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Vos questions sur la COVID-19

Faudra-t-il se méfier des moustiques?

Q: «Je me demande si les moustiques et les autres insectes piqueurs pourraient être des vecteurs de contagion lorsque les beaux jours reviendront?» veut savoir Vincent McCormack. Avec le printemps et la neige qui fond, plusieurs lecteurs nous ont envoyé cette question. Alors voyons voir…

R: On a tendance à penser que les maringouins peuvent propager un peu n’importe quelle maladie en piquant des gens malades et en transportant le sang contaminé vers d’autres personnes. Mais de manière générale, ce n’est vraiment pas si facile que cela, pour un virus, d’être transmis par des moustiques.

D’abord, lit-on sur le site de la revue Nature, la «bouche» des moustiques est composée de six parties différentes, dont quatre servent à pénétrer la peau. Les deux autres sont faites comme des tubes : l’un pour injecter de la salive, l’autre pour aspirer le sang. Mais il n’y a généralement pas de transfert de sang lors de la piqûre : seule de la salive est inoculée et, si elle ne contient pas de virus, aucune maladie n’est transmise.

Certains virus ont évolué pour être propagés par les morsures d’insectes, par exemple en étant capables de se reproduire dans les glandes salivaires de certaines espèces de moustiques, mais ce n’est absolument pas le cas de la COVID-19 — et la règle générale est que les virus avalés par les moustiques sont digérés comme le reste du sang.

Un moustique peut quand même transférer du sang contaminé d’une personne à l’autre s’il pique le porteur d’une maladie puis pique quelqu’un d’autre très peu de temps après, ajoute Benoît Barbeau, chercheur en virologie à l’UQAM. Mais même dans un cas pareil, dit-il, «les chances d’avoir la COVID-19 à cause de ça sont pratiquement inexistantes». Les virus sont en effet des êtres très spécialisés qui ne peuvent infecter que certains types de cellules particuliers, qui possèdent les «bons» récepteurs à leur surface. Or la COVID-19 n’est capable d’infecter que les muqueuses des voies nasales et du haut des poumons, soit des endroits du corps qui sont beaucoup plus facilement accessibles par gouttelettes inhalées qu’en passant par le sang.

Dans le sang, les virus sont reconnus par le système immunitaire dit «inné» (contrairement aux anticorps, qui eux sont «acquis») et il faudrait une très grosse dose de COVID-19 pour contracter la maladie par le sang.

Bref, on n’aura pas à se préoccuper des moustiques plus qu’à l’accoutumée cet été.

Q: «Les oiseaux migrateurs, qui arriveront chez nous très prochainement, peuvent-ils être porteurs de la COVID-19 ?» demande Jana Lavoie.

R: «Aucunement. De ce qu’on sait de ce virus-là, les oiseaux ne le transmettent pas», dit M. Barbeau. Le «réservoir animal» (soit l’espèce qui abrite le virus de manière permanente et à partir de laquelle il a fait le saut chez l’humain) n’a pas encore été identifié avec certitude, mais les soupçons portent surtout sur des chauves-souris de Chine, et non sur les oiseaux migrateurs.

Ceux-ci sont parfois à l’origine de «zoonose», soit le passage d’un microbe animal à l’humain, mais ils sont surtout associés à l’influenza, et non aux coronavirus.

Mylène Moisan

L’humour au temps du corona (prise 2)

CHRONIQUE / Vous avez été nombreux à m’écrire à la suite de ma chronique du 21 mars où je relevais quelques blagues et des traits d’esprit glanés çà et là dans le fourmillant univers des réseaux sociaux, surtout Facebook, c’est là où je me tiens le plus souvent, surtout en ces temps de pandémie.

C’est un club social 100 % sécuritaire.

J’en ai donc profité pour écumer les pages d’amis ou de groupes qui ne ratent pas une occasion de partager des blagues qui circulent et que j’intercepte au passage, et des images qui valent parfois mille mots. La page Horacio, notre héros est une mine d’or pour du contenu québécois, j’aime bien aussi celle du Lorrain en France, qui publie une foule de clins d’œil pour les confinés que nous sommes.

Et pour ceux qui sont au front.

L’idée n’est évidemment pas de banaliser la situation, mais de vous faire sourire, de vous changer les idées.

Allons, rions un peu.

François Bourque

Comment la pandémie va changer les villes

CHRONIQUE / Aucune épidémie, tragédie ou attentat terroriste n’a fait disparaître le besoin de se regrouper dans les villes pour y vivre, y travailler et s’y divertir. 

Mais une des questions qui va se poser au sortir de la pandémie est celle de la densification. 

Les grosses villes du monde ont été plus durement touchées par le virus que les régions plus petites ou éloignées. 

Ce n’est peut-être qu’une question de temps avant que toutes soient atteintes aussi. Mais il tombe sous le sens qu’une densité forte est un vecteur de contagion plus lourd que des milieux de vie aérés. 

Les principes de développement durable nous ont poussés depuis quelques décennies à mieux occuper l’espace des villes desservies par les services publics. Cela a mené à une densification souvent intense. Trop parfois.

Des enjeux de santé publique pourraient cependant inciter à revoir ce modèle. Pour affronter de nouvelles pandémies, devrait-on envisager des villes et des quartiers avec davantage de «distanciation» naturelle? 

Comme dans les banlieues nord-américaines de l’après-guerre à une époque où l’étalement des villes n’était pas une préoccupation. 

Un retour vers l’étalement urbain? 

«On a dit ça au début de l’informatisation, au début des années 80», se souvient François DesRosiers, professeur au département de finance, assurance et immobilier à l’Université Laval. 

«On avait prévu une baisse de l’intérêt pour des localisations centrales et plus d’intérêt pour la périphérie».

Ça ne s’est pas produit. 

«On a souvent des surprises», a-t-il constaté en 40 années de recherche. «Les effets se croisent, s’additionnent, se soustraient, se multiplient». «Je n’ai pas de boule de cristal et je ne suis pas futurologue», prévient-il. 

«Mais si quelque chose doit rester, ce sera le télétravail». La pandémie «va avoir montré que beaucoup de choses sont possibles à distance».

«Il est possible que cette expérience de télétravail relance l’intérêt pour la périphérie; que cela remette le bungalow au goût du jour». 

Mais l’effet sera limité.

«La démographie, c’est plus fort que le reste et elle ne va pas changer», pense M. DesRosiers. 

La population vieillissante continuera d’être attirée par les services centraux. «C’est ce qui explique le retour au centre-ville depuis les années 80».

Ce qui ne change pas non plus, c’est l’intérêt pour les «contacts sociaux au centre-ville». 

Soit. 

Mais voudra-t-on continuer à construire les mêmes grands ensembles immobiliers qui augmentent les risques en cas d’épidémie? 

On ne va évidemment pas se mettre à démolir les grandes villes ni les grands ensembles immobiliers. 

Mais on voudra peut-être en adapter les formes, les aires de circulation, la taille des cafétérias et des espaces communs, les accès aux ascenseurs. 

Trouver des solutions de design permettant aux citoyens de socialiser sans être cordés comme des sardines. D’avoir un meilleur accès aux balcons et sorties extérieures. 

On voudra peut-être revoir aussi les espaces de commerce et de services publics. Imaginer des allées plus larges, des accès aux caisses moins confus et plus aérés, etc. 

Les clients vont-ils s’inquiéter des foules au restaurant, demander des tables plus espacées? Voudront-ils autant s’entasser dans les bars et salles de spectacles? 

Ce sont autant de changements qui trouvent un sens dans un contexte de santé publique, mais il y a aussi une réalité économique. 

Pour qu’un restaurant puisse vivre, ça prend des tables et une densité minimale, rappelle M. DesRosiers. 

Cela vaut aussi pour les projets immobiliers. Il faut de la «rentabilité». «Si on réduit la densité, cela peut augmenter les coûts d’occupation». Et de loyer.

Des commerces sur rue qui déjà en arrachaient avec la montée du commerce en ligne et des grandes surfaces risquent de ne pas survivre à la «pause» du virus.

Des citoyens auront développé des habiletés technologiques (et peut-être le goût) pour les commandes en ligne et les services de livraison. Cela risque d’accélérer le mouvement de «dématérialisation» du commerce. 

Le paysage, le patrimoine et la qualité de vie des quartiers vont en souffrir. 

Les gouvernements «supérieurs» ont pris en charge les principaux enjeux de santé publique.

Les villes devront maintenant s’occuper de la «santé publique» des rues commerciales. 

Trop tôt encore pour préciser lesquelles des mesures de protection physique contre la propagation du virus sont là pour rester, mais on peut penser qu’il y en aura.

Cordons de files d’attente, plexiglas aux caisses et aux guichets, distributeurs de désinfectant risquent de resurgir au premier épisode de grippe ou de gastro. Verra-t-on des lavabos et du savon s’ajouter au mobilier urbain? 

Les villes vont s’adapter au virus comme elles se sont adaptées au 11-Septembre et autres attentats terroristes qui ont suivi.

On a vu les contrôles de sécurité être resserrés dans les aéroports, aux portes des lieux de spectacles et autres rassemblements publics. Avec tous les excès que cela peut engendrer. 

Il a suffi d’un shoe bomber pour qu’on nous demande de se déchausser avant de monter dans les avions. 

Le jour approche peut-être où on voudra prendre notre température ou nos signes vitaux à l’entrée des salles de spectacles, dans les transports collectifs ou les lieux publics. 

Il faudra s’y résigner, comme il a fallu se résigner à passer dans les détecteurs de métal, subir les fouilles de sacs et les clôtures des festivals.

Cela risque de changer le rythme des villes. Les mouvements seront plus lourds, plus compliqués. 

On verra peut-être des files d’attente là où il n’y en avait jamais eu. Comme depuis quelques jours aux portes des épiceries et des pharmacies. Je ne veux pas «paranoïer», mais je me méfie. 

Les changements induits par la pandémie ne seront pas que négatifs. On peut imaginer le retour de circuits d’approvisionnement plus courts, avec davantage de produits locaux, en alimentation notamment, et de façon plus large dans tout qui est essentiel à la survie. 

On ne voudra plus dépendre autant de ce qui vient de loin. L’agriculture urbaine et de proximité, qui avait déjà la cote depuis quelques années, pourrait connaître un nouvel essor. 

Les villes peuvent ici jouer un rôle important par leurs politiques de zonage, de soutien aux jardins communautaires, d’encouragement aux petits, etc. 

Ce qui risque de changer aussi, pas pour le mieux cette fois, c’est la relation aux autres et aux autorités. Vivra-t-on dans l’insécurité chaque fois que quelqu’un toussera au théâtre ou dans la rue? 

Va-t-on commencer à se méfier en permanence les uns des autres, à se surveiller, se dénoncer?

La géolocalisation des personnes à risque annoncée cette semaine par la Sûreté du Québec donne un avant-goût de ce que sera peut-être l’avenir. 

Cela peut se justifier dans le contexte de la lutte au virus.

C’est d’ailleurs avec de tels outils technologiques que la Chine, la Corée du Sud et d’autres, en Italie notamment, ont réussi à contraindre la propagation du virus.

Des informations sur les déplacements des personnes «soupçonnées» d’être porteuses du virus ont été diffusées en temps réel pour prévenir les voisins et la communauté. 

Loin de s’opposer à cette diffusion, des citoyens en Corée du Sud en ont réclamé davantage. 

On voit la même chose ici. Ce ne sont pas seulement les autorités qui imposent, mais les citoyens qui réclament plus de contrôles et qui dénoncent les «contrevenants». 

Une fois les mécaniques de géolocalisation en place, où va-t-on s’arrêter? Cela pose la question du droit à la vie privée.

Rien de nouveau, direz-vous. La vie privée n’existe plus (ou beaucoup moins) dès lors qu’on adhère aux Facebook et autres réseaux sociaux. La pandémie va cependant accélérer les mouvements en cours. 

«Aplatir la courbe» de propagation du virus, nous a-t-on martelé ces dernières semaines. 

À défaut de pouvoir empêcher le virus de se répandre, on veut éviter que tout le monde l’attrape en même temps, ce qui forcerait des hospitalisations au-delà de la capacité d’accueil des hôpitaux. 

