Notre bulletin télé de mi-saison

CHRONIQUE / À mi-parcours d’un automne riche en nouveautés, quelles émissions suivez-vous assidûment et quelles autres songez-vous à effacer de votre enregistreur? Si on exclut «Révolution», la plus réjouissante surprise de la saison, c’est plutôt à des valeurs sûres qu’on a attribué nos meilleures notes.

EN DIRECT DE L’UNIVERS, ICI Radio-Canada Télé 10/10

Ce trésor télévisuel prend de la valeur saison après saison. Jamais il ne nous déçoit. Cet automne, le plateau de France Beaudoin a été particulièrement magique, autant pour Isabel Richer que pour Louise Latraverse et Sophie Grégoire-Trudeau. Le numéro du conjoint de Yannick Nézet-Séguin, Pierre Tourville, avec Céline Dion, d’un romantisme inouï, était juste sublime. Cette équipe ne néglige rien pour décrocher de gros noms et pour nous virer le cœur à l’envers chaque samedi soir. Après 10 ans, ça mérite bien une note parfaite.

RÉVOLUTION, TVA 9,5/10

Révolution

La nouveauté la plus surprenante et réussie de l’automne est à TVA. On a là chaque dimanche une explosion de talents et de numéros de danse qui suscitent l’admiration et un fort vent d’émotions. Bien que Lydia Bouchard soit mon coup de cœur, le casting des maîtres est parfait, chacun a sa place et tous se complètent à merveille. Du côté des candidats, j’ai un fort penchant pour William et Laura, dont le numéro sur Ending arrachait les larmes. On espère une deuxième saison.

RUPTURES, ICI Radio-Canada Télé 9,5/10

Même après quatre saisons, toujours hâte de voir le prochain épisode de cette série captivante, bien écrite. À la réalisation, Rafaël Ouellet a su lui donner un nouveau souffle sans la dénaturer. Heureux de revoir Claude (Isabel Richer) plaider après un si long purgatoire. En montrant qu’Ariane (Mélissa Désormeaux-Poulin) n’est ni parfaite ni infaillible, on s’y attache encore plus. L’histoire délicate de Laurie qui veut devenir Laurent a été abordée avec intelligence.

DISTRICT 31, ICI Radio-Canada Télé 9/10

La quotidienne de Luc Dionne reste toujours aussi efficace et prenante. La descente aux enfers de Chiasson (Gildor Roy) inquiète, même que j’ai peur qu’on perde ce personnage qu’on aime tant. Geneviève Brouillette et Patrice Godin se sont mêlés à l’équipe avec aisance, même si on s’ennuie de Nadine et de Patrick. On a craint un moment que la captivité de Sophie Desmarais dans le sous-sol s’éternise, mais on a enfin eu quelques indices, assez pour entretenir notre curiosité. Un must que j’aime voir en direct.

FAITS DIVERS, ICI Radio-Canada Télé 9/10

Faits divers

L’auteure Joanne Arseneau et le réalisateur Stéphane Lapointe n’ont pas déçu avec cette deuxième saison, aussi captivante que drôle. Les propriétaires du camp de nudistes, Paulo et Francine (excellents Luc Senay et Chantal Baril), devraient avoir leur propre série. Le clan italien, avec à sa tête un parrain qui veut épargner tout le monde, est aussi très bien campé. Mention spéciale aux frères Orsini (Virgil Serban et Roman Pagliaro), les deux tatas les plus divertissants de notre automne.

LES SIMONE, ICI Radio-Canada Télé 9/10

La meilleure saison des trois. La rébellion de Laurence (Rachel Graton) fait du bien et a un effet de défoulement. L’insécurité de Nikki face à Éloi (Marie-Ève Perron et Sébastien Ricard) a donné des scènes d’une grande intensité. On va s’ennuyer.

CETTE ANNÉE-LÀ, Télé-Québec 8,5/10

Cette année-là

Sur papier, l’idée de revisiter le passé semblait réchauffée. Ce n’est pas du tout le sentiment que nous laisse ce plateau ultra vivant. Bien entouré de collaborateurs allumés, Marc Labrèche mène cette émission avec beaucoup de rythme et d’humour. Les liens entre le passé et aujourd’hui se font naturellement.

