Le promoteur a présenté mardi soir la nouvelle mouture du Phare. La hauteur des quatre tours est demeurée similaire, soit entre 17 et 65 étages.

La nouvelle mouture du Phare

Le Groupe Dallaire souhaite développer une résidence de 400 unités pour aînés dans la deuxième tour du complexe immobilier Le Phare, d’une hauteur de 50 étages.

Le promoteur a présenté mardi soir à la population la nouvelle mouture de son projet de 755 millions $ à la tête des ponts, soit 155 millions $ de plus que lors de la première présentation en 2015.  Une autre séance de consultation publique se tiendra mercredi au Collège Jésus-Marie.

La hauteur des quatre tours est demeurée similaire, soit entre 17 et 65 étages. Toutefois, la superficie du développement est passée d’environ 2,6 millions de pieds carrés divisés en bureaux, logements, condos et commerces à 3 millions de pieds carrés.

L’architecture de verre de la tour principale de 65 étages a notamment été retouchée. Des balcons ont été insérés aux unités résidentielles et un restaurant avec une terrasse occupera l’avant-dernier étage, sous le centre d’observation.

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«Je veux un restaurant [de 9000 pieds carrés] accessible pour les gens. Il va y avoir une vue incroyable. Je veux que tout le monde puisse en profiter», a dit en entrevue au Soleil mardi le président du Groupe Dallaire, Michel Dallaire.

Plusieurs autres terrasses, situées à différents niveaux, seront également aménagées dans la tour principale pour les occupants. Il y aura aussi une piscine, une salle de billard, des salles de conférences et des aires communes.

Version «presque finale»

«Nous avons évolué dans notre projet, mais nous avons conservé sa pureté», se réjouit M. Dallaire, parlant d’une version «presque finale» de son développement «live, work and play». 

Il évoque par exemple les balcons. «Ils seront ouverts avec des gardes sur les côtés, mais nous avons comme devancé les devantures pour créer un endroit un peu plus à l’abri des vents. Parfois, les gens inconfortables avec les hauteurs sont plus à l’aise avec une fenêtre. Au lieu d’avoir un garde de 42 pouces à l’avant, nous avons choisi de faire monter la vitre jusqu’à l’autre balcon», explique-t-il.

La place publique possèdera un miroir d’eau avec des jeux d’eau et une patinoire l'hiver.

Ce dernier indique que cette décision permet de mieux intégrer cette structure au bâtiment. Les vitres pour le revêtement extérieur demeurent irrégulières pour donner l’effet d’un quartz. Les toits végétaux sur les autres immeubles sont aussi toujours dans les plans. 

Tel que présenté en 2016, le plus haut gratte-ciel à l’est de Toronto sera un édifice mixte de forme triangulaire avec des bureaux sur 17 étages, un hôtel de 150 chambres, des logements (270) et des condos (230). Les pourparlers se poursuivent pour les futurs locataires.

«C’est comme quatre petits projets, l’un par-dessus l’autre. Si tu veux créer un milieu de vie, il faut une mixité des usages. C’est ce qu’on retrouve à Chicago. Le marché de Québec ne me permettrait pas de faire un édifice de bureaux de 65 étages. Je n’y arriverais pas», concède M. Dallaire. 

Le «pari» des aînés

Quant à la deuxième tour, elle est toujours de 180 mètres, soit une hauteur de 50 étages. Le Groupe Dallaire a conservé les balcons pour les unités d’habitation pour personnes autonomes et semi-autonomes.

«Mon pari, c’est : est-ce qu’on peut avoir une résidence pour aînés dans un gratte-ciel? Un modèle différent des cinq ou six étages qu’on voit partout. Selon moi, il y a une clientèle pour ce type de produit surtout avec une vue incroyable sur Québec», estime M. Dallaire. 

Pour la troisième tour, qui a changé d’orientation, elle sera d’une hauteur de 30 étages (110 mètres). On y retrouvera des bureaux (150 000 pi2), des condos (200) et une garderie. Le quatrième immeuble sera de 17 étages (60 mètres). Il y aura seulement des bureaux (250 000 pi2).

