Vert, jaune, orange ou rouge? Petit guide des alertes

COVID-19

Vert, jaune, orange ou rouge? Petit guide des alertes

Marc Allard
Marc Allard
Le Soleil
(NDLR : Depuis la publication de cet article, le gouvernement du Québec a changé certaines régions de niveau d'alerte, mais sans toujours appliquer les restrictions correspondantes.) Depuis la semaine dernière, les régions du Québec ont leur couleur. Le «système d’alertes régionales et d’intervention graduelle» du gouvernement Legault prévoit quatre paliers (vert, jaune, orange ou rouge). Un document de travail de la Santé publique publié discrètement jeudi par le ministère de la Santé après avoir été dévoilé sur Twitter la veille par un citoyen révèle plus précisément le plan des autorités. Qu’est-ce que ces couleurs changent dans vos vies? Suivez le guide.

VERT

  • Palier 1 Vigilance 

La transmission du virus est faible. Mais on est encore en période de pandémie. C’est la «nouvelle normalité», écrit la Santé publique dans son document de travail. Alors, il faut porter le masque dans les lieux publics intérieurs, maintenir le deux mètres de distance, tousser dans votre coude, jeter vos mouchoirs dans la poubelle et vous laver les mains souvent. Le recours aux bulles sociales et au télétravail reste prescrit. Le gouvernement se garde la possibilité d’adopter des mesures spécifiques à certaines activités ou certains milieux qui présentent un risque plus élevé. 

En chiffres

  • Moins de 2 nouveaux cas quotidiens par 100 000 personnes
  • Moins de 2 nouvelles hospitalisations quotidiennes par 1 million de personnes

JAUNE

  • Palier 2 Préalerte

Le virus se transmet dans la communauté : les écoles, les milieux de travail, les résidences pour aînés, les bars, les restaurants, etc. Les mesures sanitaires de base sont renforcées et les autorités surveillent davantage. Les policiers, notamment, font des visites dans les commerces et dans des lieux achalandés pour s’assurer du port du masque ou du respect de la distanciation sociale. Ils peuvent donner des contraventions. 

En chiffres

  • De 2 à 6 nouveaux cas quotidiens par 100 000 personnes
  • De 2 à 4 nouvelles hospitalisations quotidiennes par 1 million de personnes 

ORANGE

  • Palier 3 Alerte modérée

(NDLR : Pour l'instant, les bars, salles à manger de restaurants, salles d'entraînement et spas n'ont pas été fermés dans les régions en zone orange.)

La pandémie prend de l’ampleur et les hospitalisations s’accentuent. Certains secteurs d’activité et milieux où le risque de transmission est jugé plus élevé font l’objet de restrictions, d’interdictions ou de fermetures de façon sélective. Les déplacements interrégionaux deviennent non-recommandés. Les bars, brasseries, tavernes, casinos et salles intérieures des restaurants ferment. Les sports avec contacts «inévitables ou fréquents» (ex : sports de combat, football, basketball, etc.) , les compétitions sportives et les matchs et certains loisirs actifs à l’intérieur (ex : gyms, spas) sont interdits. Le couvre-visage doit être porté en tout temps dans les salles de spectacle et les marchés extérieurs, notamment. 

En chiffres 

  • De 6 à 10 nouveaux cas quotidiens par 100 000 personnes
  • De 4 à 8 nouvelles hospitalisations quotidiennes par 1 million de personnes 

ROUGE

  • Palier 4 Alerte maximale

On se rapproche du confinement, même si le gouvernement veut éviter autant que possible un «confinement généralisé» comme au printemps. Des activités non essentielles pour lesquelles le risque ne peut pas être contrôlé suffisamment peuvent être stoppées. Les rassemblements privés ne sont permis que pour les gens de la même adresse. Les rassemblements organisés sont limités selon le type d’activité. Seuls les déplacements interrégionaux essentiels sont permis. Les restaurants ferment, sauf pour la livraison et les repas à emporter. Les commerces de soins personnels et esthétiques ferment aussi. Les services professionnels et de santé en cabinet privé peuvent rester ouverts, mais seulement pour des services jugés «urgents» ou «semi-urgents». Les sports avec contacts rares et les loisirs actifs à l’intérieur sont interdits. Les lieux récréotouristiques intérieurs et les croisières ferment, de même que les hébergements touristiques, sauf pour exception. 

En chiffres

  • Plus de 10 nouveaux cas quotidiens par 100 000 personnes
  • Plus de 8 nouvelles hospitalisations quotidiennes par 1 million de personnes
L'enfer derrière les portes closes du Mont D’Youville

Justice et faits divers

L'enfer derrière les portes closes du Mont D’Youville

Isabelle Mathieu
Isabelle Mathieu
Le Soleil
Avec plus de 450 victimes potentielles de ce que leurs avocats qualifient de «véritable règne de terreur», l’ancien orphelinat du Mont d’Youville à Beauport deviendra-t-il pour le Québec ce que Mount Cashel a été pour Terre-Neuve? Le point sur un recours collectif qui veut exposer des décennies d’abus perpétrés par des religieuses et des laïcs.

À St-John’s, l’orphelinat lieu de souffrances pour des centaines de garçons a été démoli il y a 20 ans. Plusieurs survivants des agressions viennent à peine d’être indemnisés.

Le Mont d’Youville se dresse toujours sur les hauteurs de Giffard, à Québec, dans l’attente d’un procès qui s’annonce marquant. Et douloureux.

Le 6 août, un peu plus de deux ans après le dépôt de la requête des anciens pensionnaires, le juge Étienne Parent de la Cour supérieure a autorisé l’action collective contre les Sœurs de la Charité de Québec, qui ont fondé et géré l’orphelinat pendant 70 ans, et le CIUSSS de la Capitale-Nationale, l’organisme public qui a pris la relève pour y installer des bureaux du centre jeunesse en 1996.

Ce n’est que le début de la route pour des centaines d’anciens pensionnaires et pour le public, qui n’a accès encore qu’à la pointe de l’iceberg.

Au moment du débat sur l’autorisation cet été, environ 280 personnes avaient écrit ou téléphoné au cabinet Quessy Henry St-Hilaire de Québec qui représente les anciens pensionnaires, racontant par bribes ou en détail les sévices subis durant leur séjour à l’orphelinat.

Depuis l’autorisation, l’équipe d’avocats reçoit chaque jour des appels de nouvelles victimes. Cette semaine, on en dénombrait plus de 450. Le nombre d’agresseurs potentiels suit la même courbe; les avocats en ont identifié 95, dont 67 religieuses.

Les récits des anciens pensionnaires s’accumulent, ajoutant des couches d’horreur. 

Aucune des allégations n’a encore été soumise au test du tribunal. Il faudra encore plusieurs mois, probablement plus d’une année d’interrogatoires hors cour, de requêtes préalables et d’expertise, avant d’arriver au procès.

Jusqu’ici, les avocats des anciens pensionnaires s’étaient contentés d’exposer certains éléments majeurs, pour donner à la cour une idée du type d’abus psychologiques, physiques et sexuels subis par des enfants du Mont d’Youville.

Dans une procédure déposée à la fin août, ils ont décidé d’aller encore plus loin, et de regrouper davantage de ce que les avocats n’hésitent pas à qualifier «d’actes de cruauté». «On voulait montrer qu’on est bien loin des cas particuliers, que c’était un monde d’horreur et de perversion sur des décennies», résume Me Pierre Boivin, du cabinet Kugler Kandestin, spécialisé dans les recours collectifs du genre, qui appuie le cabinet de Québec. Les gens qui nous en parlent sont rendus dans les 80 ans et ils sont encore terrorisés.»

Par le nombre de victimes et d’agresseurs potentiels, la saga du Mont d’Youville pourrait-elle avoir l’amplitude de celle du Mount Cashel, où des abuseurs ont fait au moins 360 victimes? «L’avenir nous le dira», répond Me Boivin, prudent. 

«Actes de cruauté»

Les paragraphes qui suivent ont été difficiles à écrire. Ils seront certainement ardus à lire pour plusieurs lecteurs.

Des enfants hébergés au Mont d’Youville racontent s’être fait frapper la tête contre le plancher, les murs ou le mobilier. Ils auraient reçu des coups de bâton, de règle, de ceinture et même de fouet de la part des religieuses. 

Plusieurs jeunes ont été forcés à prendre des bains d’eau glacée. 

Un enfant qui urinait au lit la nuit devait passer plusieurs jours dans des draps souillés. Une victime raconte comment les religieuses ordonnaient aux autres enfants du dortoir de la rouer de coups alors qu’elle devait rester nue et immobile, toujours comme châtiment après avoir uriné au lit. 

Un enfant qui avait ramené des bottes mouillées s’est fait enfoncer la tête sous l’eau durant plusieurs secondes. 

Un jeune qui pleurait la nuit a été expulsé du dortoir et placé seul dans une pièce sombre.

Une victime aurait été attachée à son lit, sur des crochets dans la buanderie et même complètement nue sur une galerie en hiver parce qu’elle faisait des crises de larmes.

Certaines victimes plus âgées auraient été forcées par les religieuses d’infliger les châtiments à des plus jeunes, sous peine d’être battues.

La loi du silence régnait. Des religieuses auraient dit aux enfants qu’ils ne reverraient jamais leurs parents s’ils dénonçaient les abus.

Une dame raconte que lorsqu’elle avait six ans et demi, elle a réussi à se rendre en cachette dans le bureau de la directrice pour téléphoner à sa mère et lui dire qu’on l’avait forcée à manger le repas dans l’assiette où elle venait de vomir. L’enfant aurait ensuite été battue et obligée de rappeler sa mère pour dire qu’elle avait menti.

100 000 fois «je ne serai pas en retard»

Denis Leclerc, le requérant de l’action collective, est le seul ancien pensionnaire dont le nom est rendu public dans les documents judiciaires. 

À 58 ans, il a passé la majorité de sa vie adulte derrière les barreaux d’une prison. 

Alexeï Navalny: Portrait d’un kamikaze politique

Monde

Alexeï Navalny: Portrait d’un kamikaze politique

Jean-Simon Gagné
Jean-Simon Gagné
Le Soleil
Le président russe Vladimir Poutine ne prononce jamais son nom. Tout comme Harry Potter évite de prononcer celui du sorcier Voldemort. Et pour cause. Depuis des années, souvent au péril de sa vie, l’opposant Alexeï Navalny se fait connaître en dénonçant la corruption qui mine la société russe. Portrait d’un kamikaze politique qui vient d’échapper à une (probable) tentative d’empoisonnement...

Tomsk (Sibérie), le 20 août 2020. Vers 7h, une heure avant l’embarquement du vol de la compagnie russe S7 à destination de Moscou, Alexeï Navalny semble en pleine forme. Quelques passagers le reconnaissent. L’un d’eux le photographie alors qu’il sirote un thé au café «viennois» de l’aéroport. D’autres prennent des égoportraits [selfie] avec lui, sur le tarmac, juste avant de grimper à bord du Boeing 737.

Il fait un temps radieux. Le vol s’annonce sans histoire. Mais voilà qu’une demi-heure après le décollage, le personnel de bord s’affole. Navalny s’est effondré dans les toilettes situées à l’arrière de l’appareil. Il n’arrive plus à parler. L’un de ses accompagnateurs s’inquiète qu’il ait pu être empoisonné. Un agent lance un appel à tous, comme dans un film de série B. «Y a-t-il un médecin dans l’avion?»

À bord, la situation devient tendue. Sur un vidéo capté par un passager, on entend très distinctement les hurlements de douleur de Navalny. Les agents tentent de lui faire boire de l’eau. Ils le supplient de rester éveillé. Bientôt, le pilote annonce que l’avion devra faire un atterrissage d’urgence dans la ville la plus proche, pour conduire le malade à l’hôpital.1

Vers 9h30, lorsque l’avion atterrit à Omsk, dans le sud de la Sibérie, les cris ont cessé. À l’intérieur, on pourrait entendre voler une mouche. Quelques minutes plus tard, quand on transporte Navalny en dehors de l’avion, il semble avoir perdu conscience. Par un hublot de l’appareil, un passager capte des images où on le voit allongé sur un brancard que des infirmiers glissent dans une ambulance.

