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affaires

Le «composteur» de comptoir Tero fait le grand saut

Après avoir suscité un engouement l’an dernier avec son idée de petit «composteur» de comptoir, Tero est prêt à faire le grand saut. La compagnie de Québec, menée par Elizabeth Coulombe et Valérie Laliberté, lance une campagne de sociofinancement sur Kickstarter pour produire ses premiers appareils.

En fait, il ne s’agit pas réellement d’un composteur, parce que le petit électroménager de Tero (38 x 25 x 20 cm) n’utilise pas de microorganismes pour dégrader les déchets de table. Il les déshydrate à haute température sur une période de trois heures pour en faire une fine poudre fertilisante, qui peut être ajoutée dans une plante, dans le jardin, dans les plates-bandes, sur le gazon… 

L’idée est née dans un projet d’études en design de produits, à l’Université Laval. Mais de l’idée au produit commercialisable, il a fallu beaucoup de travail aux deux jeunes entrepreneures dans la mi-vingtaine. «On a tout appris, c’est la première fois qu’on mène un projet de fond comme ça. C’est une super belle expérience», a raconté Elizabeth Coulombe, présidente de l’entreprise. 

Durant la dernière année, les cofondatrices ont notamment retravaillé le design de l’engin, qui a maintenant une forme plus allongée, pour être facilement placé contre un mur. «On voulait s’assurer que nos consommateurs puissent garder l’espace utile de leur comptoir pour pouvoir continuer à cuisiner», explique Elizabeth Coulombe. L’idée est de pouvoir rejoindre une clientèle urbaine pour qui le compostage traditionnel est plus difficile.

Le projet est maintenant assez avancé pour offrir les premiers appareils en prévente. Les fondatrices ont choisi d’aller vers le sociofinancement pour amasser le capital nécessaire à la production d’une première série de Tero. «Pour une entreprise en démarrage, une campagne de sociofinancement est une belle solution. On trouvait intéressant de faire participer la communauté qui s’est créée autour de Tero», ajoute-t-elle. 

La campagne, lancée mardi matin à 7h, sera ouverte pour trente jours. Les premiers acheteurs auront droit à un prix de 350 $, prix qui augmentera graduellement à 450 $ selon le nombre d’appareils vendus. L’objectif est 70 000 $, note Elizabeth Coulombe. Les Tero seront prêts dans huit à dix mois.

Pour info : www.kickstarter.com/projects/teroproducts/tero (Lien disponible dès mardi) 

Métier journaliste

Le Soleil hier, aujourd’hui et demain

Ces derniers temps, on a beaucoup parlé de l’avenir du Soleil, qui continue à vous informer avec la passion et la vigueur qui le caractérise depuis 123 ans, malgré les cieux incertains.

Mais aujourd’hui, on vous convie à une incursion dans ce qui fait la force de votre quotidien: l’information. On vous invite dans les coulisses du travail des artisans du Soleil qui ont raconté, critiqué, souligné les bons et les mauvais coups dans tous les secteurs d’activité. Ces journalistes qui ont fait une différence par leurs reportages. Les essentiels travailleurs du pupitre qui se sont, plus souvent qu’autrement, «revirés sur un 10 cennes» lorsqu’une grosse nouvelle tombait en soirée. «On tue la une!» L’expression a un je-ne-sais-quoi de romantique. Mais elle est vraie. 

Au fil des prochaines pages, vous aurez donc rendez-vous avec la petite et la grande histoire de Québec. Une vingtaine de journalistes, anciens comme actuels, ont généreusement plongé dans leurs souvenirs pour vous donner un accès privilégié à des histoires marquantes des dernières années. 

Déjà, chers lecteurs, des cas vous viennent sans doute en tête. La mort de René Lévesque, l’incendie du Manège militaire, l’attentat contre Pauline Marois, la spectaculaire chute de Clotaire Rapaille. Des reportages qui ont fait bouger les autorités politiques: des soins de santé plus accessibles, un couple de jeunes immigrants belges qui voient les choses débloquer pour leur permis de travail après la publication de leur histoire, le travail sans relâche du Soleil dans des dossiers de longue haleine comme le pont de Québec ou la clinique SABSA. 

Des dossiers municipaux, où Le Soleil a toujours été présent. De récents reportages ont joué un grand rôle dans l’épineux dossier de la nouvelle centrale de police ou dans la réglementation pour l’emprisonnement des personnes itinérantes. 

« Le plus beau métier du monde » 

D’autres ont choisi de vous raconter les coulisses de l’interne. Quel bonheur de lire Anne-Marie Voisard, exceptionnelle coordonnatrice des défunts stages d’été qui ont fait naître des vocations, dont la mienne. Ces premiers pas dans le métier qui ont forgé la relève et construit des plumes que vous lisez encore dans nos pages et dans d’autres médias de la capitale et du Québec. 

Aujourd’hui, on célèbre les journalistes qui ont le privilège d’exercer «le plus beau métier du monde», comme l’écrit l’estimé collègue aujourd’hui retraité Jacques Samson. 

Une mention toute spéciale aussi pour nos précieux photographes qui ont su immortaliser ces moments. Plusieurs de leurs photos accompagnent ces récits de reportages marquants. Car oui, on écrit beaucoup de mots dans votre Soleil. Mais comme le dit l’adage, «une image vaut mille mots». Ça aussi c’est vrai. 

Merci à tous les services du Soleil d’avoir appuyé cette initiative lancée par le directeur de contenu aux projets spéciaux, Yvan Dumont, et son équipe. Merci à Gilles Ouellet pour le grand coup de pouce. 

Merci aux journalistes parmi nous et aux anciens, qui restent toujours dans nos cœurs. Et surtout, merci à nos extraordinaires lecteurs, d’être toujours aussi fidèles. Ces belles histoires, elles ne seraient rien sans vous.

Science

L’impact du 9 à 5 sur le cerveau des couche-tard

On dit souvent que l’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt. Qu’en est-il des 10 à 20 % de la population qui ont un «chronotype du soir» ? Ces personnes sont biologiquement contraintes à être plus actives en fin de journée, se couchent après 2h du matin, et ont besoin de plus d’un réveil pour se tirer du lit.

Passer au travers d’une journée de travail selon un horaire standard est un défi quotidien pour ces couche-tard. Non seulement leurs facultés cognitives sont affectées, mais leur état de santé à long terme est menacé.

Pour arriver à cette conclusion, des chercheurs de l’université de Birmingham, au Royaume-Uni, ont comparé les fonctions cérébrales, au repos, de 22 jeunes adultes de type «soir» à celles de 16 autres de type «matin» à trois heures différentes de la journée : 8h, 14h et 20h. Le réseau du mode par défaut, qui s’active lorsque nous sommes éveillés, mais inactifs, est important pour plusieurs fonctions du cerveau.

Fonctions affectées

Pendant deux semaines, ils ont mesuré le taux de cortisol et de mélatonine – hormones impliquées dans le sommeil – des participants et les ont ensuite soumis à des IRM et des scanneurs. Parallèlement, les participants ont aussi réalisé des exercices d’attention et un report quotidien de leur niveau de fatigue. Résultat : les parties du cerveau liées à l’attention des individus de types soirs ont une moins bonne connectivité, et pas seulement à 8h le matin ! Ceci pourrait expliquer leur temps de réaction plus lent et leur niveau de fatigue permanent.

«On savait déjà que les types matins et soirs fonctionnaient différemment selon les heures de la journée, surtout quand on leur impose un horaire. Mais c’est la première fois que l’on voit un lien entre les fonctions cérébrales et les comportements en matière de cognition et de vigilance ; c’est très intéressant !», déclare Marie Dumont, neurophysiologiste et professeure à l’Université de Montréal, qui n’a pas été impliquée dans ces travaux.

Cerveaux exceptionnels

Faut-il pour autant remettre en question les horaires de travail ? Pas vraiment, selon la chercheuse au Centre d’études avancées en médecine du sommeil.

«On ne sait pas si les différences du fonctionnement du cerveau des types « soir» sont dues à un manque de sommeil ou sont une caractéristique personnelle ». Pour cela, une autre comparaison aurait été nécessaire : celle de la connectivité du cerveau des couche-tard lorsqu’ils sont obligés de se lever tôt par rapport à lorsque leurs horaires sont spontanés.

Reste également à voir lequel des deux chronotypes comparé est le plus étonnant. «Quand on étudie les différences entre deux groupes aussi extrêmes, on peut jouer sur les deux plans. Des jeunes de 22 ans qui se couchent à 20h, il n’y en a pas beaucoup. C’est peut-être eux qui ont un cerveau particulièrement actif et pas l’inverse ?», questionne la chercheuse.

Actualités

Vos enfants mentent? C'est signe d'un bon développement

Les parents s’inquiètent souvent de voir leurs enfants raconter des mensonges.

Mais ces mensonges peuvent nous éclairer sur leur développement sociocognitif. Notre équipe du laboratoire du développement sociocognitif  de l’université de Brock, en Ontario, s’est penchée sur le mensonge dans divers contextes en tant qu’élément révélateur du développement cognitif des enfants ainsi que de leur exploration de la vie en société.

L’évolution du mensonge

Les psychologues du développement humain étudient le mensonge depuis des décennies. Ils ont décelé que les enfants commencent à raconter des mensonges vers l’âge de deux ans. Toutefois, ce n’est que vers leur quatrième année que la plupart des enfants vont commencer à mentir pour cacher leurs méfaits. La fréquence du mensonge se poursuit tout au long de l’enfance.

Et les mensonges ne s’arrêtent pas là. Evelyn Debey, professeure à l’Université de Ghent, en Belgique, et ses collègues ont interrogé des personnes de leur communauté âgées de six à 77 ans sur leur habitudes de mensonge au quotidien. Ils ont constaté avec intérêt que si toutes les classes d’âge mentaient, le mensonge s’inscrivait dans un schéma en forme de U inversé. Les mensonges devenaient de plus en plus fréquents durant l’enfance pour atteindre un sommet à l’adolescence, et diminuer (sans pour autant disparaître) durant les années de l’âge adulte.

Mais comment se développe cette aptitude au mensonge? Que se passe-t-il pendant les années préscolaires qui permet aux enfants de proférer leurs premiers mensonges?

La composante cognitive

Mentir peut sembler facile, mais mentir efficacement exige énormément d’aptitudes cognitives. Pour pouvoir dire un mensonge, l’enfant doit tout d’abord comprendre que d’autres peuvent avoir des croyances et connaissances différentes des siennes et que ces croyances peuvent être fausses.

C’est cette aptitude qui permet d’établir une corrélation avec une hausse des mensonges.

Quand l’enfant comprend qu’il peut inspirer une perception erronée en recourant au mensonge, il doit ensuite faire usage de sa capacité d’inhibition afin d’éviter de « lâcher le morceau », ainsi que de sa mémoire afin de se souvenir des vérités et mensonges qu’il a prononcés.

À titre d’exemple, la directrice de notre laboratoire, Angela Evans, et Kang Lee, professeur à l’Université de Toronto, ont observé le mensonge chez de jeunes enfants ainsi que leur développement cognitif. Ils en ont conclu que les enfants démontrant de meilleures aptitudes cognitives telles que l’inhibition et la mémoire étaient plus susceptibles de mentir. Ils ont également prouvé que ces aptitudes cognitives restent importantes afin de faire perdurer un mensonge durant toute l’adolescence.

Les motivations d’ordre social

Si les aptitudes au mensonge peuvent s’inspirer en partie par le progression des facultés cognitives, nos recherches suggèrent que le mensonge résulte fréquemment de facteurs sociaux.

Un de nos études démontre que les enfants âgés de trois à huit ans qui ont au moins un frère ou une sœur ont tendance à tricher davantage que ceux qui sont enfant unique. Le plus âgé des deux avait davantage tendance à mentir que le plus jeune.

