La chroniqueuse du Soleil Mylène Moisan

La chroniqueuse Mylène Moisan remporte le prix Jules-Fournier

La chroniqueuse du Soleil Mylène Moisan a reçu jeudi soir, à Montréal, le prix Jules-Fournier décerné annuellement par le Conseil supérieur de la langue française à un journaliste de la presse écrite dont les textes se distinguent par leur qualité et leur maîtrise de la langue.

Le jury explique avoir arrêté son choix sur la journaliste du quotidien de la capitale en raison de la «diversité» de son vocabulaire et de «l’efficacité» de son écriture.

«Vous avez de plus la capacité à vulgariser des sujets d’intérêt et à expliquer divers problèmes sociaux, tout en démontrant leur importance», mentionne dans une lettre envoyée à la lauréate le président du CSLF, Pierre Boutet. «Vous possédez aussi une manière efficace de faire découvrir et de raconter des parcours extraordinaires, de créer des instants et des moments et d’y faire participer le lecteur.»

Le jury souligne enfin que les textes de la chroniqueuse «sont dotés d’une force d’évocation et que la qualité de la trame narrative» de ses reportages «se maintient jusqu’aux conclusions».

La lauréate, qui tient sa chronique dans Le Soleil depuis septembre 2012, s’est dite évidemment fière de recevoir pareil honneur, d’autant qu’elle admet ne pas être une puriste de la langue française.

«J’ai toujours aimé jouer avec la langue française, me l’approprier. La langue que je parle, et que j’écris, est une langue vivante, colorée, savoureuse. La langue ne doit pas être un carcan ni une camisole de force, elle est une matière première.»

Lors de son discours, la journaliste a aussi confié être constamment «étonnée de la force des mots», elle qui entretient un lien privilégié avec ses lecteurs. «J’en suis aujourd’hui à presque 20 000 courriels reçus en cinq ans et très souvent, les gens qui m’écrivent le font pour me dire que mes mots les ont touchés, émus. Les ont fait réfléchir, sourire, pleurer», a-t-elle relaté.

Mylène Moisan est aussi l’auteure de trois livres dont Maman est une étoile, qui a connu un immense succès en 2015. L’année suivante elle publiait Dans une classe à part : histoires de profs inspirants, et en 2017, Les gens heureux ont une histoire.

Créé en 1981, le prix Jules-Fournier est remis pour la deuxième fois à une journaliste du Soleil. La chroniqueuse Ghislaine Rheault l’avait remporté en 1997. Jeudi soir, Mylène Moisan a d’ailleurs salué son amie aujourd’hui retraitée.

Les chroniqueurs Pierre Foglia, Yves Boisvert et Michèle Ouimet comptent notamment parmi les lauréats passés du prix Jules-Fournier.

En 2013, Mylène Moisan avait reçu le prestigieux prix Judith-Jasmin pour une chronique intitulée «Treize minutes de trop».