La stratégie vaut aussi pour la lutte à la congestion sur les routes. 

Aplatir la courbe des déplacements et l’étaler dans le temps. 

On n’empêchera pas toute circulation le matin et le soir. Mais on peut essayer d’aplatir l’heure de pointe pour que tout le monde n’arrive pas sur le pont ou sur l’autoroute en même temps.

Moins de déplacements en même temps, cela signifie moins de congestion. Et moins de besoins pour un troisième lien et autres nouvelles infrastructures routières. 

Ça adonne bien. On pourrait avoir besoin de ces milliards de dollars pour payer la facture de la pandémie.

Vos questions sur la COVID-19

Si le SRAS est disparu en 2003, pourquoi pas la COVID-19?

Q: «Comment explique-t-on la disparition soudaine du SRAS en 2003 et pourquoi cela ne se produit-il pas avec la COVID-19? Il y a t-il une différence notable entre ces deux souches qui explique cela?» demande Guillaume Lemieux, de Québec.

R: On entend souvent dire que le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) qui a infecté 8000 personnes en 2002-2003, dont près de 800 sont décédées, est un proche parent de la COVID-19 — à raison d’ailleurs, comme l’ont montré des analyses génétiques. Alors en effet : comment diable a-t-on pu venir à bout du SRAS (aucun cas depuis 2003) avec des mesures de quarantaines localisées alors que la COVID-19 se propage malgré la quasi paralysie planétaire actuelle?

C’est que malgré leur parenté, ces deux virus ont des caractéristiques très différentes. D’abord, le SRAS avait tendance à infecter le bas des voies respiratoires alors que la COVID-19 reste dans le haut, ce qui la rend plus facilement transmissible. À cet égard, le fameux «R0» (le nombre moyen de personnes qu’un patient va infecter) de la COVID-19 semble pour l’instant être dans les mêmes eaux que celui du SRAS, soit entre 2 et 3 nouvelles infections par personne atteinte. Cependant, il y a fort à parier que les chiffres actuellement disponibles sous-estiment la contagiosité de la COVID-19, avertit Dr Guy Boivin, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les virus émergents à l’Université Laval.

Les données «officielles» ne tiennent compte que des cas «confirmés en laboratoire», mais on sait qu’un grand nombre de cas sont passés inaperçus parce que chez bien des gens, le coronavirus n’a donné qu’un «petit rhume», pour ainsi dire. Une étude parue récemment dans Science a conclu que dans la ville chinoise de Wuhan avant sa mise en quarantaine le 23 janvier, seulement 1 cas sur 7 a été détecté. D’autres travaux encore non publiés, donc à considérer avec prudence, avancent le chiffre de 1 sur 4 dans la province chinoise de Hubei (où se trouve Wuhan, d’où est partie l’épidémie) en date du 11 février.

Il faudra de grandes études sérologiques, qui détectent les anticorps chez ceux qui ont été exposés à la COVID-19, pour savoir combien de gens exactement l’ont eu, dit Dr Boivin. (Ce qui fera également diminuer les taux de mortalité, mais c’est une autre histoire.)

Ce qu’on sait pour l’instant suggère que la COVID-19 est plus transmissible que le SRAS, confirme son collègue de l’UQAC, le virologue Tarek Bouhali : «Le problème avec ce nouveau virus-là, c’est qu’il se fixe dans le haut des voies respiratoires, c’est pour ça qu’il est si infectieux [...alors que] le SRAS, lui, descendait plus profondément dans les poumons.»

En outre, comme ce dernier était beaucoup plus virulent, il y avait beaucoup moins de cas qui risquaient de passer inaperçus. «La plupart des patients [atteints du SRAS] développent une pneumonie», lit-on sur le site de la santé publique américaine, et autour de 10 % en meurt. Par comparaison, au bas mot 80 % des gens qui contractent le coronavirus n’ont que des symptômes bénins, voire pas de symptômes du tout.

Sans compter, ajoute DBoivin, que «pour le SRAS, il n’y avait pas d’excrétion virale avant le début des symptômes alors qu’il semble y en avoir pour la COVID-19, ce qui complique les mesures de la santé publique». Mine de rien, cela fait potentiellement beaucoup de monde qui peuvent être des vecteurs de la maladie sans le savoir — beaucoup plus que dans le cas du SRAS, en tout cas.

Voilà pourquoi un de ces deux virus a pu être complètement endigué alors que l’autre court toujours, et possiblement pour longtemps...

Justice

Le Guam - Épisode 1/3 [BALADO]

Aujourd’hui, le USS Guam dort au fond de l’océan Atlantique, au large de la Caroline du Sud, après avoir servi de cible d’entraînement. En 1991, le porte-hélicoptères était encore un fleuron de la marine américaine. Sa visite à Québec allait changer pour toujours la vie d’une adolescente de 12 ans.

Je l’ai appelée Sophie. Ce n’est pas son vrai nom. Comme vous allez l’apprendre en écoutant les trois épisodes de notre nouveau balado judiciaire Le Guam, Sophie était et reste une victime.

J’avais 15 ans à l’époque de l’événement du Guam. Je ne lisais les journaux que de façon détachée.

J’ai donc appris l’histoire en lisant les reportages de mon ancien collègue Richard Hénault, dans les archives du Soleil. Puis, en épluchant minutieusement les notes sténographiques des procédures judiciaires. Salutations à Éric Vaudreuil du service des archives du palais de justice de Québec qui a gardé mes deux précieuses boîtes près de son bureau, au sous-sol du palais de justice, pendant plus de neuf mois.

Ceux qui ont écouté notre premier balado judiciaire Le Meurtrier gentleman connaissent la démarche : je suis retournée voir les «acteurs» — je n’aime pas le mot — de l’histoire pour recueillir leurs souvenirs, mais surtout leurs réflexions, plus de 28 ans après cette histoire si marquante pour beaucoup de gens.

Vous aurez notamment l’occasion d’entendre une entrevue avec un juge de la Cour d’appel, Claude C. Gagnon, nouvellement retraité, qui a mené la défense dans le procès. Remerciements sincères à tous les intervenants pour leur temps et leur gentillesse.

Pourquoi une histoire marquante, le Guam? Par la vulnérabilité de la victime, bien sûr. Mais aussi pour tout ce qu’elle nous apprend des bases de notre système judiciaire, de l’importance de condamner la bonne personne pour le bon crime.

De nombreux talents

Le Guam n’aurait jamais pu devenir une réalité sans le talent de Marlène Bordeleau, coordonnatrice de production à CKIA, partenaire du Soleil dans notre série de balados. Marlène est d’une efficacité redoutable et a un flair pour trouver des ambiances sonores qui collent parfaitement à l’histoire. Elle a aussi trouvé notre «juge» narrateur, Richard Martineau, que je remercie. Rappelez-vous que toute erreur technique dans les prises de son est entièrement celle de la journaliste de presse écrite (moi!), Marlène n’y est pour rien!

Le Guam a aussi pu avoir le bonheur, à nouveau, de compter sur la sensibilité et la créativité de l’illustratrice de Québec, Hélène Bernier (Hbé). Tout comme pour Le Meurtrier gentleman, Hélène a utilisé une technique exigeante, le scratchboard, pour donner une image à ma Sophie.

Un énorme merci à Radio-Canada pour nous avoir fourni des extraits sonores des reportages de l’époque.

Un merci final au directeur général et responsable du numérique au Soleil, Gilles Carignan, pour ses encouragements et ses avis éclairés.

Il ne me reste qu’à vous souhaiter une bonne écoute. N’hésitez pas à me faire part de vos réactions au imathieu@lesoleil.com

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Le Guam

  • Texte, recherche et narration: Isabelle Mathieu
  • Réalisation et montage: Marlène Bordeleau
  • Voix supplémentaires: Richard Martineau, Gabrielle Morissette
  • Musiques: Dan Bodan, Myuu, Hovatoff, VYEN
  • Illustration: Hbé


À ÉCOUTER AUSSI:

Le Guam - Épisode 2
Le Guam - Épisode 3

Nous, les humains

S'ils avaient su

CHRONIQUE / Ils avaient l’air de trouver ça drôle. Lundi après-midi, je faisais des provisions de café au Nektar Caféologue avant que ça ferme. Derrière moi, un gars et une fille dans la vingtaine se bidonnaient en voyant les clients prendre leurs distances l’un de l’autre.

Je ne sais pas pourquoi — pourtant j’essayais de m’éloigner d’eux —, mais ils ont pensé que j’étais dans leur camp, que je trouvais moi aussi que les gens étaient paranos. 

Le gars a feint de se rapprocher de moi; je pensais qu’il allait me donner une bine, du genre : «bonne blague, hein?» En sortant, la fille m’a dit : «Les gens vont pouvoir vivre leur peur des autres en toute impunité», comme si la pandémie de COVID-19 était un grand complot xénophobe. J’ai trouvé ça tellement con que j’ai noté sa citation.

Clairement, ces deux-là trouvent que François Legault et Horacio Arruda s’énervent pour rien. Fini les rassemblements? Garder deux mètres de distance entre chaque personne? Les commerces fermés? Faudrait pas exagérer quand même…

C’est ce que beaucoup de gens en Italie se disaient, début mars, quand ils avaient à peu près de 2000 cas de COVID-19. Dans une vidéo qui a fait le tour du monde la semaine passée, le magazine The Atlantic a demandé à des Italiens ce qu’ils se seraient dit s’ils avaient su ce qui allait arriver 10 jours plus tard. 

Les Italiens se seraient dit de ne pas rire de leur mère qui leur suggérait de s’acheter un masque; de ne pas aller au gym comme d’habitude; de ne pas sortir le samedi soir; de ne pas penser que la jeunesse les immunisait contre la COVID-19. 

Et ils se seraient aussi dit : «Un énorme bordel est sur le point de se produire»; «Je suis sûr que tu as entendu parler du coronavirus, et je suis sûr que tu l’as sous-estimé»; «Il y a 10 jours, on avait 2000 personnes infectées. Maintenant, on en a 18 000. On a déjà dépassé les 1000 morts». 

À ce moment-là, au Québec, on pensait encore être épargné. On ne se serait jamais douté qu’elle puisse nous frapper avec tant de virulence. Pourtant, nous en sommes maintenant à plus de 1600 cas de COVID-19. Et nous voilà contraints de rester cloîtrés pour combattre le virus.

Pourquoi est-ce si difficile d’imaginer le pire? Parce que le jugement humain est affecté par un raccourci de l’esprit appelé le «biais d’optimisme» — une croyance erronée selon laquelle ça peut arriver aux autres, mais pas à nous.

Je vous avais parlé de ce biais il y a deux ans dans une chronique où je vous expliquais pourquoi on sous-estime presque toujours la facture de nos rénovations, en ignorant de prévoir les pépins et les «tant qu’à y être». 

Je vous citais aussi des études qui montrent que la plupart des gens surestiment leurs possibilités de réalisation professionnelle; s’attendent à ce que leurs enfants soient extraordinairement talentueux; s’imaginent vivre beaucoup plus longtemps que l’âge où ils meurent pour vrai (souvent par plus de 20 ans); et sous-estiment énormément leur probabilité de divorcer, de perdre leur emploi ou de souffrir d’un cancer.

Le biais d’optimisme sévit aussi en cette période de pandémie. Malgré l’augmentation exponentielle des infections et un taux de contagion plus grand que la grippe, il y a encore un sacré paquet de Québécois qui n’ont pas peur d’être infectés par la COVID-19. 

Cette semaine, un sondage Léger a montré que 86 % des Québécois estiment que la pandémie est une «vraie menace» et 89 % des Québécois disent pratiquer la distanciation sociale. Mais quand on leur demande s’ils craignent eux-mêmes de contracter le virus, ils sont juste 52 % à dire oui! Ça peut arriver aux autres, mais pas à soi. 

Le problème, c’est que cette impression d’invulnérabilité peut nous conduire à prendre moins de précautions, même si on respecte les ordres du gouvernement. On va au dépanneur pour acheter un paquet de gomme, on se lave les mains en vitesse après être allé à l’épicerie, on invite des amis à la maison quand même. 