Le fait d’avoir des frères ou sœurs avec qui jouer peut encourager et normaliser la tendance à mentir. L’aîné peut profiter de son ascendant pour manipuler le plus jeune dont les facultés cognitives sont moins avancées.

Étant donné que le mensonge s’inscrit dans la partie commune et normative de la socialisation de l’enfant, la présence de frères ou sœurs lui fournit simplement un environnement additionnel pour peaufiner sa capacité à mentir. Mais il ne faut pas oublier que la présence de frères et sœurs peut tout aussi bien renforcer un comportement prosocial et certaines aptitudes cognitives.

Faire l’éloge de la vérité

Quand les enfants commencent à mentir, le rôle des parents est de les former aux normes et attentes sociétales sur l’honnêteté. De nombreux parents se demandent si l’on dispose de stratégies afin d’encourager les enfants à dire la vérité. Les psychologues ont étudié cette question et ont trouvé plusieurs techniques.

L’une d’elles consiste à faire la lecture d’histoires morales, telles que Le garçon qui criait au loup afin de mettre l’accent sur l’importance de l’honnêteté.

Cependant, les chercheurs ont découvert que les histoires morales n’ont pas d’impact sur honnêteté. Par contre, les histoires qui font l’éloge de la vérité ont tendance à encourager l’honnêteté chez les enfants.

Une autre méthode simple consiste à leur faire promettre de dire la vérité. Cette méthode est particulièrement efficace chez les enfants à partir de cinq ans  et jusqu’à la fin de l’adolescence.

Mais que faire pour les jeunes enfants? L’une de nos études récentes demandant à des enfants de trois à quatre ans de se regarder dans un miroir pendant qu’on les questionne sur un méfait – ce qui les rend conscients d’eux-mêmes - a considérablement amélioré leur tendance à dire la vérité.

Le mensonge au-delà de l'enfance

Même si le mensonge débute jeune, on en sait peu sur les habitudes mensongères des adultes plus âgés.

Compte tenu du vieillissement de la population canadienne, c'est un domaine d'actualité qu'il serait nécessaire d'explorer. Nous comptons nous y atteler au cours des cinq ans à venir.

Nous allons mesurer la fréquence et le type des mensonges racontés par les adultes et la façon dont cette habitude évolue au fil des ans. Nous mesurerons également les liens du mensonge avec les facteurs cognitifs et sociaux des adultes plus âgés. Si, par exemple, les personnes âgées ont tendance à mentir sur leur état de santé, les chercheurs pourraient essayer de promouvoir une communication honnête en ce qui concerne leur santé.

Demeurez à l’affût pour découvrir ce que les psychologues en développement pourront nous apprendre sur l'évolution du mensonge durant la vie.

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Ce texte est d'abord paru sur le site franco-canadien de The Conversation. Reproduite avec permission.

Actualités

Groupe Capitales Médias lance une campagne d'appui à sa coop

Inspirés par la vague d’amour et les nombreux appuis des communautés pour leurs journaux, les employés des six quotidiens du Groupe Capitales Médias (GCM) lancent une campagne coordonnée de démarrage de coopératives de solidarité.

Au départ, le comité de relance pour les six journaux de GCM pensait à une coop de travailleurs associés.

«Avec le soutien moral qu’on a eu dans chacune des communautés, qui nous disait que leur quotidien était important pour la vitalité économique et sociale de leur milieu, on s’est rendu compte que ces gens-là, ils pouvaient aussi nous soutenir financièrement», indique Jean-François Néron, membre du comité provisoire du projet de relance et journaliste au Soleil.

Le comité de chaque journal s’est donc dirigé vers une coop de solidarité, dans laquelle les travailleurs de l’entreprise participent financièrement et où toute la communauté est appelée à contribuer au projet. Ce comité provisoire chargé de développer le projet représente tous les employés, qu’ils soient syndiqués ou non. Il est composé de représentants provenant des journaux Le Quotidien, La Voix de l’Est, Le Nouvelliste, Le Soleil, Le Droit et La Tribune.

«La campagne s’adresse à tous les établissements, sociétés ou institutions qui se sentent interpellés par la vie sociale, économique et politique de leur milieu ou pour qui la diversité des voix dans l’information est importante. On va aller chercher le soutien de la communauté et on va leur demander de participer à cette relance-là, pour chacun des quotidiens.»

La campagne intitulée «Je coopère pour mon journal» se déploie dès cette semaine. Les personnes, organisations et entreprises qui le souhaitent pourront contribuer via la plateforme Web coopmonjournal.com ou lors de sollicitations qui se dérouleront dans les régions où sont implantés les journaux.

Lettres d’engagement

Les représentants des journaux de GCM demandent aux communautés respectives de signer des lettres d’engagement comportant des montants de contribution volontaire pour le démarrage de la coopérative de leur journal. L’objectif est de déposer une offre de reprise cohérente soutenue par un plan d’affaires viable sur un horizon de cinq ans.

«On demande présentement des lettres d’engagement, plutôt que de l’argent. On agit de cette façon-là en raison du temps très court qu’on a pour ramasser un montant important. Notre plan doit être déposé au plus tard le 25 octobre», précise M. Néron.

Les parties intéressées à reprendre les journaux ont jusqu’à cette date pour déposer une offre. Le comité provisoire est soutenu entre autres par le Conseil québécois de la coopération et de la mutualité ainsi que par la Fédération nationale des communications de la CSN.

Au plus tard le 6 novembre

Il y a deux semaines, le syndic PricewaterhouseCoopers a fait savoir que les intéressés à GCM devront mettre certaines de leurs cartes sur la table s’ils déposent une offre visant à acquérir une partie ou l’ensemble du groupe de presse à l’abri de ses créanciers depuis août. Chaque acquéreur potentiel devra notamment indiquer le nombre d’emplois qui seront vraisemblablement maintenus et le traitement envisagé des accréditations syndicales.

Le syndic devrait présenter au plus tard le 6 novembre à la Cour supérieure du Québec l’offre jugée la plus avantageuse.

En août, GCM a reçu une aide d’urgence de 5 millions $ du gouvernement du Québec. Il traîne des créances approximatives de 26 millions $.

Le groupe de presse est aussi confronté à un déficit actuariel du régime de retraite des employés qui atteint 65 millions $ d’après la plus récente évaluation qui remonte à la fin de la dernière année.  Avec La Presse canadienne

Hockey

Pool LNH : la liste des listes 2019

Une lutte à deux au sommet ? Selon les quatre principaux magazines pour poolers disponibles en kiosque, Nikita Kucherov devra combattre Connor McDavid, s’il veut remporter un deuxième championnat des marqueurs consécutifs dans la Ligue nationale de hockey.

Une bonne dizaine de joueurs pourraient jouer du coude pour terminer sur la troisième marche du podium.

Encore une fois, cette année, les quotidiens de Groupe Capitales Médias vous proposent
la Liste des listes.

Bon repêchage !

Pour La liste des listes en format .pdf, cliquer ici.

Nous, les humains

Le gars qui a déjoué l’université

CHRONIQUE / Vous savez, les universités mettent de plus en plus de cours en ligne gratuitement. Vous pouvez en suivre quelques-uns pour fertiliser votre culture. Malheureusement, vous n’aurez pas un bac ou une maîtrise avec ça.

Mais qui a dit qu’il fallait un diplôme? 

Cette semaine, j’ai jasé avec un autodidacte qui a réussi à tirer le maximum de la générosité universitaire en s’offrant une formation dans la meilleure université au monde. Il s’appelle Scott Young, il est Canadien et il s’exprime plutôt bien en français pour un Anglo de Vancouver.

Scott a obtenu un diplôme en commerce de l’Université du Manitoba. Mais il a vite réalisé qu’il s’était trompé de branche et qu’il aurait dû choisir l’autre option à laquelle il avait songé au début de ses études : un bac en informatique. Sauf que le gars n’avait aucune envie de passer un autre quatre ans sur les bancs d’université, à se taper des cours de trois heures et à se plier à la bureaucratie universitaire.

Un jour, il est tombé sur un cours en ligne gratuit du Massachusetts Institute of Technology (MIT), la meilleure université au monde, selon le Classement mondial des universités QS. Le cours en ligne comprenait les enregistrements des cours donnés en classe, les exercices, les quizz et même les examens avec les corrigés. 

Scott a suivi le cours. Et il a vu que le MIT en avait offert gratuitement des centaines d’autres en ligne sur sa plateforme Opencourseware (https://ocw.mit.edu/index.htm). L’institution estime «qu’Internet est l’un des meilleurs moyens de faire progresser l’éducation dans le monde», et Scott avait l’intention d’en profiter pour faire progresser la sienne.

Il s’est demandé s’il serait possible de faire le légendaire bac en informatique du MIT — où les étudiants payent 53 450 $US par année en frais de scolarité — à partir de sa chambre, à Vancouver. Il a vérifié le programme d’études et il a réussi à récolter le matériel requis à partir des cours offerts gratos par le MIT et en comblant le reste ailleurs. 

Après avoir investi 2000 $ pour acheter les manuels recommandés, Scott s’est lancé à fond dans le «MIT Challenge» en octobre 2011. Il travaillait de 6h du matin à 6h le soir, avec une petite pause de déjeuner. Il passait à travers un cours par semaine, puis a changé pour quatre cours en parallèle par mois. Chaque semaine, il publiait sur son blogue ses examens ou ses exercices terminés pour que les sceptiques puissent vérifier s’il avait effectivement réussi. 

Scott a terminé avec succès le 33e et dernier cours en septembre 2012, un peu moins d’un an après avoir commencé. Normalement, les étudiants du MIT mettent quatre ans avant de conclure le programme. Scott n’a pas obtenu de diplôme, mais il a eu des tas de propositions après son défi, notamment chez Microsoft. 

***

Bon, vous auriez le droit de penser qu’il faut être une sorte de surdoué zélé pour accomplir pareil exploit. Scott assure qu’il n’est pas plus intelligent qu’un autre et, oui, sans doute plus zélé. Mais ce qui lui a permis d’apprendre aussi efficacement, explique-t-il, ce sont les tactiques d’apprentissage qu’il a utilisées — des tactiques ancrées dans la recherche en sciences cognitives. 

«Ce qui fait la différence, ce n’est pas le temps que vous passez à étudier. Mais ce que vous faites avec le temps que vous avez», dit-il. Bref, il faut apprendre à apprendre. 

Depuis le MIT challenge, Scott a utilisé les mêmes tactiques cognitives pour apprendre le français, le portugais, l’espagnol, le chinois et le coréen. Et il a constaté que d’autres polyglottes dans le monde, comme l’irlandais Benny Lewis, employaient des stratégies similaires pour implanter rapidement de nouvelles langues dans leurs cerveaux. 

Scott a appelé cette forme intense d’apprentissage autodidacte l’«ultrapprentissage» (ultralearning). Et, considérant qu’on aimerait tous apprendre plus efficacement, je me suis dit que vous aimeriez savoir c’est quoi, au juste, sa méthode? Alors, je lui ai demandé. 

Un des piliers de l’ultraapprentissage est d’aller droit au but. Si vous décidez d’apprendre le mandarin, par exemple, trouvez-vous un ami chinois et commencez à parler tout de suite en utilisant les deux ou trois mots que vous avez réussi à mémoriser. Pas besoin d’étudier la langue durant des mois avant de se lancer : il faut mettre en pratique ce que vous savez dès que possible. Car ce n’est que dans la pratique qu’on réalise les angles morts de notre savoir. 

