Partout, il y a des attraits à remarquer, comme ce magnifique pont qui se reflète dans l’eau tranquille d’un étang.

Le fantastique Jardin Scullion

CHRONIQUE / Je n’ai pas souvent l’occasion d’aller dans la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean pendant les mois d’été. D’ailleurs, la dernière fois, c’était il y a 12 ans! Mais quand j’y vais, c’est certain que je passe une bonne demi-journée dans l’extraordinaire Jardin Scullion à l’Ascension-de-Notre-Seigneur, près d’Alma. J’y suis retourné le mois dernier avec un groupe d’amateurs de jardinage lors d’un voyage organisé par Groupe Voyages Québec et la décision des passagers était unanime : c’est l’un des plus beaux jardins au Québec, sinon le plus beau.

Ce jardin est l’œuvre de Brian Scullion, un génie de l’aménagement paysager natif d’Alma. En 1985, il a acheté une terre abandonnée, plane, sans attraits et a commencé la laborieuse tâche de la faire renaître, d’abord en plantant des arbres — plus de 30 000! — pour couper le vent. Il y installe d’abord une pépinière de production et une entreprise d’aménagement paysager, mais, peu à peu aussi, un jardin. D’abord autour de la maison, puis sur une bonne partie des 40 hectares du terrain. Depuis 1999, le jardin est ouvert au public.

Impeccable!

La première chose que vous remarquerez en visitant le jardin est qu’il est impeccable : il n’y a pas une seule feuille de travers. Les jardins sont composés de nombreux végétaux, plus de 2000 variétés au total, plantés en massif. Brian conçoit ses jardins d’abord avec le feuillage en tête : après tout, les fleurs viennent et vont, mais les feuilles restent. Oui, il y a eu des ratés, des végétaux qui n’ont pas rempli leurs promesses, mais après plus de 30 ans d’essais, l’effet est désormais à son comble.

D’ailleurs, le jardin a remporté le Lauréat régional des Grands prix du tourisme québécois à trois reprises, signe de son succès auprès des visiteurs. 

On retrouve plus de 2000 variétés de végétaux au Jardin Scullion.

Que voir

Sur place, vous découvrirez des sentiers qui sillonnent un jardin riche en couleurs. Les jardins à l’anglaise, avec leurs fleurs abondantes et variées, dominent, mais on découvre aussi des structures débordantes de végétation, des ruisseaux et des étangs, sans parler d’œuvres d’art et d’une vaste gloriette. Le plus récent développement est l’agrandissement de la collection de conifères, l’une des plus vastes en Amérique du Nord. Pour y accéder, il y a un tout nouveau pont de pierres de 35 cm de longueur, inspiré de ceux des grands jardins d’Angleterre, installé au coût de 1,4 million $.

Il est possible de louer une voiturette pour aller dans les moindres recoins du vaste jardin, le long de sentiers de 4,2 km. Visitez alors la tourbière, le jardin d’ombre, le camp de bûcherons et plus encore. 

Le pavillon d’accueil extraordinaire vaut la visite en soi. Construit à partir de bois récupéré, l’édifice LEEDS utilise comme poutres des estacades géantes en sapin de l’Ouest et tous les meubles sont faits sur place. Mais la pièce de résistance est à l’étage, où une fantastique fresque de 100 m, faite avec de la peinture récupérée, vous attend, représentant les principaux écosystèmes de la région avec sa faune et sa flore.

Le superbe pavillon d’accueil est entièrement fait de produits recyclés.

Parmi les services sur place, il y a un restaurant (nous avons mangé une excellente tourtière du Lac-Saint-Jean), une aire de pique-nique, une aire de jeux, une mini-ferme et une pépinière. Les ornithologues seront comblés : jusqu’à 80 espèces d’oiseaux fréquentent le parc. (Nous avons vu des bernaches du Canada, des jaseurs d’Amérique et un colibri à gorge rubis, notamment.)

Pour visiter

Les jardins sont ouverts tous les jours du 15 juin au 1er octobre de 8h à 18h (dernière entrée : 17h). Calculez un minimum de trois heures pour visiter le jardin principal et la fresque, incluant le temps de prendre un repas. Ajoutez une heure supplémentaire si vous voulez faire les sentiers nature, le jardin de conifères et le pont de pierres.

Les tarifs 2018 sont de 26 $ pour les adultes, 24 $ pour les aînés et les étudiants et 11 $ pour les enfants de 5 à 16 ans. L’accès est gratuit pour les enfants de moins de 5 ans. 

Le jardin est situé au 1985, 7e Rang Ouest, L’Ascension-de-Notre-Seigneur. Rendez-vous à Alma et suivez les indications, elles sont très claires. 

Bonne visite!

Pour info : jardinscullion.com

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RÉPONSES À VOS QUESTIONS

Plante savonneuse

La saponaire est une jolie vivace à floraison prolongée.