La nouvelle se propage. Alexeï Navalny, le meilleur ennemi de Vladimir Poutine, est au plus mal. Son entourage fait déjà circuler un mot tabou, qui terrorise les opposants russes : «poison».

Beauce Jeans: «quand une porte se ferme, une autre s’ouvre» [PHOTOS ET VIDÉO]

En avant, en région

Beauce Jeans: «quand une porte se ferme, une autre s’ouvre» [PHOTOS ET VIDÉO]

Myriam Boulianne
Myriam Boulianne
Initiative de journalisme local - Le Soleil
EN AVANT, EN RÉGION / Pandémie oblige, l’usine Beauce Jeans a changé de vocation, du moins pour 2020. Désormais, elle se voue entièrement à la fabrication de blouses médicales. «Quand une porte se ferme, il y en a toujours une autre qui s’ouvre», lance le copropriétaire, Éric Wazana.

Beauce Jeans se dirigeait vers une année record. Les carnets de commandes étaient pleins. Les chiffres de janvier et février montraient une bonne croissance. Mais la pandémie est arrivée et les commandes ont cessé. Une grande partie de l’inventaire des collections printemps/été n’a pas été achetée. On parle ici de pertes «de plusieurs millions de dollars». 

En mars, M. Wazana dormait à peine deux heures par nuit. «Ma femme pensait que j’étais devenu fou.» Lui et son frère Jacob, l’autre copropriétaire, ont réévalué les forces de leur entreprise. «On savait comment produire des produits de qualité, on avait une force manufacturière locale et une belle équipe de recherche et de développement.» 

L’opportunité de «se revirer de bord» s’est révélée lorsqu’un de leurs contacts leur a mentionné qu’il manquait d’uniformes pour le personnel soignant. À partir de là, les idées ont émergé. Deux millions de dollars en investissement d’équipements manufacturiers plus tard, les petits contrats commençaient à débloquer. Peu après, ils se voyaient octroyer un important contrat du gouvernement fédéral de «plusieurs millions de dollars» pour la confection de plus de 2,5 millions de blouses médicales d’ici la fin de l’année.

Résultat : une blouse 100 % fabriquée au Canada, de la fibre jusqu’au produit fini. «C’est quand même un bel accomplissement», se réjouit le propriétaire.

Dans un champ de houblon près de chez vous [PHOTOS]

Le Mag

Dans un champ de houblon près de chez vous [PHOTOS]

Valérie Marcoux
Valérie Marcoux
Le Soleil
In­stallés à Château-Richer, à une distance commode de la capitale avec une vue magnifique sur le fleuve, les Maîtres houblonniers du Saint-Laurent possèdent deux hectares de culture de houblon. Selon les années, ils obtiennent environ 500 kilos de houblons séchés.

La majorité de leur production est vendue à Half Hitch Brewing en Alberta, mais ils fournissent aussi des microbrasseries, dont la Korrigane à Québec, qui brasse sa bière Harvest Ale avec le houblon frais récolté la journée même.

En fait, la fraîcheur est principalement ce qui attire les brasseurs vers les producteurs indépendants de houblon. Sur le marché international, le houblon est entreposé en grande quantité et les acheteurs ne reçoivent que rarement du houblon récolté l’année même.

Louis-Philippe Huot et son père Paul-Arthur Huot ont entrepris de défricher cette terre achetée vers la fin des années 1980 il y a 10 ans seulement. Après que Louis-Philippe ait terminé une formation en production horticole, ils ont commencé à produire du houblon, mais aussi des légumes qu’ils vendent en panier à des particuliers.

La croissance du houblon

Le rhizome du plant de houblon se cache dans la terre durant l’hiver. Quand ses tiges sortent, elles grimpent sur les fils de fer installés à 10 pieds au-dessus de la terre. Cette installation est plus basse que ce qui se fait habituellement, indique Louis-Philippe. Dans d’autres champs, le houblon peut monter jusqu’à 20 pieds de haut.

Vérification faite: la neige, pas un problème pour le tramway?

Vérification faite

Vérification faite: la neige, pas un problème pour le tramway?

Jean-François Cliche
Jean-François Cliche
Le Soleil
L'AFFIRMATION: «Dans une publicité récente, le maire Régis Labeaume affirme que puisqu'il neige à Helsinki et à Stockholm et que ces deux villes ont un tramway, ce serait la preuve que l’hiver québécois ne devrait pas être un problème pour le tramway. Mais est-ce que les quantités de neige qui tombent dans ces deux villes scandinaves se comparent vraiment avec ce que nous recevons ici?» demande Yvan Ouellet, de Québec.

M. Labeaume disait en effet dans cette pub : «Un tramway, ça fonctionne en hiver, et il y a bien des villes dans le monde pour le prouver. On pense à Helsinki en Finlande ou à Stockholm en Suède. Un tramway moderne, ça passe partout, même quand il y a d’importantes précipitations de neige. Le poids du tramway fait en sorte que la neige est simplement poussée sur le côté des rails. (…) Et quand il y a de grosses bordées de neige, eh bien il existe des charrues à neige spécialement conçues pour les rails.» La pub en question a été rendue publique au printemps dernier, si bien que mes efforts de validation ont rapidement dû être mis de côté à cause de la COVID-19, mais il n’est jamais trop tard pour bien faire. Alors voyons voir.

LES FAITS

Les manières de mesurer la neige ne sont pas tout à fait les mêmes d’un pays à l’autre, mais il ne fait pas le plus petit doute que ces deux villes reçoivent beaucoup moins de neige que Québec. «Je suis pas mal certain que vous avez plus de neige qu’à Stockholm», m’a indiqué le météorologue Thomas Carlund, de l’Institut suédois de météorologie et d’hydrologie, lors d’un échange de courriels.

Dans la région de Stockholm, les accumulations de neige culminent habituellement vers la mi-février, avec un total d’environ… 20 centimètres au sol. Autour de Helsinki, on parle plutôt de 20 à 30 cm à la mi-mars. Environnement Canada ne tient plus de données sur la neige au sol depuis 2012, mais les données les plus récentes disponibles montrent que Québec a une accumulation moyenne de 61 cm à la fin de février (pour la période 1992-2012), avec des pointes dépassant les 100 cm certaines années.

En outre, précise M. Carlund, la ville de Stockholm est dotée d’un métro qui est beaucoup plus utilisé que le tramway, et que celui-ci «dessert surtout des touristes en été. (…) Peut-être qu’il serait plus pertinent de faire un parallèle avec les trains de Suisse».

Le point de comparaison utilisé par le maire Labeaume semble donc effectivement boiteux. Cependant, cela n’implique pas que sa conclusion générale (que les tramways peuvent fonctionner malgré de fortes chutes de neige) est forcément fausse. En fait, elle reste plutôt vraie, si l’on se fie à ce que m’a dit Elina Norrena, de Helsinki Transport : «La neige elle-même n’est pas un gros problème pour les tramways de Helsinki. Les trams eux-mêmes gardent les rails dégagés en roulant dessus. Et bien sûr, nous avons des trams de maintenance pour aider.» Voilà qui correspond grosso modo à ce que M. Labeaume disait sur les tramways qui «poussent la neige sur le côté».  

Maintenant, j’ai spécifiquement insisté auprès de Mme Norrena sur la possibilité d’une tempête qui laisserait 30 cm de neige. Mais elle a maintenu : «C’est sûr que s’il tombe 30 cm en une heure, ce serait un problème, mais 30 cm qui tombe au cours d’une journée, ça n’en est pas un.»

En fait, c’est plus de manière indirecte que la neige nuit à la circulation des tramways de Helsinki. En empêchant les voitures de se stationner là où elles le font normalement, les fortes tempêtes les amènent parfois à se garer à des endroits où elles empêchent le tramways de passer, dit Mme Norrena.

VERDICT

Plutôt vrai dans l’ensemble. Les villes de Stockholm et de Helsinki ne sont pas de points de comparaison idéaux parce qu’elles reçoivent beaucoup moins de neige que nous et que, dans le cas de la capitale suédoise, le tram n’a pas la même fonction que celui qui est projeté pour Québec. Mais l’idée que les tramways peuvent continuer de fonctionner malgré de fortes chutes de neige semble tout de même vraie.

Itinérance cachée: du divan au cabanon

La Capitale

Itinérance cachée: du divan au cabanon

Marc Allard
Marc Allard
Le Soleil
En sortant du centre correctionnel communautaire, Aleks n’avait nulle part où aller dormir. Alors, il a fait comme d’habitude : il s’est trouvé un divan.

Depuis un mois et demi, l’homme de 28 ans a partagé ses nuits entre sept canapés de Beauport et Charlesbourg, à Québec. Il loge chez des amis le temps qu’il peut, puis demande à d’autres copains s’ils acceptent de l’héberger. 

À sa sortie du Centre jeunesse, il y a dix ans, Aleks s’était débrouillé comme ça. Dix ans et deux longs séjours en prison pour des agressions armées plus tard, le couchsurfing reste sa façon de se loger par défaut. Aleks en résume ainsi le fonctionnement : «dans le fond, tu squattes d’une place à l’autre sans dormir dehors». 

Comme une proportion insoupçonnée de Québécois, Aleks vit une forme méconnue d’itinérance — l’«itinérance cachée» — qui le place dans une situation précaire et freine sa réinsertion sociale. 

Tout juste publié, un rapport de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) montre l’ampleur nationale de l’«itinérance cachée», un phénomène qui transcende les tranches d’âge et les classes sociales, mais frappe davantage les plus vulnérables. 

Au Québec, environ 7 % des personnes de 15 ans et plus vivant dans un ménage non institutionnel ont déjà vécu un épisode d’itinérance cachée au cours de leur vie, note le rapport. Cette «proportion est sensiblement plus élevée» que celle qui est estimée pour l’itinérance visible, soit 0,9 %, note l’ISQ. 

On parle d’itinérance cachée lorsqu’une personne est obligée d’habiter temporairement chez un membre de la famille, des amis, dans une voiture ou ailleurs parce qu’elle n’a nulle part ailleurs où habiter. L’itinérance visible consiste plutôt à vivre dans des lieux qui ne sont pas destinés à l’habitation humaine, comme dans la rue, les ruelles ou sur les trottoirs, dans des édifices abandonnés ou encore dans des centres d’hébergement et des refuges d’urgence. 

«L’itinérance, ce n’est absolument pas juste les gens qui vivent dans la rue», souligne Marie-Andrée Gravel, analyste à l’ISQ et autrice du rapport, réalisé à partir des données de l’Enquête sociale générale de 2014 de Statistique Canada. 

Derrière les murs des maisons ou des appartements, il y a aussi des gens qui n’ont pas d’adresse et qui doivent changer sans cesse de logis. L’itinérance qu’on voit dans la rue, c’est «vraiment la pointe de l’iceberg», dit Jimena Michea, coordonnatrice du Regroupement pour l’aider aux itinérants et itinérantes de Québec (RAIIC).

Chez les femmes, notamment, l’itinérance «commence avant la rue», souligne Mme Michea. Avant d’en arriver là et d’être séparées de leurs enfants, elles vont épuiser tout leur réseau, quitte, parfois, à dormir chez un conjoint violent. 

Chez les hommes, la majeure partie de l’itinérance est aussi invisible. À peu près personne, par exemple, ne savait qu’à l’automne 2016, Aleks dormait sur un petit matelas dans le cabanon chez un de ses amis. À côté de vélos, de pelles, de seaux et d’outils de jardin, il s’allongeait dans un sac de couchage et s’enroulait dans une couverture en espérant que les nuits d’octobre et de novembre ne soient pas trop froides. 