Et c’est comme ça qu’on peut tomber dans le même piège que les Italiens de la vidéo. Alors je vous laisse sur leurs conclusions à propos de la pandémie : «On l’a sous-estimée. Vous n’êtes pas obligés de faire pareil. Restez à la maison».

Actus Jeunesse

COVID-19: les réponses du ministre de la Famille Mathieu Lacombe aux enfants  [VIDÉO]

Ça y’est! Les réponses du ministre de la Famille Mathieu Lacombe aux questions des enfants sur le coronavirus sont en ligne!  

Cette «conférence de presse interdite aux adultes» est en effet maintenant disponible sur les sites Internet de nos six coopératives, ainsi que la zone Squat de Télé-Québec.

Ces questions ont été choisies parmi l’incroyable nombre de 1200 posées au ministre en moins de 24 heures! La rédactrice en chef au Soleil, Valérie Gaudreau, a posé les questions au ministre jeudi matin dans son bureau de Québec.

Les questions ont été choisies car elles «représentaient le mieux l’ensemble des préoccupations des enfants», a expliqué Ève Tessier-Bouchard, partenaire au développement de projets à la Coopérative nationale de l’information indépendante (CN2i) qui compte Le Soleil à Québec, Le Droit à Ottawa-Gatineau, Le Nouvelliste à Trois-Rivières, La Tribune à Sherbrooke, Le Quotidien au Saguenay, et La Voix de l’Est à Granby.

À VOIR AUSSI: La COVID-19 expliquée aux enfants

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Vos questions sur la COVID-19

Faut-il avoir peur… des journaux?

Q : «On sait que la COVID-19 peut rester active sur du carton pendant 24 heures. On peut donc supposer qu’il en va de même pour le papier. Quelles sont les mesures prises par Le Soleil et les autres journaux pour éviter la propagation par les copies en papier? Les camelots ont-ils des consignes à respecter à cet égard ?» demande Ariane Nantel, de Sainte-Brigitte-de-Laval.

R : Je suis bien évidemment en conflit d’intérêts patent pour répondre à cette question. Mais tout de même : ce qu’on sait de ce coronavirus est plutôt rassurant à cet égard. Il y a bien une étude parue la semaine dernière dans le New England Journal of Medicine qui a trouvé que la COVID-19 peut survivre jusqu’à 24 heures sur des surfaces en carton, mais il faut savoir que c’est moins de 1 % des virus qui persistent aussi longtemps. En fait, sur du carton, le nombre de virus de la COVID-19 diminue de moitié à toutes les 3h30 environ, lit-on dans cet article.

Comme il faut un bon 6 heures pour imprimer un journal et le livrer (dans les meilleurs cas), cela signifie que beaucoup de virus ont le temps de mourir, mais que oui, il peut en principe en rester encore sur le journal quand nos abonnés vont prendre leur copie le matin. Cependant, ce risque est surtout théorique parce que ce coronavirus ne survit pas bien hors du corps humain et que la contagion indirecte via d’abord du papier, puis les mains et la bouche, n’est pas du tout son mode naturel de transmission (qui est plutôt les gouttelettes expulsées lors de la toux ou des éternuements). À cause de cela, il est très improbable de contracter la COVID-19 en se faisant livrer le journal. 

Notez que, conflit d’intérêts oblige, j’ai soumis cette manière de résumer les choses à deux experts indépendants — Dr Guy Boivin, titulaire de la Chaire de recherche sur les virus émergents de l’Université Laval, et Pierre Talbot, spécialiste des coronavirus de l’Institut Armand-Frappier (INRS) — qui m’ont tous deux confirmé qu’elle était valable. Tout cela, précise Dr Boivin, «peut être plus problématique dans des restaurants où un même journal est partagé par plusieurs personnes en un court laps de temps. Cependant, les commerces et restaurants étant fermés, le risque est minime».

Cela dit, on ne peut pas présumer non plus que le risque est de zéro, si bien que des mesures spéciales d’hygiène ont été prises, me dit Stéphane Lavallée, dg de la Coopérative nationale de l’information indépendante, dont font partie Le Soleil, Le Droit, Le Nouvelliste, La Voix de l’Est, La Tribune et Le Quotidien. «Notre imprimeur, TC Transcontinental, a interdit l’accès à ses usines à toute personne qui ne fait pas partie de son personnel», indique M. Lavallée, qui ajoute que l’entreprise demande aussi à ses employés de respecter des consignes additionnelles de sécurité (lavage des mains, désinfection des équipements, etc.).

La manipulation des copies a également été réduite, poursuit-il : les journaux sont regroupés en paquets de manière automatisée, paquets qui sont ensuite enveloppés d’un couche de papier. Enfin, les livreurs doivent désormais prendre les copies sans sortir de leur camion, et le chargement se fait mécaniquement.

Du côté du Soleil et des journaux du groupe des coops, «livreurs et camelots ont reçu la semaine dernière des indications claires pour le respect des consignes de la santé publique : lavage fréquent de mains, toux dans le coude, etc. (…) Lors de la livraison, nous leur demandons de limiter au minimum les contacts avec le papier», indique M. Lavallée.

COVID-19

Des journalistes scientifiques s’unissent pour répondre à vos questions

En temps de crise, vous cherchez des réponses éclairées et fiables à vos questions. C’est notre devoir en tant que journalistes de tenter d’y répondre.

Sauf que la crise actuelle est inédite. Avec le résultat que les questions se multiplient. Et que les boîtes courriel de nos journalistes débordent. La solution? Unir nos forces. Former une escouade unique de journalistes scientifiques, dédiée à répondre au plus grand nombre de vos interrogations tous les jours.

Nous sommes fiers aujourd'hui de vous annoncer une initiative unique : les médias membres de la Coopérative nationale de l’information indépendante – Le Soleil, La Tribune, Le Droit, Le Nouvelliste, Le Quotidien et La Voix de l’Est – s’unissent à Québec Science et au Centre d’excellence Déclic sur le dialogue entre les scientifique et le public, afin de mettre en commun des ressources et de mieux remplir notre mission.

Chaque jour, le journaliste scientifique du Soleil Jean-François Cliche pilotera une petite équipe, avec des collègues de Québec Science et du Centre Déclic, afin de partager vos questions et de répondre le plus rapidement possible aux plus pertinentes.

Et afin d’assurer le maximum de visibilité à ces contenus d’information, pour rejoindre le plus grand nombre, nous les partagerons sur chacune de nos plateformes numériques respectives.

L’ajout de ressources du Centre Déclic dans ce projet est rendu possible grâce à une contribution du Scientifique en chef du Québec, soucieux d’accélérer la circulation d’une information crédible.

C’est également notre préoccupation. En ces temps d’incertitude dans nos communautés, nous le mesurons tous les jours : vous êtes plus nombreux que jamais à vous tourner vers nos journalistes pour obtenir l’heure juste sur la pandémie et ses effets sur notre quotidien complètement transformé.

Alors que la désinformation prolifère, pouvoir compter sur des sources fiables n’a rien pas un luxe. C’est un besoin essentiel.

Écrivez-nous!

VOS QUESTIONS SUR LA COVID-19

Vos questions sur la COVID-19

Éviter les anti-inflammatoires?

Q : «Depuis quelques semaines, on voit circuler sur les réseaux sociaux une information disant aux gens atteints de la COVID-19 de ne pas prendre d’anti-inflammatoires. Mais je n’ai pas été capable de la confirmer. Qu’en est-il ?» demande Ginette Larente, de Ferme-Neuve.

R : Il y a effectivement eu pas mal de confusion autour de cette question ces derniers jours. L’information qui circule concerne en particulier les «anti-inflammatoire non-stéroïdiens» (AINS), une catégorie importante de médicaments comprenant notamment l’ibuprofen (marques commerciales comme : Advil, Motrin, etc.). Comme celui-ci est en vente libre et très largement utilisé pour réduire la douleur et la fièvre, en plus bien sûr de l’inflammation, on comprend aisément l’émoi que cela a pu causer.

Ce qui a mis le feu aux poudres est une «correspondance» publiée le 11 mars dans la revue médicale The Lancet qui faisait l’hypothèse (j’insiste : il s’agit d’une hypothèse encore non prouvée) que les AINS pourraient avoir un effet enzymatique indirect qui fournirait une meilleure «prise» au virus de la COVID-19 lorsqu’il tente d’entrer dans les cellules de nos voies respiratoires, et donc qui empirerait la maladie. Il existait également quelques résultats antérieurs suggérant que les AINS pouvaient peut-être nuire lors d’infections pulmonaires, mais ils étaient parcellaires et ne ralliaient pas beaucoup de gens dans la communauté scientifique.

Cela a toutefois suffi au ministre français de la Santé, Olivier Véran, pour faire une sortie publique et recommander d’éviter l’ibuprofen, le 13 mars dernier. C’est vraiment à la suite de cette conférence de presse que la rumeur a pris de l’ampleur sur les réseaux sociaux. Et ce qui suivit n’avait rien pour «démêler» la population…

L’Organisation mondiale de la santé a commencé par emboîter le pas à M. Véran, recommandant initialement d’éviter l’ibuprofen et les autres AINS. Mais elle a fait marche arrière le 18 mars et ne conseille plus d’éviter ces médicaments.

«Pour ajouter à la confusion, indique Alexandre Chagnon, pharmacien hospitalier et fondateur du site Questionpourunpharmacien.com, Santé Canada a jugé que les informations étaient insuffisantes pour démontrer un lien entre les AINS et les infections plus graves à la COVID-19, alors que [au Québec, l’Institut national d’excellence en santé et services sociaux] a mentionné que jusqu’à ce qu’on ait plus d’information, on devrait inviter la population à éviter les AINS mais à continuer de les prendre si nous les prenons de façon régulière depuis plusieurs semaines.»

Notons que Food and Drug Administration, aux États-Unis, a réagi en disant «ne pas avoir vu d’éléments de preuve scientifique montrant un lien entre les AINS, comme l’ibuprofen, et une détérioration des symptômes de la COVID-19». Ce ministère ne recommande pas d’éviter ces médicaments.

Bref, nous sommes devant une sorte de zone grise. D’un côté, il n’existe aucune preuve convaincante que l’ibuprofen empire vraiment la maladie. Mais de l’autre, on a tout de même quelques données qui soulèvent la question : doit-on quand même appliquer le principe de précaution et éviter les AINS, le temps d’éclaircir tout ça? Certains croient que oui alors que d’autres estiment que non.

De son côté, M. Chagnon considère que «jusqu’à ce que nous ayons une meilleure idée de l’impact potentiel des AINS sur l’évolution de la COVID-19, les gens devraient les éviter et plutôt prendre [de l’acétaminophène comme le Tylenol, Tempra, etc.]».

On trouve d’ailleurs le même son de cloche chez le chercheur en épidémiologie Mahyar Etminan qui, dans une entrevue toute récente sur le site de la faculté de médecine de l’Université de Colombie-Britannique, a conclu qu’«en attendant d’avoir plus de connaissances scientifiques sur cette question, les patients avec une fièvre de modérée à moyenne devraient utiliser l’acétaminophène».

Monde

Comment la COVID-19 a transformé la campagne présidentielle américaine

À la mi-février, les chances de réélection de Donald Trump semblaient plutôt bonnes. L’économie américaine se portait à merveille. Le Parti démocrate se déchirait. Et puis, l’épidémie de coronavirus a commencé...

Février 2020. Il y a un mois. Autant dire l’équivalent d’une éternité et demi en politique. L’économie américaine tourne à plein régime. Le taux de chômage est tombé à 3,5 %, du jamais vu depuis... 1969! Le 12 février, à la Bourse de New York, le Dow Jones frôle les 30 000 points. Depuis le creux historique de mars 2009, l’Indice a augmenté de 451 %!(1)

Faut-il commander le champagne? Dans l’entourage du président Trump, on se frotte les mains. Aux États-Unis, la réélection d’un président ne se prévoit pas en scrutant les astres ou les entrailles de poulet. Plutôt en consultant les chiffres de l’économie.(2) Mine de rien, les 11 derniers présidents qui ont sollicité un second mandat durant une période de croissance ont été réélus…(3)

L’arrogance du président Trump n’a d’égale que celle du coq persuadé que son chant matinal provoque le lever du soleil. «Depuis que j’ai gagné les élections, la Bourse a bondi de plusieurs milliers de points et toutes sortes de [bonnes] choses ont commencé à se produire, a-t-il expliqué. Ça sera la même chose en 2020. Vous n’avez pas le choix de voter pour moi, sinon votre régime de retraite et tous [vos placements] vont s’effondrer. Que vous me haïssiez ou non, vous n’avez pas d’autre choix que de voter pour moi.»(4)

Actus jeunesse

La COVID-19 expliquée aux enfants [VIDÉO]

Vos enfants ont des questions sur le coronavirus? Ils trouveront quelques réponses dans cette capsule originale produit par la Coopérative nationale de l’information indépendante (CN2i) pour le tout nouveau Canal Squat de Télé-Québec.

