De gauche à droite: Geneviève Guilbault, Laurence St-Germain, Marie-Claude Guillemette, Caroline Ménard, Pascal Renaud-Hébert.

Cinq femmes en ascension

Elles sont sur une trajectoire ascendante. Cinq femmes inspirantes de la grande région de Québec, qui sont en voie d’atteindre le sommet dans leurs secteurs d’activités respectifs et dont les réalisations nous impressionnent déjà. Chose sûre, on n’a pas fini d’entendre parler d’elles! En ce 8 mars, Le Soleil leur déroule le tapis rouge.

LAURENCE ST-GERMAIN: L'«AUTRE» ATHLÈTE DE SAINT-FERRÉOL-LES-NEIGES

Au moment où l’un des plus grands athlètes de Saint-Ferréol s’apprête à tirer sa révérence, une autre sportive de cette ville des neiges a commencé à s’imposer sur le grand Cirque blanc. Le nom de Laurence St-Germain circule désormais au-delà des frontières du ski alpin.

L’idée n’est pas de comparer sa jeune carrière à celle du fondeur Alex Harvey, mais plutôt de reconnaître le fait que cette municipalité située au pied du Mont-Sainte-Anne fera encore parler d’elle grâce aux résultats de cette skieuse de 24 ans.Laurence St-Germain a réussi à se tailler une place de choix dans l’équipe canadienne. En raison d’études en informatique à l’Université du Vermont, aux États-Unis, ses débuts avec la sélection nationale sont passés un peu plus sous le radar que d’autres espoirs du pays, mais l’attente en aura valu la peine.

Depuis sa 15e place en slalom aux Jeux olympiques de PyeongChang en février 2018, son étoile ne cesse de briller. Désormais, ses performances ont leur place au soleil. Terminé, l’anonymat de ses débuts!

Sa sixième place aux Championnats du monde de ski alpin, un an jour pour jour après sa prestation olympique, est une bonne indication que sa présence aux Jeux n’était pas le fruit du hasard. Trois jours après les Mondiaux, elle s’offrait un autre top 6, cette fois en Coupe du monde.

Elle occupe à ce jour le 12e rang au classement mondial du slalom. Demain, la jeune femme de la région de Québec pourrait être couronnée championne nationale des États-Unis au niveau universitaire. À son rythme, Laurence St-Germain trace son parcours sur la scène internationale. Carl Tardif

Laurence St-Germain

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CAROLINE MÉNARD: DÉMYSTIFIER LA DÉPRESSION ET LE STRESS

Il y a à peine un an que Caroline Ménard a ouvert son laboratoire à l’Université Laval, mais à voir l’abondance de couverture médiatique et de reconnaissances qu’elle a obtenues, on jurerait qu’elle est chercheuse émérite depuis 20 ans : ses travaux lui ont valu une place dans le top 10 des découvertes Québec Science 2018 (et le top 5 régional du Soleil l’année d’avant), dans les «personnalités de la semaine» de La Presse en janvier 2018, et nombre d’entrevues. 

La nature même de ses travaux de recherche au sujet de deux «plaies modernes» qui affectent bien des gens, soit la dépression et le stress, y est sans doute pour quelque chose. Mais il y a plus qu’un sujet à la mode derrière son succès. Ses résultats, dont certains ont été publiés dans de grandes revues savantes comme Nature – Neuroscience et les PNAS, ont grandement fait progresser notre compréhension du lien entre le stress chronique et la dépression, en plus de jeter de la lumière sur le phénomène de «résilience». 

À terme, cela pourrait mener à de nouveaux traitements et nous aider à identifier les gens qui présentent certaines prédispositions pour la dépression. Et elle n’a que 39 ans! Jean-François Cliche

Caroline Ménard

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MARIE-CLAUDE GUILLEMETTE: L'HABIT NE FAIT PAS LA FEMME D'AFFAIRES

«Il y a deux ou trois ans de ça, on m’a interdit l’accès à une usine au Mexique, car je portais une robe!» 