Même avec une chaufferette portative, il grelottait souvent. «Dans le cabanon, il y a avait trop de craques», dit Aleks. Il essayait de bloquer l’air avec des serviettes, en vain. «Le froid, il me réveillait pas mal», se souvient-il. 

Facteurs de risques 

Le parcours d’Aleks recoupe plusieurs des facteurs de risques de l’itinérance cachée identifiés par l’ISQ. Battu par son père, agressé sexuellement par son frère et placé en Centre jeunesse, Aleks a eu plus tard des problèmes de drogue et d’alcool et des démêlés avec la police et la justice, témoigne-t-il. 

La proportion de la population ayant déjà vécu un épisode d’itinérance cachée est significativement plus élevée chez les personnes ayant subi de la violence physique et sexuelle durant l’enfance, ayant été en contact avec le système de justice et ayant un faible niveau de confiance envers le service de police. 

L’ISQ a aussi détecté un lien significatif entre le fait d’avoir déjà vécu un épisode d’itinérance cachée et certaines habitudes de consommation d’alcool et de drogues. 

Directrice générale du SQUAT Basse-Ville, Véronique Girard constate que l’instabilité de l’hébergement a des répercussions dans plusieurs autres sphères de la vie des personnes qui vivent de l’itinérance cachée. 

«Quand t’as pas un toit au-dessus de la tête garanti à tous les soirs, c’est difficile d’envisager de te maintenir dans le réseau scolaire ou de prendre le temps d’étudier», dit Mme Girard. «C’est dur aussi d’envisager d’avoir un travail stable, parce que t’es jamais sûr d’avoir une place où coucher».

Un petit verre d’eau purifiée avec du sel de déglaçage?

Environnement

Un petit verre d’eau purifiée avec du sel de déglaçage?

Baptiste Ricard-Châtelain
Baptiste Ricard-Châtelain
Le Soleil
L’eau potable de la Ville de Québec pourrait un jour être purifiée… avec du sel de déglaçage préalablement épandu sur nos routes enneigées. En tout cas, un chercheur de l’INRS pense pouvoir récupérer le polluant, l’assainir et lui donner une seconde vie noble.

Chaque hiver, des milliers de tonnes de sel de déglaçage sont déversées sur le bitume de la capitale; un investissement de millions de dollars dans le bonheur des automobilistes maudissant la neige et la glace. Mais l’opération a aussi un coût environnemental non négligeable. D’ailleurs, le lac Saint-Charles, source d’eau potable importante de Québec, souffre d’un excès de sel.

Justement, c’est en bordure de ce plan d’eau primordial pour l’approvisionnement de la cité que s’attardera l’équipe du professeur Patrick Drogui, spécialiste des électrotechnologies et du traitement de l’eau à l’Institut national de la recherche scientifique. Objectif : intercepter le ruissellement hivernal souillé d’une route, avant qu’il coule dans le lac, puis créer un procédé chimique qui permettra sa réutilisation sous forme de chlore.

Simple? «Je ne dis pas que c’est facile, les défis sont grands», concède M. Drogui au cours d’un entretien avec Le Soleil. «Mais nous sommes confiants de pouvoir arriver à quelque chose d’intéressant du point de vue environnemental et du point de vue économique également.»

Le chercheur se donne trois années. La première pour créer le procédé en laboratoire et le rendre fonctionnel. Simplifions : à l’étape 1, l’eau chargée de sel de déglaçage (du chlorure de sodium) sera récupérée puis nettoyée des contaminants comme les hydrocarbures; à l’étape 2, le liquide salé sera concentré; à l’étape 3, les ions chlorure séjourneront dans un «réacteur» où ils deviendront du chlore actif, un produit déjà utilisé pour désinfecter l’eau potable. 

Une fois la technologie crée en labo, l’équipe de l’INRS s’investira d’abord à évaluer le coût d’un développement à plus grande échelle. Ensuite à concevoir un engin de taille restreinte déplaçable sur le terrain : «On entend mettre au point des unités mobiles, qui vont être installées sur des sites à côté des voies routières où on a un déversement important des eaux de ruissellement.»

«On est quand même optimistes, mais il faut savoir à quel coût», remarque-t-il. «Il faut pouvoir arriver à un coût compétitif.»

Laisser le sel de déglaçage dans la nature a aussi un prix dont il faut tenir compte, poursuit-il. «Lorsque vous acheminez des eaux qui sont chargées en chlorure dans l’environnement, il y a des effets néfastes. D’abord sur la biodiversité, il y a une perturbation de la biodiversité. [Aussi], cela peut dégrader les sols.»

M. Drogui escompte donc faire d’une pierre deux coups : préserver l’environnement et réutiliser une ressource. 

Voilà qui est dans l’air du temps, dans la mouvance du zéro déchet, du recyclage, du réemploi, fait-il d’ailleurs remarquer. 

La recherche de l’équipe supervisée par Patrick Drogui s’intitule «Développement de procédés électrolytiques de récupération et de réutilisation des sels de chlorure issus des eaux de déglaçage routier en vue de la désinfection des eaux potables». Les travaux sont financés, entre autres, par la Ville de Québec et le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG); un investissement d’environ 300 000 $. Le ministère des Transports est aussi partenaire, tout comme l’organisme surveillant le bassin versant du lac Saint-Charles, AGIRO. Le groupe Veos, entreprise privée, collabore également.

Micromobilité électrique: le futur est arrivé [PHOTOS ET VIDÉO]

Actualités

Micromobilité électrique: le futur est arrivé [PHOTOS ET VIDÉO]

Marc Allard
Marc Allard
Le Soleil
Christopher Moreau ne peut pas rouler sans faire tourner les têtes. Qu’il se rende au travail, au dépanneur ou à la poste, c’est toujours pareil. Les passants sont ébahis par sa gyroroue.

Mais M. Moreau ne s’en fait pas avec la stupéfaction des promeneurs. Il leur dit à quel point il raffole de sa monoroue électrique à moteur gyroscopique. 

«Le sentiment de liberté, on a vraiment l’impression de voler, de flotter, et l’engin donne l’impression d’être dans une œuvre de science-fiction tout droit sortie du futur, donc pour un geek comme moi c’est le moyen de transport par excellence», s’enthousiasme-t-il. 

À l’image de Christopher Moreau, de plus en plus de Québécois adoptent des petits véhicules électriques. Leurs trottinettes électriques, leurs gyroroues, leurs OneWheel, leurs skateboards électriques et leurs hoverboards sont de plus en plus visibles dans les villes et donnent un avant-goût du futur aux automobilistes, aux cyclistes et aux piétons qui devront apprendre à cohabiter avec eux. 

Bien qu’un vide légal plane sur ces nouveaux modes de transport, le boom de la micromobilité électrique ne se dément pas depuis l’an dernier. 

«Les gens, ils veulent aller vers là, dit Patrick Émond, propriétaire de Beauport Mobile Électrique, à Québec. Ils sauvent du gaz, pas de bruit, pas de pollution. Il y a pas mal d’engouement». 

Les États-désunis d’Amérique

Monde

Les États-désunis d’Amérique

Jean-Simon Gagné
Jean-Simon Gagné
Le Soleil
Aux États-Unis, peu importe le résultat des élections du 3 novembre, le vainqueur se retrouvera à la tête d’un pays plus divisé que jamais. Les plus alarmistes évoquent même le spectre d’une… guerre civile. S.O.S. pays en détresse?

Depuis des mois, le pays est secoué par des manifestations qui dégénèrent parfois en affrontements, sur fond de tensions raciales. Le coronavirus fait des ravages. Six millions de personnes ont été infectées. Plus de 180 000 sont mortes.(1) Au même moment, la pandémie plonge l’économie dans l’une des pires crises de son histoire. Les inégalités éclatent au grand jour. Un habitant sur six éprouve des difficultés à régler la facture de l’épicerie.(2) Au moins 20 millions n’arrivent plus à payer leur maison ou leur logement.(3)

Au début de l’année, l’opposition a tenté de destituer le président. Mais ce dernier a vite rebondi. À l’approche des élections, il menace de ne pas reconnaître le résultat du scrutin, en cas de défaite.(4) Il a aussi jonglé avec la possibilité de reporter la date du vote, sans trop s’inquiéter de la Constitution. La tension monte, d’autant plus qu’on dénombre 390 millions d’armes à feu sur le territoire. Plus d’une arme pour chaque citoyen!(5)

Récemment, deux élus ont même demandé à l’armée de promettre qu’elle se tiendra à l’écart du processus électoral.(6) Du genre : Messieurs les généraux, aurez-vous la gentillesse de respecter le résultat des élections? La délicatesse de ne pas faire de coup d’état militaire?

Pays au bord de la crise de nerfs

N’ajustez pas votre appareil. Le portrait qui précède n’est pas celui d’un pays en voie de développement. Encore moins d’une obscure république de bananes. Pas du tout. Il s’agit des États-Unis d’Amérique, à deux mois de l’élection présidentielle de 2020! Même que si vous connaissez le numéro de téléphone personnel de Superman, il serait urgent de lui passer un coup de fil…

Par où faut-il commencer? Par la politique, peut-être? Aux États-Unis, chaque campagne présidentielle se révèle plus hargneuse que la précédente. Les candidats font monter les enchères, comme s’il n’y avait pas de lendemain possible advenant une défaite. Un chroniqueur du site Politico.com s’en indigne : «À chaque fois, on nous dit qu’il s’agit de l’élection la plus importante de notre vie. Et nous finissons par le croire…»(7)

De 1952 à 2008, 31 % des publicités électorales dénigraient l’adversaire. En 2016, la proportion était passée à 76 %.(8) Le plus souvent, chaque candidat décrit son rival comme un être «dangereux», voire «indigne» de la présidence. Avec le temps, le message a fait mouche. Plus de 55 % des démocrates affirment que le Parti républicain leur fait «peur». Et 49 % des républicains disent la même chose du Parti démocrate.(9)

On croit rêver en se souvenant qu’en 1996, le candidat républicain Bob Dole insistait pour dire que le démocrate Bill Clinton était un «adversaire». Pas un «ennemi». Aujourd’hui, cette déclaration serait accueillie avec autant d’enthousiasme que la distribution gratuite de gousses d’ail et de crucifix dans un congrès de vampires...

«Un film d’horreur» réalisé par un «idiot»

Difficile à croire, mais l’élection de 2020 place la barre encore plus haut. Un très grand cru de l’insulte. Du côté républicain, le président Donald Trump présente le démocrate Joe Biden comme «une menace existentielle» pour le pays.(10) Selon son humeur du moment, il le traite de «loser», «d’idiot»,  de «marionnette de l’extrême gauche» ou «d’attardé mental». «Joe Biden n’est pas le sauveur de l’âme de l’Amérique — c’est le destructeur des emplois de l’Amérique, a tonné le président. […] Cette élection va décider si nous sauvons le rêve américain ou si nous allons permettre au socialisme de détruire notre destin bien-aimé.(11)

Récemment, le représentant de la Floride Matt Gaez, une étoile montante du Parti républicain, a décrit une victoire démocrate comme «un film d’horreur». «Ils vont vous désarmer, ils vont vider les prisons, ils vont vous enfermer dans votre maison et ils vont permettre aux voyous du MS-13 [gang de narcotrafiquants] de s’établir à côté de chez vous».(12) Plus direct, l’avocat du président, Rudolph Giuliani, estime que les démocrates veulent semer «le chaos».(13) Ah oui, il juge aussi que Joe Biden n’est «pas assez intelligent» pour devenir président.(14)

Une mention à l’animateur Tucker Carlson, de la chaine Fox News, qui affirme que les leaders actuels du Parti démocrate «méprisent» les États-Unis. «Nous ne pouvons pas les laisser diriger cette nation parce qu’ils la détestent. Imaginez ce qu’ils pourraient lui faire,» a-t-il expliqué.(15) On ne s’étonne même plus que M. Carlson soit perçu comme un candidat potentiel pour les élections de 2024. Bref, la relève semble assurée...