Scott Young insiste aussi sur l’importance de se tester sans relâche. «Comment la plupart des étudiants étudient? Typiquement, ils vont regarder les notes prises en classe et vont les lire une ou deux fois et, peut-être qu’après ils vont les recopier et les encercler et mettre de la couleur. Mais ce que la recherche montre, c’est que ce n’est pas vraiment efficace pour la mémoire à long terme», dit-il. 

Ce que les étudiants devraient faire, c’est de la «pratique de récupération» (retriaval practice). Au lieu de relire encore et encore les notes ou un chapitre de livre important, on les met de côté et on essaye de réécrire tout ce dont on est capables de se souvenir sur une page blanche. On peut aussi utiliser des cartes recto-verso (flash cards) sur lesquelles on écrit des questions d’un bord et les réponses de l’autre. On fait une pile avec les questions ratées, et on y revient jusqu’à ce que ça rentre. 

L’effort plus intense qu’exigent ces tactiques laisse une trace beaucoup plus durable dans la mémoire. Ce qui est très utile quand vient le temps de l’examen. 

Mais il ne suffit pas de se tester une fois. Il faut le faire plusieurs fois, en laissant à l’oubli le temps de faire son œuvre. Parce que chaque fois que vous forcez votre cerveau à ne pas oublier, il comprend à quel point c’est important de s’en rappeler. 

Bref, vaut mieux plusieurs petites séances de mémorisation espacées dans le temps qu’une longue séance de bourrage de crâne. On appelle ça la «répétition espacée» (spaced repitition). Des logiciels gratuits comme Anki peuvent vous aider à mettre cette stratégie en pratique. 

Scott aborde une foule d’autres tactiques dans son livre Ultralearning, fraîchement publié, mais pas encore traduit en français. Mais au-delà de la technique, ce gars-là a une leçon plus philosophique à nous livrer sur l’apprentissage, je pense. 

«On a souvent une idée préconçue de ce dans quoi on est bon», m’a-t-il dit. Mais si on s’instruit sur la mécanique de la mémoire et qu’on se lance des défis, on peut se rendre compte qu’après tout, apprendre la guitare, la programmation, le grec, la menuiserie, le tennis ou n’importe quoi d’autre à l’âge adulte n’est pas un objectif si inatteignable. 

«Nos meilleurs moments dans la vie viennent quand quelque chose qui apparaissait hors de portée s’ouvre à nous», m’a dit Scott.

Ce ne sera peut-être pas le MIT, mais la guitare peut vous rendre très fier aussi. 

La Capitale

La rectrice de l'Université Laval lance un appel à sauver Le Soleil [VIDÉO]

«Très préoccupée», la rectrice de l’Université Laval, Sophie D’Amours, demande au monde des affaires de venir en aide à la presse locale en difficulté.

«On est dans un horizon de temps très serré», a observé Mme D’Amours jeudi. La veille, le délai qu’il reste pour sauver le Groupe Capitales Médias auquel appartient Le Soleil avait été divulgué : le syndic se présentera devant un juge dans 47 jours afin de déposer les offres reçues pour la relance, s’il y en a.

«On n’est pas dans la recherche d’une solution scientifique», poursuit Mme D’Amours. «On est dans un moment serré.» 

Les penseurs de l’Université pourront certes être mis à contribution pour évaluer les modèles d’avenir pour les médias, dit-elle. Mais il faudra avant éviter leur naufrage. «J’appelle tous ceux qui ont la capacité de donner de l’air, de donner le temps, de le faire. […] Tous ceux qui sont dans l’univers économique et qui peuvent appuyer nos médias, nos médias régionaux.»

«On a besoin de cette présence médiatique régionale», insiste la rectrice. «Chez nous, à Québec, on en a besoin, c’est nécessaire.»

«Oui je suis très préoccupée et je souhaite qu’on maintienne au Québec des communications de proximité régionales diversifiées. C’est nécessaire pour la démocratie.»

«Du point de vue de la connaissance — parce que ça, c’est mon domaine —, il faut qu’on puisse partager les faits, la connaissance. Le travail journalistique est fondamental et il s’actualise, il se définit dans chaque région du monde.»

Point de vue

Robert Lepage: «Le Soleil, c'est patrimonial» [VIDÉO]

Malgré l'effervescence entourant l'ouverture du Diamant, Robert Lepage a tenu à prendre quelques minutes de son temps pour partager l'importance que représente à ses yeux Le Soleil, et sa crainte qu'il disparaisse du paysage de la capitale. «On perdrait un joueur majeur», dit le créateur, qui évoque son passé de camelot mais surtout la capacité du journalisme à saisir l'esprit de son temps.

Musique

Céline Dion rayonne à Québec [PHOTOS]

CRITIQUE / Tout juste sortie d’une résidence de spectacles à Las Vegas qui aura duré 16 ans et trois ans après son dernier passage au Centre Vidéotron, une Céline Dion rayonnante a lancé mercredi à Québec sa tournée mondiale «Courage», la première entièrement conçue sans son grand complice, René Angélil, décédé au début 2016.

«C’est la première fois que je m’implique autant dans la création d’un spectacle. Avant, j’avais un partenaire qui était pas pire là-dedans. Ce soir, j’aimerais tellement ça qu’il soit fier de moi et de toute l’équipe autour», a déclaré la vedette. Celle-ci s’est avouée nerveuse et s’est souvent montrée émue lors de cette première, présentée après deux semaines de répétitions à l’amphithéâtre, aussi bondé qu’enthousiaste pour ce nouveau rendez-vous. 

«C’est presque devenu une tradition de commencer une tournée ici. Ce n’est pas vraiment une superstition, c’est parce que ça commence bien! On a vécu ensemble de grandes émotions et de beaux souvenirs. Je ne sais pas vous autres, mais moi, ils sont toujours présents ici», a aussi confié la diva en montrant son cœur. 

Avec trois nouveaux extraits de l’album Courage attendu le 15 novembre dévoilés le matin même — dont Lying Down et la pièce-titre (victime d’un faux départ mercredi soir) —, Céline Dion avait du neuf à offrir à ses fans. En français et en anglais, elle n’a pas non plus été avare de ses succès. Bien loin de là. 

Dans une forme éclatante (la vidéo nous montrant ses prouesses de ballerine a de quoi impressionner), la chanteuse a offert une prestation vocale sans faille. Si le sportif «anymore!» du succès All By Myself s’est mérité une assourdissante ovation, l’ensemble du programme de près de deux heures et construit en multiples facettes a de nouveau prouvé à quel point Céline est une pro et combien la machine scénique sur laquelle elle règne (14 musiciens et trois choristes sous la direction de Scott Price) peut s’avérer redoutable. Qu’on adhère ou pas au personnage ou à son répertoire, il faut une bonne dose de mauvaise foi pour le nier.

Tantôt solennelle (dans Encore un soir, S’il suffisait d’aimer ou L’amour existe encore, où les cordes ont été mises à contribution), tantôt enlevante (avec I’m Alive, qui rate rarement son effet ou cette Regarde moi bien cuivrée), tantôt plus sensuelle (dans la bien nommée Tous les blues sont écrits pour toi), tantôt party animal (dans un medley dansant incluant la nouvelle Flying on My Own à un bouquet de reprises, dont Another One Bites the Dust de Queen et Kiss de Prince), Céline n’a pas ménagé ses munitions. Rien pour décevoir ses admirateurs, qui se sont manifestés de bruyante manière. 

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La Capitale

Des proprios Airbnb de Québec contestent leurs amendes

EXCLUSIF / Des propriétaires poursuivis par la Ville de Québec pour avoir loué des appartements sur Airbnb se sont regroupés pour riposter en cour municipale, mercredi. Ils soutiennent notamment qu’une annonce ne suffit pas à prouver que des touristes ont été hébergés illégalement.

D’habitude, les propriétaires épinglés par la Ville se défendent individuellement. Mais cette fois, trois personnes et deux entreprises contestent ensemble 18 constats d’infraction qui totalisent 22 000 $ (une contravention coûte 1000 $ pour un individu et 2000 $ pour une entreprise). 

Mercredi matin, dans une salle de cour de Charlesbourg, l’avocate qui représente les défendeurs, Me Myriam Asselin, s’est notamment attaquée à la légalité du règlement municipal qui interdit aux propriétaires d’offrir une résidence touristique dans les endroits où le zonage ne le permet pas.

«Si on a gain de cause, la Ville pourrait devoir modifier son règlement de zonage et revoir toute sa façon de faire en matière d’inspection pour les usages de résidence de tourisme», a souligné Me Asselin, du cabinet Tremblay Bois avocats, en marge du procès. 

La Ville et la défense ont accepté que le sort d’une des infractions reprochées à un des propriétaires soit applicable aux 18 constats.

«dossier type» 

Le «dossier type» retenu est celui de François-Xavier Ratté, qui possède entre autres un immeuble sur la rue Hermine, dans le quartier Saint-Sauveur. M. Ratté a reçu une contravention pour avoir, le 29 janvier 2018, loué illégalement un appartement à des touristes. 

Le zonage prévu dans le secteur de son immeuble interdit effectivement les «résidences de tourisme», qui comprennent les établissements qui «offrent de manière publique, pour une période n’excédant pas 31 jours, une ou des unités d’hébergement en location à des touristes».

La défense ne conteste pas que M. Ratté ait fait une offre de location de moins de 31 jours. Mais Me Asselin a fait valoir que la Ville outrepasse ses pouvoirs en régissant l’offre (les annonces), alors qu’elle est censée régir l’usage (la location). 

Recherche et visite

La défense demande donc que la Ville ne puisse pas s’appuyer sur son règlement pour poursuivre François-Xavier Ratté et ses codéfendeurs, Mathieu Champagne, Vincent Clément-Gratton, le Groupe Serein immobilier et une compagnie à numéro. 

À défaut de l’être, la Cour devrait «minimalement conclure» que la preuve présentée par la poursuite ne démontre pas hors de tout doute raisonnable que les propriétaires qui ont mis une annonce Airbnb ont effectivement loué un logement à des touristes, soutient la défense. 

La Ville admet que ses inspecteurs bâtissent leur preuve contre les propriétaires en vérifiant les annonces sur Internet dans un premier temps. Puis, lors d’une visite postérieure, ils prennent des photos dans l’immeuble pour s’assurer que l’annonce correspond à l’unité d’hébergement. Les inspecteurs ne constatent pas la présence de touristes sur place à la date de l’infraction reprochée. Et la Ville ne fait pas témoigner les voisins en cour. 

«On tourne en rond»

Mais pour la procureure de la Ville de Québec, Évelyne Julien, la municipalité n’a pas à faire la démonstration qu’il y a eu une location effective. 

L’annonce de François-Xavier Ratté prouvait amplement sa culpabilité, a-t-elle fait valoir. Son calendrier de location était complètement ouvert pendant trois mois, a-t-elle noté. 

«Il n’y a pas d’autre usage qui est fait dans cet établissement que Airbnb», a dit Me Julien. «La défense n’a présenté aucune preuve qu’il y avait un autre usage», a-t-elle ajouté. «On tourne en rond.»

La juge Sabrina Grand se penchera sur les arguments de deux parties et rendra son jugement le 4 novembre

Chronique

Croisières à Québec: pollution, point de saturation touristique et consultation douteuse

CHRONIQUE / Les navires de croisière qui s’arrêtent chaque automne au Port de Québec laissent tourner leurs moteurs 24 heures sur 24 pour répondre aux besoins énergétiques de ces véritables «villes flottantes».

Cela peut sembler inquiétant lorsqu’on découvre qu’une quinzaine de ces navires sont dénoncés comme étant parmi les plus polluants de leur industrie par des organismes de surveillance européens.

De grands médias comme The Guardian, USA Today, CNN ou Forbes ont fait échos ces dernières années aux palmarès de Friends of the Earth ou de Nature and biodiversity Conservation Union. 