Unique chez nous, Le Canal Squat est un nouveau fil d’information conçu spécifiquement pour les jeunes et diffusé sur la populaire plateforme le Squat de Télé-Québec.

Les jeunes trouveront quotidiennement sur Le Canal Squat des nouvelles fiables, produites spécialement pour eux par les coops d’information membres de la CN2i, soit Le Soleil (Québec), Le Droit (Gatineau/Ottawa), Le Nouvelliste (Trois-Rivières), La Tribune (Sherbrooke), Le Quotidien et Le Progrès (Saguenay–Lac-Saint-Jean) ainsi que La Voix de l’Est (Granby).

Tous les jours, des articles parus dans nos quotidiens sont réécrits spécialement pour le Le Canal Squat, sous la coordination d'Ève Tessier-Bouchard, nouvelle partenaire au développement de projets à la CN2i. 

Nos caricaturistes sont également mis à contribution pour offrir leurs caricatures aux jeunes et ainsi contribuer à diffuser largement l’information et à la faire mieux comprendre.

Dès maintenant, les jeunes peuvent y trouver une foule d’actualités pertinentes sur la COVID-19, essentielles en ces moments incertains qui soulèvent toutes sortes de questions. Mais Le Canal Squat offrira beaucoup plus : des nouvelles quotidiennes sur d’autres sujets qui les intéressent, des capsules vidéos originales. Les jeunes sont aussi invités à commenter les nouvelles.

Le samedi, un résumé des nouvelles préparées pour Le Canal Squat sera diffusé dans le supplément Le Mag de nos quotidiens. Ces contenus seront aussi regroupés dans la nouvelle section Jeunesse de nos sites web.

À l’ère des fausses nouvelles, il apparaît essentiel pour nos coops de favoriser le contact des jeunes avec une information fiable, vérifiée, juste, sur laquelle ils peuvent se fier, écrite pour eux par des professionnels. Nous pensons qu’il est dans notre devoir de contribuer à initier la nouvelle génération à l’importance de s’informer à des sources crédibles. 

Cette nouvelle collaboration entre Télé-Québec et nos coopératives s'inscrit pleinement dans cette mission et dans notre désir de leur faire une place plus grande sur toutes nos plateformes. C’est aussi avec les jeunes qu’on a envie de bâtir un avenir pour nos médias au sein de nos communautés.

À LIRE AUSSI: Comment répondre aux questions de vos enfants sur la COVID-19?

Vos questions sur la COVID-19

Pourquoi 18 mois avant un vaccin contre la COVID-19?

La COVID-19 suscite énormément de questions chez nos lecteurs et lectrices. Nous vous invitons à les envoyer à notre journaliste Jean-François Cliche (jfcliche@lesoleil.com) et il répondra à une par jour au cours des prochaines semaines.

«Je trouve très bien que l’entreprise de Québec Medicago prévoit être capable de produire un vaccin dans les 12 à 18 mois au lieu de plusieurs années. Cependant, et même si je comprends qu’il y a plusieurs étapes à franchir, ne serait-il pas possible de penser à une procédure encore plus rapide compte tenu de l’importance de la menace du nouveau coronavirus?» demande Marius Demers, de Québec.

Il existe une règle fondamentale en médecine qui est si ancienne que, même de nos jours, on la voit encore souvent passer en latin : primum non nocere, deinde curare, «d’abord ne pas nuire, ensuite soigner». Et d’une certaine manière, c’est pour s’y conformer que non seulement les vaccins, mais aussi tous les médicaments, doivent passer à travers les mêmes étapes pour s’assurer : 1) qu’ils ne sont pas nocifs et 2) qu’ils sont efficaces.

On commence par des «tests précliniques» sur des animaux, afin de voir si le traitement a des effets négatifs sur des mammifères (comme nous). Ensuite viennent trois phases d’«essais cliniques» sur des humains. Dans une première phase, le traitement est administré (en doses d’abord infimes, puis ascendantes) à des adultes en santé afin de voir s’il est sécuritaire. Dans la phase 2, on tente de voir si le traitement peut avoir une quelconque efficacité. Puis s’il s’avère que le vaccin/médicament semble fonctionner, la phase 3 vient raffiner nos connaissances en déterminant si cet effet peut être utile dans un contexte clinique.

Il y a présentement beaucoup de pression qui s’exerce sur les chercheurs et les régulateurs dans le monde pour accélérer ce processus, qui prend typiquement plusieurs années, afin de sortir un vaccin contre la COVID-19 le plus rapidement possible. Medicago se dit prête à entamer les tests précliniques dès maintenant, et une équipe américaine a annoncé cette semaine que, grâce à des travaux antérieurs sur d’autres coronavirus (le SRAS de 2002 et le MERS de 2012), elle allait lancer dès ce printemps des essais de phase 1 pour un vaccin humain.

Mais cet empressement, si compréhensible qu’il soit, crée un certain malaise chez des scientifiques. Lundi dernier, sur le site de Nature, le virologue de l’Université Fudan (Shanghaï) Shibo Jiang avertissait des dangers qu’il y a à prendre des raccourcis avec les essais cliniques et même précliniques. «Ce n’est pas une perte de temps, écrit-il. Des travaux avec le SRAS ont montré des réponses immunitaires inquiétantes chez le furet et les macaques, mais pas chez la souris. De même, certains fragments de protéines [ndlr : certains vaccins sont à base de protéines ou de fragments de protéine] peuvent provoquer une réponse moins forte ou plus sécuritaire que d’autres, alors la chose sensée à faire est de les étudier chez l’animal avant l’être humain.»

En outre, on connaît des exemples d’essais de vaccins qui ont plutôt mal tourné — comme en 1966, quand des études sur un vaccin contre le virus respiratoire syncytial (une forme de rhume) ont mené à son abandon parce que certains des enfants vaccinés non seulement n’étaient pas immunisés, mais contractaient davantage le virus et faisaient une forme plus sévère de la maladie. Alors même s’il faut faire aussi vite que possible pour «sortir» un vaccin et/ou des traitements contre la COVID-19, la plupart des scientifiques parlent d’un horizon d’environ 18 mois parce qu’ils savent qu’il ne faut pas non plus perdre de vue que les étapes réglementaires en place existent pour de bonnes raisons.

Chronique

Horacio Arruda: l’homme de la situation

CHRONIQUE / «N’essayez pas de devenir un homme qui a du succès. Essayez de devenir un homme qui a de la valeur.»

Ce sont ces mots d’Albert Einstein qui viennent à l’esprit de Michel Fontaine quand il me parle d’Horacio Arruda, directeur national de la Santé publique du Québec. L’homme est aux premières loges de la crise de la COVID-19, on le voit chaque jour dans les médias, où il fait comprendre la gravité de la situation sur un ton rassurant.

Un exploit en soi.

Michel Fontaine a été sous-ministre à la Santé de 2014 à 2018, il a donc été le patron de M. Arruda, qu’il a également côtoyé alors qu’il était pdg de l’Agence de santé et de service sociaux de Québec, où il a vécu la crise de la grippe [A] H1N1 en 2009. Alain Poirier était le Directeur de la santé publique, M. Arruda était son bras droit.

Horacio Arruda travaille pour cette entité du ministère depuis l’an 2000, il la dirige depuis 2012.

Et depuis janvier, il doit gérer la plus importante tempête de santé publique que le Québec ait connue, jamais autant de mesures n’ont été prises pour limiter la propagation d’un nouveau virus. Chaque jour amène son lot d’annulation d’événements et de fermetures de toutes sortes.

Et le point de presse quotidien d’Horacio Arruda, du premier ministre François Legault et de la ministre de la Santé Danielle McCann.

Michel Fontaine garde un excellent souvenir du Directeur de la santé publique. «C’est un gars qui aime particulièrement son travail. Pour lui, la santé collective, la santé communautaire, c’est quelque chose de noble. Ce qui lui importe, c’est que la population soit en santé.»

Ça paraît.

Horacio Arruda est né il y a 59 ans au Québec de parents originaires des Açores, un archipel portugais de neuf îles au milieu de l’Atlantique, où il a encore de la famille. Il a trois grands enfants, une fille qui a un peu suivi ses traces — elle est pharmacienne — et deux fils, l’un est en sciences sociales et en relations internationales, l’autre est ingénieur informatique.

Coronavirus oblige, il ne va plus la fin de semaine à sa résidence familiale de Ste-Thérèse, il reste dans son condo à Québec.

Il a obtenu son doctorat en médecine en 1983 et il a complété cinq ans plus tard un certificat de spécialiste en santé communautaire et en médecine préventive. Il travaille donc sans interruption depuis 30 ans pour le bien-être collectif, d’abord pour la Cité de la santé de Laval où il était médecin-conseil.

C’est comme si sa vie l’avait conduit à être l’homme de la situation. «Il est très humain, c’est sa première qualité. […] C’est un gars qui est humble, il doit être un peu confondu avec la situation, avec le fait d’avoir tant d’attention. C’est quelqu’un qui a beaucoup de vision et qui est très rassembleur, il n’a pas un leadership d’autorité, plutôt un leadership de participation.»

C’est ce qu’on veut.

Ce qui ne l’empêche pas d’être ferme quand il le faut. «Il a cette capacité de devenir autoritaire dans une situation qui l’exige, comme celle-ci. Il est capable de dire : “Ceci n’est pas une recommandation, c’est un ordre.” […] Et s’il émet un avis qui n’est pas nécessairement bien reçu, il a le courage de le défendre.»

Sa compétence ne fait aucun doute. «Horacio est crédible et tellement intègre. On est chanceux que ce soit lui qui soit là, une personne qui aime autant son travail, qui en fait un objectif de vie, avec noblesse.»

La noblesse, c’est un mot qu’on entend trop peu.

Horacio Arruda est aussi un joyeux drille, «quand on avait une fête pour souligner un départ, c’est lui qui apportait le plaisir! C’est un côté qu’on ne voit pas dans les médias, mais c’est une personne très drôle, il est comique.» On l’a vu un peu cette semaine quand il a suggéré aux ados — qui ont parfois tendance à minimiser les risques — d’«éviter l’échange de produits biologiques» et de mettre du Purell à côté de leur bière.

On a ri, ça a fait du bien.

Michel Fontaine a vécu plusieurs crises de l’intérieur, autant comme pdg de l’Agence de la santé que comme sous-ministre. Il a une bonne idée de ce qui se passe actuellement. «Dans une situation comme celle-ci, on devient un peu comme une structure militaire. Les ordres partent d’en haut vers le bas. Une fois que la direction est donnée, on dit : “Oui, mon capitaine” et Horacio, c’est le capitaine.»

Il lui a envoyé quelques textos pour le féliciter. «Il m’a répondu qu’il était très satisfait de la façon dont ça se passait, il est content de l’appui du gouvernement, que toutes les suggestions qu’il fait sont accueillies. Des fois, quand un avis est donné, on se fait répondre que ce n’est pas bon d’un point de vue politique ou économique.»

La santé passe parfois en deuxième.

Il a vu ça pendant la crise du H1N1. «J’étais là, à l’Agence [de la santé et des services sociaux] et ça arrivait que les politiciens regardent si ça leur nuisait du côté politique. Là, on sent que personne ne veut se faire de capital, il n’a pas besoin de s’obstiner avec le politique. […] Je suis vraiment impressionné jusqu’ici par la gestion de la crise, les décisions sont prises rapidement, le gouvernement est capable de se revirer de bord en 24, 48 heures.»