Q J’aimerais connaître le nom de ces jolies fleurs blanches et tout ce qui les concerne. — Jean-Marc Lyonnais

R Il s’agit de la saponaire, aussi appelée herbe à savon (Saponaria officinalis ‘Flore-Pleno’), une vivace eurasiatique originalement cultivée au Québec comme plante médicinale, mais maintenant échappée de la culture dans plusieurs endroits. Les fleurs légèrement parfumées sont rose pâle ou blanches et sont souvent doubles. Elles s’épanouissent pendant presque tout l’été. La plante de 40 à 80 cm de hauteur se cultive au soleil ou à la mi-ombre dans tout sol bien drainé. Elle s’étend par de courts rhizomes souterrains et peut ainsi devenir un peu envahissante, d’autant plus qu’elle se ressème allégrement. Les fleurs et racines contiennent de la saponine et moussent comme du savon quand on les frictionne dans l’eau. Autrefois, on s’en servait pour laver le linge. 

Framboisier en déperdition?

Q Nous possédons quelques rangées de framboises. Cette année à la base de certains plants l’écorce sèche et fendille, donc le plant dépérit rapidement et meurt. Quelle serait la cause? — Monique Vézina

R Je pense que c’est tout simplement le vieillissement naturel. Contrairement à la plupart des arbustes, les tiges des framboisiers ne vivent que deux ans. Après avoir produit des fruits, elles dépérissent souvent et alors l’écorce se détache. D’accord, la tige meurt, mais c’est normal pour cette espèce. Il suffit de supprimer les tiges après la fructification pour laisser plus de place aux jeunes tiges qui, elles, vont produire l’an prochain. 

Dieffenbachia dégarni

Le dieffenbachia de Mme Jobin a fini par casser sous son poids, même s’il était tuteuré et attaché au mur.

Q J’ai un dieffenbachia énorme, mais il a fini par casser sous son poids, même s’il était tuteuré et attaché au mur. Je n’ai réussi à sauver que la pousse. J’aimerais savoir quelles plantes je pourrais mettre pour agrémenter ce bouquet dégarni. Actuellement, il y a de la clarté, soit une lumière tamisée. — Renée Jobin

R Si la tige de votre dieffenbachia a cassé, c’est que la plante est sérieusement étiolée : elle «pousse en orgueil», comme on dit, et est donc cassante. C’est signe qu’elle ne reçoit pas assez de lumière, donc l’emplacement est plus sombre que ce que vous pensiez. Avant d’ajouter d’autres plantes, pensez que vous pouvez faire densifier davantage votre dieffenbachia. Coupez ses troncs (il semble en avoir plusieurs) à 5 cm du sol et de nouvelles branches apparaîtront. Bouturez les têtes de plante et plantez-les dans le même pot pour densifier davantage. Quand ses tiges deviendront trop hautes et commenceront à se dégarnir de nouveau, coupez-les près du sol de nouveau. Ainsi, le pot paraîtra toujours plein. Si cette idée ne vous plaît pas, il y a, parmi les rares plantes d’intérieur qui peuvent tolérer les coins aussi sombres, l’aglaonéma, la sansevière, le philodendron, le pothos, le faux zamier, l’aspidistra et le dracéna. De plus, la prochaine fois que vous peindrez les murs, choisissez une couleur pâle, même blanche si possible. Les murs sombres absorbent la lumière et n’en laissent pas pour les plantes; les murs pâles reflètent la lumière et ainsi stimulent la croissance des végétaux.

Des questions svp!

Vous pouvez nous joindre par courriel à courrierjardinierparesseux@yahoo.com

Par courrier à 

Le jardinier paresseux

Le Soleil

C.P. 1547, succ. Terminus

Québec (Québec)  G1K 7J6

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CALENDRIER HORTICOLE

Plantes indigènes de l’estuaire

Le samedi 11 août à 10h30, le Domaine Joly-De Lotbinière vous invite à une présentation sur les précieuses plantes indigènes de l’estuaire d’eau douce du Saint-Laurent avec Claire Morel et Susanne Hardy. Activité remise au 12 août en cas de pluie. Au 7015, route de Pointe Platon, Sainte-Croix (Québec). Info : 418 926-2462 ou www.domainejoly.com

Les plantes panachées

La Société des Amis du Jardin Van den Hende offre une conférence intitulée Les plantes panachées : origine et variétés avec Jean-Denis Brisson. Elle aura lieu le dimanche 12 août à 10h dans la salle de conférence de la jardinerie Floralies Jouvence, 2020, avenue Jules-Verne, Québec. Coût : 5 $ pour les non-membres. 

Pour toute activité horticole, écrivez-nous à courrierjardinierparesseux@yahoo.com

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Entretien horticole à faire cette semaine

› Traitement maison contre le blanc (une maladie foliaire) : vaporisez les feuilles d’une solution de 1 ml de bicarbonate de soude, 5 ml à thé de savon liquide (attention : pas de liquide à vaisselle, souvent toxique!) et 1 litre d’eau.

› Arrachez l’herbe à poux, si vous la voyez, avant qu’elle commence à fleurir.

› Récoltez tous vos légumes à maturation rapide, comme les haricots et les courges d’été, tous les 4 ou 5 jours.

› Évitez de toucher aux plantes quand leur feuillage est couvert de la rosée matinale : il y a risque de transmettre des maladies.