La dégringolade du créateur d’une cryptomonnaie québécoise

Justice et faits divers

La dégringolade du créateur d’une cryptomonnaie québécoise

Isabelle Mathieu
Isabelle Mathieu
Le Soleil
Une affiche du film Le Loup de Wall Street est accrochée au mur d’une vaste maison d’un quartier aisé de Charlesbourg, au nord de Québec. Comme l’ancien courtier américain interprété par Leonardo DiCaprio, Dominic Lacroix voulait devenir riche. Il l’a été dans une certaine mesure. Jusqu’à ce que l’Autorité des marchés financiers du Québec et la Security and Exchange Commission (SEC) américaine s’en mêlent.

Dominic Lacroix a 38 ans. Lorsqu’il est apparu cette semaine devant le tribunal (voir autre texte), portant chemise blanche et veston sombre, ses traits étaient un peu tirés. Il n’a ri aucune des blagues échappées par les avocats ou le juge.

Un cancer — qu’il évoque rapidement — et un séjour en prison pour outrage au tribunal ont fait perdre à l’homme d’affaires l’air dégagé qu’il affichait jusque là. Et l’ont fait réfléchir.

«Avant, j’étais plus frustré que d’autre chose par la situation de mes dossiers. Mais j’ai réalisé que j’avais un travail à faire, que je devais collaborer pour que ça se règle.»

«Collaborer» voulant dire enfin ouvrir les livres. Et parler. 

Dominic Lacroix va le faire, sous serment, pendant quelques heures, assis devant son écran d’ordinateur, dans le bureau noir et blanc de sa grande maison évaluée à 2,5 millions $, qui fait l’objet de saisies et qu’il ne paie plus depuis deux ans.

Avant de parler, il invoque la protection contre l’auto-incrimination prévue à la Loi sur la preuve et à la Charte canadienne des droits et libertés.

L’AMF et la SEC, qui ont déposé contre lui, sa conjointe Sabrina Paradis-Royer et son ancien employé Yan Ouellet des accusations pénales pour placements illégaux, ne pourront pas utiliser ses propos.

Ce n’est pas la première fois que Dominic Lacroix raconte sa version de l’histoire. Il l’a fait dans un site Web dédié à dénoncer «l’enfer juridique» vécu par lui et ses proches. 

Né à Sherbrooke, Lacroix décrit son enfance de garçon inventif, à l’esprit scientifique, plutôt solitaire. À l’adolescence, il se passionne pour l’informatique et crée une sorte de logiciel de partage. «Les gens d’ailleurs dans le monde pouvaient appeler à mon numéro de téléphone de la maison avec leur ordinateur et se connecter sur mon ordinateur, raconte Lacroix sur son site Web. Je mettais à leurs dispositions plusieurs jeux, musiques et fichiers. J’avais quelques dizaines de membres qui payaient, je crois, 5 $ par mois pour être abonnés. Je me souviens que je recevais des enveloppes par la poste avec de la monnaie à l’intérieur. C’était comme un mini Internet.»

Après ses études secondaires, Dominic Lacroix enfile les boulots. Il devient organisateur de partys. «C’était immense!», commente Lacroix, à propos de son entreprise.

Il dit avoir dû fermer cette entreprise puisqu’il faisait une concurrence trop directe aux bars sherbrookois et avait reçu des menaces.

Lacroix a ensuite travaillé comme machiniste dans une usine de pièces de métal pour camions et portier dans un bar.

Prêts pour gens «accotés»

Lorsqu’il quitte ces emplois, vers 2008, Lacroix peine à joindre les deux bouts. Les banques ne veulent pas lui prêter les 400 $ requis pour payer un logement.

«C’est à ce moment que j’ai réalisé que je n’étais sûrement pas le seul qui avait besoin d’un petit prêt comme cela rapidement. J’avais mon problème et j’avais la solution! Créer une entreprise qui pourrait autoriser des petits prêts rapidement pour des imprévus sans déplacement.»

C’était la naissance de Micro-Prêts, une entreprise qu’il appellera aussi Mini-Prêts dans certains documents. Dominic Lacroix vend son Jeep Grand Cherokee pour 5000 $ et fait ses premiers prêts à une dizaine de clients.

«On était les derniers prêteurs de ces gens-là, des gens proches de la faillite qui acceptaient les frais d’ouverture et les frais d’intérêt, expliquera Dominic Lacroix au juge. C’étaient des gens avec bons emplois, mais “accotés”, avec des cartes de crédit pleines.»

Les clients (ils seront jusqu’à 50 000 en 2017 selon Lacroix) ont trois mois pour rembourser, avec un taux d’intérêt annualisé d’environ 30 %. Le profit pour Micro-Prêts varie beaucoup, selon la vitesse de remboursement, mais reste très élevé, assure le fondateur.

Il est suffisant pour que Dominic Lacroix l’offre à des investisseurs, qui vont lui confier des dizaines de milliers de dollars en échange de paiements d’intérêt alléchant, d’environ 30 %.

Dominic Lacroix ne s’en vante pas, mais en 2013, au terme de deux ans de procédures intentées par l’AMF, sa compagnie Micro-Prêts et lui-même plaident coupables à un total de six chefs d’accusation pour placement illégal, pratique illégale et transmission d’informations fausses ou trompeuses. Il accepte l’imposition d’une amende de 25 000 $.

Revenu de 402 952 $

En 2016, les affaires de Lacroix sont florissantes. Une quarantaine d’employés travaillent pour ses entreprises de prêts personnels dans les bureaux de sa société de gestion DL Innov, sur le boulevard Lebourgneuf à Québec.

La déclaration fiscale de Dominic Lacroix montre qu’il a eu un revenu de 402 952 $ pour l’année 2016. Et il gagnait beaucoup d’argent depuis déjà quelques années, dira-t-il à la cour.

Son train de vie est à l’avenant. La saisie mobilière exécutée par Revenu Québec chez Dominic Lacroix, à la fin août 2018, permet de deviner son aisance. 

Parmi les 16 pages de procès-verbal et les listes d’items de valeur, on voit plus de 150 bouteilles de vin dans le cellier, plusieurs meubles en cuir, un projecteur de cinéma avec écran de dix pieds par six pieds, beaucoup d’équipement de gymnase et d’appareils électroniques divers, le fameux cadre du Loup de Wall Street et un autre de Pablo Escobar. Dans le garage, deux voitures Mercedes, une Tesla noire et un T-Rex orange, tous des véhicules loués par Lacroix ou sa compagnie.

«The Next Cryptocurrency»

Dominic Lacroix se met à rêver d’une nouvelle cryptomonnaie plus efficace et plus sécuritaire que le Bitcoin.

À la fin mai 2017, il réunit son programmeur en chef Yan Ouellet et trois autres cracks d’informatique dans un local chez DL Innov pour leur parler du projet. Il a déjà une idée du nom : PlexCoin. Il voit aussi un logo doré et noir, avec de grosses lettres carrées et un «X» dominant.

Tout de suite après la réunion, Dominic Lacroix réserve des noms de domaine sur Internet. Selon Lacroix, Yan Ouellet va créer rapidement la blockchain (technologie de stockage et de transmission d’informations, décentralisée et sécurisée) et les wallets, adresses porte-feuilles pour la nouvelle cryptomonnaie.

«Ce n’était pas si compliqué, assure Lacroix. Ça a pris une journée créer le PlexCoin et lui donner une valeur de base.»

Richard Therrien
Le Soleil
Richard Therrien
20 buzz télé de l’automne

Télévision

20 buzz télé de l’automne

Rentrée pas ordinaire dans notre télé cet automne, mais plus garnie qu’on l’anticipait! En plus de District 31, dont on attend le retour avec fébrilité, plusieurs nouvelles émissions de variétés combleront l’absence de fictions, reportées en raison de la pandémie. Pour se changer de la COVID, voici 20 titres à surveiller sur nos télés généralistes et sur les chaînes spécialisées.
  • DISTRICT 31
    Début : lundi 7 ­septembre à 19h
    ICI TÉLÉ

L’attente n’aura pas été vaine : nous verrons enfin les huit derniers épisodes de la précédente saison, réunis la même semaine en quatre heures. Plus folle que jamais, Nancy Riopelle (Geneviève Schmidt) prépare sa vengeance, qu’on devine terrible! Une mésentente au sujet de la protection de Virginie Francoeur (Catherine-Audrey Lachapelle) créera de la bisbille entre Patrick et Daniel (Vincent-Guillaume Otis et Gildor Roy). Un nouveau personnage fera son apparition dans la cinquième saison, en la personne du grand patron des Services Secrets, joué par Rémy Girard. Conjointe dans la vraie vie de Vincent-­Guillaume Otis, Éveline Gélinas jouera une avocate. De quoi rendre jalouse Noélie (Catherine St-Laurent)!

  • FRAGILE
    Début : lundi 14 septembre à 21h
    ICI TÉLÉ

Si vous ne l’avez pas déjà vue sur l’Extra, l’histoire de ces deux amis que tout éloignait demeure incontournable. Marc-André Grondin et Pier-Luc Funk offrent une performance extraordinaire dans cette série signée Serge Boucher, qui nous a tant émus avec Feux, Aveux et Apparences. Le premier épisode commence avec un grave accident, avant qu’on retourne dans le passé pour expliquer cette issue tragique.

  • LES MUTANTS
    Du lundi au vendredi à 18h30
    TÉLÉ-QUÉBEC

Deux garçons passent l’été chez leur grand-père (Rémy Girard), dans cette quotidienne destinée aux 8 à 10 ans. L’un des deux forme un trio complice avec un garçon atteint du syndrome d’Asperger et une fillette hyperactive. Ensemble, ils devront faire la lumière sur une famille disparue, en plein processus de mutation.

Le mouvement anti-masques: rien n’est vrai, tout est possible

Actualités

Le mouvement anti-masques: rien n’est vrai, tout est possible

Jean-Simon Gagné
Jean-Simon Gagné
Le Soleil
Pour eux, le masque est une «muselière». Un outil pour bâillonner la population. Les plus paranoïaques ne croient pas que la COVID-19 soit très dangereuse, en supposant même qu’elle existe. De Québec à Washington en passant par Montréal ou Madrid, le mouvement anti-masques est devenu un univers parallèle, avec ses héros, sa version de la science et sa propre réalité. Un monde où rien n’est vrai, mais où tout est possible.

Québec, 23 août 2020. Quelques milliers de personnes marchent dans les rues pour dénoncer l’obligation de porter un masque à l’école. Leurs pancartes parlent des «droits de l’enfant», de «liberté d’expression», de «dictature» et de «trahison». Dans la foule, on croise des parents inquiets. Des gens qui ne comprennent plus les directives de la santé publique. Des anti-vaccins. Des partisans de Donald Trump avec leur slogan «Make Quebec Great Again». Sans oublier quelques illuminés, comme les apôtres d’un Jésus anti-masque qui rend «libres».

Bienvenue dans le «Big Bazar» anti-masques. En cherchant bien, on trouve même des disciples de QAnon, un mouvement qui prétend que le monde est dirigé par une vaste conspiration d’élites pédophiles, parmi lesquels on remarque Hillary Clinton, Barack Obama, Tom Hanks et Bill Gates. Heureusement, au milieu du chaos, le «superhéros» Donald Trump tente de redonner le pouvoir au peuple!1 Les QAnons les plus allumés soutiennent que le candidat démocrate Joe Biden et le pape François ont été assassinés et qu’ils ont été remplacés par des... hologrammes. Il fallait y penser.(2)

Une auberge sous les regards [PHOTOS]

La Capitale

Une auberge sous les regards [PHOTOS]

Normand Provencher
Normand Provencher
Le Soleil
Située à 45 minutes de Québec, en face de Montmagny, L’Isle-aux-Grues est un petit paradis pour l’amateur de beaux paysages, d’ornithologie et de fromages artisanaux. En cet été atypique, les visiteurs y ont été plus nombreux que jamais, particulièrement à L’Auberge des Dunes, avec sa vue imprenable sur le fleuve et ses couchers de soleil sur les montagnes de Charlevoix. Ambitieux, le nouveau propriétaire compte donner un nouvel élan aux lieux, mais également bonifier l’offre touristique sur l’île. Explications.