Avec, aux commandes, un capitaine bienveillant.

Actualités

COVID-19: s’informer à la bonne source

Nous vivons des moments inédits à Québec, comme partout sur la planète. Dans un monde qu’on dit de plus en plus connecté, l’«isolement social volontaire» devient la seule avenue pour tenter d’éviter le pire. Dans ces temps flous, où les lendemains sont incertains, bien s’informer devient nécessité. La pandémie de la COVID-19 vient redire comment l’information juste, vérifiée vaut de l’or. Et comment la recherche des faits — le propre du bon journalisme — est un service essentiel pour nos communautés.

À cet égard, il est motivant de savoir que vous partagez les valeurs qui balisent notre mission : fiabilité et rigueur. Car vous êtes de plus en plus nombreux à vous tourner vers nous ces jours-ci, afin d’avoir l’heure juste dans le tsunami d’informations qui nous submerge.

COVID-19

Comment répondre aux questions des enfants sur le coronavirus?

Comment aborder le coronavirus avec ses enfants? Voici quelques pistes. Et des réponses aux nombreuses questions qu'ils peuvent vous poser. L'important: en parler.

COMMENT ABORDER LE CORONAVIRUS AVEC SES ENFANTS?

  1. Ne pas avoir peur d’informer son enfant. La plupart des enfants auront déjà entendu parler du virus. Il ne s’agit plus de les protéger de cette réalité, mais d’ouvrir un dialogue informatif et rassurant à son sujet.
  2. Trier les informations. Comme le souligne les spécialistes, le parent doit se poser comme un filtre à informations. En plus de dégager les vraies nouvelles des fausses, il doit prendre garde à ne pas submerger l’enfant sous trop d’informations.
  3. Écouter les craintes de son enfant. Il est important que le parent se montre disponible aux inquiétudes de son enfant. S’il ne doit pas encourager ses peurs, il ne doit surtout pas les invalider.
  4. Se concentrer sur les solutions plutôt que le problème. Les enfants se sentent en contrôle lorsqu’ils savent quoi faire pour être en sécurité. Encourager son enfant à prendre les précautions nécessaires (ex: se laver les mains régulièrement) est un excellent moyen de le rassurer. L’inviter à cuisiner avec nous pour un parent âgé ou à écrire une lettre d’encouragement à une personne seule de son entourage peut contribuer à son sentiment d’avoir une emprise sur la situation.

Opinions

Survivre au télétravail (avec les enfants)

Depuis la semaine dernière, c’est l’émoi dans les milieux de travail et dans presque toutes les industries touchées par la mise en quarantaine d’employés, la menace d’une fermeture ou d’une annulation importante.  Lundi matin, de nombreux employés, encouragés à l’éloignement social volontaire, seront en télétravail. Ou - le comble -  en télétravail avec enfants. Comment s’acquitter de cette double tâche sans perdre la tête?

Adepte du télétravail depuis de nombreuses années, à titre de travailleuse autonome, d’employée et de gestionnaire, j’ai appris à travailler avec mes enfants de 3 et 6 ans autour, comme l’été dernier et tout récemment lors de la semaine de relâche. Voici quelques trucs pour que vous puissiez y trouver vos aises, éviter les pièges et, qui sait, peut-être en faire une nouvelle pratique courante.

1. Accepter de s’accorder un temps d’adaptation 

Il y a fort à parier que les premières heures ne seront pas des plus productives, entre les pépins techniques, la fébrilité des enfants, les nouvelles en continu et le service de clavardage de l’entreprise qui déborde de blagues et de directives, on se laisse le temps - à soi-même et aux enfants - de trouver ses repères et son « flot »

2. Travailler avec le résultat en tête et non les heures

C’est dans l’ADN des organisations de nous assigner un cubicule et de s’attendre à ce qu’on y soit assis toute la journée. Or, en télétravail, c’est inutile et avec les enfants autour, c’est impensable. C’est donc l’occasion pour l’employeur comme pour l’employé d’expérimenter la gestion par les résultats et les horaires flexibles.

Pour instaurer un climat de confiance favorable au télétravail, employeur et employé doivent s’entendre sur une mission claire et importante et sur des livrables réalistes. Il ne suffit pas de travailler pendant un nombre d’heures donné, mais bien d’accomplir le travail stratégique nécessaire à l’avancement ou à la continuité souhaitée.

Il importe par exemple de cibler les projets prioritaires et pourquoi il l’est, en toute transparence. Par exemple, on dira : « Il est important que le projet A prenne le moins de retard possible parce que l’entreprise ne peut se permettre d’être payée plus tard. » 

Quand c’est possible, on tentera de quantifier la productivité autrement qu’en heures. Par exemple, au lieu de dire que la priorité, c’est de continuer à clients, on dira que les clients qui écrivent doivent recevoir une réponse dans la même journée, parce que c’est la réputation de l’entreprise qui en dépend. 

Quand tous les membres de l’équipe comprennent leur mission individuelle et commune, on a une situation propice à l’engagement. Tous arrivent donc mieux à organiser leur temps et à retrouver un certain sentiment d’efficacité personnelle et collective, d’équilibre et de satisfaction.

C’est ainsi qu’on vaincra le plus grand désavantage du télétravail : la perception qu’on y travaille moins ou moins bien.

3. Maintenir son lien à l’équipe et communiquer efficacement

 Tenu loin de la gang du bureau, on peut craindre de se sentir isolé et être tenté de se brancher sur le canal divers du clavardage d’entreprise toute la journée. Or, une fois les priorités claires, c’est plus facile d’organiser nos communications efficacement.

LE CLAVARDAGE: Qui pense télétravail pense devoir d’être toujours en ligne, prêt à répondre ou à participer au clavardage. Il n’y a pourtant rien de plus anxiogène et contre-productif. Restez donc loin du clavardage de l’entreprise et des médias sociaux lors de vos blocs de « travail concentré ». Accordez-vous plutôt quelques pauses sociales de 15 minutes, 2 à 4 fois par jour. Et ce, même si vous gérez une équipe. Invitez toutefois les gens à vous rejoindre directement, par téléphone ou par message texte s’ils ont une question urgente. Vous recevrez donc une notification directement, même quand vous serez avec les enfants.

HONOREZ VOS APPELS: Pour les échanges autour des projets ou des livrables prioritaires, minimisez également le clavardage et les courriels informels. Attrapez le téléphone et maintenez les rencontres statutaires prévues. Osez même les faire en vidéo-conférence. Non seulement la communication est-elle plus efficace de vive voix, mais il y aura quelque chose de chaleureux et de convivial à vos échanges en face à face à partir de vos environnements respectifs. 

PRENEZ DES PAUSES DE L'ORDINATEUR: Certains trouvent leur compte plus que d’autres sur le web social, mais après une journée de travail à l’ordinateur, promettez-vous de laisser vos outils derrière pour reconnecter au monde analogique, aux membres de votre famille et à votre environnement. Sortez prendre une marche, cuisinez des biscuits ou jouez au ballon avec les enfants. Sans déplacements, il devrait vous rester au moins un peu d’espace et de temps pour tout ça! 

4. Instaurer un rythme travail / famille

Et les enfants dans tout ça? Le rythme, c’est en quelque sorte la nouvelle routine, que tous devront expérimenter et s’approprier. Qui dit rythme, dit fluide : pas besoin de tout prévoir au quart de tour, mais il doit être prévisible pour que les enfants sachent ce qui les attend.

Par exemple, on instaure un moment fixe pour les collations, les repas et les écrans, puis on identifie les plages horaires où on sera 100% disponibles pour jouer ou discuter avec eux, comme par exemple en début, milieu et fin de journée. Des balises utiles pour eux comme pour nous, qui pourrions facilement être aspirés par le vortex de notre ordinateur ou de notre routine de travail habituelle.

5. Ne pas chasser les enfants 

Tant mieux si un autre adulte est à la maison ou si vous décidez de vous relayer avec des amis ou un voisin. Toutefois, si vous partagez la maison avec les enfants, soyez conscients que vous ne pouvez pas les faire disparaître pour travailler comme si rien n’était.

La source des conflits et du stress réside dans le besoin de contrôler la situation. Acceptez que ce sera différent et imparfait, instaurez des règles, mais préparez-vous à les répéter et à les expliquer souvent, c’est nouveau tout ça!

Côté espace de travail, installez-vous à proximité raisonnable de leur aire de jeux pour qu’ils vous sachent présent pour eux et informez-les des règles, comme la possibilité de s’asseoir près de vous pour des jeux calmes et autonomes ou la nécessité de mettre la main sur votre bras pour vous parler lorsque vous êtes au téléphone. 

Enfin, pour éviter votre propre frustration, prévoyez des blocs de travail de 1 à 2 heures maximum, selon l’âge des enfants, avant de prendre une pause au cours de laquelle vous pourrez interagir avec eux ou observer leurs activités.

Faites le compte et si - à travers les demandes, la résolution des prises de bec et l’installation du matériel de bricolage - vous arrivez à travailler 5 ou 6 heures, ce sera une très bonne journée.

 Prenez le tout avec un grain de sel, limiter la pression est la clé.
Profitez-en pour être ensemble, tout simplement. 

 +

HORAIRE TYPE DE TÉLÉTRAVAIL AVEC LES ENFANTS

  • 7h30-8h : jeu avec les enfants
  • 8h-10h : web social et travail bloc 1 (2h)
  • 10h : pause collation / enfants
  • 10h30 - 11h30 : travail bloc 2 (1h)
  • 11h30 -13h : pause famille/dîner
  • 13h-15h : travail bloc 3 (2h)
  • 15h-16h : dehors avec les enfants
  • 16h-16h30 : web social et courriels (30 min)
  •  20h-21h : travail bloc 3 (1h ou plus au besoin)

Actualités

Universitaires à la défense de l’information de qualité

Chaque samedi, Le Soleil et d’autres journaux de la Coopérative nationale de l’information indépendante (CN2i) offrent une tribune à un nouveau regroupement : Des Universitaires. Un groupe qui, sous l’impulsion de Patrick Provost et Thierry Lefèvre de l’Université Laval, se rassemble afin de prendre davantage la parole publiquement sur des enjeux qui touchent la société, au premier chef la crise climatique. Plus de 325 universitaires provenant de 16 des 19 universités québécoises, dont les 17 facultés de l’Université Laval, y sont représentés.

Q Pourquoi décider de vous regrouper comme une seule communauté avec Des Universitaires?

R Parce que les universitaires ont beaucoup en commun, et à partager. Ils sont hautement qualifiés dans leur champ d’expertise. Ils ont énormément de connaissances, ils œuvrent pour le bien commun et sont rémunérés par l’État. Ils sont dépourvus de conflits d’intérêts et ce sont des acteurs uniques dans la société. Ils ne demandent qu’à faire profiter leur communauté de leur savoir. Aussi parce que l’union fait la force, c’est ensemble qu’on réussit à s’encourager et à se motiver pour faire des tâches souvent peu reconnues. 

Q Estimez-vous que les chercheurs ne prennent pas assez la parole sur la place publique, dans les médias généralistes?

R Certains le font, mais la plupart ne le font pas. Il y en a qui sont à l’aise avec les médias, ils font des travaux très pertinents aux enjeux d’actualité et qui intéressent le grand public. Pour les chercheurs qui ne vont pas naturellement vers les médias, on peut parler d’un manque de temps. Communiquer avec les médias implique une surcharge de travail. On peut parler aussi d’un manque d’intérêt, ça ne les intéresse pas. Aussi, un manque de reconnaissance de la part des institutions... Bien que les profs d’université, une de leur tache est la participation externe, ce n’est pas toujours apprécié à sa juste valeur. Ils vont décider de prioriser les tâches pour lesquelles ils ont une reconnaissance.

Les universitaires publient leurs résultats dans des revues spécialisées. Ces articles-là ne sont pas accessibles, il y a des centaines d’études publiées chaque jour. Une des missions de notre regroupement est de faciliter la diffusion des connaissances reliées à nos enjeux d’intérêt. Notre tâche est de vulgariser les études scientifiques.

Q Pensez-vous être une bonne arme contre la désinformation?

