Un coin de rue du quartier Östermalm, à Stockholm

Récits d'expatriés: Jean-François Gagné a cassé la glace suédoise

Ils viennent du Québec, mais sont partis vivre aux quatre coins du monde. Pour le travail, par amour, pour aller voir ailleurs si l’herbe est plus verte. Le Mag vous les présente et vous décrit leur quotidien. Tranches de vie.

NOM : Jean-François Gagné

ÂGE : 33 ans

PROFESSION : Concepteur de jeux vidéo senior

Trajectoire  

«J’ai commencé ma carrière dans l’industrie du jeu vidéo en novembre 2005 à Québec. En 2012, alors que je travaillais pour Ubisoft, j’ai été envoyé en mission, pendant quelques mois, à Malmö, en Suède. Rapidement, je suis tombé en amour avec le pays et je savais que j’y retournerais un jour. En 2018, j’ai proposé mes services à plusieurs compagnies dans le monde et je me suis retrouvé à Stockholm. J’ai eu le choix entre la Californie, l’Angleterre et la Suède, que j’ai choisie parce que je voulais y revivre et cette fois, pour de bon.»

Jean-François Gagné à sa sortie du boulot.
La réception du bureau où il travaille.

Le plus dur à apprivoiser... 

«Étant une personne très extravertie, je dirais la froideur des gens de Stockholm. Se retrouver seul du jour au lendemain a été très dur, mais petit à petit, je me suis adapté à mon environnement. Les Suédois se forment un cercle d’amis dès leur tendre enfance et ils restent ensemble toute leur vie. Ils n’ont pas vraiment l’habitude d’inviter de nouvelles personnes à intégrer leur groupe. C’est donc dur de faire des rencontres, mais quand la glace (très épaisse) est brisée, les relations perdurent. Les Suédois sont malgré tout des gens très aimables et attentionnés. 

Une autre difficulté, et je crois qu’on ne s’y habitue jamais, c’est la noirceur de l’hiver. En janvier, il fait noir de 15h jusqu’à 9h le lendemain. Ce qui explique pourquoi les Suédois boivent cinq ou six cafés par jour!»

Le ciel de Stockholm à 23h45 pendant le solstice d’été.

Aujourd’hui, je vis comme un Suédois parce que...

«Je prends souvent mon vélo pour aller travailler. Je prends le train pour voyager et le bateau pour visiter les archipels. L’agglomération de Stockholm contient plus de 30 000 îles. 

Je vais aussi chez le barbier et je fais attention à mon apparence. C’est culturel ici, tout le monde ou presque a fière allure. 

Je profite de l’extérieur aussitôt qu’il fait un tout petit peu soleil. Pour contrer les effets de la noirceur, je fais comme les autres, je prends des suppléments de vitamines C et D!»

Un coucher de soleil au-dessus de Gamla stan (le vieux Stockholm)

Je mange...

«Adepte de la nutrition cétogène, j’ai décidé de laisser aller le tout quand je suis arrivé à Stockholm. J’ai travaillé et vécu dans le quartier St-Roch, à Québec, pendant 12 ans et j’ai fait le tour des 25 restaurants. Ici, j’en ai 200 à proximité du travail, de la cuisine indienne à la cuisine japonaise. Il fallait que j’essaie tout ça! La nourriture est incroyable. 

N’étant pas un mangeur de poisson, je n’ai pas expérimenté la cuisine suédoise comme souhaité. Mais ce que j’ai essayé n’était pas si différent de la cuisine québécoise. La patate étant tout de même un ingrédient de choix dans la cuisine traditionnelle. 

Les Suédois sont aussi des bibittes à sucre. Un Suédois mange en moyenne plus de 300 pains à la cannelle (Kanelbulle) par an! Tout ça, accompagné d’un café pendant la Fika, une pause café presque obligatoire ici.»

«C’est l’abondan­ce pen­dant la journée nationale des pains à la cannelle (Kanelbullens dag)!»

J’habite...

«Seul dans un grand appartement du quartier Östermalm, le “Sillery” de Stockholm. J’ai accès à pied à de très beaux et grands parcs, aux musées, aux ambassades, à l’eau. Il y a de grands trottoirs et de la végétation partout. Je suis à 15 minutes en vélo du travail ou à 10 minutes en métro. Je croise plus de Ferrari et de Tesla S que de Honda Civic!»

«Toutes les stations de métro sont uniques et sont en soi un parcours touristique à faire.»

Je m’ennuie... 

«Des gens qui m’entouraient, de la poutine, des stations de ski à 20 minutes, d’un bon beigne Tim Hortons, d’une pinte de bière à 5 $, d’acheter de l’alcool dans les dépanneurs jusqu’à 23h et de parler québécois.»

Je reste branché au Québec en... 

«Lisant les nouvelles que mon père m’envoie par courriel et en attrapant ce que mes amis et connaissances mettent sur les médias sociaux. Les Québécois sont très rares ici.»

Un bon coup de ma ville d’adoption que je rapporterais au Québec...  

«Probablement beaucoup trop de choses. Stockholm est simplement magnifique. L’architecture suédoise est au top de tout ce qu’on peut croiser ailleurs. Le réseau de transport en commun est hors pair. Il y a des voies cyclables partout. Le climat est beaucoup plus tempéré qu’au Québec. Les taxes et les pourboires sont inclus dans les factures. Le congé parental pour les familles compte 480 jours. Les rapports d’impôt se font en répondant “Yes” à un formulaire envoyé par texto!»

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