La lecture est le meilleur moyen pour votre enfant de continuer à apprendre pendant l’été. Surtout qu’on peut lire partout, au camping comme à la plage.

Des maths à la plage

CHRONIQUE / Ma fille était triste l’autre jour, parce que l’école finissait. Ah oui? Pourquoi? Pas parce qu’elle ne pourrait plus voir tous ses amis et sa professeure, même si je sais qu’elle les adore. Non, parce qu’elle ne ferait plus de mathématiques!

Mais bon, ce ne sont pas tous les jeunes qui aiment l’école; d’autres comptent les dodos depuis un certain temps!

Vous avez peur que votre enfant perde toutes ses connaissances entre deux bouchées de popsicle et une journée aux glissades d’eau? Pas de panique!

«L’idée selon laquelle les élèves subissent des pertes d’acquis durant le congé estival — ce que l’on identifie comme le summer slide en anglais —, doit être nuancée», explique la professeure au département des fondements et pratiques en éducation de l’Université Laval, Catherine Ratelle.

Dépendamment des compétences qui sont évaluées, certaines peuvent subir une baisse, par exemple les calculs mentaux, alors que certaines autres vont même augmenter légèrement, comme le raisonnement logique, fait-elle valoir.

«L’impact négatif des vacances d’été sur la réussite en début d’année scolaire serait plus marqué sur les mathématiques qu’en lecture», fait quant à lui valoir Stéphane Duchesne, professeur au département d’études sur l’enseignement et l’apprentissage.

Les deux professeurs notent que ce sont surtout les enfants des milieux désavantagés qui en sont affectés.

«Le moment d’évaluer ces baisses est à prendre en compte, certaines études montrant qu’après deux semaines, l’écart était rattrapé», précise aussi Mme Ratelle.

Mais que ce soit par crainte que votre enfant perde ses notions ou pour son plaisir, il existe plusieurs façons de continuer à apprendre, même en vacances. Au premier chef, la lecture. Quoi de plus plaisant que lire un bon livre sur la plage, de toute façon! Vous pouvez lui faire la lecture, ou encore lui demander de vous la faire. Ça, c’est des vraies vacances!

Parlant de livre, pourquoi ne pas carrément en écrire un, suggère Mme Ratelle. Un excellent moyen de favoriser la créativité, puisqu’en plus de faire aller son imagination pour inventer l’histoire, l’enfant doit aussi travailler à construire ses phrases. Et comme en plus il illustrera son chef-d’œuvre, on fait d’une pierre trois coups!

Les deux professeurs proposent aussi d’autres activités culturelles, comme aller à la bibliothèque ou au musée. Des spectacles de marionnettes, des concerts musicaux ou encore un camp d’été thématique peuvent être d’autres bonnes voies d’apprentissage estival.

«Ce qui est important est de maintenir un climat axé sur le plaisir d’apprendre et soutenir son autonomie. Les enfants ont besoin de temps non structuré pour développer leur créativité», explique Mme Ratelle.

Et que penser des cahiers d’activités et d’exercices qu’on peut acheter dans les librairies? «Ça peut être intéressant dans la mesure où l’enfant a le goût de les compléter, par exemple si c’est présenté sous forme de jeu, plutôt que de se sentir obligé de le faire», explique Mme Ratelle. «L’enfant aura davantage le goût d’apprendre et de faire des activités favorisant son développement cognitif et intellectuel s’il est soutenu plutôt que contrôlé. S’il s’implique de façon volontaire dans ces activités, cela favorisera sa persévérance et son apprentissage.»

Même son de cloche de la part de M. Duchesne. «L’idée n’est pas de faire de la révision tous les jours, mais plutôt de profiter, à l’occasion, des jours de pluie pour retravailler certaines notions.»

Pas besoin de chercher de midi à quatorze heures: juste jouer à un jeu de société peut être une très bonne façon d’apprendre, rappelle M. Duchesne.

Une amie joue aussi souvent avec sa famille au jeu du dictionnaire. Quelqu’un choisit un mot inconnu ou bizarre et demande de deviner la définition. Chacun y va de sa prédiction: plus le mot est difficile, plus les essais seront hilarants! Mais au bout du compte, tous (parents compris!) auront appris quelques mots et auront travaillé un peu pour ordonner leur pensée et créer les définitions.

Il faut donc joindre l’utile à l’agréable, tout simplement. Et se rappeler que tous les apprentissages ne se font pas uniquement sur les bancs d’école.

Pour un enfant qui aime les maths, je suppose qu’on peut compter les coquillages à la plage. Ou même les grains de sable, si jamais vous avez un livre très, très long à lire...

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Un merci en passant aux professeurs, qui accomplissent un travail extraordinaire auprès de nos petits (et moins petits!). Bon été!