R La désinformation est un véritable fléau, elle sème la confusion et interfère avec la mobilisation. On va certainement contribuer à lutter contre la désinformation en partageant la meilleure science au grand public. Le but est de renseigner, développer l’esprit critique. Réaliser que les gens ne sont pas à l’affût de la désinformation, qu’ils ont de la difficulté à différencier le vrai du faux, c’est ce qui est inquiétant. On voudrait justement remercier Le Soleil et la Coop de l’information pour la tribune qui nous est offerte.

Q Avez-vous un objectif de regrouper ces lettres dans une publication? 

R Oui! Il s’agit de la collection Des Universitaires, publiée sur une base annuelle. Avec cette collection, on aimerait établir une collaboration avec les écoles secondaires du Québec. Pour rejoindre les élèves de sciences de secondaire 4, on aimerait contribuer a leur éveil, à leur sensibilité à la connaissance scientifique. Les élèves de ce niveau ont la maturité nécessaire pour comprendre les enjeux, la science vulgarisée. C’est aussi à ce moment que les élèves doivent faire des choix de carrière.

La connaissance va nous sortir du pétrin dans lequel on se dirige. Il faut continuer de financer la recherche et accumuler de nouvelles connaissances pour prendre de meilleures décisions, pour mieux appuyer les décisions des dirigeants pour s’assurer qu’on va dans la bonne direction. On fonce dans le mur, on voit le mur, mais c’est comme si on est habitués de courir, alors on continue, ça implique un gros changement de société, changer notre mode de vie, sortir de notre zone de confort, changer nos habitudes parce quelles ne sont pas durables. Le plus grand défi est entre nos deux oreilles.

À LIRE AUSSI: Des Universitaires pour mobiliser et prendre la parole

Actualités

La Coopérative nationale de l’information indépendante sur la ligne de départ

Je ne suis pas porté sur les superlatifs. Les expressions pompeuses m’agacent — si galvaudées. N’empêche, je pèse mes mots : nous vivons un moment historique cette semaine pour la presse écrite d’ici.

Avec la conclusion d’ententes à long terme avec sept partenaires financiers, Le Soleil et ses cinq cousins régionaux — Le Nouvelliste, La Tribune, Le Droit, Le Quotidien et La Voix de l’Est — se voient offrir la possibilité d’un avenir.

C’est énorme.

Rappelons-nous le choc du 19 août. Tout aurait pu s’arrêter brusquement, sèchement, pour plus de la moitié de la presse québécoise. D’un coup sec. Boom.

Aujourd’hui, six mois plus tard, nous voilà devenus coops, en pleine relance, enthousiastes. Nous, employés, désormais propriétaires de nos médias, mieux outillés pour leur bâtir un futur, dans un environnement hostile où notre désir d’innover nous permet d’espérer.

Ça, et l’engagement fantastique de nos équipes — d’une résilience admirable.

Ça, et l’appui indéfectible de nos communautés, tout au long des six derniers mois — merci!

Des mois qui furent, oui, riches en rebondissements. Où parfois le doute s’est invité. Sur notre capacité à accoucher dans des délais si rapides d’un projet assez solide pour générer l’adhésion. D’abord dans nos équipes. Puis de nos communautés. Et aussi d’éventuels partenaires financiers, essentiels pour donner à notre groupe les ressources pour se relever.

La liste serait longue de ceux et celles que j’aurais envie de remercier, pour leur implication et leur confiance dans le montage de ce projet inédit. Nous sommes aujourd’hui le plus grand groupe de presse sur le modèle coopératif au pays. Et nous sommes de plus en plus nombreux à croire que ce modèle de propriété convient parfaitement aux défis de notre temps pour les médias.

C’est un des sens qu’il faut donner à l’engagement de nos partenaires financiers, qu’il me faut ici saluer : Desjardins Capital, Investissement Québec, Fondaction, la Caisse d’économie solidaire, le Fonds des travailleurs FTQ, la Fiducie du Chantier de l’économie sociale et le Réseau de l’investissement social du Québec.

Il y a quelque chose de profondément rassurant de voir ces acteurs clés du développement économique québécois manifester par leur engagement non seulement leur appréciation de la viabilité de notre projet, mais aussi leurs convictions que l’information est un bien collectif qu’il faut participer à préserver, partout sur le territoire.

Ces partenaires financiers partagent avec nous une valeur essentielle : s’informer n’est pas un luxe accessoire, c’est une nécessité, un besoin. La disparition de nos quotidiens aurait un effet néfaste sur le tissu social, le développement de nos communautés, la santé démocratique de celles-ci.

Ces partenaires croient aussi à l’indépendance de nos rédactions, essentielle pour conserver la confiance des citoyens. Or, on sait que cette confiance devient aujourd’hui vitale, alors que les médias deviennent des garde-fous devant la désinformation qui glisse sur nos écrans — voir tout ce qui se diffuse sur le coronavirus…

L’appui de nos partenaires n’est pas qu’une profession de foi. Il prend acte du solide soutien des communautés (vos dons, qui totalisent 2,7 millions $). Il découle surtout d’une analyse fine de notre modèle d’affaires, de notre plan de développement. Et de notre capacité à nous transformer.

Car il est clair qu’aucun partenaire ne serait monté à bord si nous avions pour seule ambition de poursuivre nos opérations sur le même modèle. Faire la même chose, mais mieux? C’est un début, mais ce n’est plus suffisant.

Il est inévitable que notre futur sera de plus en plus numérique. Il serait irresponsable de ne pas prendre acte des changements radicaux qui s’opèrent dans les manières de s’informer des nouvelles générations. Et dans les besoins nouveaux de nos partenaires d’affaires pour les rejoindre.

Il faudra faire mieux. Améliorer nos contenus. Changer les manières de raconter nos histoires. Développer de nouveaux points de contacts avec nos lecteurs. À des moments plus variés dans la journée. Dans des formats nouveaux.

L’imprimé restera, mais il prendra inévitablement moins de place dans le futur. Nous sommes engagés dans une transition numérique où nous instaurerons prochainement un modèle d’abonnements payants. Parce qu’il y a un coût au journalisme de qualité. Et parce que pour espérer durer, il faut le support de nos communautés. Avec le devoir et la responsabilité qu’il induit : être encore plus pertinent.

Vous l’avez compris, la conclusion de ces ententes avec sept partenaires n’est pas une conclusion en soi. Plutôt un coup d’envoi. Elle ne fait, au fond, que nous placer sur la ligne de départ. Désormais mieux équipés pour réussir.

Et plus confiants.

Science

Du béton chauffant au lieu du déneigement

Ce sont des journées comme on en a connu plusieurs depuis deux semaines, avec de la pluie verglaçante et bien de la glace sur les trottoirs, qui font croire au chercheur de l’Université Laval Luca Sorelli que son invention pourrait devenir bien utile un jour : des dalles de béton chauffant qui font fondre la neige et la glace, le tout à un coût souvent moindre que le déblaiement manuel.

Fait curieux, c’est une chronique publiée dans Le Soleil en 2017, abordant la possibilité de chauffer le pont de Québec afin d’éviter d’y épandre des sels de déglaçage qui font rouiller sa structure, qui a servi d’inspiration de départ à M. Sorelli. La chronique citait un chercheur de l’Université du Nebraska, Christopher Tuan, qui avait testé un béton chauffant sur un pont aux États-Unis. Au lieu de faire passer des fils ou des tuyaux de liquide chauffant dans le béton, méthodes qui ne réchauffent pas uniformément, M. Tuan avait introduit des morceaux de fer et de carbone dans le béton. Cela permettait de faire passer un courant électrique directement dans le béton, mais comme celui-ci n’est pas un bon conducteur, il offrait encore une résistance qui transformait le courant électrique en chaleur. En outre, il s’agissait de dalles préfabriquées et non de béton à couler sur place, ce qui facilite les éventuelles réparations.

Actualités

Les femmes à l’université: d’indésirables à majoritaires

L’an dernier, à l’Université Laval, 63 % des diplômes ont été décernés à des femmes. Personne, dans le journal Impact Campus, n’aurait osé qualifier de «vachelières» les bachelières parmi elles. En 1928-1929 dans le journal étudiant Le Béret, il était possible de le faire et de s’exprimer sur la «petitesse physique et intellectuelle» des femmes sans soulever un tollé.

Un recul dans le temps qui permet de réaliser et de mesurer toute la patience, la détermination et tous les efforts qui ont dû être déployés pour que les filles ne soient plus confinées à un rôle de femme au foyer, d’épouse, de mère, de servante de Dieu, et pour qu’elles puissent, tout comme les garçons, accéder à une diversité de disciplines et d’études universitaires.

Carole Saulnier, la directrice de la Division de la gestion des documents administratifs et des archives de l’Université Laval, a remonté dans le temps avec nous et étalé une petite partie de l’histoire de l’Université Laval.

L’archiviste a accueilli Le Soleil au cinquième étage du pavillon Jean-Charles-Bonenfant, où sont regroupés des centaines d’annuaires et de documents qui témoignent du passé de l’institution. Une histoire où les personnages féminins sont quasi inexistants au début du 20e siècle. 

«La société était très dure pour les femmes à cette époque. Elles étaient confinées à un rôle d’épouse et de mère. On le voit aussi dans la façon dont les jeunes hommes considéraient les femmes et écrivaient dans Le Béret», constate Mme Saulnier. 

Les «perles» qu’elle a ressorties des annuaires et des archives de l’université et partagées avec nous ont beau dater du siècle passé et témoigner d’une autre époque, elles choquent et révoltent encore. Elles peuvent aussi faire sourire. 

La route a été longue pour faire reconnaître l’égalité entre les sexes, et ce, même dans le milieu universitaire. 

Si les étudiantes, les professeures et les chercheuses se comptent aujourd’hui par milliers sur le campus de la première université francophone en Amérique, si une femme occupe depuis 2017 la fonction de rectrice, les «messieurs» de Québec ont pendant des décennies réussis à conserver ce territoire, ce lieu de savoir pour eux.

Actualités

Petit guide de survie à la guerre des générations

En 1970, les jeunes conseillaient «de ne jamais faire confiance aux gens de plus de 30 ans». Aujourd’hui, leurs héritiers disent: «Cause toujours, papy» [OK Boomer]. Ainsi va la vie. Êtes-vous prêts pour les derniers épisodes de la guerre des générations?

La guerre entre les générations, c’est une vieille rengaine qu’on rejoue périodiquement. L’équivalent d’un pantalon en velours côtelé à patte d’éléphant, mais qui ne se démoderait jamais. «Nos jeunes aiment le luxe, ils ont de mauvaises manières, ils se moquent de l’autorité et ils n’ont aucun respect pour l’âge. À notre époque, les enfants sont des tyrans,» se lamentait déjà le philosophe grec Socrate… il y a plus de 2 400 ans.

Aux États-Unis, depuis un siècle, chaque nouvelle génération est décrite comme une bande d’égoïstes et d’enfants gâtés par les plus vieux. (1) En 1907, le magazine The Atlantic s’inquiète de l’égocentrisme des jeunes. En 1976, le New York Times annonce l’avènement de la «Génération du Moi». (2) En 1985, Newsweek dénonce une génération de gens obsédés par leur nombril et par leur caméra vidéo, qui ressent le besoin de filmer «les moments les plus banals de la vie». (3)

Le Mag

8 choses à faire pendant la relâche

La semaine de relâche est à l’année scolaire ce que la récréation est à la journée de classe. Un moment fort, un enthousiasmant répit, un rêve lointain dont on imagine avec fébrilité la venue des mois durant. Or, voilà que cette semaine tant espérée par les jeunes est à nos portes et, avec elle, des heures et des jours de temps libre à meubler. Puisque l’oisiveté est la mère de tous les vices, paraît-il, Le Mag a jugé bon de dresser une liste d’activités intéressantes à Québec pour profiter au maximum de la semaine de relâche. Amusez-vous bien!