La méthodologie de ces études est parfois contestée par les lignes de croisières, mais il est un fait avéré que ces navires rejettent dans l’air des particules polluantes. Sans parler de la gestion souvent déficiente des eaux grises ou usées. 

La réalité des croisières dans le Saint-Laurent est heureusement moins alarmante que celle décrite dans les ports européens. Du moins en théorie, car Transports Canada, malgré mes demandes répétées, refuse de dire si des inspections et suivis sont faits sur les navires de croisière. 

Depuis 2015, ceux-ci doivent respecter une norme de 0,1 % sur les émissions de soufre (norme ECA pour Emissions Control Area). Ces normes sont beaucoup plus sévères que celles en vigueur ailleurs dans le monde (3,5 %). 

Outre le Canada, la norme ECA est appliquée uniquement sur la côte Ouest américaine, dans la Mer du Nord et en Alaska.

Pour se conformer à cette norme, les navires qui entrent en eaux canadiennes doivent changer de combustible. Cela implique des manœuvres techniques et des coûts additionnels, le carburant «propre» coûtant plus cher. 

Ces normes sont-elles respectées? 

Les amendes sont fortes et «il n’y a pas de fly by night [voyou] qui a envie de jouer avec ça», croit le pdg du Port de Québec, Mario Girard. 

Cela semble rassurant, mais le Port de Québec ne peut jurer de rien. La surveillance incombe à Transports Canada qui ne lui rend pas de compte ni sur ses inspections, ni sur les résultats de celles-ci.

Ce qu’on sait cependant, c’est que même si les normes étaient suivies, des particules nocives continuent d’être rejetées par les navires de croisière en mouvement et à quai. 

Préoccupés par ces émissions, les gouvernements d’Ottawa et de Québec ont consenti en 2015 une aide de 10 millions $ pour doter le quai de la Pointe-à-Carcy (quai 22) d’un système d’alimentation électrique (shore power). Le Port devait fournir les 3,4 millions $ restants.

Un tel système permet de se brancher à quai et d’éteindre les moteurs pendant les escales. Le Port devait fournir les 3,4 millions $ restant pour compléter le montage financier.

Le pdg du Port de Québec, Mario Girard, avait à l’époque applaudi ce «geste de leadership environnemental». Cela «s’inscrit parfaitement dans la vision de développement durable» et va «réduire les émissions de gaz à effet de serre», s’était-il réjoui. 

Le Port de Québec n’a cependant jamais donné suite au projet qui a depuis été abandonné. 

M. Girard invoque aujourd’hui le bénéfice «insignifiant» du projet.

Pressée de s’autoapplaudir, l’administration portuaire avait juste oublié de faire l’analyse de son marché avant se réjouir publiquement. 

À peine quelques-uns des navires qui viennent à Québec sont pourvus de l’équipement de branchement. Cela représente seulement 1 % du temps à quai, évalue-t-il.

Le Port évoque aussi une difficulté logistique à garer les navires électriques au quai 22, la priorité devant être donnée aux navires en embarquement et en débarquement. 

Les marées posent aussi des contraintes. Un navire ne pourrait pas toujours être garé dans le bon sens pour pouvoir être branché. Sans compter que l’équipement à quai a la taille d’un autobus, ce qui est encombrant. 

Mais c’est surtout que l’industrie des croisières «ne s’en allait pas là», dit avoir constaté M. Girard. À l’époque, l’industrie misait plutôt sur les filtres (scrubbers) pour réduire les émissions polluantes. Le Port a ensuite perçu que la tendance allait vers les navires propulsés par du gaz naturel liquéfié (GNL), moins polluant que le diesel actuel.

Québec s’est alors doté d’une installation mobile pour pouvoir approvisionner les navires en GNL. 

Cela paraît bien, mais la réalité est qu’aucun des navires de croisière qui remontent le Saint-Laurent, ces années-ci, n’est propulsé au GNL. Pour l’heure, seuls des navires du Groupe Desgagnés utilisent ce service.

***

Un rapport de l’Association internationale des lignes de croisière (CLIA) produit en août 2018 annonce une tendance vers le branchement électrique des nouveaux navires :

50 des 56 navires alors en commande (89 %) en seront pourvus ou sont dessinés pour pouvoir en accueillir. 

Cela va s’ajouter aux 55 navires qui en sont déjà équipés et à 11 autres qui prévoient le faire. À terme, c’est plus de 40 % de la flotte qui aura fait un pas vers les branchements à quai.

Cela ne veut pas dire que ces navires prendront la route du Saint-Laurent, mais il est difficile de nier l’intérêt. M. Girard dit ne pas exclure de revenir à un projet de branchement électrique si cette tendance se concrétise.

En attendant, le Port de Québec se retrouve au même point qu’en 2015 à regarder tourner les moteurs des navires de croisières en essayant de comprendre où s’en va l’industrie. 

Cela ne nous étonne qu’à moitié d’une organisation qui depuis des années, donne l’impression de naviguer à vue au gré des humeurs du moment de l’industrie maritime. 

On l’a vu avec les silos qu’il pressait de construire sur le boulevard Champlain et qui sont restés vides des années; puis pour le projet de nouveau quai dont la vocation et la justification n’a cessé de changer. Aujourd’hui avec l’électrification sur les quais. 

Malgré les explications données, le Port de Québec est manifestement à la traîne quant aux efforts d’électrification qu’on observe ailleurs dans les transports collectifs. 

 ***

Contrairement à Québec, le Port de Montréal a fait le choix de profiter des subventions offertes en 2015 pour se doter d’un système d’alimentation électrique à quai. 

La réalité des deux ports est cependant différente, l’installation électrique de Montréal ne servant pas seulement aux navires de croisières, mais aussi à des navires en «hivernation».

N’empêche que depuis 2017, les navires de croisières peuvent s’y brancher. Lors de ses neuf visites à Montréal cet été-là, le Veendam a utilisé le système, ce qui a représenté 17 % des escales de croisières de la saison dans la métropole. 

La Capitale

Grand élan d’amour pour Le Soleil [VIDÉOS]

Tout Québec était présent mercredi soir pour soutenir le quotidien centenaire de la capitale. Plus de 200 personnes, dont des élus, des journalistes, des employés du Soleil, des lecteurs, et des gens d’affaires, s’étaient donné rendez-vous à l’événement organisé par la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) section Québec aux Salons d’Edgar dans Saint-Roch.

Si certains ont pu croire que l’annonce du 19 août sonnait le glas du Soleil, on a pu voir mercredi soir qu’il n’était pas question de baisser les bras. «Ce qui nous tient tous unis dans la tourmente : fabriquer un journal tous les jours pour nos lecteurs. Et garder haut et fort le désir de continuer à raconter des histoires d’ici, de Québec, notre ville, pour longtemps encore», a souligné la rédactrice en chef, Valérie Gaudreau.

Alimentation

Près du tiers de nos calories viennent d'aliments peu nutritifs

Chips, pâtisserie, alcool et compagnie : les Québécois tirent près de 30 % de leurs calories d’«aliments à faible valeur nutritive», d’après une étude récente de l’Université Laval parue dans le «Nutrition Journal». Avec les conséquences que l’on devine sur le poids et le tour de taille.

«C’est une réalité : on est poussé vers ça par nos styles de vie, on est bousculé par le temps, on ne cuisine plus, on mange plus vite, etc. Ce n’est pas juste l’individu qui décide de mal manger le matin, c’est un effet de société», analyse le chercheur en nutrition de l’UL et auteur «sénior» de l’étude, Benoît Lamarche.

Celui-ci et ses collègues ont suivi plus de 1100 personnes du Québec pendant 21 jours, au cours desquels elles ont dû remplir à trois reprises des questionnaires détaillés sur ce qu’elles avaient mangé la veille. Les chercheurs ont ensuite établi des seuils à partir desquels des aliments étaient considérés comme «à faible valeur nutritive» — très riches en gras saturés/trans, par exemple, ou en sucre, ou en sodium, ou une combinaison.

Ils ont ensuite calculé combien de calories ces aliments peu nutritifs contenaient et ont conclu qu’ils représentaient 29 % de toutes l’apport énergétique total consommés chaque jour. «Cette étude-là est un suivi d’une autre publiée plus tôt cette année, dans laquelle la même cohorte avait obtenu des scores alimentaires assez faibles. Et là, on explique en partie pourquoi : c’est parce que beaucoup de leurs calories viennent d’aliment qui n’ont pas de valeur nutritive, ou presque», explique M. Lamarche.

En tout, environ 700 calories (kcal) par jour provenaient de ces aliments «pauvres». Or pour chaque tranche de 250 kcal, l'indice de masse corporel augmentait de 1,7 et le tour de taille de 0,6 cm. Cela avait également un effet négatif sur le cholestérol sanguin.

Il est difficile de dire si ces 29% sont pires ou moins pires que ce qui se passe ailleurs en Occident, dit-il, puisque la catégorie «faiblement nutritif» n’est pas définie de la même manière par tous. Mais des résultats préliminaires font croire à M. Lamarche que c’est proche de la moyenne canadienne.

Fait intéressant, l’études a examiné dans le détail d’où provenaient toutes ces «calories vides», comme on les appelle. Hormis une catégorie «sources variées» (condiments, fritures, suppléments, etc.) qui représente 22 % de ces aliments peu nutritifs, ce sont les pâtisseries (gâteau, biscuits, beignes, etc.) qui forment le groupe le plus important, avec 18 % des «calories vides». Viennent ensuite les alcools (15 %), les sucreries (friandises, chocolat, sirops, etc. : 13 %), ainsi que les chips et le pop-corn (6 %).

Fait intéressant, les boissons gazeuses, qui occupent une grande place dans le débat public sur l’obésité, ne semblent pas être une cause aussi importante qu’on le croit. Elle ne représentent en effet que 6 % de nos calories vides, d’après l’étude de M. Lamarche.

Actualités

Guy Biéler: vie et mort d’un James Bond québécois

Il y a 75 ans, le 5 septembre 1944, l’espion Guy Biéler est fusillé par les nazis. En deux ans au service secret de Sa Majesté, le «commandant Guy» est entré dans la légende. Il est même possible que les exploits de ce Québécois d’adoption ait inspiré Ian Flemming, le créateur de James Bond. Voici son incroyable histoire.

18 novembre 1942. La carrière d’espion de Guy Biéler vient près de se terminer avant même d’avoir commencé. Durant la nuit, un avion parti d’Angleterre le parachute au sud de Paris, au milieu de la France occupée par les nazis. Sauf que le pilote a perdu sa route. L’espion Biéler et ses deux compagnons sont largués au dessus d’une zone boisée, à une vingtaine de kilomètres de la cible. 

Les parachutistes sautent à basse altitude, pour diminuer le risque d’être repérés. Impossible de manœuvrer. Biéler a juste le temps de se recroqueviller pour éviter de s’empaler sur un arbre. Le choc est terrible. Le parachute se ratatine. Pour finir, l’agent secret atterrit sur des rochers, qui lui brisent plusieurs vertèbres.

Les deux compagnons de Biéler ont eu plus de chance. Au début, ils veulent l’abandonner sur place. À quoi bon s’encombrer d’un paralytique? Un avion pourrait peut-être le récupérer? Contre toute attente, le blessé réussit à se mettre debout. Au prix d’efforts surhumains, il marche plusieurs kilomètres pour s’embarquer à bord d’un train vers Paris. Lors des contrôles, on répète que Biéler est tombé d’un toit et qu’il se rend en ville pour consulter un spécialiste. Une couverture idéale. (1)

Reste que la mission commence mal. Très mal.