D’aussi loin qu’il se souvienne, Nicolas Marcoux a toujours eu un faible pour L’Isle-aux-Grues. Il n’est pas le seul. Le regretté peintre Jean-Paul Riopelle en avait fait aussi son petit coin de paradis. Charmés par ses attraits, l’homme d’affaires de Québec et son épouse ont développé au gré de plusieurs séjours estivaux un fort lien d’appartenance avec l’endroit. Aussi était-il dans l’ordre des choses que le couple en vienne un jour à s’y établir. La mise en vente de L’Auberge des Dunes, un lieu mythique pour les insulaires, lui a fourni le prétexte idéal.

Le 1er août, en compagnie de son épouse et d’un associé, Nicolas Marcoux s’est porté acquéreur de ce gîte ancestral, si cher au cœur de la centaine d’habitants de l’île. La présence sur la rive du célèbre Bateau ivre, dont le nom est inspiré d’un poème de Rimbaud, ajoute à l’aspect sentimental. Depuis des décennies, les insulaires ont été nombreux à venir festoyer sur ce navire porteur d’une riche histoire. La traditionnelle fête de la Mi-Carême y a souvent été célébrée. En conséquence, le nouveau propriétaire se sent investi d’une lourde responsabilité.

«On prend possession d’une âme, c’est fort. On sent un devoir de mémoire. C’est important de préserver ce lieu pour mettre en valeur son caractère historique qui est absolument extraordinaire», témoigne-t-il au bout du fil, enthousiaste.

En toile de fond de la conversation, la clochette de la porte d’entrée témoigne à de nombreuses reprises que l’achalandage est fort en cet été pas comme les autres. «L’hôtel est plein jusqu’à la fin septembre et on a des réservations pour le mois d’octobre. On ne s’y attendait pas.»

Bateau rénové

Faute de moyens pour assurer leur entretien, l’auberge et le navire ont souffert du passage du temps. Qu’à cela ne tienne, les nouveaux propriétaires ont la ferme intention de leur redonner de l’éclat. À commencer par l’auberge où seront aménagées deux nouvelles chambres à l’arrière. La salle à manger, faite pièce sur pièce et vieille de 300 ans, deviendra «le coeur» de l’auberge. Histoire de faire profiter au plus grand nombre du paysage, une terrasse sur trois niveaux devrait être aménagée pour le début de la prochaine saison estivale.

L’offre alimentaire, disparue ces dernières années, ressuscitera à la faveur de mets préparés sous vide. Une solution qui permettra de pallier le manque de main-d’œuvre et l’approvisionnement, deux facteurs «plus compliqués sur une île» mentionne M. Marcoux.

L’emblématique Bateau ivre, un ancien remorqueur, subira également une cure de rajeunissement. Deux suites seront aménagées dans sa partie avant. La réception de l’auberge y sera installée. La structure arrière du navire sera démantelée et transformée en terrasse permettant aux touristes de jouir du paysage. 

Riche histoire

«On veut redonner au bateau son image la plus proche possible de son état original. On sent un devoir de mémoire pour s’assurer que les Gruois (nom des habitants de l’île) puissent se réapproprier ce navire au caractère historique si extraordinaire», explique M. Marcoux, en déclinant la riche feuille de route de ce «monument» fabriqué par l’armée américaine en 1944. «C’était un remorqueur avec une coque en bois pour éviter les mines magnétiques déposées par les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale. Il a aussi servi pendant le débarquement de Normandie.»

Brigitte Breton
Le Soleil
Brigitte Breton
Plus que des gardiennes d’enfants

Brigitte Breton

Plus que des gardiennes d’enfants

CHRONIQUE / Au nom de l’enseignante s’ajoute celui de l’éducatrice du service de garde pour de nombreux enfants. Mme Sandra cohabite avec Mme Magalie dans son quotidien. Mais même si plus de 60 % des écoliers ont besoin de ce service avant et après les heures de cours ainsi que le midi, et même si certains y passent presque autant d’heures qu’en classe, le travail du personnel des services de garde scolaire n’est souvent pas reconnu à sa juste valeur. Cela pourrait nous jouer des tours.

«Ce ne sont pas des gardiennes d’enfants, mais bien des éducatrices. C’est un service éducatif», soutient Diane Miron, directrice générale de l’Association québécoise de la garde scolaire (AGGS). 

Qu’est-ce que les parents de jeunes enfants feraient sans les services de garde de l’école à 7h le matin, le midi, entre 15h et 18h, lors des nombreuses journées pédagogiques ou lors de la semaine de relâche? 

Les heures passées au service de garde peuvent être très agréables et stimulantes si l’équipe est compétente et dynamique. Si le personnel se contente de faire de la surveillance, les enfants risquent de trouver le temps long.

Le télétravail va peut-être inciter des parents à délaisser les services de garde scolaire. Mais pour plusieurs, ceux-ci demeureront essentiels pour concilier travail et famille. Encore faut-il que du personnel soit au poste pour assurer le service.

Là aussi, des écoles manquent de personnel. C’était le cas avant la pandémie. Dans certains établissements, le ratio d’une éducatrice pour 20 enfants ne peut pas être respecté faute de personnel. «Il grimpe à 25, à 30», rapporte Mme Miron. 

À cause de la pandémie, à cause que des éducatrices décident de faire de la suppléance dans les classes pour pallier la pénurie d’enseignants, mais aussi parce que les conditions d’exercice ne sont pas attrayantes, le manque de main-d’œuvre dans les services de garde risque de s’accentuer. 

«Horaire brisé. Semaine de travail variant entre 8 et 35 heures. Manque de reconnaissance. Pas pris au sérieux par le reste de l’équipe-école. Manque de formation et d’encadrement», résume la directrice générale qui rappelle que la situation est déplorée depuis des décennies. 

Si le personnel se fait rare, les places disponibles au service de garde des écoles pourraient donc aussi se raréfier.

Mme Miron souligne que le règlement sur les services de garde en milieu scolaire est minimaliste et qu’en plus, il date de 1998. 

Le profil de la clientèle a pourtant changé au cours des 22 dernières années. Le nombre d’enfants avec des difficultés d’apprentissage et de comportement est en hausse. Les maternelles 4 ans ont été développées. Le nombre d’immigrants a aussi augmenté dans les écoles.

Les services de garde doivent donc composer avec des enfants de 4 à 12 ans dont les besoins et les difficultés ne s’estompent pas lorsqu’ils sortent de la classe.

Mme Miron prône davantage de formation continue pour permettre aux éducatrices et aux éducateurs d’être à la fine pointe des connaissances sur le développement de l’enfant et des meilleures pratiques.

Présentement, une formation en technique d’éducation à l’enfance est exigée pour être responsable d’un service de garde. Une attestation d’études professionnelles de 350 heures de formation et de 40 heures de stage est requise pour les autres membres du personnel. 

Mme Miron ne cache pas que le niveau de formation minimale exigé peut expliquer pourquoi la collaboration entre le service de garde et l’équipe-école est parfois difficile et pas aussi étroite qu’elle le mériterait dans certains milieux.

Québec doit lancer sous peu une vaste campagne pour recruter du personnel dans le réseau scolaire. La directrice voit l’initiative d’un bon œil à condition que le ministère de l’Éducation améliore les conditions de travail et valorise le rôle joué par les éducatrices.

Elle estime que les écoles pourraient mettre davantage les éducatrices à contribution pour épauler les enseignants. 

Dans le plan de 16 pages détaillant les règles à suivre dans les écoles en temps de pandémie, le ministère n’a consacré que six paragraphes aux services de garde. 

Comme si leur apport était négligeable. Comme si le personnel et les utilisateurs de ce service pouvaient davantage prendre des risques avec leur santé et leur sécurité. Comme si l’école et le service de garde ne formaient pas un tout.

Mylène Moisan
Le Soleil
Mylène Moisan
Une rentrée en points d’interrogation

Mylène Moisan

Une rentrée en points d’interrogation

CHRONIQUE / «Maman, est-ce qu’on va porter le masque à l’école?»

«Oui et non…»

Des questions, en voulez-vous en v’là avec cette rentrée scolaire qui n’a rien à voir avec celles qu’on a connues avant, où on avait juste à s’assurer que nos enfants aient tout ce qui figure sur la liste d’effets scolaires, des crayons HB et des cahiers Canada en masse. Et des crayons de couleur pour les plus petits.

On a donc su la semaine dernière que les élèves allaient devoir porter le masque, mais pas tout le temps. Mes garçons étudient dans un programme de concentration sportive, au primaire et au secondaire, ils n’auront pas à porter le masque sur le terrain de soccer, ils le porteront dans l’autobus entre le terrain et l’école, l’enlèveront dans la classe, mais le porteront pour aller à la toilette. 

D’où le «oui et non».

Ceci dit, ils finiront par s’habituer à ce port «intermittent», mais ils devront aussi s’habituer à le porter correctement.

Ça, c’est une autre histoire.

Mais pour certains parents, cette rentrée comporte un lot supplémentaire d’inquiétudes souvent en raison d’une condition médicale qui leur donne l’impression de jouer à la roulette russe en envoyant leur enfant à l’école. Et les informations qu’ils obtiennent sont tout sauf claires, elles diffèrent selon la personne qui répond.

J’avais écrit une chronique où des parents demandaient à ce que leur plus vieux ait droit à l’enseignement à distance étant donné que le système immunitaire de la mère est complètement à plat en raison de traitements agressifs, on avait statué qu’elle n’y avait pas droit. 

Puis, le ministère a «clarifié» sa position, on a dit que ce serait du cas par cas et que, dans le cas de cette dame, il pourrait y avoir une exception.

Et puis Johanne* m’a écrit, elle et son conjoint ne sont pas immunosupprimés, mais la santé fragile du père fait en sorte qu’ils préféreraient garder leurs deux garçons à la maison au lieu de les envoyer à l’école et au CPE. Ce qu’on leur dit, c’est que, même s’ils payent la place en CPE, ils la perdront si leur enfant n’y va pas. Et pour l’école, c’est la position «claire» du ministère c’est du cas par cas.

«Pour mon fils le plus vieux, je souhaite qu’il bénéficie de l’école à distance, mais il faut un papier du médecin. Je tente depuis une semaine de savoir quelles conditions de santé peuvent bénéficier de l’école à distance, mais impossible jusqu’à maintenant de trouver des réponses que ce soit auprès du Centre de service ou de l’école même. J’ai demandé à un médecin, par connaissance interposée, ce médecin n’avait pas été mis au courant non plus des conditions qui pouvaient se prévaloir de l’école à distance.»

Et l’école commence vendredi.

Ma collègue Johanne Fournier a écrit cette semaine à propos du cri du cœur d’une mère d’un enfant autiste. «On a zéro nouvelle, a-t-elle dénoncé. Ce n’est pas facile! J’ai un enfant qui demande beaucoup de préparation. Pour une nouvelle année scolaire normale, son temps d’adaptation est d’un mois. C’est un défi. Il faut qu’on le prépare et ça nous prend des réponses. On est à une semaine de la rentrée et on ne sait rien! On est comme dans un trou, un genre de tourbillon. Comme personne n’a l’air d’avoir les informations, tout le monde pellete par en-avant!»

On lui a dit d’être patiente.

