Hormis une catégorie «sources variées» (condiments, fritures, suppléments, etc.) qui représente 22 % des aliments peu nutritifs ingérés par les Québécois, ce sont les pâtisseries (gâteau, biscuits, beignes, etc.) qui forment le groupe le plus important, avec 18 % des «calories vides».

Près du tiers de nos calories viennent d'aliments peu nutritifs

Chips, pâtisserie, alcool et compagnie : les Québécois tirent près de 30 % de leurs calories d’«aliments à faible valeur nutritive», d’après une étude récente de l’Université Laval parue dans le «Nutrition Journal». Avec les conséquences que l’on devine sur le poids et le tour de taille.

«C’est une réalité : on est poussé vers ça par nos styles de vie, on est bousculé par le temps, on ne cuisine plus, on mange plus vite, etc. Ce n’est pas juste l’individu qui décide de mal manger le matin, c’est un effet de société», analyse le chercheur en nutrition de l’UL et auteur «sénior» de l’étude, Benoît Lamarche.

Celui-ci et ses collègues ont suivi plus de 1100 personnes du Québec pendant 21 jours, au cours desquels elles ont dû remplir à trois reprises des questionnaires détaillés sur ce qu’elles avaient mangé la veille. Les chercheurs ont ensuite établi des seuils à partir desquels des aliments étaient considérés comme «à faible valeur nutritive» — très riches en gras saturés/trans, par exemple, ou en sucre, ou en sodium, ou une combinaison.

Ils ont ensuite calculé combien de calories ces aliments peu nutritifs contenaient et ont conclu qu’ils représentaient 29 % de toutes l’apport énergétique total consommés chaque jour. «Cette étude-là est un suivi d’une autre publiée plus tôt cette année, dans laquelle la même cohorte avait obtenu des scores alimentaires assez faibles. Et là, on explique en partie pourquoi : c’est parce que beaucoup de leurs calories viennent d’aliment qui n’ont pas de valeur nutritive, ou presque», explique M. Lamarche.

En tout, environ 700 calories (kcal) par jour provenaient de ces aliments «pauvres». Or pour chaque tranche de 250 kcal, l'indice de masse corporel augmentait de 1,7 et le tour de taille de 0,6 cm. Cela avait également un effet négatif sur le cholestérol sanguin.

Il est difficile de dire si ces 29% sont pires ou moins pires que ce qui se passe ailleurs en Occident, dit-il, puisque la catégorie «faiblement nutritif» n’est pas définie de la même manière par tous. Mais des résultats préliminaires font croire à M. Lamarche que c’est proche de la moyenne canadienne.

Fait intéressant, l’études a examiné dans le détail d’où provenaient toutes ces «calories vides», comme on les appelle. Hormis une catégorie «sources variées» (condiments, fritures, suppléments, etc.) qui représente 22 % de ces aliments peu nutritifs, ce sont les pâtisseries (gâteau, biscuits, beignes, etc.) qui forment le groupe le plus important, avec 18 % des «calories vides». Viennent ensuite les alcools (15 %), les sucreries (friandises, chocolat, sirops, etc. : 13 %), ainsi que les chips et le pop-corn (6 %).

Fait intéressant, les boissons gazeuses, qui occupent une grande place dans le débat public sur l’obésité, ne semblent pas être une cause aussi importante qu’on le croit. Elle ne représentent en effet que 6 % de nos calories vides, d’après l’étude de M. Lamarche.