Se détendre
Pourquoi ne pas profiter de la relâche pour souffler un peu? Le Strøm spa nordique du Vieux-Québec offre des matinées familiales (surnommées Børn, qui signifie enfants en danois). En bon québécois, il s’agit d’un circuit thermal adapté aux petits de 4 ans et plus. Du 2 au 7 mars, de 7h30 à 10h, sur réservation seulement. Prix : de 24 $ à 33 $ par enfant, de 44 $ à 56 $ par adulte (de 16 ans et plus).
Mais le Strøm spa n’est pas seul. Les succursales de Zeste Détente proposent un massage pour enfant en solo (40 $ pour 30 minutes) et en duo avec un parent (117 $ l’heure).
Le Sibéria Spa dispose de forfaits de massothérapies de 50 $ à 125 $ ainsi que des accès matinaux au spa.
Sento Spa accepte les jeunes de 12 ans ou plus dans ses installations de 10h à 13h pour 15 $ (du 2 au 6 mars).
Et l’Aroma Spa du Village Vacances Valcartier a des matinées parents-enfants (samedi et dimanche, de 9h à midi) à 15 $. De belles façons de relaxer en famille!
stromspa.com
zestedetente.com/massage-enfant
siberiaspa.com
sentospa.com
valcartier.com

Politique

Catherine Dorion veut «libérer le temps»

«On pense qu’on est tout seul à capoter, à faire de l’anxiété, à se demander : “Je prends-tu des anxiolytiques ou je vais chez le psy? Ça fait 10 ans que j’essaie de ralentir et ça ne marche pas! ” Ça nous rend malades. On a des palpitations, on fait de l’insomnie... On pense qu’on est fou! Mais quand tout le monde s’en parle et qu’on réalise qu’on vit tous la même chose, c’est-tu moi ou on baigne dans un environnement toxique?»

Jeudi soir, Catherine Dorion invite les citoyens à son bureau de circonscription de la rue du Parvis, dans le quartier Saint-Roch. La députée de Taschereau tient sa sixième soirée thématique intitulée «Libérer le temps». Après la fête et la normalité, elle aborde cette fois le sujet du temps. Temps qu’on n’a pas, ou plus, et qui nous manque. Une de ses «obsessions», dit-elle au Soleil.

«Le manque de temps mène à la solitude, qui mène à la désintégration de la culture. Parce que la culture, c’est ce qui se passe quand les gens sont ensemble», explique la représentante de Québec solidaire au parlement. Elle relie ici une autre de ses préoccupations, l’anomie, soit la disparition des valeurs communes.

Souffrance sociale

À première vue, un simple problème individuel, le manque de temps s’avère davantage une souffrance sociale répandue, estime Mme Dorion. Le fait de se réunir de façon festive pour en parler permet de «donner de petites impulsions pour que lorsqu’on a des combats politiques à mener, une communauté se soit créée autour de ça». 

Ce «party de bureau de comté» donnera la parole au sociologue de l’UQAM Marcelo Otero, qui trace un lien fort entre productivisme et problèmes de santé mentale, ainsi qu’à une ancienne publicitaire devenue horticultrice et autrice après un épuisement professionnel, Marie-Élaine Guay. Un artiste musical animera aussi la soirée avec ses tounes.

«Je suis stressée comme tout le monde, j’ai plein de symptômes de stress! s’esclaffe Mme Dorion. Je fais du yoga, je médite, j’essaie de bien manger à des heures régulières. Mais ce n’est pas évident pour personne! Tout le monde est dans le même bain, avec les enfants, la job... Et ce n’est pas depuis que je suis députée, j’étais tout aussi stressée avant», reconnaît celle qui dit avoir toujours aimé performer. «Mais ce n’est pas la même chose de vouloir performer et de se sentir obligé de performer», nuance-t-elle.

«Ceux qui sont performants et qui tiennent le cap voient les autres tomber et se disent : “Faut pas que ça m’arrive! ” Et ceux qui n’y arrivent pas se considèrent comme de la merde et c’est souvent à l’origine des dépressions. [On vit à une époque où] on a tous moins de chances de mourir, mais on a tous moins le goût de vivre.»

Et la prise en charge individuelle a ses limites, constate la députée. «Tout seul chez le psy, on peut s’aider, mais on n’ira pas loin. Et la pression va continuer d’être là à nous taper dessus. Tout le monde est pogné là-dedans. On doit valoriser des modes de vie où on peut avoir du plaisir avec ses enfants sans leur apprendre quelque chose ou être avec des amis sans but», affirme la solidaire.

«Le capitalisme débridé détruit la nature, mais détruit aussi notre nature, poursuit-elle. L’animal qu’on est n’est pas fait pour être constamment sur l’adrénaline, 100 % du temps. On fait passer les désirs du système avant ceux de notre propre corps, de notre famille, de nos enfants, de notre communauté. On doit se tenir debout et dire : “Wô! Ce territoire-là, c’est à nous autres.”»

À l’Halloween, sa soirée «Fuck la norme» avait valu à la députée Dorion une plainte du Parti libéral auprès de la commissaire à l’éthique et à la déontologie de l’Assemblée nationale, pour non-respect de l’institution parlementaire.

Rassemblant 60, 100 ou 150 personnes, ses soirées citoyennes visent à «créer un lieu de communauté» et d’«insuffler un désir de la politique» aux gens, résume l’élue provinciale des quartiers centraux de Québec.

La Capitale

Le Soleil et Coop Zone créent un programme de stages en journalisme

Le Soleil est extrêmement fier d’annoncer la création d’un nouveau programme de stages d’été en journalisme, en partenariat avec Coop Zone.

À titre de nouvelle coopérative, Le Soleil a l’intention de jouer un rôle encore plus actif dans sa communauté, y compris de travailler avec ses institutions au développement d’une relève forte en journalisme.

Car oui, nous croyons profondément que nos sociétés ont besoin d’un journalisme de proximité de qualité, au service du bien collectif. C’est sur cette base que nous avons décidé de reprendre les destinées du Soleil et de travailler à lui construire un avenir.

Le programme de stages Le Soleil/Coop Zone permettra dès l’été prochain à trois étudiants de l’Université Laval de vivre pendant 12 semaines la réalité quotidienne d’une salle rédaction. Ils seront supervisés par notre journaliste judiciaire Isabelle Mathieu, qui a elle-même fait ses premiers pas au Soleil dans le cadre d’un stage d’été en 1996.

«À 20 ans, je mettais les pieds dans ce qui allait devenir chez moi, une maison que je n’ai jamais eu le goût de quitter, évoque Isabelle Mathieu. Avec le stage, j’ai appris rapidement la vraie vie de journaliste, avec ses casse-tête, son adrénaline, sa fatigue, son bonheur.»

La création de ces stages rémunérés est le résultat d’un partenariat entre Le Soleil et Coop Zone, qui a accepté de s’engager pour les trois prochaines années dans le financement de ce programme à hauteur de 125 000 $, par l’entremise de son Fonds de développement coopératif.

«Pour Coop Zone, ce projet prend racine dans nos valeurs et nos principes, explique son directeur général Yves Kogovsek. Nous croyons en la prise en charge et la mise en commun au bénéfice de nos membres et de la communauté. Par ce geste, nous souhaitons non seulement supporter la Coop Le Soleil, mais également assurer le rayonnement de nos étudiants et de notre institution, l’Université Laval.»

Ce nouveau programme est destiné aux étudiants inscrits au premier ou au deuxième cycle au Département d’information et de communication de l’Université Laval, qui appuie ce projet.

Contexte professionnel

Les stages permettront aux étudiants d’enrichir leur expérience et de développer leur talent dans un contexte professionnel, où ils auront à trouver des sujets, couvrir des événements, fouiller des histoires, qui seront publiées sur toutes nos plateformes, dans divers formats. 

Les stagiaires pourront s’initier à toutes les facettes de la production des versions papier et numériques, participer aux réunions d’équipe, et travailler en collaboration avec nos journalistes. Ils profiteront aussi d’une formation au fonctionnement et à l’esprit d’une coopérative de solidarité.

«Ce projet de stages Le Soleil/Coop Zone est une excellente nouvelle pour les étudiants en journalisme de l’Université Laval! Découvrir la vie d’une rédaction comme celle du Soleil entouré de professionnels de calibre est une occasion unique pour celles et ceux qui rêvent de pratiquer un jour le métier. J’y vois là un tremplin formidable pour la relève», estime Thierry Watine, professeur de journalisme au Département d’information et de communication de l’Université Laval.

Les candidats intéressés doivent faire parvenir au Soleil d’ici le 20 mars une lettre de motivation, un CV et quelques exemples de textes ou reportages diffusés dans la dernière année.

Les dossiers seront évalués par un comité composé de représentants du Soleil et de nos partenaires, sous la supervision de Valérie Gaudreau. Un groupe sera convoqué pour des tests et une entrevue. Les trois élus seront annoncés début avril et les stages s’amorceront le 18 mai.

Pour soumettre une candidature, ou pour toutes questions concernant ces stages, contactez Linda Tardif à ltardif@lesoleil.com

Justice et faits divers

Incursion dans la justice plus accueillante

Annie* entre précipitamment dans la salle d’audience. Elle est en retard. «Mettez-vous à votre aise, madame!», répond le juge, souriant.

Un mardi après-midi sur deux, l’ambiance se fait plus détendue dans la salle 2.07 du palais de justice de Québec. Le décor ne change pas. Les procureurs, greffier, huissier et juge portent leur toge noire. Mais il y a un je-ne-sais-quoi de plus accueillant dans le ton, dans le rythme, pour que les participants du programme Accès Justice Santé Mentale (PAJ-SM) se sentent à l’aise.

Le PAJ-SM, cette voie parallèle à la justice criminelle, existe dans une douzaine de districts judiciaires au Québec. À Québec, depuis la mi-octobre, 22 accusés ont intégré le programme. Une quinzaine d’autres sont préadmis et commenceront leur cheminement bientôt. 

Ils n’ont pas tous un diagnostic, mais pour chacun d’entre eux, un problème de santé mentale est en lien direct avec leur criminalité. Souvent, la toxicomanie vient alourdir le portrait. Ils vivent dans les portes tournantes de la justice : arrestation, courte détention, nouvelle arrestation.

Lorsque l’accusé s’engage dans le programme, pour une durée d’au moins 12 mois, il se fixe des objectifs. Se rendre à ses rendez-vous médicaux. Chercher un logement stable. Diminuer sa consommation d’alcool. Chaque cas est unique.

S’il s’engage à fond et s’il atteint ses buts, la Couronne demandera, dans 95 % des cas, un retrait des accusations. S’il quitte ou s’il est exclu du programme, le dossier judiciaire retourne sur la voie régulière, avec souvent de la détention en bout de piste.

Michel* est accusé de voies de fait ayant causé des lésions. Depuis environ cinq ans, il souffre de schizophrénie, une maladie provoquée par sa consommation de stupéfiants, dit-il.

À sa première séance de PAJ-SM, en décembre, Michel reconnaît le juge Sébastien Proulx, qui a été son avocat, au bureau de l’aide juridique. «Je suis content de vous revoir», glisse Michel.

Michel veut arrêter de boire et de prendre de la drogue. Il veut aussi se trouver un emploi, un logement et s’éloigner de ses amis consommateurs. «Pour moi, c’est quelque chose de gros [intégrer le programme], dit Michel. Je ne suis plus capable de faire du temps...»

Deux mois plus tard, Valérie Bergeron, la travailleuse sociale qui agit comme «agent-pivot» pour le CIUSSS, témoigne que pour l’instant, Michel suit bien ses objectifs. Il fait ses suivis médicaux et a intégré un appartement avec un colocataire. «Ça se passe relativement bien, dit Mme Bergeron. Il veut retourner sur le milieu du travail. Ce sera à travailler dans les prochaines semaines.»

Michel est sobre et pense être capable de le rester, même sans thérapie. Il accepte d’être soumis à des tests de dépistage de drogue.

Depuis son entrée au programme à la fin novembre, Annie* a arrêté complètement de prendre des amphétamines et a réduit sa consommation d’alcool.

Annie a décidé de se prendre un logement avec sa mère. «Pour l’instant, ce serait mieux, dit-elle. J’ai peur que si je me trouve un logement près d’ici [le centre-ville de Québec], je vais retomber dans la consommation. Oui, c’est dur, mais je suis bien partie depuis trois mois!»