On ne parle pas beaucoup des services de garde en milieu scolaire et pourtant, là plus qu’ailleurs, on se demande encore comment on respectera les concepts de bulles-classes, où les élèves d’un même groupe resteront ensemble — sans masque — pour éviter de multiplier les contacts entre les jeunes.

Le ministère a annoncé il y a 10 jours qu’il renonçait aux bulles de cinq ou de six élèves qui avaient été annoncées dans le plan de juin, il a «agrandi» la bulle pour qu’elle puisse contenir jusqu’à plus d’une vingtaine d’élèves, tant au primaire qu’au secondaire, parce que les petites bulles auraient été ingérables.

Dans les services de garde, ce sont les grandes bulles qui posent problème, parce que les groupes sont habituellement composés d’élèves de classes différentes, étant donné qu’une partie des élèves dîne à la maison, un nombre qui serait d’ailleurs plus grand avec le télétravail. 

Une personne responsable d’un service de garde dans une école m’a écrit, elle ne sait toujours pas comment faire. «Nous sommes en mesure de nous adapter aux différentes mesures sans trop de difficultés, sauf une. Les fameuses bulles. [Nous avions autrefois] une procédure très simple : des regroupements de groupes. […] Je vous confirme qu’il sera quasi-impossible de trouver huit éducatrices de plus pour s’assurer que chaque groupe puisse rester dans sa classe. Je vous rappelle qu’il n’y a pas si longtemps, il n’était pas rare qu’il manque 10, 20, même 30 éducatrices à la grandeur de la commission scolaire, sans personne pour les remplacer. Des groupes de 30 ou de 40 élèves par éducatrice en provenance de quatre ou cinq classes différentes, bien qu’absolument pas souhaitables, devaient parfois se produire…»

D’ailleurs, sur le site du Centre de services scolaire (oui, sans s) de la capitale, on est en pleine campagne de recrutement pour pourvoir de toute urgence au moins une centaine de postes de toutes sortes.

L’école, je le répète, commence vendredi.

Alors voici ce que le gouvernement dit aux responsables des services de garde en milieu scolaire, de respecter les bulles «dans la mesure du possible». Aussi bien dire que c’est du grand n’importe quoi. [Le centre de service] n’est pas dupe, on sait très bien qu’on ne pourra vraisemblablement combler tous ces besoins, et nous avons déjà reçu des consignes concernant la façon la plus sécuritaire pour nous adapter, mais je tenais à dire que cela vient en contradiction directe avec le concept de la bulle. Si jamais un enfant tombe malade, nous n’aurons pas à intervenir seulement auprès de sa classe. Nous aurons aussi à avertir les élèves qui sont dans son groupe élargi au service de garde en provenance d’une deuxième classe», ou d’une troisième…

«Je n’ai personnellement pas de problème avec ces solutions, mais elles ont tous un point en commun : les bulles seront immanquablement éclatées au service de garde. Si le gouvernement est prêt à prendre ce risque, c’est lui le «boss», mais on discute tellement peu de nous que je ne sais pas s’ils nous ont oubliés.»

Je ne sais pas non plus.

Puis il y a le cégep aussi, où il y a aussi des points d’interrogation, où chaque établissement semble interpréter les règles à sa façon. 

Une mère m’a écrit, ses deux enfants entrent au cégep, et il lui reste beaucoup de questions elle aussi. «Le ministère de l’Éducation a envoyé les mêmes directives à tous les cégeps et demande de favoriser le plus de cours en présence, mais sans donner de chiffres précis. […] Ça leur laisse donc de la latitude pour décider ce qu’ils veulent faire. Certains établissements ont fait des classes extérieures, allongé l’horaire des journées, trouvé des salles plus grandes comme la cafétéria, la salle de spectacle, l’église... tout ça pour favoriser le maximum de présentiel. Mais c’est à géométrie variable, car d’autres établissements sont plus allés vers un programme de deuxième vague avec cours à distance au maximum. Le ministre [Jean-François] Roberge avait aussi parlé d’y aller pour le présentiel selon qu’il s’agit d’une région froide ou chaude, mais ce n’est pas non plus dans les directives écrites.»

Ça va comme c’est mené.

À l’autre bout des points d’interrogation, il y a des personnes comme Élisabeth Fortin, directrice de l’école secondaire Cardinal-Roy, qui doit tenter de répondre aux questions qui fusent de toutes parts. Préparer la rentrée est déjà un casse-tête en temps normal, ça devient carrément un exploit avec ce foutu virus qu’on doit tenir loin des classes et des élèves.

Je lui ai parlé jeudi, elle a trouvé un quart d’heure dans son horaire pour me raconter comment ça se passe à moins d’une semaine du Jour J, ce jour n’étant d’ailleurs pas le même pour tout le monde, les élèves des première, deuxième et troisième secondaires sont attendus en personne vendredi, et les élèves de quatrième et cinquième secondaires auront une rencontre virtuelle le matin.

Ils seront en classe lundi.

«Trouver des réponses, ce n’est pas si pire, c’est de les mettre en œuvre qui est plus compliqué!» me lance d’entrée de jeu la directrice de l’école, qui compte environ 70 élèves au programme régulier, presque 800 au programme sport-art-étude, partagés dans une quarantaine de disciplines, et plusieurs qui doivent être transportés entre l’école et l’endroit où ils pratiquent leur discipline. 

Elle et son équipe en sont encore à discuter avec les chauffeurs d’autobus à savoir s’ils acceptent de mettre un plexiglas derrière eux, faute de quoi il y aura quatre élèves sur les 48 prévus qui ne pourront pas y prendre place. Est-ce qu’on devra louer un autobus supplémentaire? «On ne le sait pas encore…»

Il faut aus­si penser aux professeurs qui deviennent itinérants et qui devront passer d’un local à l’autre, parfois jusqu’à une dizaine. «Avant, ils avaient leur local à eux et là, ça change, c’est quasiment le prof l’invité… Il a fallu acheter des chariots, prévoir des locaux pour eux» pour qu’ils puissent y laisser leurs affaires.

Peu importe le degré de préparation, Mme Fortin sait qu’il faudra s’ajuster au fur et à mesure. «Pour le dîner, ce qui est prévu, c’est que les élèves mangent un lunch froid ou un thermos dans leur classe au lieu d’aller à la cafétéria, mais on verra ça, on ne peut pas encabaner les élèves dans leur classe pendant une année!»

Ce sont les mots qui reviennent le plus souvent, «on verra», peu importe à qui on parle. «Il reste beaucoup de si...»

* Prénom fictif

François Bourque
Le Soleil
François Bourque
La boîte à surprise d’une élection référendaire sur le tramway

François Bourque

La boîte à surprise d’une élection référendaire sur le tramway

CHRONIQUE / Nous voici donc en route vers une élection référendaire à Québec à l’automne 2021 avec comme principal enjeu le tramway. 

L’administration Labeaume aurait préféré l’éviter et pressait le gouvernement Legault d’accélérer le processus d’approbation pour lui permettre de signer les contrats avec un consortium avant l’élection.

Une façon peu élégante de mettre un projet controversé à l’abri de la politique ou d’en rendre l’abandon beaucoup plus compliqué.

Sensible au faible niveau d’acceptabilité sociale du projet, le gouvernement Legault a refusé. Il maintient l’échéancier initial et attendra l’avis du BAPE (en novembre) et d’une étude interne d’achalandage avant de donner le feu vert.

Il faudra ensuite compter entre 12 et 14 mois pour obtenir des propositions chiffrées du privé, en faire l’analyse et signer avec le consortium choisi.

Cet échéancier est «difficilement compressible», a expliqué la semaine dernière le directeur de projet Daniel Genest. Cela signifie qu’il sera impossible de conclure avant l’élection.

Le tramway deviendra donc l’enjeu principal de la prochaine course à la mairie. Plus significatif peut-être que le choix de la personne d’un maire (ou mairesse) pour diriger la Ville pendant quatre ans.

Le parti d’opposition Québec 21 proposera de «tirer la plogue» sur le tramway.

Équipe Labeaume et Démocratie Québec voudront au contraire le maintenir, ce qui risque de provoquer une division des votes pro-tramways et de favoriser les opposants.

Mais y aura-t-il encore une équipe Labeaume l’automne prochain? Le maire n’a toujours pas dit s’il compte solliciter un autre mandat.

Une logique voudrait qu’il revienne pour défendre «son» projet et en fasse son cheval de bataille électoral.

Sa stature politique pourrait alors «sauver» le tramway face à un adversaire de Québec 21 qui, pour plusieurs, ne fait pas le poids à la mairie.

Surdoses et pandémie: pourquoi les intervenants terrain s’inquiètent

La Capitale

Surdoses et pandémie: pourquoi les intervenants terrain s’inquiètent

Guillaume Mazoyer
Guillaume Mazoyer
Le Soleil
Le territoire de la Capitale-Nationale est secoué par une hausse marquée du nombre mensuel de surdoses par rapport à 2019. Sur le terrain, le travail des intervenants a été compliqué par la pandémie.

Lancée en mars, la clinique de soins mobile de la Coopérative de solidarité SABSA reprend ses fonctions après une pause forcée et doit trouver un nouvel équilibre entre testage des substances, prévention et mesures sanitaires imposées par la COVID-19.

Le moment choisi par la pandémie pour se pointer le bout du nez n’était pas le meilleur pour le projet de clinique de soins mobile. «On venait de se lancer le 2 mars et à partir du 13, tout était en pause; le timing était très mauvais, constate Amélie Bédard, la directrice générale de SABSA. 

La fermeture en mars entre les différents secteurs, dont celui de Charlevoix, ne permettait plus à l’équipe de s’y rendre. «Au mois de mars et avril, on a mis ça sur pause, parce que ça ne faisait pas de sens de continuer», poursuit-elle. La reprise s’est graduellement faite en mai avec des partenaires de la clinique, mais sans intervention avec le véhicule.

[QUIZ] L'histoire des écoles de Québec en 7 questions

Histoire

[QUIZ] L'histoire des écoles de Québec en 7 questions

 Julie Beloin
Julie Beloin
Société historique de Québec
Dans quelques jours, des milliers de jeunes retourneront en classe. Cette rentrée scolaire sera certainement différente de celle de l'an dernier, et n'aura rien de comparable avec celle de... 1635, année où la première école de Québec ouvre ses portes.

Pour l’occasion, nous vous présentons un quiz à propos des premières institutions scolaires de manière à voir si vous connaissez bien : les petites écoles du régime français, le Séminaire de Québec, l'École normale Laval, l'Académie de Québec et l'École technique construite en 1909. 

En somme, nous vous proposons un bref survol de quatre siècles d'histoire de l'éducation à Québec.

Pour accéder au questionnaire, cliquez ici.

D’un Tomas Tam à l’autre

La Capitale

D’un Tomas Tam à l’autre

Normand Provencher
Normand Provencher
Le Soleil
La fermeture d’un restaurant n’est jamais chose facile à accepter pour son propriétaire, surtout s’il a sué sang et eau pendant une trentaine d’années comme c’est le cas pour Tomas Tam. Mardi, l’homme d’affaires a annoncé que l’établissement qui porte son nom, coin Marais et Pierre-Bertrand, dans le secteur Lebourgneuf, fermait ses portes. D’un optimisme à tout crin, l’homme d’affaires refuse toutefois de se laisser abattre. Il consacrera dorénavant ses énergies à son autre établissement du boulevard Hamel.

«Il y a pire que ça dans la vie que j’ai vécue», laisse tomber le restaurateur originaire du Mozambique, né de parents chinois. «En Afrique, j’ai connu le communisme, le colonialisme, la dictature. J’ai passé ma vie là-bas à affronter des difficultés. Je suis chanceux d’être en santé et de vivre libre dans un pays démocratique, c’est ça le plus important.»

