayer la peur de l’enfer.

Ce que je retiens surtout, c’est qu’on a vidé l’indulgence de son sens.

Celui de pardonner.

Et c’est ici que j’en arrive à la seconde définition d’indulgencier, dans la vie de tous les jours, faire preuve de compassion, de bienveillance.

Écouter.

Chaque fois que je rencontre un vieux couple, je demande toujours aux amoureux leur secret. L’indulgence revient souvent. Accepter les défauts de l’autre, lui pardonner des faux pas. Ou, comme l’imageait cette dame qui m’avait révélé le sien, «ne jamais se coucher choquée».

Simple et compliqué.

L’indulgence est à la mode, avec soi-même. C’est plus facile. La croissance personnelle en fait une condition sine qua non, se donner le droit à l’erreur, ne pas se juger, ne pas être trop sévère envers soi-même. Des études tendent même à démontrer que les gens qui sont indulgents avec eux réussissent mieux.

Ce serait même plus efficace que l’estime de soi.

Avec les autres, c’est une autre paire de manches. Je le vois dans certains courriels que je reçois. Quand je parle des problèmes des enfants à l’école, il y a toujours un ou deux lecteurs qui accusent la moitié de l’humanité, les femmes, de travailler au lieu de s’occuper de leur marmaille. Quand je parle de pauvreté, il y en a toujours pour me rappeler qu’ils n’ont qu’à se trouver une job. On est en pénurie de main-d’œuvre, non?

Si c’était aussi simple. 

On l’a vu aussi quand mon collègue Marc Allard a parlé de Valérie Brière, cette mère monoparentale qui tentait de reprendre le dessus, mais qui traînait de vieilles contraventions pour flânage comme des boulets. Après avoir tenu la ligne dure, le maire Labeaume a regretté publiquement avoir manqué d’empathie.

D’indulgence.

C’est ce que je nous souhaite, simplement, pour la nouvelle année. Ne pas sauter aux conclusions trop vite, prendre le temps de nous comprendre. Tendre la main plutôt que montrer du doigt.

Que nous nous indulgencions.

Retour sur 2018

2018 en 10 objets

De la légalisation du cannabis à la révolte des gilets jaunes français en passant par l’ascension fulgurante de Hubert Lenoir et une campagne électorale historique, l’actualité de 2018 a encore un fois fourni son lot de surprises, de bonheurs et de malheurs. Le Soleil revient aujourd’hui sur l’actualité de 2018 à travers les objets qui ont marqué l’année.