La procureure de la Couronne Me Julie Roy écoute le récit de l’accusée. Elle n’a pas de question. «Je veux juste féliciter madame, elle a l’air tellement mieux!»

Annie reviendra devant la cour dans un mois. Ce sera à nouveau le juge Mario Tremblay qui l’accueillera. «Cool», commente-t-elle. «Moi aussi, je trouve ça cool, lui assure le juge Tremblay. On garde le cap, on essaie de rester solide.»

Le juge Jean Asselin, qui complète le trio des juges assignés au PAJ-SM, a rencontré Alice* en décembre.

La jeune femme d’environ 20 ans a vécu dans la rue et a de lourds problèmes de consommation de drogue.

Le juge Asselin lui demande la permission de la tutoyer. Il lui offre de rester assise pour témoigner.

Alice raconte ses efforts pour arrêter de consommer. Elle réalise qu’elle a enfin de l’argent dans ses poches. Le juge lui soumet qu’elle pourra acheter un cadeau de Noël à sa mère, avec qui elle vient de renouer contact. La mère était d’ailleurs présente en salle d’audience.

Toute une équipe à l’œuvre

L’audition devant le juge, ce n’est que la partie visible de l’iceberg. 

Toute la semaine, «l’agent-pivot» du CIUSSS garde le contact avec les participants. Elle les aide à trouver les soins appropriés, les oriente dans leur recherche d’emploi ou de logement, fournit des billets d’autobus. 

La petite équipe de procureurs de la Couronne étudie les dossiers d’accusés à admettre au programme. On communique avec les victimes des crimes pour les informer du cheminement particulier du dossier. Le procureur a le dernier mot, mais le processus se veut respectueux des victimes.

Les avocats de la défense identifient des clients qui auraient besoin de cet accompagnement beaucoup plus que d’une énième visite en prison.

Les intervenants du PAJ-SM gardent aussi un œil sur ce qui se passe au programme IMPAC, qui poursuit sensiblement le même but à la cour municipale de Québec. Certains participants du PAJ-SM sont déjà suivis à IMPAC puisqu’ils ont commis des infractions qui relèvent de la cour municipale. Les programmes vont en général s’allier l’un à l’autre pour éviter les dédoublements.

Avant l’audition devant le juge, tout le monde se réunit au palais de justice, sans le participant, pour discuter des progrès ou des reculs de chacun.

L’atout du programme PAJ-SM, c’est sa souplesse, explique Me Sébastien Bergeron-Guyard, adjoint au procureur-chef à Québec. Si un participant commet un écart, au lieu d’y aller avec une accusation supplémentaire de bris de condition, il sera plutôt ramené rapidement devant la cour.

*Prénoms fictifs

Chronique

L’ex-prof qui a déchanté

CHRONIQUE / «Une pierre dans une forêt : tout grandit, bouge, évolue, pas elle, elle s’enfonce un peu plus chaque jour.» Alexandre Poulin décrit l’école.

Je vous ai déjà parlé d’Alexandre en mai 2015, la chronique s’appelait «Le prof qui a triché», elle revient d’ailleurs à l’occasion dans les réseaux sociaux. Alexandre, qui a été prof de français en secondaire 5, racontait avoir modifié la note d’un élève pour qu’il n’échoue pas, ses parents se battaient en cour pour ne pas avoir sa garde.

L’élève s’est rendu à la maîtrise, il lui a écrit pour lui dire merci, lui a confié que, sans ça, il aurait décroché.

Entretemps, Alexandre a laissé l’enseignement pour se consacrer à sa carrière d’auteur-compositeur-interprète, mais il n’a jamais cessé de s’intéresser à l’école. Sa chanson L’Écrivain raconte comment un prof peut changer la vie d’un élève en faisant comprendre à l’élève qu’il a le pouvoir de le faire.

Et c’est comme ça que, un peu malgré lui, Alexandre s’est mis à recevoir tout plein de confidences de professeurs, d’élèves, de parents qui avaient le goût de lui raconter de belles histoires, et de moins belles.

Et il voyait bien que ça n’allait pas.

Il s’en doutait déjà, mais il a pu prendre la mesure des problèmes et mettre le doigt sur ce qu’il considère comme étant le principal écueil. «Notre système est le même qu’il y a 30 ans, il n’a pas évolué alors que la société, elle, a beaucoup changé, m’a-t-il expliqué mercredi en entrevue. On a un des systèmes d’éducation les plus malades, on est encore dans le même moule et on veut que tous les enfants entrent dedans.»

L’éducation ne doit pas se limiter à l’instruction. «L’objectif de l’école, ça devrait être de faire de grands humains.»

Il l’a compris au tout début de sa carrière de chanteur, quand il a été porte-parole de la Coalition des travailleurs de rue de Sherbrooke et qu’il allait rencontrer les jeunes. «J’ai pu discuter avec eux, avec cette faune spéciale, qui est passée à travers le filet. Et j’ai pu constater que la majorité avait décroché, parfois très tôt.»

Rendus là, «on les ramasse trop tard. C’est à l’école qu’il faut intervenir. Ce ne sont souvent pas des cancres, mais ils ne cadrent pas dans le modèle.»

Il n’y a pas de place pour eux.

Alexandre a donc décidé de s’en mêler. «J’ai encore énormément d’amis qui sont profs qui me racontent ce qui se passe. Je ne peux pas être témoin de ça, avoir reçu autant de témoignages et ne pas m’en mêler. L’entrée de ma fille à la maternelle a été la goutte qui a fait déborder le vase…»

Sa petite est entrée à l’école à l’automne, elle a la chance d’avoir une enseignante dévouée qui fait les choses autrement.

Ça ne devrait pas être une chance.

Il s’est vidé le cœur sur Facebook, dans un long cri du cœur rédigé dans le cadre de la Semaine de la persévérance scolaire, c’est là où il compare l’école à une pierre qui s’enfonce. «Avec l’arrivée de ma fille en maternelle cette année, j’ai un malaise de plus en plus profond devant ce système scolaire enfoncé dans une vision passéiste et dont la structure inadaptée ne permet ni aux enseignants d’offrir le meilleur d’eux-mêmes, ni aux enfants qui grandissent dans leur classe de s’épanouir pleinement.»

Le père a déchanté.

«À ceux qui me répondront que c’est aux parents d’apprendre tout ça à leurs enfants, je leur répondrai : je suis tellement d’accord! Mais tous ces enfants qui grandissent avec des parents dysfonctionnels qui les écrasent au lieu de les élever, on en fait quoi? On les traite de “p’tits crisses” en souhaitant qu’ils décrochent? Et tous ceux qui ne cadrent pas dans le fameux moule inflexible de l’apprentissage constipé, ils n’ont pas droit, eux aussi, de continuer de s’épanouir entre les murs d’une école?»

Il n’a pas les réponses, il veut lancer le débat.

Il est de ceux qui voyaient d’un bon œil le Lab-École, en se disant que l’occasion était belle de revoir le système. «Tout sur le contenant, rien sur le contenu. C’est fou quand même. Et je ne jette pas la pierre au Lab-École : il n’a jamais été question dans ses objectifs de toucher au programme. La preuve : dans ses 12 priorités, vestiaires fonctionnels et corridors dégagés arrivent avant la connaissance de soi.

D’ailleurs, en discutant récemment sur un plateau avec une élue du Parti libéral, je lui faisais cette réflexion au sujet du Lab-École et de l’absence de révolution du système. Elle m’a répondu que c’était justement cet environnement qui allait donner envie aux profs de s’adapter, de faire évoluer leur enseignement. J’ai failli perdre connaissance. Les profs sont déjà exténués, dévalorisés, sous-payés, et on va encore leur mettre sur les épaules la responsabilité de s’adapter aux couleurs de la tapisserie?»

Il en a fait une chanson qui vient tout juste de sortir, La mauvaise éducation, où il rêve d’une école qui fait de bons humains.

Pas des décrocheurs.

Mais il reste confiant «pour vrai» que la chose soit possible, il le sent quand il donne des conférences à des futurs profs à l’université. «Ils ont la chienne, mais ils sont motivants et motivés», m’a-t-il confié. 

Et dans un système qui piétine, les profs pédalent. Alexandre ne compte plus les enseignants qui lui ont raconté ce qu’ils faisaient, au-delà des heures pour lesquelles ils sont payés, pour faire une différence. «Et il y a même parfois un frein à l’interne. Je l’ai vécu quand j’étais prof et que je faisais un gala où je donnais des petits Bouddha pour encourager les jeunes. Il y a des collègues qui me disaient : “Ce n’est pas ta job de faire ça, ta job, c’est d’enseigner le français.” Mais pour moi, c’était justement ça, ma job, de bâtir des humains, des estimes de soi.»

Actualités

Natation, OD, véganisme: le parcours atypique de PH Caron-Cantin

Qui est Pascal-Hugo Caron-Cantin? Un ancien nageur du Rouge et Or? Un ancien candidat d’Occupation double? Un auteur de livres pour enfants? Un animateur de baladodiffusion? Un auteur d’un livre de recettes véganes? Il est tout ça, mais surtout «quelqu’un qui veut participer à une discussion» sur l’avenir de notre société.

Pascal-Hugo, dit PH, espère qu’elle se consacrera à l’utilisation des ressources dans le but de respecter davantage l’environnement et les animaux.

«Ce qui m’a le plus convaincu de devenir végane c’est l’impact environnemental que peut avoir l’élevage et c’est terrible… C’est pire que le transport», lance l’homme de 29 ans rencontré dans un café du quartier Saint-Roch, un dimanche matin. Le gaillard raconte qu’il a été initié au véganisme lors de son passage à Occupation Double par Jessie Nadeau, devenue sa copine. 

«Nous étions à Bali et on a mangé un burrito végane et c’était délicieux. Elle m’avait expliqué tout l’impact environnemental de la production de viande, raconte PH. Elle m’a dit : “est-ce que ton plaisir gustatif qui dure 15 minutes est plus important que l’impact à long terme que cela peut avoir sur l’environnement et les animaux et ta santé?” Ça m’a fait réfléchir. Mais j’ai attendu de revenir au Québec pour faire mes propres recherches.»

Depuis, les deux ont lancé le livre de recettes Végane mais pas plate. 

«L’objectif du livre de recettes, mais aussi du concept végane mais pas plate, c’est de montrer au monde quels sont les enjeux et d’offrir des recettes faciles, bonnes et pas trop éloignées de ce qu’ils ont connu».

Conscient de toute la polarisation entourant le véganisme, PH ne souhaite pas faire la morale à ceux qui mangent de la viande, car il comprend pourquoi certains sont réfractaires à changer leurs habitudes.

«[L’alimentation] touche profondément les valeurs des gens. Si tu te fais dire du jour au lendemain que le ragout de boulettes de ta grand-mère que tu as mangé toute ta vie et qui est rattaché à des souvenirs, c’est du meurtre, tu ne vas pas le prendre!» dit-il en expliquant toute la place qu’a pris l’alimentation dans les traditions au Québec. 

Le cas Joe Beef et la désobéissance civile 

Les véganes ont fait les manchettes ces derniers mois, notamment en raison d’une manifestation chez Joe Beef, un restaurant de Montréal. Des activistes ont débarqué à l’heure du souper dans l’établissement pour sensibiliser la clientèle.

L’intervention d’une dizaine de minutes a fait énormément réagir dans les médias et sur les réseaux sociaux.

Même s’il n’aurait pas participé à ce genre d’intervention, PH estime que ce geste de «désobéissance civile» a peut-être ouvert la voie à un changement dans les mentalités.

À la suite de la manifestation, certains médias ont invité le chef cuisinier végane Jean-Philippe Cyr sur leur plateau. Une tribune idéale pour que ce dernier fasse la promotion des avantages du véganisme. «Mais ça, il ne l’aurait pas eu si les activistes n’avaient rien fait chez Joe Beef […] S’il n’y a pas d’activisme, la roue ne peut pas commencer à tourner. »

Désormais, il croit que la nourriture végane s’implantera de plus en plus dans le marché de l’alimentation. «La Cage aux sports vient de sortir des ailes de chou-fleur, c’est le repère des viandeux. Pourquoi? Parce qu’il y a une demande et on n’a jamais autant parlé de véganisme que dans les derniers mois.»