Au lendemain de l’annonce de la fermeture officielle de son établissement, qui n’avait pas rouvert ses portes au public depuis le début de la pandémie, sauf pour des plats à emporter, Tomas Tam a accueilli quelques collègues restaurateurs venus jeter un coup d’oeil sur la marchandise mise en vente. L’endroit, désert, tranchait avec l’affluence des beaux jours, alors qu’il pouvait voir passer jusqu’à un millier de clients quotidiennement.

Maison de 120 ans à donner à Beauport… mais il faut la déménager

La Capitale

Maison de 120 ans à donner à Beauport… mais il faut la déménager

Baptiste Ricard-Châtelain
Baptiste Ricard-Châtelain
Le Soleil
Le titre de l’annonce publiée sur un populaire site Web a de quoi surprendre : «Maison 1900 à donner.»

La suite a piqué un peu plus notre curiosité. Voici la reproduction des détails fournis par l’annonceur: «Maison construction 1900. Pièces sur pièces. À donner sinon elle sera démolie vers fin août. Situé à Beauport et elle doit sortir du terrain. (à défaire et reconstruire ailleurs)»

Intrigués, nous avons interpellé le «vendeur»… sans succès. 

À ce stade, nous ne connaissions donc ni l’adresse ni la raison du don de la maison de 120 ans. Nous n’avions pas plus la confirmation que son éventuelle démolition a été dûment autorisée par la Ville.

Nous avons interpellé la mairie. Mais n’avons pas eu plus de succès auprès des services municipaux. «Sans adresse, il sera aussi difficile pour nous de faire des recherches dans notre système», nous a répondu la conseillère en communication Audrey Perreault.

Le mystère persistait. Jusqu’au retour de vacances de l’équipe de la Société d’art et d’histoire de Beauport… En voyant une copie de l’annonce que nous avions transmise, le vice-président histoire et patrimoine, Pierre Drouin, a tout de suite reconnu la demeure sur la photo: «Je suis bien au courant de cette situation. Ça se passe à deux pas de chez moi […]. Les propriétaires de la maison, descendants de ceux qui ont construit la maison ancienne, se sont construit une nouvelle maison sur le terrain avant.»

Effectivement, un bâtiment moderne de bonne dimension a poussé sur le grand gazon qui s’étendait devant la centenaire du 17, avenue des Cascades. 

Caroline Marcil: se relever après une chute

Sports

Caroline Marcil: se relever après une chute

Louis-Simon Gauthier
Louis-Simon Gauthier
Le Nouvelliste
Imaginez que l’une de vos scènes parmi les plus humiliantes ait été filmée puis diffusée dans le monde entier. Vous devenez viral et perdez le contrôle de votre image. Angoissant, n’est-ce pas? Il y a 15 ans, Caroline Marcil l’a appris à ses dépens, avant un match de hockey sans histoire au Colisée Pepsi de Québec. Gaffer trois fois plutôt qu’une pendant l’interprétation de l’hymne national américain aura été une expérience traumatisante. La suite des événements aura toutefois permis à la jeune femme de grandir... et de vivre des expériences formidables. Caroline Marcil a accepté l’invitation du Nouvelliste de revenir sur cet épisode marquant de sa vie dans le cadre de la série "Dans l’œil de..."

Propos recueillis par Louis-Simon Gauthier

22 avril 2005, en après-midi. Je chante depuis quelques années et ce soir, à 24 ans, je vivrai une première: interpréter les hymnes nationaux devant plus de 7000 spectateurs. J’ai l’expérience des salles, mais pas de cette ampleur!

Des étoiles plein les yeux

Le Mag

Des étoiles plein les yeux

Valérie Marcoux
Valérie Marcoux
Le Soleil
Chaque année, le passage des perséides éveille l’intérêt des astronomes, amateurs et professionnels, ainsi que des astronomes d’un soir. Cette année, en raison du contexte sanitaire, l’accès aux observatoires est restreint et les festivals d’observation du passage de cet essaim de météores sont, pour la plupart, annulés. La chasse aux étoiles sera vraisemblablement plus complexe cet été, mais tout de même possible.

Notamment, grâce à la complicité des clubs d’astronomes amateurs de Québec et de la Rive-Sud qui ont accepté de partager leurs astuces pour s’adonner à l’observation du ciel nocturne à moins d’une heure de route de la capitale et sans avoir besoin d’équipement professionnel.

Toutefois, il est bien d’avoir avec soi une source de lumière, plus puissante qu’un téléphone, puisque vous risquez de vous retrouver dans des endroits très sombres. Cela vous permettra aussi de réserver la batterie de votre téléphone intelligent pour l’utilisation d’applications utiles à l’observation du ciel, tel Sky Map qui permet de s’orienter et d’identifier ce que l’on voit.

Que peut-on observer?

Plusieurs objets et phénomènes sont distinguables à l’œil nu : c’est d’ailleurs ce qui rend le passage des perséides si populaire! Ces météores visibles dès le 20 juillet jusqu’au 25 août tiennent leur nom de la constellation de Persée d’où elles semblent provenir, explique le président du club d’astronomie Véga, Philippe Moussette. Les perséides atteindront leur visibilité maximale les 12 et 13 août prochains.

L’ABC du cauchemar démocratique

Monde

L’ABC du cauchemar démocratique

Jean-Simon Gagné
Jean-Simon Gagné
Le Soleil
Des élections au temps du coronavirus? Jusqu’ici, l’exercice se révèle compliqué, mais possible. Un tour du monde du casse-tête électoral en 26 étapes.

A comme Abstention

Si les électeurs qui s’abstiennent de voter formaient un parti, ce dernier deviendrait souvent la principale formation politique. C’est le cas aux États-Unis, en France, au Canada et au Québec. La crise du coronavirus n’améliore pas les choses. Le 15 mars, lors du premier tour des élections municipales en France, le taux d’abstention a dépassé 55 %.1

B comme Blague

Dans l’espoir de relancer l’économie américaine et de favoriser la réélection du président Trump, le Parti républicain mise sur le tourisme relié... à la pêche à la ligne! En prime, la création d’un poisson combinant les gênes d’un maskinongé et ceux de Donald Trump, baptisé le «maskidonald». Très agressif. Combatif. En plus, il atteint une taille phénoménale. Le problème, c’est qu’il est si stupide qu’il ne nage toujours pas...

C comme Cauchemar

Le livre Will He Go? imagine le scénario cauchemar pour les élections présidentielles du 3 novembre aux États-Unis.2 En fin de soirée, le républicain Donald Trump et le démocrate Joe Biden se retrouvent quasiment à égalité. Trump détient une légère avance dans les trois États qui restent à départager — la Pennsylvanie, le Michigan et le Wisconsin. Il se déclare vainqueur. Mais Biden refuse de concéder la victoire. Beaucoup de votes par la poste restent à compiler. De fait, durant les jours suivants, la tendance s’inverse. Joe Biden crie à son tour victoire. Attendez. Cette fois, c’est Donald Trump qui s’oppose. Selon lui, on lui vole l’élection! Le pays se retrouve soudain avec deux présidents…3

[QUIZ] Sept questions sur les fontaines de Québec

Histoire

[QUIZ] Sept questions sur les fontaines de Québec

 Julie Beloin
Julie Beloin
Société historique de Québec
Durant la période estivale, il n'y a sans doute rien de plus rafraîchissant que l'eau. Il y a celle qu'on boit du robinet ou embouteillée, celle du fleuve, des lacs et des rivières pour les activités en plein air et celle des fontaines qui agrémentent les aménagements urbains.

L'eau jaillit de partout dans la ville par l'abondance de fontaines qu'on y trouve, que ce soit dans les parcs, sur les places publiques ou en face de diverses institutions. 

Nous vous proposons un quiz de sept questions pour vous faire découvrir les fontaines de Québec sous tous leurs aspects : anciennes et plus récentes, petites ou colossales, décoratives ou utilitaires.

Pour accéder au questionnaire, cliquez ici.

L’ancien journaliste et professeur Jean-Claude Picard s’éteint

Actualités

L’ancien journaliste et professeur Jean-Claude Picard s’éteint

Léa Harvey
Léa Harvey
Le Soleil
Toute une génération de journalistes de Québec a une pensée pour son ancien professeur Jean-Claude Picard de l’Université Laval, décédé chez lui à St-Romuald. Si d’anciens collègues et amis se souviennent du grand journaliste au talent inégalable pour raconter des histoires, d’anciens étudiants voient en ce professeur sévère, mais passionné, une figure de mentor inoubliable.

Avant de devenir l’un des «piliers» du département d’information et de communication de l’Université Laval, Jean-Claude Picard a pratiqué le métier de journaliste pendant plus de 20 ans. Il a notamment été courriériste parlementaire pour Le Soleil et Le Devoir. Orateur hors pair, il a aussi fait les revues de presse matinales à la radio de Radio-Canada avant de devenir patron dans la salle des nouvelles de Radio-Canada Québec. 

Journaliste rigoureux, il déplorait le mélange de plus en plus fréquent entre l’opinion et la nouvelle, raconte Thierry Watine, professeur, ancien collègue et ami de M. Picard. «Dans son cours Initiation au journalisme écrit, Jean-Claude avertissait toujours ses élèves de ne pas mettre de commentaire dans leur nouvelle. “Revenez-en aux faits, rien que les faits, toujours les faits”, c’était ce qu’il disait», indique l’enseignant.

Passionné par son métier, M. Picard a animé et dirigé L’Exemplaire, le média-école des étudiants en journalisme de l’Université Laval, peu de temps après sa création. Avec son collègue François Demers, ancien journaliste et professeur, il a notamment contribué au virage numérique du média étudiant.

Que ses étudiants écrivent pour L’Exemplaire ou pour un média national, M. Picard leur apprenait la bonne «posture journalistique» à adopter. Avec sa vision très lucide du métier, il montrait la réalité du terrain et les «bons réflexes à avoir», précise Valérie Gaudreau, rédactrice en chef du Soleil et ancienne élève de M. Picard.

«Jean-Claude Picard a marqué toute une génération de journalistes à Québec ainsi que tous ceux qui sont passés par le département d’information et de communication de l’Université Laval», ajoute-t-elle.

«Un amoureux de la vie»

En parlant de son ami, Thierry Watine se souvient de l’homme qui, malgré sa façade «bourrue», était « un amoureux de la vie », qui aimait boire, manger et voyager.

Il y a quelques années, après un congrès de la FPJQ à Saint-Adèle, se remémore M. Watine, Jean-Claude Picard, accompagné de sa femme Micheline Paradis, lui avait proposé d’aller souper dans un restaurant «Relais & Châteaux» du coin, bien au fait que la facture risquait d’être «un peu» salée.

Malgré les 400 $ en moins, M. Watine garde un bon souvenir de cette soirée où M. Picard, à son habitude, lui a raconté moult histoires divertissantes. «C’était une excellente soirée et un excellent repas. Et pour toutes les histoires de Jean-Claude, j’aurais même été prêt à payer le double», lance-t-il en riant, tout en soulignant les nombreux voyages et la «culture encyclopédique» de son bon ami.

Un homme engagé

Florian Sauvageau, ancien journaliste et professeur émérite de l’Université Laval,  partage plus de cinquante ans d’histoire avec M. Picard. Il se rappelle son ancien collègue et ami comme d’un «homme d’action, rempli d’enthousiasme, qui avait toujours besoin d’avoir de grands projets en cours». Selon M. Sauvageau, Jean-Claude Picard venait tout récemment de trouver son prochain projet : écrire la biographie de Gérald Godin.

«Grand indépendantiste», M. Picard a d’ailleurs publié, en 2003, la biographie du Dr Camille Laurin, L’homme debout, livre pour lequel M. Picard a reçu le prix de «la Présidence de l’Assemblée nationale 2004».

Malgré l’importance de la politique québécoise dans la carrière de M. Picard, ses étudiants occupaient une grande place depuis ses débuts à l’université en tant que professeur, souligne M. Sauvageau.