«Mettre le feu à l’Europe»

C’est entendu. Il faut être un peu fou pour s’enrôler au Special Operations Executive (SOE), l’organisation britannique chargée des missions de sabotage au cœur de l’Europe nazie. La légende veut que la «Direction» ait vu le jour durant le blitz, à l’été 1940, alors des centaines d’avions allemands bombardent Londres. Ivre de rage, le premier ministre Winston Churchill lui aurait donné un ordre sans équivoque: «mettre le feu à l’Europe». (2)

Sur le terrain, le travail d’un espion du SOE est dangereux. Quasiment suicidaire. Dès le début, on lui explique qu’il a une chance sur deux d’y rester. Dans la France occupée, la longévité moyenne d’un opérateur radio tourne autour de six semaines... (3) Les émissions ont toujours lieu aux mêmes heures, ce qui les rend vulnérables aux systèmes de détection de la Gestapo, la police secrète.

En cas de capture, l’agent sait qu’il n’y aura pas de pitié. Il peut gober la pilule de cyanure cachée dans le talon creux de sa chaussure. Sinon, il doit résister à la torture durant au moins 48 heures, le temps que ses compagnons se mettent à l’abri. Facile à dire. Souvent, les bourreaux lui coupent la première jointure des doigts. Les femmes font l’objet d’une cruauté particulière. Il n’est pas rare qu’elles aient un sein tranché… (4)

Malgré tout, les volontaires ne manquent pas. Et l’écho des exploits du SOE, dirigé par un certain Maurice Buckmaster (5), finissent par se rendre jusqu’aux oreilles d’Adolf Hitler lui-même. «Lorsque je serai maître de Londres, je ne sais pas qui je ferai pendre en premier. Winston Churchill ou ce Buckmaster,» aurait dit le Furher. (6)

François Bourque

Jean-Paul L’Allier: ​«Faire toujours plus de ce que l’on fait de mieux»

CHRONIQUE / Jean-Paul L’Allier était homme de parole qui ne s’astreignait pas beaucoup à écrire.

Du temps de sa vie publique, il n’avait jamais de texte écrit pour ses discours et conférences. Quelques notes sur papier lui suffisaient. 

Sa conjointe Johanne Mongeau aura mis huit ans à le convaincre d’écrire ses mémoires après qu’il ait quitté la mairie. M. L’Allier s’y est attaqué en 2013 et avait accéléré le rythme en 2015. Mais il n’écrivait rien ou presque. 

M. L’Allier préférait dicter. Cela donne une forme et un ton assez inédits. «Intimiste, naturel et très émouvant», a perçu Mme Mongeau, en découvrant le texte. 

Magnétophone ou BlackBerry à la main, M. L’Allier a ainsi navigué dans son bureau, lisant et commentant à voix haute les papiers, carnets de notes et manuscrits parfois inédits empilés en désordre apparent sur de grandes tables pliantes. 

«Ma mémoire est un bordel, mais je sais où sont mes affaires», s’amuse-t-il dans une note d’avant-propos rédigée le 20 novembre 2015. On aurait pu dire la même chose de son bureau, confirme Mme Mongeau. 

Les trois quarts des chapitres étaient prêts pour publication au moment de son décès, le 5 janvier 2016. 

D’autres étaient en chantier. L’équivalent d’une cinquantaine de pages était encore sur des cassettes qui seront transcrites après sa mort. On ne saura pas si M. L’Allier aurait aimé en retoucher la forme avant publication, mais l’essentiel y est.

À la suggestion de l’éditeur, l’historien Gilles Gallichan, voisin de M. L’Allier à l’Île d’Orléans, a accepté de reprendre le travail et de le mener à terme. 

Il a continué à rassembler et trier des documents, vérifier des faits, choisir des contenus. Il y a inséré des extraits de chroniques publiées par M. L’Allier dans les années 1980 (Le Devoir) et ajouté des éléments de contexte.

On retrouve aussi de larges extraits d’une entrevue à Bruno Savard de Radio-Canada, le 11 octobre 2015, qui en raison de la date, est un peu devenue le testament politique de Jean-Paul L’Allier. 

Le Relais. Mémoires inachevés est publié cette semaine chez Septentrion. M. L’Allier en avait lui-même choisi le titre. 

«Le Relais, c’est le mot qui, à mes yeux, décrit le mieux mon engagement», explique-t-il en avant-propos, citant le sens ancien du mot inscrit au dictionnaire : «Autrefois, chevaux frais placés de distance en distance sur une route de poste pour remplacer les chevaux fatigués.»

Gilles Gallichan a trouvé utile d’ajouter cette explication dans sa note préliminaire. 

«Il a choisi ce titre pour que ses héritiers, que nous sommes tous, poursuivent plus avant ce qu’une seule vie ne peut accomplir, fut-elle active et pleinement remplie comme la sienne. L’œuvre d’une vie ne prend son sens que si d’autres, après soi, s’emparent du témoin et poursuivent le travail commencé et jamais achevé.»

 ***

Jean-Paul L’Allier n’avait pas le projet d’une autobiographie ni l’ambition d’écrire un livre d’histoire. «Les situations décrites n’ont rien d’un effort d’archives», prévient-il. 

Ce qu’il a souhaité, c’était de partager ses analyses et souvenirs d’événements vécus, teintés par ses «perceptions, préjugés, rêves et aspirations successives». 

«J’ai voulu écrire, laisser quelque chose. Pour qui? Pour moi, par orgueil et parce que j’ai vécu heureux», précise-t-il dans une note tardive [novembre 2015] un peu énigmatique, en ce qu’elle détonne de l’idée de partage qui anime le reste de l’ouvrage. 

Théâtre

«Les sept branches de la rivière Ota»: un flot majestueux

CRITIQUE / L’atmosphère était chargée d’électricité pour la première représentation des «Sept branches de la rivière Ota». Parce que la reprise de la création collective, née il y a 25 ans et devenue culte, inaugurait le théâtre Diamant, au cœur du Vieux-Québec. Les spectateurs présents ont eu droit à un moment magique, hors du temps, qui marque l’esprit autant que le cœur. Un véritable triomphe pour Robert Lepage, la distribution et tous les artisans.

La nouvelle salle d’un peu plus de 600 places était comble pour cette pièce de sept heures, en sept actes — d’où le titre qui évoque les tributaires de la rivière qui baigne la ville d’Hiroshima, au Japon.

Le récit choral démarre d’ailleurs là, en 1945, quelque temps après l’explosion de la bombe atomique lancée par les États-Unis pour clore la Seconde Guerre mondiale. Un photographe de l’armée américaine, chargé d’y documenter les ravages de la déflagration nucléaire, y fait la rencontre d’une femme irradiée. Leur brève liaison aura des implications sur la suite des choses.

C’est aussi un bon prétexte pour explorer la quête de sens qui s’y déploie tout au long de la représentation : mémoire (à la fois personnelle et universelle), famille, mort, résilience, renaissance...

Science

Six trucs pour amener votre enfant à parler de sa journée

LA SCIENCE DANS SES MOTS / «Comment s'est passée ta journée à l'école?» «Bien.» Cela vous dit quelque chose ? C'est la réponse appréhendée à une question bien intentionnée que tout parent pourrait poser. Cette réponse donnée machinalement suggère que l'enfant limite l'information qu'il partage avec ses parents, ou qu'il n'en donne plus du tout, au sujet de sa journée à l'école.

Lorsque les parents entendent «bien», ils peuvent réagir de différentes façons. Certains peuvent chercher à obtenir plus d'information en posant plus de questions. Cependant, la recherche a montré que poser trop de questions peut sembler envahissant, en particulier pour les adolescents.

D'autres parents peuvent cesser de poser des questions parce qu'ils en ont assez d'entendre la même réponse. Cependant, la recherche a montré que les enfants qui perçoivent un faible intérêt de la part de leurs parents ont davantage de problèmes de santé mentale et de comportement.

Par conséquent, les parents peuvent se sentir découragés. Comment peuvent-ils amener leurs enfants à parler de leur journée sans les irriter ou les amener à se refermer davantage ?

À chaque âge ses questions

À tous les âges, des études ont révélé que la communication parentale peut protéger contre une faible estime de soi et un mauvais rendement scolaire. Une forte participation des parents peut aussi avoir une influence positive sur la participation des enfants à l'école, leurs objectifs éducatifs et leurs résultats. Et notamment, une communication positive peut renforcer le lien d'attachement entre parents et enfants.

Mais comme tous les aspects du développement, les compétences en communication se développent avec le temps.

Du concret pour les tout-petits

De la maternelle à la 1ère année, les conversations avec les jeunes enfants à l'école tournent généralement autour de sujets reliés à l'école, aux nouvelles amitiés ou aux expériences concrètes. Par exemple, un jeune enfant pourrait vouloir partager l'information suivante : «J'ai joué sur les barres de singe à la récréation !»

Vous pouvez aller plus loin avec votre jeune enfant en lui faisant décrire ses expériences. Par exemple, «J'ai vu que Justin a pris ton jouet aujourd'hui. Qu'est-ce que ça t'a fait ?» Il peut aussi être utile de l'aider à mettre des mots sur ses émotions, en verbalisant ce que vous remarquez, par exemple :

«On dirait que tu étais en colère parce que Justin a pris ton jouet.»

Parler des amis

De la 2e à la 3e année, les amitiés deviennent de plus en plus importantes pour les enfants. Ils peuvent être plus intéressés à parler de leurs nouvelles relations avec leurs pairs qu'à parler de leurs travaux scolaires. Essayez de montrer de l'intérêt en posant des questions sur leurs amis, par exemple :

«Parle-moi de tes amis. Qu'est-ce qu'ils aiment faire à la récréation ?»

Dévier la question

De la 4e à la 5e année, les enfants pourraient commencer à considérer vos questions comme des demandes, ce qui réduirait davantage le partage d'information. Il peut être plus facile d'aborder les sujets qui vous intéressent en faisant dévier les questions sur les pairs de votre enfant pour entamer une conversation. Vous pouvez tenter la question suivante :

«Que pensent tes amis du nouveau professeur de sciences ?»

Solliciter leur opinion

De la 1ère à la 5e secondaire, l'établissement de l'identité et de l'indépendance personnelles est un élément essentiel de l'adolescence. Par conséquent, votre adolescent(e) peut rechercher plus d'intimité et partager moins d'information avec vous. Vous pouvez soutenir ces étapes du développement en démontrant votre intérêt pour leurs opinions, en leur permettant d'avoir un peu d'intimité au besoin et en leur permettant de prendre part à la prise de décision familiale.

Quel que soit l'âge de votre enfant, gardez à l'esprit que les conversations positives, courtes mais fréquentes, que vous aurez avec lui au fil du temps sont toutes aussi valables que les conversations longues et approfondies que vous pourriez avoir avec lui.

Théâtre

Robert Lepage: le rêve d'une vie au Diamant

En 1994, un groupe de jeunes artistes mené par Robert Lepage répétait leur nouvelle création dans les locaux désaffectés du défunt bar underground le Shoeclack. Ils étaient loin de se douter, en posant les premiers jalons des «Sept branches de la rivière Ota», que la pièce devenue culte allait être reprise, 25 ans plus tard, au même endroit : le Diamant!

Le choix dépasse évidemment le clin d’œil et le fait que la colossale œuvre a solidement établi la réputation internationale du Québécois comme créateur hors-norme. «Je voulais rappeler que les peuples avancent et perdent la mémoire», a-t-il dit lors du dévoilement du spectacle d’ouverture du nouveau théâtre de 650 places. L’annonce a suscité un véritable engouement (des billets sont encore disponibles).

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Télé

15 titres à surveiller cet automne à la télé québécoise

Beaucoup de choix, mais des points en commun dans cette nouvelle programmation télé, toutes chaînes confondues : la police est omniprésente, les animaux sont rois, l’enfance et l’adolescence sont des thèmes prisés. Voici 15 titres qui devraient retenir votre attention pour traverser l’automne.