LA VRAIE NATURE, TVA 8,5/10

On passe toujours un bon moment au chalet avec Jean-Philippe Dion et ses invités, dans ce rendez-vous presque thérapeutique. On ose créer des trios qui sortent de l’ordinaire, et ça marche. Prenez par exemple Ariane Moffatt, Hugo Girard et Jean-Luc Mongrain, qui se sont compris à travers leurs différences. Une émission qui fait vraiment du bien.

L’UNITÉ DES NAISSANCES, CANAL VIE 8,5/10

L’automne nous est arrivé avec une série de docuréalités très touchants et qui nous habitent même après le générique. C’est le cas de celui-ci, tourné au département d’-obstétrique-gynécologie du CHU Sainte-Justine à Montréal, qui arrache le cœur, mais suscite tant d’admiration pour ces parents et ce personnel qui se dévoue entièrement. Pour vous redonner confiance en la nature humaine.

180 JOURS, TÉLÉ-QUÉBEC 8,5/10

On le dit souvent : le travail des enseignants n’est pas suffisamment valorisé. Tout comme les efforts de leurs élèves d’ailleurs. Appuyée par d’attachants protagonistes, cette fabuleuse série documentaire nous donne la mesure de l’ampleur des défis auxquels une école est confrontée.

UNITÉ 9, ICI Radio-Canada Télé 8/10

On se dirige lentement vers la fin, alors que Lietteville vit un changement de régime, plus en douceur, et voit plusieurs de ses détenues reprendre leur liberté. On espère voir Jeanne (Ève Landry) connaître un peu de bonheur d’ici la fin de l’année. Attention de ne pas pécher dans l’excès de flashbacks.

POUR EMPORTER, ICI ARTV 8/10

Un bonheur de retrouver France Beaudoin mener des entrevues. C’est rare de pouvoir prendre le temps d’aller aussi en profondeur avec des invités à la télévision. Que ce soit pour Simon Boulerice ou Patrick Lagacé, Virginie Fortin ou Serge Denoncourt, on fait chaque fois des découvertes, même si on avait l’impression de bien connaître des personnalités. Pas encore certain, toutefois, des interventions musicales impromptues d’Antoine Gratton, parfois intrusives. 

NE JAMAIS FAIRE À LA MAISON, V 7/10

Ne jamais faire à la maison

Le concept est rafraîchissant et réveille en nous le petit garçon et la petite fille qui ne pensait qu’à commettre de mauvais coups. Le pire, c’est qu’on apprend vraiment des choses dans cette émission, dont le prétexte spectaculaire a un fondement scientifique. Les deux animateurs, Marie Soleil Dion et Jonathan Roberge, jouent les gamins avec beaucoup d’aisance et de drôlerie. Seul bémol: pas mal de gaspillage en ces temps où on se préoccupe beaucoup de l’environnement.

BOOTCAMP: LE PARCOURS EXTRÊME, V 7/10

La compétition est relevée, les candidats, valeureux, et les animateurs, impliqués. On devrait concevoir les épreuves en tirant davantage profit des lieux visités. Tenir une épreuve sur la pelouse du Casino ne met rien en valeur. L’épreuve de la structure finale peut devenir redondante. On se sert du montage pour donner du rythme à l’émission, mais les ralentis peuvent donner une image faussée du déroulement.

DISCUSSIONS AVEC MES PARENTS, ICI Radio-Canada Télé 6,5/10

Un humour consensuel, un peu vieillot et brun, à l’image du décor, mais néanmoins rassurant et réconfortant. François Morency fait sourire plus que rire dans cette analogie de sa propre vie. Vincent Bilodeau et Marie-Ginette Guay font des parents sympathiques, mais on espérait un peu plus de mordant dans les répliques.