La propriétaire de Plastiques Moore, Marie-Claude Guillemette, a tiré son épingle du jeu au fil des dernières années à travers un monde principalement composé d’hommes. Son entreprise se spécialise dans la conception et la fabrication de pièces de plastique de précision moulées par injection.

Pour les prochaines années, Plastiques Moore, installée à Saint-Damien-de-Buckland, prévoit prendre de l’expansion, grâce à un partenariat avec l’entité européenne Gaudlitz, sur le Vieux Continent, en Chine et en République tchèque.

La compagnie brasse aujourd’hui un chiffre d’affaires de 20 millions $, dont 30 % provient du Mexique. Et ce n’est pas les projets qui manquent sur le bureau de la direction. Cette dernière reluque notamment des terrains au pays de Donald Trump afin d’avoir un pied-à-terre chez nos voisins d’ici la fin 2020. Jean-Michel Genois Gagnon

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Marie-Claude Guillemette

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PASCALE RENAUD-HÉBERT: UNE VOIX QUI PORTE

Le nom de Pascale Renaud-Hébert a été sur toutes les lèvres — et sur toutes les scènes de la capitale —, depuis un moment. Ses mots résonnent simultanément dans deux théâtres ces jours-ci. Créée à Premier Acte en 2016, sa pièce Sauver des vies (on lui doit le texte et la mise en scène), qui aborde avec justesse deux façons diamétralement opposées d’envisager la mort, est de nouveau à l’honneur à La Bordée. 

Et la percutante réappropriation de l’Antigone de Sophocle qu’elle a cosignée au Trident (dans une mise en scène d’Olivier Arteau) vient aussi de prendre l’affiche. Récemment, ses talents d’actrice ont été salués dans Rotterdam à la Bordée. Et sa performance dans L’art de la chute au Périscope (spectacle repris l’automne dernier à Montréal) lui a valu le prix Nicky-Roy, qui célèbre l’excellence du travail d’un comédien pratiquant son art depuis moins de trois ans. À Premier Acte, elle a notamment cosigné la pièce Le jeu, une réflexion sur la peur, et mis en scène Embrigadés, une pièce sur la radicalisation. 

Au petit écran, elle contribue aux textes de M’entends-tu, la nouvelle série de Florence Longpré à Télé-Québec. Pas de doute, voilà un talent qui n’a pas fini de rayonner. Geneviève Bouchard

Pascale Renaud-Hébert

GENEVIÈVE GUILBAULT: NUMÉRO DEUX DU GOUVERNEMENT LEGAULT

Tout juste un an après avoir gagné ses premières élections, Geneviève Guilbault a été propulsée dans le siège de vice-première ministre du Québec. Le premier ministre François Legault l’a aussi nommée ministre de la Sécurité publique et ministre responsable de la région de Québec. Ces grandes responsabilités ne semblent pas être un poids trop lourd à porter pour la femme de 36 ans, qui garde depuis la tête froide devant les médias. 

Native de Greenfield Park, Mme Guilbault a étudié en com­­­­­mu­­nica­tion publique à l’Université Laval, avant de devenir attachée de presse et porte-parole du Bureau du coroner. 

En septembre 2017, celle qui réside à Saint-Augustin-de-Desmaures a dit oui à la Coalition avenir Québec (CAQ) en se présentant à l’élection partielle dans Louis-Hébert. À la dernière minute et enceinte de six mois, elle a accepté de remplacer un candidat caquiste évincé. 

Sa victoire est totale. Elle a gagné avec 51 % des voix dans ce qui était considéré un château-fort libéral. Emballé, François Legault l’a qualifiée de «nouvelle étoile de la politique». 

Depuis, Mme Guilbault conjuge sa vie de maman de la petite Capucine, un an, à sa vie de politicienne. Quelques heures après être devenue ministre, elle disait le vivre «très bien», pouvant compter sur un conjoint hors pair et l’aide de sa famille élargie. 

«C’est important d’avoir des élus qui sont connectés sur les préoccupations du vrai monde. Je pense qu’en termes de conciliation travail-famille, je vais être quelqu’un très à l’écoute», racontait-elle. Patricia Cloutier

Geneviève Guilbault