DISTRICT 31

Début : lundi 9 septembre à 19h, ICI Télé

«Y’a pas un autre district qui a vécu plus de bouleversements que le 31», déclare à raison Daniel Chiasson (Gildor Roy) dans la bande-annonce. Et ça ne changera pas avec l’assassinat du chef de la mafia, les durs lendemains du tragique accident pour Bruno Gagné (Michel Charette) et l’arrivée du nouveau sergent-détective Florence Guindon (Catherine Proulx-Lemay). Que ferez-vous le 9 septembre à 19h?

Actualités

Six idées reçues sur l’aide financière aux médias

DÉTECTEUR DE RUMEURS / Le fait d’apprendre ce mois-ci que six journaux régionaux québécois - Le Soleil, Le Droit, La Tribune, Le Nouvelliste, Le Quotidien et La Voix de l'Est - se retrouvaient sous la protection de la loi sur les faillites a ramené à l’avant-scène des arguments maintes fois répétés, entre lesquels il est difficile pour certains de dégager le vrai du faux. Le Détecteur de rumeurs a retenu six idées reçues.

Avertissement : l’Agence Science-Presse est elle-même un média qui reçoit une aide financière du gouvernement du Québec, en l’occurrence une « aide directe », telle que définie au point 3. Le projet du Détecteur de rumeurs bénéficie quant à lui d'une aide financière du bureau du scientifique en chef du Québec.

1) « Les médias qui ne peuvent pas s’adapter au numérique devraient fermer leurs portes ? » Douteux.

Pour vérifier cela, il faudrait d’abord définir ce que veut dire « s’adapter au numérique » : un très grand nombre de médias d’ici et d’ailleurs ont expérimenté depuis 20 ans des formules inédites, souvent innovantes, et aucun ou presque n’a réussi à en dégager des profits.

Il faut par ailleurs se rappeler que pour « s’adapter au numérique », encore faut-il en avoir les moyens. Selon une compilation faite en 2016 par le Centre d’études sur les médias (CEM) de l’Université Laval, la part des investissements publicitaires consacrée aux journaux était en rapide déclin depuis le début des années 2000, essentiellement au profit d’Internet. Sauf que ça ne se traduit pas en revenus publicitaires pour les « journaux sur Internet », mais pour Facebook et Google : rien qu’à eux deux, à travers le monde, ils accaparaient en 2017 le quart de ces revenus.

Et si on ne calcule que les nouveaux revenus publicitaires, c’est-à-dire ceux qui n’existaient pas avant l’an 2000, c’est pire : selon le CEM, en 2016 au Canada, 95 % des sommes supplémentaires dépensées en publicité étaient allées aux Google, Facebook, YouTube et autres plateformes d’Internet, plutôt qu’aux médias.

2) « Les gens ne sont pas prêts à payer pour de l’information ? » Incertain.

Il est difficile d’affirmer combien de gens paieraient si davantage de médias devenaient payants sur Internet. Mais pour l’instant, les données préliminaires dont on dispose ne sont pas encourageantes.

Selon le rapport 2015 de l’Institut Reuters pour l’étude du journalisme, dans 12 pays étudiés, ceux qui payaient pour des nouvelles en ligne représentaient 10 % des lecteurs.

D’autres enquêtes publiées depuis 2015 ont apporté des nuances : le pourcentage semble plus élevé dans plusieurs pays d’Europe (20 % en Suède et en Pologne), mais pas tous (11 % en France); aux États-Unis, l’information locale semble avoir plus de chances de récolter des gens désireux de payer; et le fait d’être déjà abonné à de l’information papier semble être un facteur qui influence positivement la volonté de payer pour de l’information en ligne.

Au Québec, on constate par ailleurs que le seul quotidien à disposer d’un accès payant sur le web, réservé à ses abonnés, soit Le Devoir, a dégagé un léger bénéfice à quelques reprises au cours des dernières années.

3) Si l’État aide financièrement un média, ça signifie qu’il lui signe un chèque ? Pas nécessairement.

Une aide directe consiste effectivement en un chèque : il peut s’agir soit d’une somme d’argent renouvelée chaque année, soit d’un montant alloué à la pièce, pour un an, sur présentation d’un projet. Exceptionnellement, il peut s’agir d’un prêt, comme celui alloué à Capitales Médias ce mois-ci. Une aide indirecte en revanche, peut prendre la forme de crédits d’impôt, comme ceux annoncés par le gouvernement Trudeau en 2018 (mais qui n’ont pas encore été créés) ou d’exemptions fiscales aux journaux imprimés comme en France. On retrouve tantôt des exemptions fiscales, tantôt des incitatifs fiscaux, dans de multiples secteurs de l’économie, les plus connus ces dernières années ayant été l’énergie et le multimédia, par exemple pour inciter une compagnie à s’installer dans une ville ou à créer de l’emploi. Financer des entreprises ou les accompagner est le rôle même de la société d’État Investissement Québec.

Il faut par ailleurs savoir qu'au sujet des revenus et de l'éventuelle profitabilité, il existe un débat parmi les défenseurs de l’information journalistique : les médias doivent-ils être considérés comme des entreprises commerciales comme les autres, ou comme une forme de « service public » ? Le débat se poursuit.

4) L’aide directe de l’État aux médias est une idée née avec la crise des quotidiens ? Faux.

Au Québec, la majorité des grands magazines et la majorité des émissions d’affaires publiques de la télévision, dont la totalité de celles diffusées sur les chaînes spécialisées, sont subventionnées. Les magazines qui satisfont aux critères reçoivent une aide directe, renouvelée chaque année, du Fonds canadien pour les périodiques (qui représentait une enveloppe de 75 millions de dollars en 2018). Les médias communautaires sont subventionnés par le ministère québécois de la Culture. Les émissions de télé peuvent être financées par Téléfilm au fédéral ou par la SODEC au provincial sur présentation d’un projet et d’un engagement de diffusion par une chaîne de télé.

5) L’idée d’une aide indirecte aux médias est apparue en 2018, avec les crédits d’impôt du gouvernement Trudeau ? Faux.

Historiquement, la première aide indirecte aux médias canadiens a été l’aide à l’envoi postal, qui remonte au 19e siècle : avoir le statut de journal donnait droit à une réduction sur les envois aux abonnés par la poste.

Chez nous, la plus visible des aides indirectes a longtemps pris la forme des « avis publics ». Puisque la loi oblige un gouvernement à annoncer, par exemple, ses audiences publiques en vue d’une modification à une loi, le seul canal à sa disposition a longtemps été le journal local. Cette aide a considérablement diminué dans les années 2010, les gouvernements et les municipalités affichant sur leur propre site web.

Plusieurs pays, dont la France, offrent des exemptions fiscales aux journaux imprimés : le journal en ligne Médiapart s’est battu pendant plusieurs années (et a eu en partie gain de cause) pour que ces exemptions soient élargies aux médias numériques.

6) Les Québécois donnent déjà beaucoup aux médias ? Faux.

Au Québec, l’aide aux médias serait, par citoyen, inférieure à celle qu’on retrouve dans nombre de pays européens selon une analyse produite en 2016 pour la Fédération nationale des communications par la firme MCE Conseils. La presse écrite québécoise recevrait en moyenne 3 $ par habitant, contre 5,83 $ aux États-Unis. À l’autre extrémité du spectre, le pays qui soutient le mieux la presse écrite était la Finlande (92,23 $ par habitant), suivie de la Norvège (57,65 $ par habitant) et de la Suède (35,67 $ par habitant).

Qu’en est-il de la radio et de la télévision ? Même portrait. Le Canada serait l’un des pays occidentaux qui soutient le moins son diffuseur public, avec 33 $ per capita par an. Seule la Nouvelle-Zélande (25 $) ferait moins, ainsi que les États-Unis. Par contre, la Norvège verserait 163 $ par habitant, l’Allemagne 107 $ et l’Irlande 54 $. La BBC recevrait l’équivalent de 118 $.

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DE L"ÉDUCATION AUX MÉDIAS

Quelle que soit la solution financière qui sera proposée pour assurer la pérennité des médias, il faudra aussi de plus en plus penser à faire ce qu'on appelle de l'éducation aux médias et à l'information : identifier des sources crédibles, c'est bien, mais faire comprendre ce qui caractérise un travail journalistique crédible, c'est tout aussi important. C'est dans ce contexte que le Détecteur de rumeurs a vu dans ce malheureux événement qui frappe ses collègues journalistes du Québec l'occasion de faire, avec ce texte, un peu d'éducation aux médias : les idées reçues qui ont été retenues ici ne sont qu'un échantillon de celles auxquelles il serait possible de s'attaquer.

Actualités

Un nouveau rendez-vous avec nos abonnés

Vous aimez Le Soleil? Ça, on n’en doute pas une minute! Et vous nous l’avez démontré cette semaine alors que votre quotidien a été au cœur de la tempête. Vos nombreux messages d’appui sont une grande source de motivation pour notre équipe déterminée à vous servir en information qui parle de vous et de notre ville.

Et un journal, au-delà de son industrie aux nombreux défis, c’est aussi, surtout, ses artisans.

À l’occasion de la rentrée d’automne, Le Soleil propose d’ailleurs à ses abonnés un tout nouveau rendez-vous : des rencontres avec certaines de ses plumes à l’occasion d’une série de discussions publiques intitulée Conversation avec nos chroniqueurs. 

Et on commence le mercredi 4 septembre avec le chroniqueur télévision Richard Therrien (photo). Lors de cette rencontre dans le nouveau théâtre Le Diamant, il partagera sa passion pour la télévision en plus de répondre à vos questions sur son métier rare et fascinant. Ce sera l’occasion de mieux comprendre la réalité de sa vie de chroniqueur en plus de discuter de ce que nous réserve la rentrée télé. 

À LIRE AUSSI 15 titres à surveiller cet automne à la télé québécoise

J’aurai le plaisir d’animer cette soirée offerte à nos abonnés. 

Une soirée privilégiée pour partager avec vous, précieux lecteurs. Vous pourrez de plus avoir la chance de visiter Le Diamant. Incrivez-vous dès maintenant à lesoleil.com/richardtherrien. Places limitées à 75 chanceux!

Et d’autres rencontres Conversation avec nos chroniqueurs sont prévues. La prochaine, prévue plus tard cet automne, sera avec François Bourque, notre expert en affaires municipales.

Carrefour des lecteurs

Vos appuis et vos idées pour Le Soleil

Mardi, les lecteurs du Soleil ont été nombreux à témoigner leur attachement au quotidien de la capitale. Dans la salle de rédaction, une partie des mots d’appuis reçus ont été placés bien en vue en signe de soutien à l’équipe. Les voici.

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Le Soleil fait partie de ma vie depuis mon enfance. Nous recevions Le Soleil à la maison. Impossible que cette institution disparaisse. De tout cœur avec vous!

Diane Thivierge

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Étant maintenant retraitée et après avoir passé tant d’années à ne pas avoir le temps de lire mon journal, je souhaite ardemment que le calme revienne après cette tempête. Mon Soleil, avec un bon café, c’est le soleil de ma journée. Qu’il demeure!

Lise Bélanger

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En réponse à François Bourque du Soleil, j’ai une suggestion pour le financement permanent des journaux d’information. Que le gouvernement du Québec impose une taxe de vente spéciale au GAFA (Google, Apple, Facebook et Amazon) sur leurs revenus de produits et de publicité. Ce Fonds d’aide pour la liberté de presse servirait à la diffusion de l’information et à la consolidation des salles de rédaction. Un poste de commissaire à l’information devrait être créé par l’appui des deux tiers des membres de l’Assemblée nationale afin de s’assurer de l’utilisation équitable de ce Fonds. À suivre...

