La Biélorusse Olga Govortsova est l'une des nombreuses joueuses qui prouvent que la maternité n'est pas un obstacle à une carrière sur le circuit de la WTA.

Olga Govortsova, une maman au service

La maternité n’est plus un obstacle à la carrière de joueuse de tennis. Et Serena Williams n’est pas la seule à le prouver. Trois concurrentes au tournoi de Québec cette semaine sont mamans. Olga Govortsova croit même que la maternité fait d’elle une meilleure joueuse.

La Biélorusse de 30 ans est accompagnée de son bébé né en février. Il sera au PEPS de l’Université Laval jeudi pour voir sa mère se frotter à la deuxième favorite et 38e raquette mondiale, la Croate Petra Martic. Le poupon de sept mois était aussi sur place mardi, quand Govortsova a vaincu sans ménagement l’Américaine Kristie Ahn 6-1 et 6-4, en première ronde.

«Avoir un enfant, ça change ton corps et ta tête», a confié l’athlète à la longue tresse blonde, mercredi midi, après s’être entraînée une heure contre la Torontoise Rebecca Marino. Qui incidemment est aussi revenue au jeu cette année après une longue absence, mais dans son cas à cause d’ennuis de santé.

Mercredi, le petit Dominic est resté à l’hôtel avec papa. Govortsova et ses deux hommes voyagent toujours ensemble depuis le printemps, quand elle a amorcé son retour progressif au jeu deux mois à peine après avoir accouché.

«Physiquement, je suis plus légère, mais je n’essaie pas de perdre de poids! J’essaie même d’en prendre pour avoir plus d’énergie, mais je suis peut-être trop occupée et fatiguée», laisse-t-elle tomber, sourire en coin, avouant que de conjuguer maternité et sport professionnel s’avère difficile, surtout au début.

«Mais je me sens différente surtout au plan mental», enchaîne-t-elle. «De ce côté, je crois que ça m’a aidée. Avant d’arrêter [en juillet 2017], je ne jouais pas bien. Je devenais trop nerveuse avant les matchs, je pensais trop. Maintenant, je passe plus de temps avec le bébé et je ne peux plus penser juste au tennis. Et ça m’aide.»

Pas la première

Les médias ont fait grand cas du retour de Serena Williams sur les courts après son accouchement, surtout qu’elle a depuis atteint deux finales du Grand Chelem. Mais une dizaine de joueuses du circuit de la WTA ont maintenant des enfants, comme Govortsova, Tatjana Maria et Evgeniya Rodina, qui étaient toutes trois au tableau principal de la Coupe Banque Nationale.

«Avant, tout le monde sur le circuit voyageait avec leur chien. Maintenant, tout le monde voyage avec leur bébé!» déclarait Govortsova avec humour dans une récente entrevue.

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L’Allemande de 31 ans Maria, éliminée dès le premier tour à Québec par Marino, a remporté son premier tournoi WTA en carrière cette année, après avoir eu son bébé. Il y a une dizaine d’années, le retour triomphal des Kim Clijsters et Lindsay Davenport nouvellement mamans avait marqué les esprits.

Si la chose semble plus commune et acceptée aujourd’hui, la WTA venant entre autres d’assouplir ses critères de classement protégé après un accouchement, on peut remonter à l’Australienne Margaret Court, devenue en 1973 la première maman à trôner au sommet du classement mondial du tennis féminin.

Govortsova est actuellement 550e au monde. Elle a déjà été 35e, à l’âge de 19 ans, en 2008. Année de sa deuxième visite à Québec, où elle s’était produite quatre fois avant cette année, dont en 2016 en Coupe Fed.

Mariée à un presque ex-Remparts!

Govortsova partage sa vie entre son pays natal et les États-Unis. Mais passe le plus clair de son temps sur la route avec junior et son amoureux, un joueur de hockey biélorusse nouvellement retraité. Konstantin Zakharov a été repêché en troisième ronde par les Blues de St Louis en 2003, mais n’a jamais atteint la LNH. Il a disputé la majorité de sa carrière en Biélorussie, avec quelques saisons en KHL avec Minsk.

Mais il aurait dû jouer... à Québec! Pas avec les Nordiques, non. Repêché dans le junior par les Wildcats de Moncton, avec qui il a évolué une saison, Zakharov devait à l’origine être retenu par les Remparts, révèle Govortsova. La séance de sélection ne s’est toutefois pas déroulée comme prévu et le joueur de centre a abouti au Nouveau-Brunswick.

Maintenant, il s’occupe du petit quand maman est au boulot. La mère de Govortsova les a aussi suivis durant les cinq premiers mois, mais est depuis rentrée à Pinsk.

«Quand j’ai arrêté, l’an passé, je ne pensais plus jouer. C’était fini. Je m’éloignais du top 100 depuis quelques années et je ne me sentais plus aussi motivée. Puis je me suis ennuyée! Pendant ma grossesse, je n’avais rien à faire et je passais mes journées à regarder du tennis à la télé. Alors je me suis dit aussi bien réessayer!»

À sa 11e saison sur le circuit professionnel, elle s’estime en mesure d’y évoluer encore cinq ans. À condition de réintégrer le top 100 quelque part en chemin. «Quand j’avais 20 ans et que j’affrontais une fille de 30 ans, je me disais : “Wow! Elle est vraiment vieille!” Mais maintenant, les carrières sont plus longues et je ne sens pas mes 30 ans. Je me sens même plus jeune qu’à 20!» assure la jeune maman.