LE JEU, TVA 6,5/10

On lui souhaitait autant d’impact que Fugueuse, qui occupait la même case l’hiver dernier, mais cette série sur la cyberintimidation et les trolls peine à trouver son public, malgré des gros noms comme Laurence Leboeuf et Éric Bruneau. Le réalisateur Claude Desrosiers nous a habitué à des séries beaucoup plus inventives et surprenantes; l’œuvre paraît ici un peu bâclée et «faite vite». On aurait dû soigner beaucoup plus les graphiques des jeux vidéo, qui paraissent vieillots. On est loin d’une partie parfaite. Reste la curiosité de connaître l’identité des trolls.

OCCUPATION DOUBLE GRÈCE, V 6,5/10

Après un tapis rouge qui faisait pitié l’an dernier, celui de cette année avait beaucoup de gueule, digne des téléréalités américaines. Sauf qu’il n’y avait pas de tapis rouge. Appelons donc ça un gala. Beaucoup plus léchée, au montage impeccable, OD Grèce n’a rien à envier à sa concurrente, XOXO, qui paraît un peu triste à côté. Par contre, pour ses candidats, c’est plus blanc que blanc, même si la production a tenté de glisser des célibataires provenant de communautés culturelles. Bravo à Jay Du Temple, un hôte parfait, qui ne se prend pas au sérieux, et qui saupoudre ses présentations d’une réjouissante ironie. Pour le reste, les images de l’île de Crête font rêver, mais OD reste OD. On aime ou on déteste. La sentez-vous, la zizanie?

O’, TVA 5/10

L’histoire de cette famille contient de plus en plus d’invraisemblances, même quand on sait qu’on est dans un soap. L’épisode de Charles (Stéphane Demers) qui se retrouve plongeur dans un restaurant de village était complètement farfelu. Jacqueline (Marie Tifo) est-elle aussi absente pour apprendre dans le journal, après tout le monde, les déboires de son propre fils? Chers scénaristes, reprenez vos esprits!

MOMENT DÉCISIF, V 5/10

Peut-on parler de moment décisif ou de moment artificiel? Pas inintéressant, mais on ne nous persuade pas qu’un candidat puisse en si peu de temps convaincre un entrepreneur de l’engager. Et si au moins, ça faisait de la bonne télé, ou si on nous donnait de solides conseils pour une future entrevue. Comme le temps d’un trajet en ascenseur, on reste en surface. 

JE SUIS CHEF, V 5/10

Au nombre de compétitions culinaires que la télé nous présente, il fallait vraiment que la nouveauté d’Isabelle Racicot se démarque, par son originalité et ses revirements de situations. Or, Je suis chef s’ajoute au menu comme un simple amuse-gueule sans grand attrait. On a choisi un éclairage un peu trop feutré, dans une cuisine impersonnelle. Malgré une animatrice et des goûteurs enjoués et volontaires, notre intérêt n’arrive jamais à égaler le niveau de stress des candidats.

TOUT LE MONDE AIME, TVA 4/10

L’émission, qui marque le retour de Sonia Benezra, semble hélas sortie tout droit d’une autre époque. On ne sent pas le raffinement et le calibre des variétés auxquelles nous a habituées TVA. Aucun segment ne fait naître cette magie qui fait qu’on retourne à une émission. C’est dommage, parce que «tout le monde aime» Sonia, qui méritait vraiment un meilleur concept. Seulement deux émissions ont été diffusées, il faudra voir les autres, déjà toutes enregistrées.

VENDEURS DE RÊVE, V 3/10

C’est pas parce qu’on vend des maisons de riches que notre vie est forcément intéressante. Arriver en retard à un rendez-vous parce qu’on est resté pris dans le trafic, ou risquer de voir sa soirée barbecue gâchée par le mauvais temps ne sont pas les ingrédients d’un docuréalité captivant. Ça va en prendre beaucoup plus pour soutenir notre intérêt.

XOXO, TVA 1/10

XOXO

Première erreur: avoir présenté cette réponse à Occupation double comme la nouvelle ère de la téléréalité. Le constat fut décevant dès la première émission. La qualité de la production est inversement proportionnelle à l’intensité des cris des candidates. Et à côté des panoramas splendides d’OD, les escapades des conseillers paraissent bien ternes. Quant aux candidats, qui parlent un franglais puéril, ils se ressemblent à un point tel qu’on a du mal à les distinguer. La nouvelle ère? Parlez plutôt du vide.