Éva Carrier fêtera ses 111 ans le 29 avril prochain. Selon sa fille Françoise Delisle, sa mère était le boute-en-train de la famille. Elle écrivait et racontait des histoires pendant les réunions de famille.

Bientôt 111 ans et «pas de cellulite»

Éva Carrier fêtera ses 111 ans le 29 avril. Née en 1908 à Rivière-du-Loup, elle a connu entre autres les deux Guerres mondiales, la grippe espagnole, les années folles, la grande dépression, la Révolution tranquille, le téléphone, la voiture… et Internet.

La liste de toutes les inventions pourrait être encore plus longue, tellement il y en a eu en plus de 100 ans. On pourrait ajouter le pont de Québec inauguré en 1919, mais Mme Carrier n’habitait pas encore Québec. Elle s’est installée dans la capitale nationale à la fin des années 1920 pour suivre un cours de garde-malade.

Très jolie jeune femme, les prétendants sont nombreux à la courtiser, mais c’est Émile Delisle, agent pour le Canadien National qui aura la chance de l’épouser en 1933. «Elle l’a rencontré chez l’une de ses tantes, Marla, qui vivait à Québec. Il était en peine d’amour. C’était un très bon garçon et après des fréquentations, elle l’a marié», relate Françoise Delisle. Un an plus tard, le couple donne naissance à Françoise. 

C’est d’ailleurs sa fille, 85 ans, qui nous raconte l’histoire de sa maman. Éva Carrier entend et parle un peu, mais elle n’est plus assez en forme pour raconter sa vie. Elle réagira par contre souvent pendant l’entrevue aux histoires racontées par sa fille. 

Selon Mme Delisle, sa maman était le boute-en-train de la famille. Elle écrivait et racontait des histoires pendant les réunions de famille. «C’était la comédienne de la famille. Tout le monde s’amusait. Elle improvisait», se remémore-t-elle.

Génétique exceptionnelle

Neuvième d’une famille, de 17 enfants, Éva Carrier a eu neuf sœurs et sept frères. Pendant la grippe espagnole, qui a fait des milliers de morts au Québec, seulement Éva et sa mère n’ont pas été malades, mais par chance ou grâce à de bons gènes du côté des Carrier, il n’y a aucun décès dans la famille. 

Et cette bonne génétique suit encore Mme Carrier à l’aube de ses 111 ans. «Elle a encore ses jambes de 20 ans. Elle n’a pas de cellulite. Elle n’a jamais mis non plus de crème sur le visage», confie Françoise Delisle. 

Le chiffre 9

Pendant l’entrevue, Mme Carrier parlera du chiffre 9 dans les faits marquants de sa vie. «Ça m’a toujours suivi», lance-t-elle au moment où sa fille explique qu’elle est la neuvième enfant de la famille. «C’est vrai», réagit Françoise Delisle. 

«Elle est née le 29 avril, je suis née le 9 mars à 9h. Mon nom Françoise, il y a neuf lettres. On a eu deux appartements avec les numéros 2509 et 49. J’ai signé mon départ du gouvernement un 19», révèle Mme Delisle. 

Il faudra ajouter un autre événement concernant le chiffre 9. L’auteure de ces lignes est née un 9.