Jean Baillargeon 

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J’aimerais vous faire part de ma solidarité suite aux difficultés de votre journal. Je suis abonnée depuis des décennies et je serais désolée si j’en étais privée. Je tiens à préciser ma solidarité à tous les employés.

Hélène Bertrand

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C’est essentiel que la publication journalière du Soleil se poursuive. La qualité des textes de l’équipe journalistique est toujours remarquable. Merci pour l’excellent travail d’information que vous nous livrez jour après jour. Je souhaite ardemment que des solutions permanentes puissent être mises en place, notre démocratie en a besoin. Sincèrement,

Marjolaine Moisan

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Je suis un lecteur assidu du journal Le Soleil depuis plus de 40 ans. J’habite à Sayabec dans le Bas-Saint-Laurent et l’information des différents médias est la source première de notre démocratie. J’ai toujours apprécié chaque édition de ce journal car nous avons une partie qui traite de l’actualité régionale. Il faut garder ce véhicule de communication, sinon nous serons isolés encore d’une autre façon de la réalité locale, régionale, nationale et internationale. Je suis passé de l’édition papier à celle du numérique et je tiens à garder ce lien de communication. Merci pour les efforts fournis en vue de respecter vos lecteurs éloignés.

Jean-Yves Thériault

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Abonnée depuis 1972, je serais bien déboussolée de ne plus commencer ma journée avec mon Soleil. Même si mon journal a perdu des plumes depuis quelques années, il demeure mon quotidien préféré. Je nous et vous souhaite bonne chance!

Suzanne Brisson 

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Je suis une lectrice assidue du journal Le Soleil et je souhaite de tout cœur qu’il y ait des solutions durables et satisfaisantes pour éliminer les difficultés auxquelles le journal est confronté. Les citoyens de la ville de Québec ont besoin d’information de qualité, ce que le journal Le Soleil a toujours su nous offrir. Bonne chance! 

Marie Trépanier

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Nous avons Le Soleil à la maison depuis plus de 50 ans. Avant moi, mes parents et grands-parents étaient abonnés au Soleil. Nous souhaitons que nos petits-enfants puissent avoir le même plaisir de vous lire.

Lise Bellavance

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François Bourque

Un grand jour. Et un petit

CHRONIQUE / Un grand jour qui va marquer l’histoire de la ville de Québec et en changer la dynamique et le visage pour les décennies à venir, se sont réjouis les élus de tous les paliers politiques.

«Nous entrons dans la modernité», de renchérir le maire Régis Labeaume. 

Grand jour en effet pour le projet de tramway et de transport structurant de la capitale, que les gouvernements s’engagent à financer à hauteur de 3 milliards $. 

Cette volonté était connue depuis le printemps, mais «l’annonce» de lundi lui donne un caractère plus solennel. Il deviendra désormais difficile à un prochain gouvernement qui le voudrait, de faire marche arrière. 

Il reste encore beaucoup de questions sans réponses sur les modalités et implications de ce projet. Voire sur l’utilité même d’un tramway, continueront de faire valoir ceux qui s’y opposent.

Beaucoup de ces réponses devraient venir à partir de l’automne, au rythme des analyses et études d’impact exigées par le ministère de l’Environnement. 

D’autres questions surgiront en cours de route, d’ici la mise en opération du tramway prévue pour 2026. 

Si Le Soleil y est encore, nous y ferons écho et contribueront au débat public, comme les collègues journalistes l’ont fait depuis plus de cent ans qu’existe ce journal (1896). 

Dans les premières années avec la fougue (et les excès) de l’opinion politique engagée de ses propriétaires libéraux. 

Puis plus tard, avec l’indépendance intellectuelle et la démarche de journalistes professionnels. La présence d’acteurs significatifs de la vie de Québec à la conférence de presse de lundi (Université Laval, Commission de la Capitale, milieux d’affaires et communautaires, etc.) atteste d’un large consensus institutionnel autour du projet de transport structurant.

On sent cependant que l’enthousiasme n’est pas partagé par tous les citoyens. Le travail de pédagogie et de persuasion devra se poursuivre, si on espère atteindre une large acceptabilité sociale.

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La nouvelle est tombée quelque part entre Justin Trudeau et François Bonnardel. 

Ou peut-être était-ce un peu plus tard, entre les ministres Duclos et Champagne ou le maire Labeaume. Vous me permettrez d’avoir été un peu distrait et d’avoir perdu le fil.

Le Groupe Capitales Médias (propriétaire du Soleil et de cinq autres quotidiens) s’apprêtait à déclarer faillite, disait le titre qui s’est répandu comme une traînée de poudre sur les cellulaires des journalistes et invités. 

Techniquement, il ne s’agit pas d’une faillite, mais d’une restructuration qui impliquera des discussions avec les (nombreux) créanciers du groupe. On est un peu dans la sémantique, mais la nuance a son importance.

À mon retour dans la salle de rédaction, j’ai pu mesurer l’inquiétude des collègues et leur résignation devant la fatalité. Ce qu’on avait vu venir au fil des années était en train d’arriver. 

Ce qui fut un grand jour pour le transport structurant en fut un tout petit pour l’information du réseau Capitales Médias qui n’a désormais plus rien de structurant et sera peut-être démembré.

Les collègues encaissaient le choc. Je n’ai pas senti de démission ou d’abandon, mais ce que je décrirais comme une résilience lucide en attendant la suite. 

***

L’aide ponctuelle de 5 millions $ annoncée en fin de journée par le gouvernement Legault permettra aux journaux de Capitales Médias de tenir quelques mois encore. 

Le temps de rechercher un ou des «repreneurs», pour reprendre les mots du ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon. 

Ce ou ces éventuels «repreneurs» vont cependant être confrontés au même problème que les propriétaires de journaux partout en occident : l’érosion des revenus, la mise en échec des modèles d’affaires traditionnels et les résultats mitigés (et insuffisants) des nouveaux modèles numériques.

Voilà où nous a mené la «modernité». Au déclin des revenus et par effet d’entraînement, à celui des salles de rédaction comme la nôtre, forcée de réduire ses effectifs pour limiter les déficits. 

Chaque fois que cela se produit, c’est un peu de la capacité à couvrir l’actualité et à challenger les choix des administrations publiques qui s’érode. De la capacité à fouiller, à mettre les choses en perspective, à expliquer, à exposer d’autres points de vue et arguments, etc. 

Il est possible de bien faire, même avec de petites équipes, mais on en fera nécessairement moins, ce qui touche ici au rôle fondamental des médias en démocratie.

Dans un contexte où des journaux comme le mien et d’autres en sont réduits à dépendre d’une aide publique pour survivre, il faudra s’assurer de pouvoir jouer ce rôle critique. 

Pas seulement d’être un reflet gentil de nos communautés pouvant plaire aux élus locaux, mais rester (ou devenir) des chiens de garde attentifs. 

Cela doit faire partie des réflexions à venir. À défaut, comment pourrait-on justifier des programmes d’aide financés avec de l’argent public?

***

Je ne sais pas plus que les autres comment construire un modèle d’affaires qui puisse fonctionner.

Ce qu’on sait cependant, c’est que des lecteurs sont toujours là. Plus nombreux que jamais même, avec la multiplication des plates-formes de diffusion électronique.

Il faudrait il me semble réussir à mobiliser ces lecteurs. Mieux expliquer qu’il y a un coût à produire de l’information fiable et pertinente au débat public. 

Convaincre ceux et celles qui tiennent à cette information qu’ils peuvent contribuer à sa survie en s’abonnant, en donnant à une éventuelle fondation ou en acceptant de payer pour l’accès si un jour on le leur demande, etc. 

Bref, faire le contraire de ce que les journaux les ont encouragés à faire depuis quelques décennies en donnant leurs contenus plutôt que les vendre. 

Il y a là un gros défi. À la fois pour les journaux et pour la démocratie.

Balados

Tire le coyote: sans filtre [BALADO]

Benoit Pinette a beau s’être donné un nom d’artiste, Tire le coyote, cet espace créatif se voulait quand même le plus authentique possible, l’endroit où il allait être le plus transparent, sans filtre. Et c’est souvent son honnête fragilité qui charme son public.

Au début, ça devait être qu’un mini album, comme un cadeau pour lui-même. Finalement, les albums se suivent, comme les tournées, et mêmes les prix, comme un Félix pour meilleur album folk ou le prix de Parolier de l’année remis par la Société professionnelle des auteurs et des compositeurs du Québec.

«J’étais content particulièrement du prix de parolier parce que c’est ce que je m’efforce de faire depuis longtemps. J’ai rushé plus pour écrire Désherbage, admet l’auteur-compositeur-interprète. J’aime avoir de beaux textes quand j’écoute une chanson.»

L’artiste de Limoilou a aussi vu l’impact d’un passage à une émission comme Tout le monde en parle. «Tout d’un coup j’existais! J’avais déjà un public, mais ça m’a permis d’aller chercher un public moins mélomane.» Il joue cette partie du jeu médiatique, mais en refuse d’autres, comme lorsqu’on lui demande de parler de ses enfants ou de ses voyages, plutôt que de sa musique. «Peut-être que c’est la différence entre l’artiste et la personnalité publique et ça m’intéresse moins», réfléchit-il à voix haute.

Balados

Martin Bureau: créateur de troubles [BALADO]

Même s’il fait du cinéma documentaire, des installations publiques, des œuvres multimédias, de la peinture et des pochettes d’albums, Martin Bureau dira qu’il réfléchit sur le monde.

«J’ai longtemps pensé que j’étais peintre, raconte le Bleuet d’origine. Puis j’ai commencé à faire des films, donc je suis devenu peintre-cinéaste. Puis artiste multidisciplinaire. À force de créer, je me suis rendu compte que mon premier métier, en amont, c’était de réfléchir. Ce qui me passionnait le plus finalement dans tout ça c’était de comprendre le monde et le réfléchir.»

Il y a souvent quelque chose qui fait «bang!» dans les œuvres de Martin Bureau. «Il y a beaucoup d’explosions dans mes œuvres, rigole-t-il. C’est une belle métaphore de perte de sens et il y a de beaux mouvements en peinture là-dedans.»

Feu ou pas, les sujets eux-mêmes sont souvent explosifs, comme les murs de Jérusalem ou les courses de stock-car. «J’aime me mettre dans un contexte de terrain trouble.» Néanmoins, même si son travail «est affirmatif», et qu’il «passe beaucoup d’opinions dans [son] travail», l’artiste insiste qu’il ne critique pas les gens individuellement, mais bien des choix de société.

Une de ses peintures les plus connues représente le parlement de Québec en feu. Une toile qu’il voulait donner au parlement, un don que l’institution a accepté – et expose. «C’est complètement baveux, souligne Martin Bureau. Face aux enjeux de collusion et de corruption, ma manière de répondre la plus efficace c’est avec l’art.»

Sports

Les maîtres du pickleball

Il a déjà été l’un des piliers du racquetball, à Québec. Quelques années se sont ajoutées au compteur de la vie depuis, mais Jean-Serge Lafleur reste aussi passionné par le sport. À la fin du mois d’août, il s’envolera pour l’Europe afin de participer à la première présentation des Internationaux de France de pickleball.

Ou encore, comme le disent si bien les cousins, pour prendre part au «French Open». Il s’est inscrit à l’épreuve de double chez les 60-65 ans avec son bon ami Joël Gilles, ancien professionnel de racquetball, au Québec, qui est retourné vivre dans son pays d’origine il y a plus de 15 ans. Le sport permet aussi ce genre de retrouvailles amicales!

«On n’avait pas fait notre tournoi de racquetball en double à 35 ans, alors on se reprend. Ça ne m’intéressait pas de jouer en simple, mais quand j’ai vu qu’il y avait la catégorie en double, j’ai pensé à Joël. Je vais me rendre là-bas deux semaines avant le tournoi, on va pratiquer ensemble, on a même réquisitionné un pro de tennis pour nous donner des conseils», raconte le sportif de Beaupré.