Le complexe Le Phare

Quant à la place publique et la salle de spectacle, elles figurent toujours dans les plans du promoteur. La place publique possèdera un miroir d’eau avec des jeux d’eau. Elle devrait être ouverte à l’année et on y retrouvera des commerces de proximité, comme un café.

Pour la salle de spectacle, qui aura une scène centrale, elle a vu son nombre de sièges bondir de 750 à 1200. Contrairement au dernier plan, l’entrée sera située devant la rue des Châtelets. Le pianiste et compositeur Steve Barakat en sera le responsable. 

Avant de pouvoir effectuer la première pelletée de terre, M. Dallaire devra cet automne passer par les consultations publiques de la Ville de Québec pour obtenir ses permis de construction. Rappelons que la commission d’urbanisme de la Ville a dernièrement donné le feu vert au projet.

L’objectif est toujours de lancer le mégachantier, qui s’échelonnera sur une décennie, à l’hiver 2019. La première phase de construction prévoit la sortie de terre de la tour principale, de la place publique et de la salle de concert.

M. Dallaire est toujours en discussions avec différents joueurs québécois pour investir dans son développement. Environ 3000 travailleurs et 3000 résidents sont attendus sur le site. Et selon les études du promoteur, près de 300 000 personnes par année devraient profiter de la tour d’observation. 

La salle de spectacle, qui aura une scène centrale, a vu son nombre de sièges bondir de 750 à 1200. Contrairement au dernier plan, l’entrée sera située devant la rue des Châtelets.

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COUP D'OEIL SUR LA VIE SOUTERRAINE

Il y aura Le Phare qui pointera vers le ciel, mais également une vie souterraine.

Sous les immeubles du Groupe Dallaire à Sainte-Foy, on retrouvera une station pour entreposer 1000 vélos, environ 3000 stationnements, 150 000 pieds carrés d’espaces commerciaux [rez-de-chaussée et premier sous-sol] et le pôle d’échanges Sainte-Foy Ouest pour le tramway, le trambus et les autobus. 

Un point de correspondance figure aussi dans les plans pour un raccordement avec le réseau de transport collectif de la rive sud.

Selon des données du Réseau de transport de la capitale (RTC) fournies par le promoteur, environ 10 000 citoyens circuleront sous Le Phare par jour.

Un point de correspondance figure aussi dans les plans pour un raccordement avec le réseau de transport collectif de la rive sud.

«On veut une épicerie. On veut des commerces de proximité. Aujourd’hui, nous allons devenir le plus gros pôle intermodal au Québec», indique au Soleil le président du Groupe Dallaire, Michel Dallaire. Il précise que le RTC est passé par un processus d’appel d’offres pour construire ce terminus. L’homme d’affaires s’occupera entre autres de la facture — environ 15 millions $ — pour le terminus d’autobus, certains tunnels et la section commerciale du complexe. «Le RTC a aussi annoncé qu’il allait y avoir une connexion avec l’aéroport», poursuit-il. 

Le pôle d’échanges Sainte-Foy comptera «entre sept et huit quais». Il sera en partie situé sous la troisième tour du complexe (30 étages). Les autobus entreront au coin du boulevard Hochelaga et l’avenue Lavigerie par une voie d’accès souterraine.

Le reste de l’étage sera occupé par des commerces — comme une galerie marchande —, notamment sous la tour principale de 65 étages. C’est à cet endroit que le premier sous-sol sera relié au passage pour le tramway et le trambus. Ces derniers passeront sous la rue Lavigerie.

Le complexe aura des accès en voiture par la rue des Châtelets et par le boulevard Laurier (seulement une entrée). Les vélos ainsi que les camions de livraison et les autobus de touristes auront aussi chacun leur propre rampe d’accès vers le premier sous-sol.

«On veut que les gens puissent venir en vélo et par la suite prendre le réseau de transport collectif pour aller à leur travail», explique M. Dallaire. «Le Phare va devenir un nouveau mode de vie à Québec. Un endroit où tu peux vivre, te divertir et travailler. On plante actuellement un jalon qui va changer et propulser Québec pour toujours», conclut-il. 

On retrouvera au total sous la tour principale sept étages souterrains, principalement consacrés au stationnement.