Depuis sa retraite, en 2015, et jusqu’à tout récemment, M. Picard s’impliquait d’ailleurs auprès du magazine de rue, La Quête, où il offrait bénévolement ses connaissances aux jeunes journalistes de l’équipe, explique Valérie Gaudreau en terminant.

La Matapédia : un agriculteur découvre un artéfact de plus de 5000 ans

Histoire

La Matapédia : un agriculteur découvre un artéfact de plus de 5000 ans

Johanne Fournier
Johanne Fournier
Collaboration spéciale
En ramassant des roches dans un champ, l’agriculteur Martin Simard de Sainte-Florence a fait une trouvaille pour le moins rare et inattendue : une pointe de projectile taillée dans la pierre, témoignant de la fréquentation de La Matapédia depuis la préhistoire. Un an après cette découverte archéologique, l’expertise commandée par le ministère de la Culture et des Communications (MCCQ) révèle que la pointe pourrait dater de 5500 à 3000 ans avant notre ère.

«Puisqu’on parle d’une pièce d’au-delà de 5000 ans, c’est toujours surprenant et ça fait plaisir de voir que Jacques Cartier peut aller se rhabiller», lance en boutade Michel Pelletier, le copropriétaire de la terre dans laquelle était enfoui l’artéfact depuis des temps immémoriaux. Il y a eu des gens qui ont peut-être habité ou qui étaient de passage ici, à Sainte-Florence. On le verra peut-être dans l’avenir.»

«C’est comme gagner un million $»

Comme l’objet découvert leur semblait être un vestige d’une culture antique, Martin Simard et sa femme, Mireille Salter, ont immédiatement communiqué avec le Laboratoire d’archéologie et de patrimoine de l’Université du Québec à Rimouski. Dès réception des photos, les chercheurs universitaires ont pu constater qu’il s’agissait d’une découverte importante. Ceux-ci ont mis les découvreurs en communication avec la MRC de La Matapédia, qui les a ensuite accompagnés dans la déclaration de la découverte auprès du MCCQ, une obligation légale lors de découvertes archéologiques fortuites. Pour le copropriétaire de la terre, «c’est comme gagner un million $». «Par contre, ça n’a pas de valeur monétaire, précise Michel Pelletier. Ça a plus une valeur historique.»

M. Pelletier, un féru d’histoire et de patrimoine, a montré la fameuse pièce à l’archéologue-préhistorien Roland Tremblay de Montréal lors de sa visite au parc national de Miguasha, l’été dernier. «Il avait trouvé l’artéfact remarquable», raconte-t-il. Selon lui, les trois autres archéologues présents à Miguasha s’étaient montrés surpris de constater la qualité de la pièce. «Elle n’est pas abîmée. Selon M. Tremblay, il manquerait seulement quelques petits morceaux. Mais, il l’a trouvée très intéressante par sa qualité et par sa forme qui permet de déterminer l’âge. Il y a plusieurs pointes de projectiles qui ont été faites par les Amérindiens et la forme définit les années ou les siècles. Ils ne peuvent pas définir l’âge avec le carbone 14.»

Pointe de sagaie

L’archéologue Roland Tremblay a indiqué que la pièce découverte à Sainte-Florence est plus précisément une pointe de sagaie. «C’est une sorte de javelot ou de lance, explique Michel Pelletier. Une sagaie se lance avec un propulseur pour donner plus de vitesse. C’est pour la chasse. La pointe est trop grosse pour être installée sur une flèche. Elle ne pourrait pas aller loin.»

Coronavirus: le pari catastrophique de Donald Trump

Monde

Coronavirus: le pari catastrophique de Donald Trump

Jean-Simon Gagné
Jean-Simon Gagné
Le Soleil
En mai, Donald Trump a fait le pari que l’épidémie de coronavirus allait bientôt perdre en intensité. Juste à temps pour les élections. Il pressait les États de rouvrir leur économie. Trois mois plus tard, sa gageure tourne à la catastrophe. Le nombre de gens infectés explose. L’économie américaine plonge. Retour sur une erreur monumentale qui pourrait peser lourd lors des élections du 3 novembre...

À la mi-avril, Donald Trump se décrit comme «un président en temps de guerre». Presqu’un clone de Winston Churchill luttant contre le coronavirus. Mais on sent que le guerrier à la tignasse blonde brûle d’envie de crier victoire et de passer à autre chose. Monsieur prédit que le nombre de morts sera «substantiellement» inférieur à 100 0001. Il annonce que l’économie va redécoller «comme une fusée»2. Impatient d’en finir, il se demande même si on peut se débarrasser du coronavirus en... buvant du détergent.3

Pour garder la forme, Donald Trump critique sur Twitter les mesures de confinement qu’il juge «exagérées».4 Le 17 avril, il lance un appel à «libérer» trois États dirigés par des gouverneurs démocrates. Un clin d’œil aux manifs anti-confinement qui surgissent un peu partout. Tout se mélange : le coronavirus, la politique, le droit de porter des armes. «Libérez le Minnesota!» «Libérez le Michigan!» «Libérez la Virginie et sauvez le 2e amendement [sur le port d’armes]».5

Tant pis si les manifs contre le confinement prennent parfois une tournure sinistre. Le 30 avril, des manifestants occupent l’édifice du Capitole à Lansing, la capitale du Michigan. Quelques-uns sont armés. D’autres brandissent des cordes de pendu.6 Ça n’empêche pas le président de se porter à leur défense, sur Twitter. «Ce sont de braves gens, mais ils sont en colère. Ils veulent qu’on leur redonne leur vie, en toute sécurité!»7

[QUIZ] Sept crimes qui ont marqué l'histoire de Québec

Histoire

[QUIZ] Sept crimes qui ont marqué l'histoire de Québec

Nicolas Lacroix
Nicolas Lacroix
Société historique de Québec
Le 28 juillet 1920, le corps de la jeune Blanche Garneau est retrouvé à Québec. Débute alors l’un des plus grands mystères de l’histoire judiciaire de la ville de Québec. C’était il y a cent ans.

La Société historique de Québec profite du centenaire de cet événement pour revisiter sept crimes qui ont marqué la ville au moyen de ce quiz.

Pour accéder au questionnaire, il suffit de cliquer ici.

Vérification faite: œufs à volonté?

Vérification faite

Vérification faite: œufs à volonté?

Jean-François Cliche
Jean-François Cliche
Le Soleil
L’affirmation : «J’ai toujours cru que les œufs étaient mauvais pour le cholestérol, mais j’ai entendu récemment que, en fin de compte, on peut en manger autant qu’on le veut sans que cela n’ait d’effet sur notre taux de cholestérol. Est-ce vrai?», demande Daniel MacDuff, de L’Ancienne-Lorette.

Les faits

Il y a deux choses à distinguer, ici : le cholestérol sanguin et le cholestérol alimentaire. Le premier est la concentration de cholestérol en circulation dans le sang, qui est une mesure importante en santé. «Il y a un lien direct entre le cholestérol sanguin et le risque cardio-vasculaire. Cette relation-là est très étudiée, c’est une des associations les plus étudiées de toute la médecine, alors c’est très important», dit Benoît Arsenault, de l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec.

Historiquement, on a longtemps pensé que les aliments riches en cholestérol (le «cholestérol alimentaire») faisaient augmenter le cholestérol sanguin. Et c’est en partie vrai, mais pas autant qu’on le croyait. «Il y a beaucoup de nouvelles recherches qui tendent à démontrer qu’en fait, il n’y a pas beaucoup du cholestérol sanguin qui vient de l’alimentation», dit M. Arseneault.

C’est le corps lui-même, plus particulièrement le foie, qui fabrique son propre cholestérol. Une petite partie du cholestérol sanguin vient de l’alimentation, surtout si l’on mange beaucoup de gras saturés. Mais en bout de ligne l’alimentation ne compte pas pour une grosse partie du cholestérol sanguin — et les œufs ne contiennent pas beaucoup de gras saturés de toute manière.

Alors quand des chercheurs regardent l’effet des œufs non seulement sur le cholestérol sanguin, mais sur la santé cardio-vasculaire, qu’est-ce que cela donne? Eh bien comme c’est souvent le cas en nutrition, cela part un peu dans tous les sens, mais dans l’ensemble ces recherches «ne montrent pas de signe clair que les œufs sont associés à plus de cholestérol sanguin ni à un risque cardiovasculaire plus élevé», dit M. Arsenault.

Il y a bien, certes, des travaux qui penchent du côté «négatif». L’an dernier, par exemple, dans un article paru dans le Journal of the American Medical Association, l’examen de six cohortes regroupant près de 30 000 personnes aux États-Unis a trouvé que chaque tranche de 1/2 œuf consommé par jour, le risque cardiovasculaire augmentait de 6 % en moyenne. Mais d’autres travaux ont observé l’inverse, soit un effet protecteur (ou une apparence de) des œufs; ainsi, en regroupant les données de plusieurs études différentes, une méta-analyse publiée en 2016 dans le Journal of the American College of Nutrition a observé moins d’accidents vasculaires cérébraux chez les gens qui mangeaient sept œufs par semaine que chez ceux qui en consommaient moins de deux par semaine (et les œufs ne faisaient pas de différence pour les problèmes cardio-vasculaires). Et d’autres études encore n’ont tout simplement trouvé aucun effet de la consommation d’œufs, comme cet article paru cette année dans le British Medical Journal qui a suivi plus de 200 000 professionnels de la santé sur 30 ans.

Les disparités de ce genre sont malheureusement monnaie courante dans ce domaine. «C’est vraiment difficile de faire des études sur l’alimentation. En nutrition, on est pris avec ça parce qu’on ne peut pas faire d’essais cliniques randomisés [qui sont l’«étalon or» en science médicale, ndlr], où par exemple on prendrait 1000 personnes et on leur ferait manger un œuf par jour pendant 10 ans, et 1000 autres qui ne mangeraient jamais d’œufs. C’est impossible de faire ça», explique M. Arsenault.

Une autre difficulté est que chaque étude est faite dans un pays donné, avec son contexte alimentaire particulier, ce qui fait que les œufs ne sont pas préparés de la même manière ni mangés avec les mêmes aliments partout. Or cela peut faire une énorme différence : manger, disons, deux œufs par jour dans ces sandwich-déjeuners très gras que servent les fast-food, avec saucisse et bacon, ça n’a pas (du tout) les mêmes conséquences que manger deux œufs par jour dans, une salade niçoise. D’un pays, d’une culture à l’autre, les œufs peuvent être associés à des mets différents, qui ne sont pas tous également bons (ou mauvais) pour le cœur.

Quoi qu’il en soit, le résultat est le même : «Les œufs ne sont plus démonisés comme ils l’étaient avant. […] Ils contiennent moins de gras saturés que la viande, c’est pour ça que les professionnels de la santé les recommandent souvent comme une bonne source de protéines», dit M. Arsenault. Même son de cloche sur le site de l’école de médecine de l’Université Harvard, qui parle d’une limite sécuritaire de «un œuf par jour [...] pour la plupart des gens» (c’est moins pour les diabétiques et les gens qui ont des problèmes cardiaques). Et on trouve la même idée sur le site de la Clinique Mayo, aux États-Unis.

Ce n’est pas «autant qu’on veut», notons-le bien. Mais sept œufs par semaine, c’est déjà une recommandation beaucoup plus «libérale», pour ainsi dire, que ce qui a longtemps été préconisé.

Verdict

Pas tout à fait. On sait maintenant que les œufs ne font pas (ou si peu) augmenter le cholestérol sanguin et qu’une consommation raisonnable, allant jusqu’à un par jour, ne semble généralement pas associée à un risque cardio-vasculaire accru. L’impression que les œufs ne sont plus aussi démonisés qu’avant est donc tout à fait juste. Mais il demeure quand même que «un par jour» et «autant qu’on le veut» sont deux choses différentes.