La compétition disputée à Fayence, dans le Var (un département français dans la région de Provence-Alpes-Côte d’Azur) était un prétexte pour parler de pickleball, sport qui prend de l’essor. Le jeune Club de pickleball Côte-de-Beaupré compte déjà 65 membres, qui profitent d’installations à l’extérieur comme à l’intérieur.

Le journaliste et le photographe du Soleil ont d’ailleurs eu droit à une leçon, dans les deux sens du terme, avec Jean-Serge Lafleur et ses complices du jour, Roch Racine, Pierre St-Jacques, Bruno Fortin et Rolland Gadbois, l’administrateur du club en question.

«On fait ça pour s’amuser. Je ne connaissais pas ça, mais je l’ai essayé et je l’ai adopté. Moi, avant, je faisais du vélo, c’est moins dangereux et ça me garde tout aussi en forme. Du sport où tu ne fais pas d’effort, ça n’existe pas», explique M. Racine, notre partenaire de jeu pour l’essai.

Le pickleball est un sport qui ne requiert pas de puissance ou de vitesse. Il est un dérivé des sports traditionnels de raquette, comme le tennis, le racquetball et le badminton, terrain sur lequel il est généralement pratiqué. Sa balle en plastique est trouée et ne rebondit pas jusqu’à vous, il faut aller à sa rencontre.

«Il s’agit du sport le plus en effervescence aux États-Unis. Il se pratique à tous les âges, il est très populaire chez les personnes plus âgées. C’est facile de frapper la balle, de l’attraper. Il faut la laisser tomber au sol sur les deux premiers coups, c’est pour ça que le jeu est plus lent et pas trop dur sur les articulations. Ça prend une bonne technique, par contre», explique Jean-Serge Lafleur, qui a «importé» ce sport sur la Côte-de-Beaupré après l’avoir découvert en Floride, il y a une dizaine d’années.

Nouveaux terrains

La récente époque où les joueurs de pickleball de son coin pouvaient n’utiliser qu’un seul terrain à raison d’une heure et demie par semaine, à Saint-Ferréol-les-Neiges, est révolue. Ses compagnons et lui ont réussi à convaincre le conseil municipal de Beaupré d’offrir des terrains pour le pratiquer. Le parc des Goélands de Beaupré sera bientôt doté de quatre nouveaux terrains de pickleball.

«Il y a eu un boum dans le racquetball à la fin des années 80, il y avait plein de monde qui jouait. Je vois la même chose avec le pickleball, sauf qu’un terrain ne coûte pas 100 000 $ comme c’était le cas pour un court», mentionne celui qui a déjà affronté trois champions du monde de racquetball, à l’époque.

On avait l’impression de se mesurer à un champion, ce vendredi après-midi, au Centre multifonctionnel de Beaupré, qui a ouvert ses portes en 2016.

«On oublie souvent de parler des bienfaits de l’activité physique. Nous avons un membre de tous près de 70 ans qui a perdu 35 livres en jouant au pickleball. C’est un sport qui fait bouger les gens, qui peut être pratiqué pour le plaisir. Et les plus compétitifs peuvent aussi y trouver leur compte», dit celui qui préfère les matchs de double à ceux de simple. Encore plus lorsque le niveau de jeu l’amène à se dépasser.

«Pendant 18 ans, j’ai joué au racquetball tous les jours. J’ai retrouvé le même plaisir avec le pickleball. Quand tu marches, tu penses, quand tu remontes la gondole en ski, tu penses. Au pickleball, tu ne penses à rien d’autre que de frapper la balle», ajoute Jean-Serge Lafleur en riant.

Chronique

En direct des îles: l'histoire qu'on raconte trop peu

CHRONIQUE / 1822, Isaac Coffin, premier seigneur des Îles-de-la-Madeleine, envoie une lettre à l’Angleterre. Il veut vendre l’archipel aux Américains.

Une trentaine d’années après en avoir obtenu la concession, l’amiral calcule que son investissement ne lui rapporte rien, ses tentatives de mettre un terme au carnage du morse ont totalement échoué, tout comme la monnaie qu’il y a introduite en 1815, le Magdalen Island Token, frappé d’un phoque d’un côté, d’une morue de l’autre.

C’est aujourd’hui une des pièces les plus prisées au monde.

Raynald Cyr ouvre devant moi un cartable où il conserve précieusement celles qu’il possède, il les a achetées un peu partout, jusqu’en Chine. «J’en ai vu circuler sur les sites. En bon état, ça peut valoir jusqu’à 11 000 $.» Lui les achète pour les ramener d’où elles viennent.

Comme la lettre de Coffin, qu’il retire avec précaution d’une enveloppe. «Je suis allé l’acheter dans un encan aux États-Unis.»

Coffin a dû attendre deux ans avant de recevoir la réponse de l’Angleterre, qui refusait d’accéder à sa demande. Il revint à la charge quatre ans plus tard en tentant de les annexer à la Nouvelle-Écosse.

En vain. Les Îles allaient demeurer québécoises.

D’aussi loin qu’il se souvienne, il a toujours été fasciné par l’histoire de ses Îles, il collectionne tous les bouquins qu’il trouve. Il me montre à l’intérieur de l’un d’eux la photo de Pierre Elliott Trudeau, prise l’été suivant la Crise d’octobre, en train de prendre un bain de soleil sur la plage de La Bluff.

Il en sort un autre, Chez les Madelinots, écrit en 1920 par Marie Victorin.

Ils sont une poignée de passionnés comme lui à rapailler dans leurs temps libres des fragments d’histoire de l’archipel, des objets surtout, qui permettent de remonter le temps, de mieux comprendre le passé.

Raynald s’intéresse particulièrement aux morses, qu’on appelle aussi vaches de mer à partir du terme anglais seacow. «Ma première défense, je l’ai eue en cadeau en 1996 par un pêcheur de pétoncles qui l’avait ramassée avec sa drag.» Depuis, il amasse tout ce qui a trait aux morses, il possède une impressionnante collection qu’il expose, faute de mieux, dans son bureau où il vend des assurances. 

Il rêve d’un musée.

Il n’est pas le seul, Jean-Simon Richard aimerait aussi que tout le monde puisse voir ce qu’il conserve chez lui, des objets qu’il a trouvés en se promenant le long des plages ou en effectuant des plongées sous-marines autour des Îles. Au début du mois, il a trouvé sa plus grosse défense jusqu’ici.

Jean-Simon, 27 ans, a commencé à farfouiller avec son père. «J’étais tout petit, il me prenait sur ses épaules pour aller marcher sur les plages. Parfois, on trouvait des défenses de morses, ça me fascinait. Mon intérêt part de là.» Ils ont aussi d’autres objets liés à la chasse aux morses, entre autres des vestiges de l’huilerie où les bêtes étaient abattues et où on faisait fondre leur lucrative graisse. 

En 2014, il a rédigé un rapport qu’il a fait parvenir au ministère de la Culture, dans lequel il détaille ses trouvailles. Le site qu’il décrit a été exploité par Richard Gridley, officier militaire qui aurait combattu aux côtés de Wolfe sur les Plaines en 1759, avant de venir s’établir aux Îles pour y exploiter les ressources.

La colonie est toute jeune, à peine une quinzaine d’années.

Quelques années après la Grande déportation, il embauche 22 Acadiens, qui doivent d’ailleurs signer une Déclaration d’allégeance à la Reine d’Angleterre. «Les documents sont signés avec des “X”, les gens ne savaient pas écrire.» Ils savaient chasser le morse par contre, c’est pourquoi ils ont été embauchés.

Jean-Simon a retrouvé plusieurs balles de mousquet, certaines intactes, d’autres aplaties. «Celles-là ont tué.» Il a retrouvé aussi différents objets qu’il a patiemment identifiés, parfois avec l’aide d’archéologues ou en consultant différents documents sur Internet. «Pour la paumelle de voilier, il m’a fallu un an.»

Il a aussi trouvé des traces d’activité humaine depuis aussi loin que 6000 à 8000 ans, des pointes de flèches typiques de l’époque paléoindienne, ce qui confirme que les autochtones venaient y chasser depuis longtemps. Il a trouvé des pierres qu’on ne retrouve pas aux Îles, également des pièces de monnaie européenne, la plus ancienne est un demi-sol Louis XV datant de 1722.

Quand il plonge, il lui arrive aussi de tomber sur les vestiges d’une épave, les Îles sont le deuxième plus grand cimetière marin en Amérique du Nord, entre 700 et 1000 bateaux s’y seraient échoués au fil des siècles.

Avec, dans leurs cales, des fragments d’histoire.

Il y a quelques années, il a déniché le squelette complet d’un jeune morse, qu’il a remonté lui-même, un gigantesque casse-tête grandeur nature. Nul doute que ses études en médecine vétérinaire à Ste-Hyacinthe ont aidé, il vient d’obtenir son diplôme. Il a aussi fait dater une défense au Carbone 14 à l’Université Laval.

Elle a 3345 ans.

Il conserve ses artéfacts précieusement chez sa mère, il a converti le salon en salle d’exposition.

Le morse «remonté» est au sous-sol.

«Quand je vois un objet en me promenant sur la plage ou en faisant une plongée, je le ramasse pour ne pas que la mer le prenne, ou encore des touristes, qui l’emmèneraient à l’extérieur des Îles. Je fais ça pour que ça reste aux Îles et pour qu’éventuellement ça soit mis en valeur. Le but, c’est d’exposer ça quelque part le plus tôt possible.»

Et pas juste pour la visite.

Il cherche une solution avec les autres collectionneurs. «On se rencontre une fois de temps en temps. On se questionne tout le monde ensemble sur l’avenir de nos collections personnelles. Il n’y a pas encore de projet concret, mais on réfléchit à une solution pour que ce soit mis en valeur.»

À bon entendeur.

C’est de transmission de mémoire dont il est question ici. «Quand mon père est décédé subitement il y a deux ans d’un cancer, ça m’a fait réfléchir. Tout ce que je sais, tout ce qu’on sait, il ne faudrait pas que ce soit perdu…»

Balados

Anne-Marie Olivier : tête chercheuse de sens [BALADO]

L’auteure et comédienne Anne-Marie Olivier aime s’inspirer de la vie des gens. «Travailler avec des histoires vraies, c’est d’aller à la rencontre de cette extraordinaire complexité qu’est celle de l’être humain.»

Une manière de combler sa «soif de vérité», mais aussi d’être près des gens. «J’ai des collègues qui disent qu’il faut se foutre du public pour être complètement libre. Je suis complètement en désaccord avec eux. On doit faire du théâtre pour le monde. Ce n’est pas élitiste, on doit parler à tout le monde.» Selon Anne-Marie Olivier, l’art sert à digérer le monde, même le plus difficile à digérer.

«J’aime voir le côté utilitaire [du théâtre], ajoute-t-elle. Qu’est-ce que j’amène à la société en étant artiste? C’est un endroit de rencontres et d’échanges intellectuels et émotionnels. J’aime le théâtre qui nous transforme.» Le public semble partager cette vision, alors que le Trident affiche les meilleurs taux d’occupation de son histoire depuis qu’elle en a pris la direction artistique. 

Anne-Marie Olivier aimerait que tous les jeunes puissent toucher aux arts et à la philosophie, dès l’école primaire, afin de stimuler la créativité. «C’est vraiment l’idée de se servir du plein potentiel de son cerveau et de trouver des solutions à nos problèmes.» Selon elle, devant les changements et les défis qui attendent l’humanité, nous allons avoir besoin de notre créativité pour nous en sortir.