«Les membranes traditionnelles qu’on utilise sur des ponts pour l’étanchéité adhèrent vraiment moins bien [sur le pont Pierre-Laporte]. Les membranes usuelles ne fonctionnent pas», explique Guillaume Paradis, porte-parole du MTQ. Résultat, le bitume posé par-dessus se décolle.

La chaussée du pont Pierre-Laporte à refaire au complet

Les matériaux utilisés lors de la réparation complète de la chaussée du pont Pierre-Laporte en 2014 ne tiennent pas, l’asphalte s’enlève par grandes plaques. Le ministère des Transports du Québec devra tout refaire.

«On prépare un remplacement complet de l’enrobé à moyen terme», déclare un porte-parole du MTQ, Guillaume Paradis, en entrevue avec Le Soleil. «On a commencé la préparation de ce projet-là. Et on a vraiment l’intention d’utiliser des matériaux qui sont plus performants.»

Les opérations de «rapiéçage» se poursuivront d’ici là puisque le bitume est brisé. Il est victime d’un phénomène de «pelade» et s’enlève par morceaux de taille importante. «On a des problèmes avec cet enrobé-là et on doit intervenir de façon régulière pour corriger le tout.» Surtout durant l’hiver et au printemps, quand la météo est particulièrement rude avec la structure suspendue au-dessus du fleuve Saint-Laurent.

«On a remarqué qu’on doit intervenir plus fréquemment sur le pont Pierre-Laporte que sur des ponts qui sont à proximité et qui ont exactement le même débit de circulation.» En cause, les travaux réalisés il y a quelques années. 

Le matériau posé entre la dalle du pont et l’asphalte, en 2014, n’était pas adapté à cette surface qui n’est pas plane, semble-t-il. «Les membranes traditionnelles qu’on utilise sur des ponts pour l’étanchéité adhèrent vraiment moins bien [sur le pont Pierre-Laporte]. Les membranes usuelles ne fonctionnent pas.» Résultat, le bitume posé par-dessus se décolle.

En plus, précise Guillaume Paradis, les ingénieurs évaluent que le pont Pierre-Laporte ne peut supporter plus qu’une couche de 5 centimètres d’asphalte. «Ce qui est relativement mince pour une structure où il y a un débit de circulation aussi important. […] Mais mettre plus d’asphalte, en mettre plus épais, dans les conditions actuelles, ce n’est pas possible parce que ce serait une surcharge très importante pour la structure. Alors on met une couche d’asphalte qui est somme toute limitée. Et puis, avec le temps, il y a des ornières qui se creusent.»

Phénomène accentué par les mouvements continus du pont soumettant la chaussée à des torsions favorisant les bris. «Le tablier bouge beaucoup. On parle d’oscillations qui peuvent aller de 2 mètres dans chaque direction avec le vent, avec les charges de véhicules, avec les variations de température. De gauche à droite et de haut en bas.»

Prendre son mal en patience

Les usagers du pont devront donc prendre leur mal en patience. Tant que le MTQ n’aura pas refait entièrement la surface des voies de circulation avec des matériaux mieux adaptés, la «pelade» poursuivra son œuvre de destruction. «Notre objectif c’est d’avoir une surface de roulement qui est la plus acceptable possible jusqu’à temps qu’on puisse faire les travaux de remplacement de l’enrobé.»

«C’est très désagréable, on comprend les gens d’être fâchés de circuler sur cette surface-là et c’est pour ça qu’on le suit de façon très rapprochée», commente Guillaume Paradis. «Ce n’est vraiment pas l’idéal, ce n’est pas confortable, ça demande un suivi.» 

Il fait cependant remarquer que l’asphalte n’ayant que 5 cm, les trous ne sont pas très creux. «Ce n’est pas non plus un enjeu ultime de sécurité.» 

De Frontenac à Pierre-Laporte

La construction du pont Pierre-Laporte s’est échelonnée du mois de juin 1966 à octobre 1970, rappelle un historique concocté par la Commission de toponymie du Québec. Il avait été baptisé pont Frontenac par un décret du 29 janvier 1969, en l’honneur de Louis Buade de Frontenac, gouverneur de la Nouvelle-France. Toutefois, le gouvernement lui a attribué son nom actuel par décret le 21 octobre 1970 afin de rappeler le souvenir de l’ancien ministre Pierre Laporte, décédé lors de la crise d’Octobre.